Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Je pour Tous, Le journal des confins

Le journal des confins

A l’heure où l’on doit rester chez soi, c’est le moment, je crois, de tenir un journal des confins qui nous mènera, de ligne en ligne, aux confins de soi.

Certes, nous sommes enfermés désormais dans une sorte de routine. Et pourtant, le journal des confins nous ouvre à tous les temps possibles, celui des rêves, des désirs, des projets ; le temps en suspens du repos aussi.

Nous vivons dans un espace limité. Mais la page du journal, malgré son cadre, nous révèle un vaste espace, jusque là insoupçonné. L’heure a sonné. Nous pouvons vagabonder parmi nos souvenirs et nos visualisations futures, aller très loin jusqu’à ce point de nous-même que nous ne connaissons pas.

Il nous est impossible de voyager ? Pourtant, le journal des confins fera apparaître le tracé d’un chemin dont la destination – j’ai envie d’écrire destinée – est le pays de l’être.

Tout cela est très théorique, me direz-vous. Mais qu’en est-il de la pratique ?

S’il n’y avait pas eu le confinement, je vous aurais conseillé d’aller acheter un beau cahier. Commencer un journal est toujours une fête célébrant l’odeur de la page neuve et son éclat blanc. C’est une sorte de noce entre vous et vous-même.

Dans les circonstances actuelles, vous pouvez prendre un cahier que vous n’avez pas terminé, lui redonner vie par quelques coloris ou votre encre d’aujourd’hui.

Voilà ! Vous y êtes !

J’ai souvent pensé que l’écriture était une thérapie.

Le journal des confins ne sera pas toujours confortable. Il vous emmènera parfois là où vous ne voulez pas vous rendre.

Vous vous ennuyez ? Les mots qui décriront votre ennui accentueront le vide, le silence de la ville, ce jour où il n’y a rien à faire, appelé « vacance ». Mais peu à peu, dans cette vacance, vous deviendrez sensible à la tache de soleil sur votre poignet, à la cloche de l’église qui tinte tout de même, à la première goutte de pluie qui luit sur la rambarde de votre fenêtre. Vous serez arrivé à point nommé dans votre instant.

Vous ne supportez plus votre famille ? Vous la trouvez trop envahissante ? Le journal des confins sera votre univers. En vous y réfugiant, vous pourrez faire remonter à la mémoire les vieux litiges que vous entretenez encore avec cette famille et que vous avez refoulés profondément en vous, les limites abusivement franchies. Les phrases inscrites sur votre cahier vous montreront la voie pour résoudre ces conflits ou prendre votre indépendance émotionnelle.

Vous vous disputez avec votre conjoint ? Le journal des confins mettra à jour les blessures d’enfance qui se rouvrent dans cette relation, les scénarios qui s’y rejouent inconsciemment. Il sera le miroir de toute la vérité de cette histoire amoureuse. Faudra-t-il la continuer ou au contraire la rompre, si vous ne vous sentez pas respecté(e) ?

Vous avez vraiment du mal à cohabiter avec vous-même ? Le journal des confins vous invitera à identifier ce que vous n’aimez pas en vous ; il éclairera les parties à fortifier, à réparer, à dorloter, et ceci, dans le but de vous accepter totalement vous-même, d’occuper toute la place du pays de votre Être.

C’est ainsi que vous vous habiterez, indépendamment des réactions des autres et des fluctuations des circonstances extérieures.

Remplissez, avec quelques gouttes d’encre, tout le présent de votre présence.

Personnellement, j’ai donné naissance à ce journal, hier.

Les confins ne sont jamais très loin…

Je vous souhaite un beau commencement tout en haut de la page blanche !

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Trouvez-vous des mots

Trouvez-vous des mots
où vous réfugier,
des mots-maisons,
des mots-jardins,
des mots au coeur profond,
des mots qui auront la douceur des coussins,
des mots chaleureux
comme une chambre, le soir.

Moi, c’est
Murmure de la lumière
que je fais voguer
sur mes lèvres
plusieurs fois
par jour
et qui tracent
dans mon âme
le sillage
de son retour.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, L'alphabet de l'herbe, Poésie

C’est un silence

Quel silence, aujourd’hui !
Certains disent
que c’est un silence
où rien ne luit ;

un silence
d’eau profonde
où l’on s’enfonce
si l’on cède

à ses peurs ;
un silence
de tombe,
de fin du monde…

Moi, je pense
que c’est un silence
où tout
commence :

le silence
de la première
seconde
qui précède

l’aube,
juste avant
l’éclosion
des notes d’oiseaux ;

un silence
fait de feuilles
et de souffles
qui, lui seul,

connaît
sa source ;
un silence
qui réunit

tous les jardins
dans sa main
et qui s’adresse
au coeur

des choses ;
un silence
qui accueille
la lueur

d’un bourdonnement
et qui attend
que scintille
le tintement

de la cloche
d’un dimanche
de célébration
pour verser

sur nous
la moisson
de ses chants ;
un silence

qui bat
la mesure
de son propre
temps ;

un silence
qui espère
sereinement
notre métamorphose

pour nous faire présent
du chuchotement
des roses ;
un silence

de patience
qui demeure
encore
ce point

d’or
que la grâce
suspend
entre

deux instants.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

La petite voix

J’aime cette petite voix
qui me dit
au coeur
de l’après-midi

Viens
On écrit
quand
le soleil

des feuilles
tremble
et que le sens
de ce souffle

n’importe plus
puisque seule
compte
sa présence

Géraldine Andrée

Publié dans Bullet journal, Créavie, Grapho-thérapie, Journal d'instants

L’écriture de la gratitude

En ces temps difficiles, je souhaite vous communiquer les bienfaits d’une activité qui développe la sérénité, la foi et la confiance inébranlable en l’Univers :

L’écriture de la gratitude.

Je me souviens du témoignage à la télévision, il y a quelques années, d’une jeune femme peintre, rescapée d’un accident de voiture. Cette jeune femme menait une vie qui ne lui convenait pas – un travail où elle gagnait beaucoup d’argent, mais qui l’épuisait, une relation amoureuse difficile. Un après-midi où elle rentrait d’une réunion professionnelle houleuse, un accident de voiture lui brisa les deux jambes qui durent être amputées. Condamnée au fauteuil roulant et envahie par la dépression, cette jeune femme entreprit une thérapie à l’hôpital. Et la thérapeute lui demanda de noter entre les séances, dans un petit carnet, toutes les choses sur lesquelles elle pouvait compter :

« J’ai deux yeux pour voir. C’est déjà ça.
Je peux saisir une tasse. C’est déjà ça.
J’ai des idées pour peindre. C’est déjà ça.
J’ai pu sortir aujourd’hui… Je fais des progrès
. »

Au fil de ces listes de choses pour lesquelles sa gratitude s’exprimait, la jeune femme reprit confiance en la Vie. Et cet accident lui révéla son cadeau caché : un changement complet de direction qui l’amena à devenir peintre professionnelle.

L’être humain est ainsi fait : il se complaît souvent dans un état d’impuissance qui l’empêche de progresser. Il s’accroche aux drames, aux peurs, aux phobies individuelles ou collectives. Si le statut de victime doit être indéniablement reconnu, il importe néanmoins d’en sortir pour explorer – comme le dit Boris Cyrulnik – sa résilience.

Et le carnet de gratitude est un excellent outil thérapeutique pour cela. Nul besoin d’y noter des choses compliquées, des sensations extraordinaires, des événements exceptionnels. La source de l’inspiration est le quotidien. Il suffit simplement d’écrire :

Merci.

pour l’eau chaude de ma douche,
l’essence de ma voiture qui me permet de rouler loin,
mon stock d’oranges,
la visite de mon amie Jessica,
la présence de mes enfants…

L’écriture de la gratitude n’est pas un exercice de style, même si elle peut donner lieu plus tard à la publication d’une oeuvre sous forme de Journal comme Le Sel de la vie de Françoise Héritier. 1
Ce n’est, cependant, pas sa fonction première. C’est avant tout une activité qui vous relie à vous-même et qui vous permet de déployer votre confiance en l’existence, et donc en vos propres forces :

« Si la Vie, tellement généreuse, me donne déjà tout ça, il n’y a aucune raison qu’elle soit avare envers moi à l’avenir.« 

Nul besoin d’être bien pour écrire sa gratitude. En fait, l’écriture de grâces est un excellent remède quand vous avez peur, que vous êtes triste, démuni.

En entraînant l’esprit à exercer sa créativité pour nommer les choses envers lesquelles la reconnaissance s’exprime, ce type d’écriture a permis à des femmes – des études le montrent – de surmonter l’épreuve du cancer du sein.
Je vous invite pour cela à découvrir le livre canadien Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves. 2

Vous pouvez adresser votre gratitude à une puissance supérieure, à Dieu si vous y croyez, au cosmos, à une étoile précise, mais aussi à vos proches et surtout à vous-même car, en étant attentif à ce que vous recevez, vous êtes la source du déversement de votre abondance.

Vous pouvez intituler votre journal Carnet de bienfaits, Cahier de Positivité, Carnet de mille mercis

Allez dans une librairie-papeterie et prenez le temps de choisir votre carnet. Vous aurez beaucoup de choix entre le carnet tout simple à décorer soi-même et le carnet artistique, déjà orné de motifs ; le bullet-journal vierge et le bullet-journal préalablement organisé. D’autres supports s’offrent à vous : une page Facebook, un agenda, un blog. La gratitude s’exprime aussi merveilleusement bien dans un carnet de dessins, un album de photos, par la méthode du scrapbooking.

J’ai souvenance d’un carnet de gratitude qui m’a aidée à surmonter le deuil de mon père. Il s’organisait en jours, en mois, en saisons et, au printemps, j’ai découvert que mon regard changeait, mes pages se remplissaient plus facilement. Rien que la lumière d’une matinée ne me laissait plus indifférente…

L’essentiel est de vous exprimer librement et, pour compléter votre créativité, il est possible de lire 3 kifs par jour 3 ou Quatre plaisirs par jour au minimum ! 4

Nous ne pouvons contrôler les événements. Nous pouvons, en revanche, contrôler nos pensées, nos émotions, la manière avec laquelle nous nous sentons car nous sommes responsables de notre instant présent.

Je vous souhaite une belle écriture de votre gratitude !

Géraldine Andrée

1 Françoise Héritier, Le Sel de la vie de Françoise Héritier, éditions Odile Jacob, 2012

1 Anick Lapratte et Sylvie Ouellet, Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves, éditions Le Dauphin blanc, 2010

3 Florence Servan-Schreiber, 3 Kifs par jour, éditions Marabout, 2011

4 Evelyne Bissone Jeufroy, Quatre plaisirs par jour au minimum ! Les bienfaits du plaisir sur le corps et l’esprit, éditions Payot, 2009

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Méditations pour un rêve, Poésie

Je rêve que j’écris un poème

Je rêve
que j’écris un poème.
J’entends sonner ses rimes
comme des notes de cloche
par un beau dimanche.
Je vis son rythme
qui m’emporte
telle une vague
sur la crête
d’une phrase.
Quand je me réveille,
j’entends
mon souffle
qui s’empresse
encore
dans ma course
achevée
et il me reste
des bribes
de ma voix secrète
comme
« Route », « soleil ».
Je note
alors
sur mon carnet :
de chevet :
« La route
poursuit son élan
vers le soleil
à travers moi
qui garde foi
en mes rêves ».
Puis, je commence
à vivre
ce jour supplémentaire
qui paraphe
chaque instant
avec
les lettres
toujours
changeantes
et singulières
de la lumière.

Géraldine Andrée

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Vivre

Vivre

Rien que pour lire

Le soir sous la lampe de chevet

Les poèmes

De René-Guy Cadou

Peut-être

Est-ce parce que j’avais de tels rendez-vous

Notés sur une page invisible

Que je me suis décidée à naître

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé

Votre vie

Votre vie n’est pas vos actions, vos échecs, vos réussites, vos possessions, votre réputation, vos relations avec les autres.

Votre vie est votre intériorité : vos émotions, vos sentiments, vos préférences,

vos affirmations, vos visualisations, vos rêves profonds, vos pensées aux couleurs secrètes que vous pouvez modifier à votre gré,

votre présence à chaque seconde

non pas au monde,

mais à qui vous êtes,

la conscience que vous êtes à la fois le regard et la fenêtre.

C’est cette trace qui pour demain

importe

-la vôtre.

Géraldine Andrée