Publié dans Créavie, Le cahier Blueday, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Récit de Vie

Voyage

J’écris,
c’est-à-dire
que je suis
le murmure
de ma vie
et lorsque j’arrive
de l’autre côté
de la page
et que je place
à la fin
de ma toute
dernière phrase
mon point
de couleur
en guise
d’ultime
lueur,
je sais
que j’ai atteint
l’au-delà
de tout ce qu’il m’était possible
de dire.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Récit de Vie, Un cahier blanc pour mon deuil

Au nom de…

Au nom de la jeune fille qui cherche son père,
au nom du défunt dont on ne parle plus parce que l’on n’a pas compris sa vie,
au nom du bébé parti trop tôt,
au nom du chat qu’il a fallu endormir,
au nom du téléphone raccroché et de la conversation à jamais interrompue,
au nom du dernier mot avant le départ – mais tout le monde l’ignorait encore -,
au nom du jardin détruit pour un parking et qui brille pour lui seul sur des photos enfuies dans une malle,
au nom de la maison dont la vente fut un arrache-cœur,
au nom des étés perdus dont on tait le douloureux bonheur,
au nom des ombres qui reviennent dans la chambre et se rassemblent autour de la lampe pour murmurer le prénom de l’ami d’enfance avec lequel on refuse de se réconcilier,
au nom des pas qui résonnent dans le couloir vide,
au nom de la lettre jamais envoyée à l’amant,
au nom de la trahison qui valait bien plusieurs bouquets de fleurs et la perspective d’infinis printemps,
au nom de tous les non-dits,

j’écris

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Récit de Vie, Un troublant été

À pas de mots et d’étoiles

Au cœur de la nuit, la fête nous a soudain lassés :
trop de musiques, de visages, de lumières.
Tu m’as demandé :
-Et si on sortait prendre l’air ?

Dehors, le feuillage doucement bruissait.
Et sur nos pas, le sentier exhalait une odeur d’herbe mouillée.
Nous étions déjà au bout du jardin quand j’ai appris
que tu étais marié et que tu habitais assez près d’ici.

Et toi, comment va ta vie ?
Nous ne nous sommes pas aperçu que nous franchissions le seuil de la grille.
Au fil du récit de nos épreuves et de nos prises de conscience,
nous nous étions éloignés du domaine d’Amance.

Les lampes se faisaient rares.
Bientôt, le chemin devint obscur
et le silence, absolu,
nous enveloppait comme du tissu

que piquetait de temps en temps
le frétillement
de quelques fétus
transportés par la brise.

C’est lorsque nous avons atteint
la Pierre de la Source
que je t’ai entendu dire :
-Maintenant, je suis paisible.

Tout autour de nous
– les arbres, les haies, les buissons –
était si noir
que nous ne pouvions plus voir nos yeux.

Mais nous nous regardions
par l’intermédiaire des mots
et au-dessus de nos cils,
tremblaient les lueurs d’Orion.

Je me souviens que nous n’avions, alors,
pour nous guider,
que le pas de l’autre
et ce mot qui s’ajoutait

par intermittence
en guise de réponse
à une phrase
qui demeurait en attente.

Géraldine Andrée

In memoriam G**

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif, Journal d'instants, Le cahier de la vie, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Poésie-thérapie, Récit de Vie, Un troublant été

Petit message d’été

Au cœur de l’été,
en cette actualité tourmentée,
concentrez-vous sur la beauté
d’un paysage, d’une musique, d’un tableau,
d’un livre, d’un animal…
Et surtout, écrivez…
Journal créatif, bullet-journal,
biographies, récits…

Ouvrez votre cahier
pour conduire votre vie
au lieu de laisser la vie vous conduire,
et retrouvez ainsi le fil
qui vous mènera
vers votre vérité.
À bientôt
pour d’autres mots !

Géraldine Andrée