Publié dans Histoire d'écriture, Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Le cahier de la vie, Le cahier de mon âme, Le journal des confins, Le temps de l'écriture, Méditations pour un rêve, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Laisse aller ce qui doit te quitter

L’auteur de la Beat Generation, Jack Kerouac, a écrit :

Accepte la perte pour toujours.

Je me souviens :

Toute petite, je livrais à la force de la rivière
les brindilles dépouillées de leurs lueurs,
les cailloux ternis,
les feuilles rouies,
les pétales flétris.

Comme l’enfant abandonne à l’eau
ce qui n’est plus utile au jour présent,
dépose dans le flot de l’encre,
tes regrets, tes remords, tes peines,
tes mots qui ne sont plus que silences.

Que veux-tu confier
à la volonté du courant ?
Moi, c’est mon père, ma maison natale, la lampe de mon enfance,
tous mes journaux intimes pour lesquels
je n’ai pas de valise assez profonde.

Laisse aller, comme dit Jack Kerouac,
ce qui doit te quitter…
Laisse-le franchir la marge,
déborder de la page,
s’éloigner de ton cœur
qui lui donne de l’élan
en continuant à battre.

Fais suffisamment confiance
au mouvement de ton écriture
qui fait que deuil et vie,
mort et naissance
se rejoignent
et souris bien plus tard
lorsque, en te relisant,

tu prendras conscience
que l’ample phrase
de ton chagrin
s’est confondue
avec le point d’une étoile
dans le ciel blanc.

Signe ultime
qu’une autre histoire
entre l’Univers
et Toi
commence.

Géraldine Andrée