Je vous propose, en ce dimanche soir, sur mon site de psychopraticienne, un exercice d’art-thérapie et d’écritothérapie pour démarrer la semaine de manière positive.
Je me souviens quand, toute petite, je plongeais mes mains dans la terre pour servir une salade d’herbes à ma poupée et que je découvrais un univers insoupçonné que foulaient sans le savoir mes souliers :
des fourmis, des araignées, des vers de terre, de petits cailloux, de profondes racines – tout ce silence du dessous.
Puis je remontais mes mains à fleur de pissenlits et de trèfles.
Je crois que j’écris pour faire fleurir sur le papier d’aujourd’hui le silence de cette terre d’enfance que mes doigts avaient creusée sous mes genoux et dont je portais le noir bien incrusté entre l’ongle et la chair jusqu’au dîner.
Laisse-le se déployer, s’enrouler autour de lui-même, se dévider, aller de droite à gauche, de gauche à droite, de bas en haut, de haut en bas, traverser tout l’espace pour se lover au centre, avant de s’expanser jusqu’au bord.
Que ton souffle soit
trait, ligne, rond, courbe, ondulations, succession de mailles ouvertes.
Prends tout le temps. Ton temps. Car le temps, c’est ton souffle et il t’appartient pleinement.
Prends une minute, ou deux, voire trois pour faire ce yoga du dimanche sur la page.
Étire et compte ta respiration au rythme du crayon.
Puis, lorsque tu sens que l’instant est venu de déposer le crayon, écris tout autour du dessin de ton souffle quelques phrases, quelques mots.
Qu’as-tu ressenti ? Qu’est-ce qui t’est venu à l’esprit, au cours de la traversée de ta respiration ?
Juste la vague du crayon qui se propage comme une onde douce sur le monde de ta page Puis ton souffle se fait plus large Va tout au centre de Toi
Va
Il n’y a pas à savoir davantage Juste ce trait qui mène à la courbe Juste cette courbe qui débouche sur le mot suivant la couleur qui t’attend C’est le dessin qui décide de ce qui naît à cet instant le dessin qui te destine à ton vrai dessein
Aie confiance Tu n’as rien à désirer puisque la goutte d’encre pour poursuivre ta ligne de vie luira demain
Mais ici et maintenant reste comme tu es c’est là que tu rejoins ton point de vérité
Très jeune, j’ai découvert la puissance bienfaisante des mots. Les mots soignent. Ils sont les messagers de la résilience. Et en tenant moi-même un journal intime, j’ai découvert le pouvoir de cicatrisation psychique de l’écriture. C’est ainsi que, tout naturellement, avant ma formation et tout au long de son processus, j’ai mis en place des outils thérapeutiques que j’ai expérimentés d’abord pour moi, avant d’en faire bénéficier autrui. Et je peux vous dire que ces outils fonctionnent. Pourquoi ? Parce que le mouvement de l’écriture remet en action la psyché, initie sa capacité de métamorphose, déclenche son processus d’individuation. La trace écrite est une preuve :
« C’est bien moi qui ressens cela et qui l’écris. C’est donc ma vérité. »
Ce que vous éprouvez a une valeur, une légitimité, une signification. Vos émotions – aussi confuses ou violentes soient-elles – ont leur place sur la page. Symboliquement, vous vous accordez vous aussi cette place.
Voici quelques exemples (non exhaustifs) d’écriture thérapeutique lors de nos séances :
La définition de mon niveau de batterie énergétique,
Ma météorologie intérieure,
Ce que je veux/ ce que je ne veux plus,
Lettre à une émotion, un sentiment, à celui/celle qui m’a maltraité(e), à un être, à un animal ou à un objet perdu,
Lettre à moi-même : à celui/celle que j’ai été, à celui/celle que je deviendrai,
La biographie de tout ce que j’ai pu ressentir jusqu’à présent,
Une scène de roman familial,
La composition d’un poème sur un rêve ; j’écris une autre issue à mon rêve,
Je me définis par un mot, une couleur / je fais de mon prénom un acrostiche,
J’écris un conte dont je suis le héros à partir d’une carte du Tarot de la transformation d’Osho.
Comment définir l’exercice d’écriture ?
Je l’adapte à la problématique exposée en début de séance. Le Moi étant en perpétuelle évolution, chaque sujet d’écriture change de séance en séance. De même, je peux vous faire tirer dans un pot – qui mêle des billets que j’ai spécialement adaptés à votre besoin – un billet contenant un sujet d’écriture, en sachant que c’est votre inconscient qui guidera votre main et choisira ce qu’il a à vous écrire…
Que se passe-t-il après l’écriture ?
Nous passons à l’étape de la lecture : vous me lisez votre texte. Chaque inflexion de voix, chaque intonation, chaque lapsus, chaque hésitation, de même que le rythme, constituent un canal supplémentaire pour que l’inconscient ajoute de vive voix ce qu’il a à vous dire.
Puis, nous faisons tous les deux un retour sur cette écriture par le biais de mots-clés, d’expressions frappantes, une émotion qui se découvre.
Vous pourrez vous étirer, vous déplacer, vous relaxer, respirer profondément pour libérer dans l’espace l’énergie contenue dans les mots.
Enfin, je vous invite à faire le bilan de ce qui s’est écrit : avec quelle prise de conscience repartez-vous ?
Les types de consigne d’écriture :
Poétiques pour inviter l’inconscient à s’exprimer,
Issues d’ouvrages littéraires ou psychologiques, afin de vous offrir un cadre et un ancrage précis,
Avec un déclencheur d’écriture structuré pour vous sécuriser,
Mais avec de la liberté à l’intérieur de ce cadre pour que votre inconscient puisse vous guider vers le sens qui est le bon pour vous,
Claires, afin de vous aider à élaborer une réponse spécifique à vos besoins.
Avec quel matériel écrire ?
Avec un stylo et un papier bien sûr.
Mais aussi avec des encres multicolores, des feutres,
Une plume d’oie,
Une craie,
Des billes, de la terre, un caillou, un bout de bâton,
Des perles, des paillettes…
Et sur
Un parchemin,
Une ardoise,
Du tissu,
Du sable,
Un paperboard…,
à partir du moment où l’on sait pourquoi l’on utilise tel médium.
Questions éventuelles :
Et si je fais des fautes d’orthographe ? Aucune importance. Bien au contraire : les coquilles, les ruptures syntaxiques, les lapsus, les dites erreurs orthographiques sont autant de portes qui s’ouvrent de manière inattendue et par lesquelles l’inconscient vous glisse son message…
Et je ne suis pas un littéraire, un écrivain, un poète ? L’écriture thérapeutique n’est pas un exercice de style. L’écriture thérapeutique s’adresse à vous et à vous seul, car une seule voix compte : la vôtre !
Puis-je écrire avec mon ordinateur ou mon téléphone ? Pas dans un premier temps. En effet, c’est le contact de votre paume avec les matériaux de l’écriture qui mobilise la psyché. On écrit d’abord avec le corps. L’inconscient est du côté de l’instinct, de l’intuition et donc du mouvement. De même, le papier – métaphore de la peau – constitue un prolongement de vous-même. Bien sûr, si vous souhaitez retravailler vos textes ensuite – pour en constituer un recueil, par exemple -, vous pourrez utiliser le clavier chez vous, mais seulement dans un second temps, après la séance. En outre, vous pourrez recopier vos textes dans Le journal de thérapie.
Vous repartirez ainsi avec un ou plusieurs mots-boussoles qui vous permettront d’initier ce voyage intérieur dans l’immense pays qu’est votre psyché.
Je sais que, quoi que la vie me réserve, j’aurai toujours un journal pour refuge, un cahier pour présence, l’écriture pour voix, l’encre pour sang, une page sous ma paume, une plume dans ma main.
Il me suffit de sentir que la couverture s’ouvre et je rentre chez moi. Je retrouve le couloir familier d’un poème dans lequel j’ôte les chaussures qui me blessaient les pieds. À la majuscule du patère, j’accroche mon manteau trop lourd pour la saison, le chapeau qui me cachait la vérité, mes vêtements étriqués. Puis, j’appelle la mère en moi : « Maman ! Je suis là ! » Je peux m’étirer, souffler et reprendre librement mon inspiration. Je peux être moi-même. Dansante. Écartant les bras pour toucher chaque côté de moi. Je franchis le seuil et me voilà dans la pièce principale, celle qui m’offre son miroir dans lequel je me reconnais parfaitement en me démaquillant. Demain, j’oserai des couleurs qui iront mieux à mes yeux. Enfin, je revêts une fine chemise, dont la fluidité est celle du papier de soie, et qui me laisse deviner les courbes, les lignes, les déhanchés de mon corps, lorsque j’enjambe l’espace de chaque respiration.
Ce mois de septembre 2026 est un nouveau commencement.
Vous pourriez me dire que c’est un pléonasme, un commencement étant toujours nouveau. Mais j’ai initié, vécu, parfois subi tant de commencements dans ma vie que je peux dire que ce commencement est nouveau par rapport à tous les commencements précédents.
Il s’est passé beaucoup de choses durant cet été caniculaire de 2026.
Tout d’abord, la publication de Glow up !
Après de longs mois d’écriture en tant que plume pour toutes ces voix qui demandent à dire, parfois à crier – en un mot, à exister -,
Bien sûr, il me reste beaucoup à faire, mais l’intérêt du voyage ne réside-t-il pas d’abord dans le chemin ?
Et l’écriture est depuis longtemps pour moi ce voyage !
Alors, à l’heure où les feuilles commencent à tomber, voici revenue l’odeur des feuillets neufs des cahiers d’écolier.
Tu sais, cher Journal, je veux te dire aujourd’hui, un souvenir d’enfance. Quand je ferme les yeux, je sens que je suis habitée par du blanc. Et je sais d’où il vient :
du cahier neuf de la rentrée.
Tu ne t’en souviens pas, cher Journal, parce que tu n’étais pas encore né. C’est pourquoi je veux te dire :
la couverture de plastique de couleur qui miroite sous mes doigts, les pages lignées bien lisses, toutes douces, pour me montrer patiemment le chemin ; et l’odeur du papier quand rien n’est encore écrit, une senteur d’imprimerie sans les mots.
Je veux te dire ce cahier sans les taches, sans les annotations en rouge, sans les notes médiocres, sans les ratures, sans les pliures.
Un cahier vierge de toute culpabilité.
Un cahier à l’intérieur duquel un buvard aura été glissé, comme une couverture, pour protéger sa reliure des coulures de la première écriture.
Le buvard pourra pelucher, s’effriter, tomber en lambeaux dans ma paume. C’est le prix du sacrifice pour que le cahier de la rentrée reste celui de tous les possibles dans la lumière blafarde de novembre.
Un cahier à garder bien tenu jusqu’aux premières neiges au moins et, si je suis optimiste, jusqu’à la ligne ultime, en juin.
Un cahier qui, une fois fini, une fois la dernière page tournée, renaîtra en un autre cahier, sans doute plus épais et plus large, à la rentrée suivante, car j’aurai bien avancé, malgré les embûches, dans mes études.
C’est la mémoire de tous les cahiers de septembre dont je n’ai plus gardé trace – ayant dépassé depuis bien longtemps l’enfance – et que je veux te léguer aujourd’hui en deux-mille-vingt-six, cher Journal.
J’ai retrouvé le livre dans ma bibliothèque, feuilleté ses pages un peu froissées, imprégnées du sel du vent et de la mer.
J’ai découvert ce livre en Sicile, puis je l’ai relu à Majorque.
En Sicile, je le dévorais chaque après-midi dans la loggia, après le déjeuner, quand il faisait trop chaud, même pour aller à la plage.
À Majorque, je le lisais tôt le matin, sur la terrasse, alors que le soleil était encore doux.
C’est ce livre qui m’a redonné l’envie d’écrire un journal intime avec discipline. Le désir de sonder mon cœur. De vivre et donc d’écrire sans subterfuge. Telle que j’étais. Imprévisible. Changeante. Chantante.
L’Inédit : une véritable histoire de lecture et d’écriture.
Il faudrait que j’écrive des récits sur la découverte de mes livres favoris et comment j’ai pu vivre avec eux des périodes marquantes, mémorables. Décisives pour les projets que j’ai ensuite menés à terme.
Une façon de les honorer, de les remercier d’avoir été sur mon chemin après m’avoir attendue patiemment, du haut de leur étagère.
Leur rendre grâce d’avoir mis mes pensées en lumière.
De m’avoir inspirée, souvent.
Dans les pages du journal de Marie Cardinal, je retrouve la femme que j’étais, lisant pieds nus sur les tommettes ensoleillées.