Publié dans Art-thérapie, Journal de mon jardin, musique, peinture, Poésie, Poésie-thérapie

La fontaine ressuscitée

Hélas !
La fontaine est sèche,
depuis le temps
que le jardin est fermé !

Elle n’est plus
que pierres empilées
sous lesquelles
grouillent

des fourmis
rouges
qui transportent
des brindilles !

La prière
de mon cœur
n’a pas la force
nécessaire

pour faire jaillir
son eau
dans la lumière.
Alors, avec mon crayon,

je trace
d’un trait
le contour
de sa vasque

et en guise
de jet,
je compose
un svelte

poème
qui tombe
dans le cercle
puis s’élance

vers le ciel
blanc
du papier.
Voilà.

J’ai ressuscité
dans le plus grand
silence
le chant

de la fontaine
oubliée.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Cahier du matin, Créavie, Grapho-thérapie, histoire, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Belle des mots

Lorsque tu écris,
tu retrouves
le fil de la vie
autour de la quenouille
du temps

et c’est ainsi
qu’en le dévidant
doucement,
avec toute
ta patience,

tu dessines
le sentier
qui te ramène
au sourire
ultime,

tu rallumes
le feu
des fleurs
dans la chambre
des amants,

tu relances
le cœur
des belles heures
au rythme
d’or

d’un poème
– cette horloge
éternelle -,
tu ranimes
le soleil

dans la profonde
peine
pour qu’une aurore
nouvelle
revienne.

Lorsque tu écris,
tu redonnes
des joues
rouges
à l’ancienne

enfant
ensevelie
dans l’oubli
des jours.
Une goutte

d’encre
est l’équivalent
d’un baiser
déposé
sur une feuille

que soulève
ton souffle.
Et ton âme
se réveille
à l’écoute

de son propre
conte.
Lorsque tu écris,
tu ravives
les mots dormants.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la Lorraine, Psychogénéalogie, Toute petite je

Sans titre

Toute petite, j’assistais à tes séances de bricolage. Je me souviens comme tu soudais. De crépitantes lueurs jaillissaient de tes doigts. Tu viens du pays des forges, des flammes qui se lèvent haut. J’appartiens, moi aussi, par ton sang, à ce pays de suie et de feu, à cette succession de villages et de villes qui se terminent par -Ange (Algrange, Volmerange, Gandrange, Hayange), à ces paysages constellés d’étoiles noires, tombées sur les toits et les chemins. Maintenant, tu es feu. Mais lorsque je traverse cette région en voiture ou en train et que je vois le soleil briller sur l’acier rouillé, il me semble que ta main invisible soude dans une myriade d’étincelles mes jours reliés à toi depuis le ciel.

Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Grapho-thérapie, Journal de la lumière, L'alphabet de l'herbe, Le journal des confins, Poésie, Poésie-thérapie

Quand j’écris de bon matin

Quand j’écris
de bon matin,
je vois s’étendre
sur l’ancien jardin

la lumière
blanche
comme une nappe
de dimanche,

le forsythia de mon enfance
que je croyais déraciné
refleurir
pour l’éternité,

la flamme rousse
de la chatte décédée
s’élancer d’un taillis
vers mon souvenir,

et si je me laisse guider
par ce rythme régulier,
je retrouve
le petit sentier

qui mène
à l’étoile verte
de la clairière
où Marie la vive

vient de s’asseoir,
jupe retroussée
au-dessus des genoux
pour son amoureux…

Quand j’écris de bon matin,
des soleils s’alternent
devant mes yeux
et ma page est une vitre

où se rapproche
chaque instant
de jadis
qui m’attend…

Quand j’écris
si tôt,
je prends le train
du temps.

Géraldine Andrée