Lancement pour Noël de mon roman autobiographique Le Regard de ma mère
Le Regard de ma mère est né le 05 décembre 2025

Une astrologue énergéticienne m’a dit, un jour, que le chiffre 5 serait toujours une date-clé dans mon existence. Elle ne s’est pas trompée. Le Regard de ma mère est né après 9 mois de grossesse – fruit d’une écriture quotidienne durant tout l’été. La nuit précédant la parution de mon livre, j’ai rêvé d’un ventre bien rond. Moi qui me définis, en tant que biographe privée pour autrui et biographe familiale, comme « accoucheuse d’âme dans un livre de vie », j’ai accouché de l’âme de ma mère, et plus précisément de sa mémoire. Comme cela arrive souvent aux filles, je suis devenue une mère pour ma mère, c’est-à-dire dépositaire de sa mémoire et de son regard – les deux étant étroitement enlacés dans les pages de ce roman.
Voici la story de présentation de l’ouvrage :
Dans la pénombre d’une chambre d’hôpital, une fille tient la main de sa mère mourante de la maladie d’Alzheimer.
Cette main qui a épluché les légumes, pétri la pâte, repassé le linge ; cette main qui, parfois, l’a aussi corrigé.
En la serrant une dernière fois, Géraldine entreprend un voyage singulier : remonter le fil du temps pour habiter le regard de celle qui l’a mise au monde.
De la campagne lorraine des années 1940 aux couloirs silencieux de l’Ehpad, ce récit tisse trois vies en une seule trame. Celle de Gisèle enfant, cueillant les mirabelles dans le verger familial de Chaudeney avant que la poliomyélite ne marque à jamais sa démarche. Celle de la mère exigeante et aimante, héritière des gestes ancestraux et des silences de femmes. Et celle de la fille, moderne et pressée, qui découvre enfin, par l’écriture, le chemin vers une réconciliation impossible de leur vivant.
Le Regard de ma mère est une ode lumineuse à la transmission féminine, un adieu qui devient renaissance. Géraldine Andrée y déploie une prose sensuelle et délicate, où le parfum des confitures de mirabelles se mêle à la douleur du deuil, où chaque souvenir restitué devient un acte d’amour.
Un livre sur ce que nous devons à celles qui nous précèdent et sur la grâce d’accepter enfin de voir le monde à travers leurs yeux.
« À présent que ses lèvres ne laissent plus échapper un mot, je suis son histoire. À présent que ses yeux sont clos, je suis son regard. »
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Où trouver le livre ?
Disponible dès aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies.
- Amazon, Fnac française, belge, suisse ;
- Payot, Decitre, Cultura…
- Et, bien sûr, sur le site de l’éditeur :
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J’écris, c’est-à-dire que je redonne une voix à tous les êtres que les coups de la vie ont réduits au silence.
Parce qu’il y a toujours un regard à reconnaître derrière chaque mot.
La métamorphose littéraire de ma mère
En cette année qui se termine,
ma mère est devenue un livre
et sa voix, l’écriture elle-même.
Son corps s’est réincarné en œuvre,
son souffle en feuille.
Encre est son sang.
Poème est son déhanchement.
Maintenant, elle ne quittera plus la table.
Toutes ses épreuves et les miennes
ont laissé la place aux épreuves d’un roman.
Quand je tiendrai entre mes mains
en dix exemplaires
Le Regard de ma mère,
juste après les Fêtes,
je serai certaine
de la métamorphose de son regard
en une galaxie d’iris bleus.
Mes mots ?
Ce sont ses quatre-vingt-dix-mille yeux
qui me regardent vivre.
Dieu sait qu’à la fin du travail,
je me suis sentie nue.
Mais j’ai vite revêtu
une robe
que j’ai créée moi-même,
en relisant le récit de sa vie de couturière,
une robe dont chaque maille
est une lettre ourlée de boucles,
de roses d’encre,
de lignes de dentelle,
et dont après chaque point,
une nouvelle phrase
s’étire.
Cette robe me va à ravir
car elle s’élargit
au rythme de mes désirs
et elle me laisse enfin libre
de révéler qui je suis
sans me dévoiler tout à fait.
Le Silence Après l’Écriture : Une Réflexion
Comment ai-je écrit Le Regard de ma mère ?
Et si je vous disais qu’après des pages et des pages d’écriture, il ne reste plus que le silence ?
J’ai écrit Le Regard de ma mère chaque jour de l’été 2025, tandis que la lumière que filtraient mes volets mi-clos rayait les feuillets de mon cahier.
Je ne passais pas la journée à écrire. Je me réservais des plages pour avancer dans l’œuvre. J’ai toujours procédé ainsi pour mes projets, page après page, mot après mot. L’écriture est un parcours de longue distance qui s’effectue un pas après l’autre. Il faut économiser ses forces si l’on veut arriver à destination. Le souffle est compté – d’autant plus que j’avais mesuré celui de Maman en instants. Autrement dit, j’avais intégré l’écriture de mon livre à ma vie et non le contraire. Une fois les pages du jour remplies, je vaquais à mes activités quotidiennes.
Les motifs du livre se sont déroulés naturellement et lentement, comme les arabesques d’un tapis persan. Je possédais la trame du récit. Maman m’avait suffisamment narré des épisodes de sa vie dans la cuisine de mon enfance. Je tenais fermement le fil de leur chronologie.
Et si je vous disais le plus important dans ce billet ?
J’ai su que le livre était fini au grand silence que j’ai ressenti au point final placé après le mot « point ».
Ce n’est pas ce mot en lui-même qui fut le signe de l’achèvement de l’ouvrage, non, mais ce silence perçu par tous les pores de ma peau, et parfaitement entendu, comme lorsque je me suis retrouvée en 2006 seule dans le désert – avec l’autocar du voyage organisé qui attendait tout de même, à moitié caché derrière une dune.
Le crépitement du sable balayé par la main du vent.
Des grains qui étoilaient mon visage et m’aveuglaient.
L’écho du ciel.
Le murmure du sang dans mes tempes.
Le sentiment d’être en-dehors de l’espace, au milieu de l’immensité.
Un minuscule point, en quelque sorte, entre les replis d’une page ocre.
Ma respiration imperceptible dans l’infini.
Le désert me renvoyait à mon propre pouls.
Voilà comment m’est parvenu le silence après l’écriture du livre :
une pulsation.
Comme si le souvenir du souffle de ma mère que je retraçais dans ces pages m’avait vidée.
Pourtant, paradoxalement, je me sentais comblée.
En effet, si je n’avais plus rien à dire, c’était parce que j’avais tout dit.
Tout dit au sujet de ma mère et de la fille que j’avais été.
Peu m’importait que ce livre fût lu. Il existait. C’était l’essentiel.
Ensuite, je ne sais plus.
Est-ce le livre qui s’est éloigné de moi ?
Est-ce moi qui me suis éloignée du livre ?
Je sais seulement qu’un sillage s’était creusé entre la passagère que j’étais – l’initiatrice du projet de voyage – et le véhicule – l’écriture – qui m’avait déposée au cœur du sable. Preuve, certes, qu’une distance inexorable se créait, mais aussi qu’une rencontre significative avait bel et bien eu lieu.
J’avais accompli ce qui devait l’être : redonner une mémoire à la vie effacée de cette femme parmi tant d’autres, et pourtant unique, puisqu’elle fut ma mère.
Je pouvais retrouver la paix.
Alors, je m’en suis retournée vers l’autocar de ma vie en prenant soin de poser mes pieds dans l’exacte empreinte de mes pas.
Maintenant, le livre va
vers un horizon que je ne connais pas.
Géraldine Andrée
