Le repos, Le journaling secret, La pratique personnelle de l’art-thérapie rien-que-pour-moi, La lecture des livres qui attendent sur mes étagères, La mise en place de mon nouveau projet professionnel.
Je vous dis donc À la rentrée, dans l’or des feuilles de septembre ! Passez de belles vacances.
Ce qui me lie à l’écriture ? Le flot. Quand j’écris, je suis rivière. Je me laisse traverser par les mots autant qu’ils me traversent. Et je laisse sur mon passage entre les bords du papier les méandres de toutes ces lettres reliées.
« Tu es inquiète ou désespérée ? Même si cela te semble difficile, attache-toi aux nervures d’une feuille, aux reflets d’une flamme, aux stries du bois, aux grains de sable, aux flocons de neige sur la vitre, aux clochettes du muguet, au pistil de ta plante de salon, à l’enchevêtrement des racines de l’arbre de la cour… Considère la vie comme une arborescence et prends note de toutes les feuilles de cette arborescence. Procède par courtes propositions ou phrases nominales pour ne pas égarer ton esprit dans une rédaction complexe. Qu’est-ce que la poésie, sinon la vie ? Alors, vas-y ! »
Guérir avec mon cahier – La pratique du journal de guérison Éditions Librinova
Le ciel est parsemé de montgolfières. Où est la mienne ? Flotte-t-elle, avide d’infini ? Vogue-t-elle, libre dans sa solitude, parmi toutes les autres ? Ou est-elle encore arrimée à la terre ? Je scrute l’azur, les mains en visière au-dessus de mes paupières, pour ne pas me laisser éblouir par l’or de la lumière : je ne la vois pas. Et je songe : « C’est peut-être mieux ainsi. » N’existe-t-il pas une sensation plus légère que celle de mon rêve de montgolfière ?
Je me souviens de l’après-midi d’un dimanche de printemps. Mon père et moi, nous nous asseyons dans le panier, qui tangue un peu sous notre poids. Les couleurs du ballon ondoient lorsque la montgolfière s’élève dans les airs, aspirée par son désir de hauteur. Mais, à ma grande déconvenue, nous ne quittons pas définitivement la terre. Dans mon esprit d’enfant, je pense que c’est pour que je ne perde pas de vue mes devoirs à faire au retour, et la perspective de l’école, si tôt le lendemain. En bas, je vois se dérouler l’insolite tissu bigarré des prés, bordé par le ruban des routes. Les arbres ont rapetissé en bouquets. Et les hommes, les animaux, les fleurs, les pierres, que sont-ils devenus ? Ils ne sont plus que des points invisibles, comme s’ils n’avaient jamais existé. Quant au grand champ du père Grandjean, il pourrait tenir dans un mouchoir de poche.
Puis, la montgolfière amorce sa descente dans un bercement qui me soulève le cœur. Elle n’en finit pas de se rapprocher de la terre, de raser l’herbe, et quand enfin le panier touche le sol dans une secousse, il me semble que le contact avec la terre plate déplace mes reins, me projette en avant, me fait vivre un insondable vertige alors que je suis en bas.
Aussi, voyez-vous, à bien y réfléchir, je préfère vivre le rêve d’être une plume, une simple plume, grise ou blanche, peu importe. Au moins, je redescends des cimes en m’inclinant gracieusement dans la lumière, telle une ballerine. Parfois, je me penche pour répondre au désir du vent. De loin, l’œil peut croire que je me cambre sous la caresse d’un amant. Et dans une infinie glissade entre deux figures de danse, je me dépose sur une feuille de vélin ou de soie et j’attends
quoi ?
La main, le mot, le souffle d’un poème peut-être, avant de reprendre mon vol