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« Je vous parle avec mon cœur », livre coécrit par Axel Ménard-Burgun et Géraldine Muller

La résilience, c’est faire de ses épreuves un livre de Vie.

Il n’y a pas de déterminisme, de fatalité, de chemin tout tracé, dicté par des circonstances extérieures contre lesquelles on ne peut rien.

Nous pouvons tracer notre chemin personnel sur le papier avec une plume qui va nous rendre plus légers.

Je vous parle avec mon cœur est la nouvelle biographie réalisée avec Axel.

Elle nous présente le parcours de la dyslexie vers la résilience car la souffrance est non seulement source d’enseignement, mais aussi elle contient en germe notre guérison.

« Mon désir ? Parler au cœur de chacun, au nom de tous les dyslexiques et de tous ceux qui sont handicapés – qu’ils soient visibles ou invisibles. Que ce récit, qui constitue l’œuvre d’une vie, retrace mon voyage vers la résilience car nous avons tous à apprendre de notre souffrance. Et quelle satisfaction, alors, que d’avoir transformé nos manques en ressources ! Je veux faire de cette longue lettre adressée à tous ceux qui sont rejetés pour leur singularité, un simple signe qui invitera chaque lecteur à mieux les connaître.« 


« Je souhaite faire de ce livre non seulement un témoignage du calvaire que j’ai enduré, mais aussi une preuve selon laquelle on peut transcender ce handicap de la dyslexie, en avançant davantage, en faisant un pas de plus chaque jour, en se dirigeant sans jamais se décourager sur la voie de la guérison. J’utilise désormais chaque instant de ma vie comme l’occasion d’aller un peu plus loin vers moi-même. 

Je veux montrer à tous les enfants et adolescents qui souffrent de ce diagnostic que l’on peut se battre et ainsi gagner en parole, en liberté et en droit de dire au monde qui nous sommes. « 

Pour plus de précision, il est possible de se rendre sur l’article de L’Est Républicain :

https://www.estrepublicain.fr/culture-loisirs/2022/11/01/axel-menard-burgun-combat-espoir-et-resilience-face-a-la-dyslexie

Géraldine Andrée Muller

Écrivain privé-biographe familiale-psychobiographe, spécialisée dans le récit des résiliences et des parcours de vie difficiles

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Je pour Tous, Journal d'une maison de retraite, Le cahier Blueday, Le cahier de mon âme, Le journal des confins, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

La maison du cahier

À l’heure où la société devient de plus en plus instable, où l’on ignore de quoi sera fait le simple lendemain, où le pays, la région, la maison dans lesquels l’on vit sont souvent précaires, il est important d’avoir « un chez soi » toujours fidèle : un cahier.

Pour beaucoup d’exilés dans des hôtels, de malades dans des chambres d’hôpitaux, d’anciens oubliés dans les maisons de retraite, de prisonniers – politiques ou pas -, le cahier a souvent constitué l’ultime refuge, l’île de silence au milieu du bruit, la chapelle au cœur du chaos, la chambre à soi selon l’expression de Virginia Woolf, offrant une solitude inspirante et réconfortante malgré la promiscuité avec les autres qui nous sont parfois bien étrangers.

Dans un logement exigu, le cahier peut offrir la perspective d’un océan à la fois immense et familier, une étendue de liberté rassurante.

J’ai déjà lu certains journaux intimes tenus par des gens auxquels l’espace privé avait été dérobé :

Il en est ainsi, par exemple, du Journal d’une vieille dame en maison de retraite de Jean Tirelli, écho universel de la voix d’une personne âgée recluse dans sa chambre anonyme d’Ehpad, Amandine, et dont Jean Tirelli, psychologue spécialisé des longs séjours, a retracé le témoignage après le décès de la vieille dame.

La métaphore du cahier comparé à une maison n’est, d’ailleurs, pas nouvelle. On la retrouve dans des titres d’œuvre comme La Maison de papier de Françoise Mallet-Joris ou Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire. Il est certain que le cahier nous ramène toujours à notre vrai pays, celui d’où l’on vient et auquel on appartient éternellement, où que l’on soit : le pays de notre âme.

J’ai déjà évoqué dans un précédent billet Le cahier de l’indicible
comment le fait d’entrer dans mon cahier m’a aidée à supporter une vie familiale difficile. En sortant de mon journal après y avoir séjourné pendant assez longtemps, j’étais suffisamment forte pour supporter le réel car je connaissais ma vérité et je savais que celle-ci était bien différente de la réalité. Le cahier m’avait aidée à tracer les contours de mon territoire intérieur et personnel.

La sombre période de la Seconde Guerre Mondiale regorge d’exemples expliquant combien la tenue d’un journal avait permis à des réfugiés, des gens cachés ou des déportés de survivre. J’ai pris la référence d’Anne Frank lors de mon précédent billet Le cahier de l’indicible. Anne Frank rentrait chaque jour dans sa maison qui n’avait rien à voir avec l’Annexe, une maison riche de conversations intimes avec Kitty, sa confidente imaginaire qui l’invitait à venir s’épancher dans cette maison de papier qu’était le journal.

De même, dans Une Vie bouleversée, Etty Hillesum fait du cahier un foyer qui lui permet d’accéder à un autre foyer qu’est son ardeur de vivre, d’aimer, de résider en son propre centre spirituel, au cœur d’elle-même. Dans son journal de 1941 à 1943, elle évoque le moment privilégié qu’est l’écriture matinale :

« Qui pourra le dire, et qu’importe ? Ces cinq minutes m’appartiennent encore. Dans mon dos la pendule fait tic-tac. Les bruits de la rue m’atteignent comme un lointain ressac. Une lampe ronde à lumière blanche, chez les voisins d’en face, perce le jour livide de ce matin pluvieux. Ici, devant le grand plateau noir de mon bureau, je me sens comme sur une île, à l’écart du monde.« 

Etty Hillesum, par l’écriture, pénètre dans un autre refuge, celui de l’instant présent. À tout moment, elle peut être arrêtée et emmenée dans un camp. La fureur du monde peut gronder et les bombes pleuvoir… Pourtant, à cet instant précis où elle écrit, il ne peut rien lui arriver.

Aujourd’hui, il est possible que votre patron vous maltraite, qu’un appel téléphonique vous crible de chagrin et qu’un message broie votre journée. Mais l’instant où vous êtes dans votre cahier est vraiment parfait.

Beaucoup de déportés ont gardé une lueur allumée dans leur psyché grâce à leur désir de rentrer chez eux et, pour garder ce désir vivant, ils ont écrit. Depuis le camp de Therensienstadt, Robert Desnos écrit des lettres à sa femme Youki ; Viktor Emil Frankl, psychiatre inventeur de la logothérapie, reconstitue patiemment et dans le secret absolu les fragments de son œuvre qu’un nazi a déchirée. Et combien d’autres auteurs inconnus ont écrit leurs pensées ou poèmes sur des lambeaux de tissu qu’ils cousaient à l’intérieur de leurs vêtements de prisonniers ?

Et s’il n’y a plus ni encre, ni feuille ? Alors, le corps tout entier se fait maison de papier. On écrit ses mémoires dans sa mémoire ; on écrit sur sa peau et parfois, c’est le chant qui se fait cahier –

« Et maintenant que je chante !

Ma harpe donne !

Je joue, je joue, je chante !« 

écrit le poète assassiné Itzhak Katzenelson -,

voire le monde entier.

Sur mes cahiers d’écolier

Sur mon pupitre et les arbres

Sur le sable sur la neige

J’écris ton nom

chante le poète Paul Éluard dans son poème Liberté.

Qu’importe ce qui t’arrive. Qu’importe où la vie t’emmène. Qu’importe où tu es. Tu peux rentrer chez toi, faire de l’instant présent une page sur laquelle te reposer. Quand les bruits et les aléas de l’existence t’assaillent, rejoins ton cahier. Déposes-y ton manteau qui te protège mais qui se fait si lourd – ce manteau de tes certitudes, de tes fausses convictions, de tes éphémères loyautés -, reprends ton souffle. Et, dans l’espace de la page, trouve un endroit où tes amis imaginaires, partis ou défunts, peuvent s’asseoir et converser avec toi. Décore les marges, telles des pièces qui seront à l’image des différentes personnalités qui composent ton être. Accroche quelque part un miroir où tu te regarderas à loisir en toute lucidité et où tu y décèleras ta vraie beauté. Meuble ce vide encore blanc de tes rêves. Allume la lampe d’un projet.

Et, quand le temps en toi sera redevenu beau, ouvre au centre de cette page une fenêtre par laquelle l’oiseau de l’inattendu peut entrer.

Géraldine Andrée

@L’Encre au fil des jours

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Qu’écrire ?

Écrire pour quoi ?

Que faut-il vivre pour écrire ?

La vie doit-elle être à la hauteur de l’écriture

ou l’écriture à la hauteur de la vie ?

Qu’écrire,

sinon le bruissement

de chaque feuille

que l’on tourne,

signe du deuil

de chaque jour ?

Que chercher,

sinon le reflet de soi-même

dans le reflet de l’encre ?

Écrire sans rien attendre

de l’écriture,

aucune œuvre magistrale,

juste pour le mouvement

de la plume

vers son cœur,

parce que la vie

nous attend

ici et maintenant…

Géraldine Andrée

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Le cahier de l’indicible

C’est lorsque j’ai atteint l’adolescence que j’ai commencé à tenir un journal. Je me souviens : c’était un cahier d’école à petits carreaux et à la couverture lilas.

J’avais lu le Journal d’Anne Frank qui m’avait fortement touchée. Les douloureux secrets de cette jeune fille au sujet de la mésentente avec son entourage et le début de son amour pour Peter alors que les mesures nazies resserraient leur étau autour de l’Annexe – endroit où elle et sa famille s’étaient réfugiés – m’avaient troublée. Je pressentais que l’écriture pouvait être un remède à ce qui était tu, à ce qui était impossible à dire et que le récit que la jeune Anne faisait de sa vie était toujours à la lisière de l’indicible.

Moi-même, j’ai donc commencé un journal intime. Je me suis mise à écrire car, animée par une sourde révolte envers une famille qui ne me donnait pas le droit de m’exprimer sous peine de punition, je ne pouvais me permettre de crier. J’ai donc crié en silence sur ce cahier d’école.

Plus tard, bien plus tard, après avoir lu les travaux de Philippe Lejeune sur l’autobiographie, j’ai réalisé combien l’écriture était d’abord un dialogue caché entre soi et soi, une conversation profondément intime.

Cette révélation m’a été confirmée il n’y a pas si longtemps par les propos tenus par Amélie Nothomb, lors de son entretien dans le cadre de l’émission Conversations d’un enfant du siècle avec Frédéric Beigbeder sur Radio Classique le 02 septembre 2022 :

« L’écriture est d’abord une affaire de silence.« 

De même, en 2018, juste après le décès de mon père, j’ai découvert le Journal de silence de Marie de Solemne, journal que cette dernière a tenu après avoir vécu une expérience de mort imminente suite à un accident de cheval et dont elle relate le contenu dans l’émission Nouvelle Conscience, présentée par Olivier Vinet sur la radio Ici et Maintenant. Comme ce qu’elle avait expérimenté lors de sa désincorporation défiait les mots et n’était pas entendable par autrui, elle a transcrit pour elle-même ce silence qui la condamnait à ne pas témoigner de toutes les couleurs, formes et musiques qu’elle avait rencontrées pendant son voyage vers la Lumière.

Tous ces témoignages m’ont ramenée à mon adolescence quand, en proie à l’indicible des émotions que je devais contenir, je me jetais sur mon journal lilas. Une expression me revenait souvent :

« Ce que je vis dépasse l’entendement.« 

Et j’ai voulu alors transcrire la folie : celle à laquelle j’étais confrontée jour après jour à l’extérieur de moi et qui commençait à s’immiscer en moi, à bouleverser mes assises psychiques. Je me souviens… J’écrivais comme on arrache la page. La pointe de ma plume transperçait le papier. Je faisais de la feuille une nouvelle constellation, un ciel étoilé de taches d’encre auxquelles je donnais le nom d’une émotion : Colère, Tristesse ou encore Joie quand le temps me donnait raison. Mes lettres étaient hautes comme des flammes. La ponctuation disparaissait. Parfois, la phrase à peine commencée se fondait, inachevée, dans les carreaux suivants car une autre phrase née d’une autre vision m’assaillait. Je disloquais la syntaxe à volonté ; je trouvais des néologismes ; j’inventais un autre langage qui ne pouvait être lu et compris que par moi… Comme cela, si ce cahier était trouvé, il serait indéchiffrable… Je crois même que j’avais choisi un cahier à petits carreaux scolaires pour mieux en transgresser le cadre.

Mon écriture dépassait l’entendement. Et j’en étais fière.

Je n’ai pas gardé ce cahier. Une fois l’indicible transcrit, il s’avéra sans utilité pour l’adulte que j’allais devenir. Mais ces nombreux feuillets où l’écriture bavait de rage et d’envie m’ont appris à résister et à faire cheminer ma parole au milieu de celle des autres.

Lorsque l’indescriptible te submerge – maladie, veuvage, divorce, deuil, licenciement -, tu peux, toi aussi, tenir ton journal de l’indicible.

Je peux t’indiquer des façons de procéder nées de mes expériences d’écriture et nourries du fruit de mes lectures :

  • Choisis un cahier d’écolier tout simple. Tu n’éprouveras ainsi aucune culpabilité à le « gâcher » en le raturant, en y gribouillant, en y griffonnant.
  • Laisse aller ton stylo sans lui donner de direction. Tous les sens sont possibles. Trace des traits qui tanguent, qui tremblent, qui ondulent au rythme de tes états d’âme.
  • N’hésite pas à produire des taches pour représenter les émotions qui te submergent avant de lancer l’écriture. Puis, alors qu’elles ne sont pas encore sèches, fais-en des larmes – ou des fleurs, ou des étoiles…
  • Ne te préoccupe pas de la régularité de ton écriture. Laisse-la devenir vague. Laisse-la se délier jusqu’à devenir frêle fil qui se dissout dans l’espace de la page. Ou encore épaissis le trait. Transforme ton texte en falaise ou en montagne. Une fois que l’indicible aura relâché son emprise, tu écriras naturellement plus petit. Et qu’importe si tes mots deviennent ensuite grains de sable ! Ce sera le signe que le problème à tes propres yeux diminue en intensité.
  • Privilégie les phrases courtes, verbales ou non verbales. Elles te permettront de te confronter à toute la diversité des sentiments qui te traversent. Juxtapose en quelques verbes tes impressions : « Aujourd’hui, dimanche. Écrire, me fondre dans la nuit blanche, disparaître sur ma propre trace. Le paradoxe. Pour oublier. Peut-être. »
  • Ne te soucie pas de la ponctuation. Laisse chaque phrase se déhancher vers une autre phrase. Lâche prise et abandonne-toi au flot ininterrompu et puissant des pensées qui te traversent ; laisse-toi soulever par lui : « Soleil Cou Coupé » dixit Apollinaire.
  • Utilise des hyperboles si elles font sens pour toi, si elles te permettent de mieux cerner la charge émotive de ton expérience : « C’était horrible, terrifiant, absolu, délicieux… »
  • Ancre/encre-toi dans tes sensations. Donne la parole à la mémoire de ton corps. Fige la sensation brute sur la page. C’est ainsi que, dans leur récit, les femmes abusées évoquent souvent l’odeur de la sueur de leur agresseur ou la saccade de leur souffle. L’acuité de telle ou telle sensation va permettre au trauma de s’y condenser. Ainsi, la sensation pourra être nommée et le traumatisme, exorcisé.
  • Qualifie en sensations l’écriture elle-même. Donne de l’importance au sens qui prédomine pour toi :

-S’il s’agit de l’ouïe, est-ce que l’écriture gueule, tonne, gémit, murmure, chuchote ?
-S’il s’agit de la vue, les mots sont-ils des phosphènes, des clignotants, des scotomes, des éclairs, des lucioles, des traînées d’étoiles filantes – ou des fenêtres ouvertes dans la nuit ?
-S’il s’agit du toucher, est-ce doux, soyeux, rugueux, râpeux ? Évoque les tissus auxquels peut te faire penser l’écriture de cet indicible que tu as vécu : jute, flanelle, toile, soie…
-S’il s’agit de l’odorat, énumère les fragrances ou les puanteurs : c’était fleur d’oranger, patchouli, lait chaud, urine, latrines, herbe brûlée…
-S’il s’agit du goût, fais une liste des saveurs de l’expérience que l’écriture te met en bouche : cannelle, raisin vert, citron amer, beurre rance…
-Explore aussi les sensations de chaud, de froid et les variantes météorologiques : « Quel est donc ce mouillé qui s’infiltre dans mes os comme si j’étais un bout d’écorce oublié sur le chemin de novembre ? »
-Qualifie le mouvement de cette écriture : est-ce qu’elle jaillit, sursaute, s’entrechoque, glisse, s’insinue ?

  • Procède par des anaphores, à la manière de Rimbaud, Apollinaire et Perec : Il y a / Il y avait… Je me souviens / Je ne me souviens pas… Je crois que… La reprise de mêmes termes ou expressions t’invitera à te plonger davantage dans l’univers toujours surprenant de ton inconscient sans te soucier de la syntaxe. Des associations d’images insolites pourront alors survenir et éclairer tout ce monde pulsionnel qui demande à se faire jour.

D’autres techniques existent – davantage stylistiques. Dans Les Montagnes roses de Rose, journal intime tenu par une femme victime d’un cancer de sein et qui relate le lent processus de soin et de guérison (paru aux éditions Eyrolles), l’autrice privilégie

  • les mots-clés placés sous la date du jour dit
  • les phrases nominales
  • les sous-entendus
  • les titres, parfois dans une autre langue ou avec néologismes
  • les répétitions

« Mercredi 30 juin 2021

3,8%

« Jouer la sécurité est le choix le plus risqué que l’on puisse faire.« 
Sarah Ban Breathnach

Humeur : chimio or not chimio ?

Recherche du jour : Alain Toledano/Victor Izraël/récidives cancer du sein/avis secondaire cancer

3,8%, c’est peu.
Et c’est beaucoup trop.
Ça brûle vraiment.
Et pas que l’esprit finalement.
J’ai l’esprit en feu.
Pas métaphoriquement. »

Pour dire ce qui te hante, te tourmente, te subjugue, te fascine, n’hésite pas à procéder par ellipses, allusions ; à passer du coq-à-l’âne ; à jouer avec les sous-entendus. Il n’y a que toi seul qui te comprends. Le but de l’écriture de l’indicible est de dépasser l’entendement, c’est-à-dire de t’affranchir de la logique et des codes du réel pour t’aider à prendre conscience de ce qui s’écrit en toi inconsciemment.

En effet, comme le dit Jung,

« Ce que tu ne ramènes pas à la conscience te reviendra sous forme de destin.« 

Pour éviter que ce que tu n’as pas pu dire, énoncer, avouer ne revienne dans ta vie sous forme de pattern ou de déterminisme – autre nom pour désigner la fatalité tragique -, approche-toi des bords de l’indicible dans ton cahier.

Que ton écriture se passe de mots et devienne flot, flot d’émotions, de pensées, de rêves, de sensations, flot d’encre – ce sang bleu ou noir (ou encore d’une autre couleur, pourquoi pas ?) que tu mets en mouvement par ton propre tempo accordé enfin au rythme de ton cœur.

Pour aller plus loin :

Le Nouveau Journal créatif d’Anne-Marie Jobin : Partir à la rencontre de soi par l’écriture, le dessin et le collage, 2020, Le Livre de poche
Je vous écris d’Anny Duperey, précédé par Le Voile noir, Le Livre de poche

Géraldine Andrée
@L’Encre au fil des jours

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Écrire et devenir

Pour écrire, je deviens ce que j’écris.

Pour écrire sur le chêne depuis longtemps arraché, je deviens sa sève qui transporte sa force jusqu’à la branche la plus haute.

Pour écrire sur le jardin à jamais interdit, je deviens sa plume d’oiseau qui ranime les herbes, sa goutte de rosée qui ressuscite toute la fontaine et par un mot, rien qu’un mot qui se fait fruit, le jardin est enfin rendu car je suis jardin pour toutes les feuilles à venir.

Pour écrire sur la poupée abandonnée Catherine, je deviens ses yeux bleus perdus dans le vague, son attente héroïque au fond d’une malle, son cœur de chiffon si tendre au cœur de l’enfance.

Pour écrire sur la maison quittée, je deviens le parfum de la chaude compote de reines-claudes qui se répand dans les chambres. Et c’est moi, ce pas qui invite l’écho dans le couloir où plus personne ne vient. C’est moi, le seuil que les défunts franchissent pour se réunir autour de la petite lampe.

Pour écrire sur le miroir détruit, je deviens les fleurs de fer qui l’entourent, son reflet où frémit une flamme de bougie, mon regard qui, en cherchant qui je suis vraiment, lui sourit.

Et en confiant au fil de l’encre tout ce qui a disparu, j’écris à la Vie tout ce que les absents sont devenus.

Géraldine Andrée

Photo de Cru00e8me Studio
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Écrire en enfance 1

Je suis la main de votre enfant intérieur qui vous guidera dans l’écriture de votre vie.

Géraldine Andrée

Écrivain privé-biographe familiale-psychobiographe-psychogénéalogiste

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Écris ta ligne temporelle

Toute petite, je priais Dieu, le soir, couchée dans le noir. Je Lui demandais de changer la réalité. Mais lorsque je me réveillais, ma famille n’était pas plus gentille et les professeurs m’avaient toujours à l’œil.

Pourtant, sans que je m’en aperçoive, une autre réalité – la mienne -, s’est créée sur cette réalité. J’empruntais des livres de la Bibliothèque Verte dans la salle de lecture blafarde de la bibliothèque de ma ville. Et mes héroïnes préférées m’ont accompagnée chaque jour dans ce que j’avais à vivre. Elle partaient avec moi à l’école. Elles me racontaient leur vie pendant la récréation, tandis que j’étais assise sur l’une des marches glacées de l’escalier de pierre, en plein hiver. Alice Roy, en particulier, était ma plus grande amie. Et lorsque je voulais fuir la triste salle de classe toute grise, Oui-Oui, le petit pantin de bois me disait en cachette, installé sur mes genoux : En voiture ! Pour la grande aventure !

Pendant que ma mère se plaignait que sa maison était toute sale, je dansais avec les branches du platane au rythme du vent, devant la fenêtre de ma chambre. Et puis, j’avais ma marionnette, Cathie, qui mettait en scène par la seule entremise de ma main les disputes de famille en y apportant un humour touchant qui me faisait pleurer et rire aux éclats à la fois.


Quand j’ai grandi, j’ai voulu partir. Mais il n’y avait pas grand chose dans ma valise. C’est alors que la Poésie m’a dit : Viens ! Je t’emmène ! Ensemble, nous avons pris le chemin bordé de pins sylvestres jusqu’au chant d’une fontaine enchantée, cachée au cœur d’une forêt d’un autre temps. J’avais suivi la voix d’un poète, dit mineur, qui voyait immensément clair en mon âme.


Certes, la réalité n’avait pas changé mais mon regard sur cette réalité avait bel et bien changé. Si le monde extérieur existait toujours, je possédais, moi, un univers intérieur bien plus grand que ce monde qui, après tout, ne faisait sa révolution qu’autour de lui-même. Et les deux réalités se côtoyaient désormais, sans se heurter.


Et vous, comment vous créez-vous votre réalité quand l’autre est difficile à vivre ?

Vous saurez tout dans cet article !

Géraldine Andrée, article extrait des Mots Positifs
Publié dans Je pour Tous, Poésie, Poésie-thérapie

Écrire de la poésie

Écrire de la poésie, c’est découvrir l’amour inconditionnel.
Un mot est là, qui nous déplaît. On voudrait le changer, le remplacer par un synonyme plus éclatant, moins banal car ce mot nous paraît trop simple.
Mais c’est ainsi : même si on le barre, il revient car la nouvelle version du poème est moins émouvante que l’ancienne.
Le poème ne veut pas se laisser corriger pour satisfaire notre ego.
On ne peut retoucher certains traits d’un portrait sans en effacer définitivement le naturel.
Le poème est un visage qui nous regarde tels que nous sommes et qui nous dit:
Regardez-moi ! Regardez ce que je suis pour vous !
Regardez qui vous êtes à travers moi !

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, histoire, Je pour Tous

Dans les yeux d’Olivier

J’ai été contactée par France TV pour recueillir des témoignages sur le pardon, la culpabilité, la toxicité d’un lien (familial ou amical), la trahison, la découverte d’une vérité en vue de la réalisation d’une émission Dans les Yeux d’Olivier et ceci, dans le cadre de mon travail d’écrivain biographe.

Ce témoignage portant sur le thème Je pensais le/la connaître peut m’être transmis par skype, visio, je peux l’enregistrer, le rédiger ou mettre la personne directement en lien avec France TV et la journaliste Nina Jacob…

Tel : 06-16-33-25-43

https://www.facebook.com/DLYO.Officiel

Mon aide est, en effet, sollicitée pour la réalisation de ce film. Toutes les personnes intéressées peuvent me contacter par MP d’abord, on peut convenir d’un rendez-vous préliminaire ensuite, de visu si c’est sur Nancy ou zone proche (Toul- Lunéville- Metz-Thionville ) ou par visioconférence si c’est plus loin.

Nul besoin d’avoir réalisé une biographie avec moi pour participer mais si une personne d’entre vous souhaite déposer son témoignage pour l’émission Dans les yeux d’Olivier, je m’en ferai l’intermédiaire auprès de Mme Jacob Nina, journaliste France TV, afin de présenter le témoin.

Thèmes : adultère, enfant caché, addiction d’un proche, secret familial bien gardé, amitié ou amour toxique, double vie d’un parent…

En espérant une rencontre prochaine avec un témoin potentiel de cette émission,

bien à vous.

Géraldine Andrée
L’encre au fil des jours