Publié dans C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie, Journal de silence, Récit de Vie

Le cahier neuf

Cette excitation, toujours, quand j’achète un cahier neuf…
Je caresse son papier comme jadis, je prenais plaisir, enfant, à passer ma main sur la neige fraîche.
Et, avant même de me présenter à la caisse,
je joue à deviner les mots qui vont apparaître,
à fleur de page,

ces mots qui percent déjà
le blanc de tout cet espace,
avant qu’ils n’éclatent en phrases,
car ils ont la patience secrète
des perce-neige.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Récit de Vie

Sans titre

Il faudra que j’écrive, un jour, sur tous les actes que j’accomplis alors que j’écris, que j’en fasse la liste :

poser ma plume et aller me préparer un café, vérifier si la brèche dans la toiture ne s’est pas aggravée, décrocher le téléphone qui sonne, ouvrir la porte au chat qui miaule, combler d’autres brèches – psychologiques, émotionnelles – créées par les demandes d’autrui ou les exigences des choses quotidiennes,

puis retourner à la légèreté de ma plume, reprendre la temporalité hors du temps de mon récit, m’envoler même si je suis toujours présente – Oh ! Ne pas partir très loin ! Juste dans le ciel de la page !

Il faudra que je réponde, un jour, à cette question :

L’écriture s’intègre-t-elle à la vie
ou la vie s’intègre-t-elle à l’écriture ?

Peut-être qu’il faut que je vive et que j’écrive encore,
que j’écrive et que je vive encore,
pour noter une réponse dont je sois sûre…

Géraldine Andrée

Publié dans Je pour Tous, Parlez ! Je vous écoute !, Récit de Vie

Votre écrivain privé biographe Réseau NPI ©

Je suis votre écrivain privé biographe Réseau NPI (Nègres pour Inconnus) © créé par Guillaume Moingeon.

Que signifie, pour un biographe, faire partie du Réseau NPI ©?

Cela signifie, comme tous les autres écrivains biographes du réseau,

  • Appliquer les règles de déontologie propres à ce réseau, à savoir ne pas faire payer de forfait pour une biographie dont on ignore toujours par avance le nombre de pages puisqu’un récit de vie suit le fil de la mémoire, et donc de l’inconscient.
  • Faire payer un client à la séance de manière à ce que ce dernier soit maître du nombre de séances qu’il est libre de suspendre, d’interrompre, de continuer. Par conséquent, il contrôle son budget.
  • Chaque séance se compose de l’entretien qui coûte 60 euros, et de l’heure et demie d’écriture qui coûte 90 euros ( 1 heure d’écriture = 60 euros + une demi heure d’écriture = 30 euros ). Vous payez donc à chaque séance 150 euros, toujours sur la base d’une heure d’entretien, 60 euros et une heure d’écriture, 60 euros. Si je dois me déplacer, des frais de déplacement sont ajoutés. Si les entretiens ont lieu par skype, vous ne payez, bien entendu, aucun frais de déplacement. Le tarif à l’heure chez les écrivains NPI est toujours de 60 euros. Il faut savoir que la rédaction d’un entretien demande toujours au minimum une heure de travail.
  • Nos entretiens se composent de modifications autour du manuscrit, d’échanges et de la prise de notes des souvenirs.
  • Le client prend connaissance à chaque séance de la rédaction des souvenirs de l’entretien précédent. Il ne découvre jamais le manuscrit tout à la fin de l’écriture biographique. J’envoie les fichiers format Word et Pdf et une invitation à la connexion Dropbox pour que des modifications soient possibles en ligne entre chaque séance.
  • Le client est libre d’apporter des modifications tout au long de l’écriture biographique, jusqu’à la finalisation du manuscrit (édition, impression).
  • Je travaille en collaboration avec les éditions Scripta qui établissent un devis pour la fabrication du livre selon le nombre d’exemplaires que vous souhaitez. Vous décidez du type de couverture, du papier, du format, du nombre et de la place des photos ou documents à intégrer au tapuscrit.

À bientôt pour un rendez-vous avec la Vie… la vôtre !

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Récit de Vie

Le cahier d’automne

La pluie a inondé mon cahier.

Pour lui faire retrouver sa beauté, mes paumes l’aplatissent, le lissent.
Puis le fer à repasser repasse plusieurs fois sur ses pages chiffonnées.

Hélas ! Les poèmes gondolent et les mots s’effacent…
Mon cahier a perdu sa grâce !

Alors, j’abandonne.

Je me console en me disant que mon cahier relie désormais des feuilles d’automne
dont les nervures sont des lignes
où je devine
un alphabet invisible.

Géraldine Andrée

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Laissez une trace

Laissez une trace de chaque jour qui passe.

Sur votre carnet de bord, collectez tous les menus détails, y compris ceux que vous jugez les plus anodins car c’est souvent l’insignifiant qui fait signe plus tard. On associe toujours à une époque ou à un événement une musique, un parfum, une lumière qui prennent parfois plus de place dans la mémoire que l’événement lui-même.

Notez sans vous soucier de votre syntaxe, sous forme de phrases concises, fulgurantes, incandescentes ce qui vous a marqué aujourd’hui (et n’oubliez pas : on est toujours aujourd’hui).

Jane Birkin, dans son journal adressé à sa peluche Munkey, écrit tout ce qu’elle a vécu sans se soucier de savoir si c’est important ou pas. De sa promenade à la plage, elle raconte qu’elle a trouvé une grosse balle de plastique jaune sous le sable et qu’au retour sa montre n’était pas à l’heure, reprenant ainsi les paroles de sa sœur Linda :

« Ce n’est pas moins vingt-cinq ! »1

Autant de menus clichés que permettent les mots et qui donnent à chaque jour sa singularité avec une touche humoristique, par exemple.

Faites, comme Dominique Loreau le conseille, des listes de vos accomplissements ou de vos projets immédiats ; des listes de saveurs, de couleurs, de musiques, d’odeurs et de textures quotidiennes. Qu’à chaque journée corresponde sa notation sensorielle. 2

Vous trouverez pour vous aider des cahiers présentés sous le principe du bullet-journal qu’il vous est possible de confectionner vous-même. Une notation ou une action correspondent à une pastille de couleur.

Vous pouvez tenir aussi une forme de journal de bord avec le carnet de croquis : dessinez le hall de gare, la salle d’attente, le café et sa banquette. Vous serez à la fois l’auteur et le spectateur de votre existence. Composez un air de musique quotidien si le cœur vous en dit.

Laissez votre trace en hommage à la Vie qui passe.

L’Encre au fil des jours prend quelques jours de pause. Mais je reviendrai pour l’année nouvelle, riche d’autres articles, d’autres vidéos et d’autres expériences d’écriture.

Je vous souhaite une belle fin d’année à écrire et…

À bientôt !

Géraldine Andrée

1 Jane Birkin, Munkey Diaries, collection Le Livre de poche, p58
2 Dominique Loreau, L’Art des listes : Simplifier, organiser, enrichir sa vie, éditions Marabout

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J’écris comme je prends un train

J’écris comme je prends un train dans la nuit.
Je m’avance quand une lueur éclaire la ligne…
Puis, je m’assois au plus près
de la page bientôt couverte d’encre noire,
fenêtre à travers laquelle je vois défiler des noms
qui sont chacun une destination
que je dépasse…
Je franchis des frontières invisibles,
des limites que j’ignore,
des terres obscures,
des constellations de lumières
éphémères…
Je me penche sur des bords inconnus
qui défilent
à une vitesse
qu’une autre force
plus puissante
que mon désir
décide.
C’est souvent au petit matin
que j’arrive à ce point ultime
qui me fait signe,
telle une étoile,
et qui m’incite
dans son pâle espace
à ne pas aller plus loin.
Alors, je me résous
à vivre
là où je suis,
à m’arrêter
pour un temps
là où j’en suis,
à poser mon regard
sans jugement
sur le jour blanc
qui m’invite
à percevoir
une autre vérité
dont le mystère
s’atténue.
Mais je ne renonce pas
car je sais
que plus tard,
quand l’heure
sera venue,
j’écrirai
comme je prends
un train dans la nuit.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal créatif, Grapho-thérapie, Récit de Vie

Je suis fière de tenir un journal

Je suis fière de tenir un journal depuis mon adolescence, d’écrire tout ce qui m’arrive.
Je me vois offrir par la page un contour, un territoire, une existence comme lorsque, si discrète et effacée à l’âge d’onze ans, j’ai sorti du buisson et pris fermement entre mes mains ce chaton sauvage que toute la famille a ensuite adopté.
J’éprouve le même sentiment de force, d’influence sur les événements car j’ai le pouvoir de saisir et de tenir avec certitude la vie grâce à mes mots, comme le petit chat d’autrefois.

Géraldine Andrée

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En écrivant

J’ai longtemps vécu en me définissant par le regard qu’autrui posait sur moi ; en croyant que le jugement que l’autre donnait de moi me décrivait de manière existentielle.

Et pourtant, il est possible de se détacher de cette image que la société, nos proches, nos dits amis nous renvoient et ainsi, d’être libre.

Comment ?

En écrivant.

En écrivant,

j’ai suivi le fil de ma vie avec mon propre regard et j’ai compris qu’il me menait dans le sens de ma résilience ;

j’ai franchi la frontière qui me séparait de mes rêves et de mes désirs les plus pérennes ; je suis allée de l’autre côté, où m’attendait ma vérité ;

j’ai compris les épreuves qui m’ont guidée là où j’en suis et j’ai ainsi pu triompher du silence ;

je me suis donné le droit de crier sur la page en couleurs et en majuscules ;

j’ai appris à souligner ce qui m’était essentiel et à le privilégier dans ma vie de tous les jours ;

j’ai distingué en deux colonnes le passé du présent, ce qui doit être jeté de ce qui doit être gardé – objets, bien sûr, mais aussi valeurs, loyautés, habitudes, relations ;

j’ai tracé les grandes lignes de mon futur en laissant au crayon du hasard ou de la destinée des intervalles blancs suffisamment larges ;

j’ai pris ma place dans mon propre espace qui est celui de la page ;

j’ai découvert des comparaisons pertinentes, des métaphores insolites, des associations d’idées originales et je me suis exclamée, émerveillée comme une enfant qui trouve de splendides jouets dans l’ombre d’un grenier :

– C’est moi, ça,

« ce chemin qui file dans le vent comme de la soie, cette rose d’avril en robe élégante, l’ongle d’or de cette étoile qui s’accroche à l’angle d’une fenêtre, cette rivière de ciel qui se jette à l’embouchure du matin, la lampe de mon âme  » ;

j’ai reconnu mon Moi profond avec lequel j’ai conversé ; je n’ai plus jamais eu peur du monde ou honte d’être là car le fidèle miroir de la feuille m’a apaisée.

En écrivant,

je me suis réconciliée avec celle que j’ai toujours été
depuis que je suis née.

Alors, faites de même pour vous ;

écrivez pour vous-même !

Géraldine Andrée

En écrivant, on se sent de plus en plus vivant…