Publié dans Actualité, Créavie

Vos projets de vie

Les mois à venir vont être très difficiles à vivre.
Quoi qu’il en soit, quoi qu’il puisse surgir de l’extérieur,
n’abandonnez jamais vos projets et vos rêves de vie.

Virginia Woolf insiste sur l’importance d’avoir « une chambre à soi » pour créer ce que l’on souhaite voir advenir.
Réfugiez-vous dans cette chambre et faites-en votre part de ciel.
En ce qui me concerne, la couleur du temps ne m’a jamais empêchée d’écrire.

Si le jour est beau, je place ma page dans la lumière.
S’il pleut, je continue à avancer sur mon chemin intérieur en écoutant de loin
battre les orages.

Ayez confiance en la voix qui murmure dans la chambre de votre cœur
et soyez fidèle à ce qui demande à naître
à travers vous.

Mettez au monde votre force, votre inspiration
sans vous soucier de ce que les autres en penseront.
Même si la vie ne vous épargne aucune épreuve,

donnez vie à vos rêves.
La prochaine aurore dépendra de la présence de notre regard
depuis la fenêtre de la maison où nous œuvrons aujourd’hui.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Non classé

Jeannine Burny

C’est en écrivant la semaine dernière, par un jour de pluie comme celui-ci, que je me suis demandé si je reverrais Jeannine Burny.

Jeannine, la compagne de Maurice Carême, qui a aidé le poète dans la publication de tous ses poèmes.
J’ai croisé Jeannine en deux mille dix, à l’occasion du Livre sur la Place à Nancy.
Je feuilletais le recueil de poèmes Du Ciel dans l’eau.
Jeannine Burny est alors venue vers moi et m’a montré du doigt cette strophe qu’elle m’a lue à haute voix :

Derrière les hauts peupliers,
Les blés montaient dans le soleil.
Le ciel était bleu à crier,
Un ciel à se croire éternel.

-Regardez ! Me dit-elle. Pas un adjectif de trop ! La simplicité même ! C’est si difficile d’écrire simplement, croyez-moi ! La simplicité poétique demande beaucoup de travail ! Il ne faut pas un mot de plus pour que le poème aille droit au cœur ! Quatre mots dans un vers et tout est dit. Maurice Carême passait beaucoup de temps à composer ces brefs poèmes.

C’est la plus grande leçon poétique que j’ai apprise de ma vie, là, sous un chapiteau, loin de l’université.

J’en ai vécu, des épreuves et des expériences de vie depuis, mais celles-ci n’ont nullement évincé dans ma mémoire ces paroles essentielles.

J’ai appris que la poésie, c’est aussi le silence, l’effacement afin de laisser à la voix tout l’espace pour s’exprimer.

Chaque année, le mois de Septembre annonçait la joie de ma rencontre avec Jeannine Burny.

Dans le brouhaha du chapiteau, elle me parlait de la Résistance, de ses années de vie en compagnie du Poète en tant que Bien-Aimée.

J’achetais toujours des recueils de poèmes nouvellement publiés que je dévorais dans ma chambre. Ils sont tous bien alignés dans ma bibliothèque de chêne.

L’ultime fois que je vis Jeannine Burny, ce fut en Septembre 2019. Elle m’annonçait qu’elle avait commencé à l’âge de quatre-vingt-treize ans un deuxième livre sur le Poète :

-J’écris jusqu’à deux heures du matin et je me lève à l’aube.

J’avais lu son premier livre Le jour s’en va toujours trop tôt : Sur les pas de Maurice Carême.

Je lui dis combien je m’étais promenée dans la lumière de ses mots pendant tout un hiver.

Puis la crise sanitaire m’a interdite de retourner au stand de Maurice Carême.

C’est en tapant son nom sur ma barre de recherches que j’ai appris le décès de Jeannine Burny.

Elle est partie sans avoir publié son deuxième livre.

Mais j’espère qu’elle suit le sentier d’un jour de soleil, avec dans sa main « cette fraise sauvage » que lui a offerte le Poète au cours de leur éternelle promenade.

Géraldine Andrée

https://images.app.goo.gl/hfdvU8So4wypcint5




Publié dans Actualité, histoire, Je pour Tous

Dans les yeux d’Olivier

J’ai été contactée par France TV pour recueillir des témoignages sur le pardon, la culpabilité, la toxicité d’un lien (familial ou amical), la trahison, la découverte d’une vérité en vue de la réalisation d’une émission Dans les Yeux d’Olivier et ceci, dans le cadre de mon travail d’écrivain biographe.

Ce témoignage portant sur le thème Je pensais le/la connaître peut m’être transmis par skype, visio, je peux l’enregistrer, le rédiger ou mettre la personne directement en lien avec France TV et la journaliste Nina Jacob…

Tel : 06-16-33-25-43

https://www.facebook.com/DLYO.Officiel

Mon aide est, en effet, sollicitée pour la réalisation de ce film. Toutes les personnes intéressées peuvent me contacter par MP d’abord, on peut convenir d’un rendez-vous préliminaire ensuite, de visu si c’est sur Nancy ou zone proche (Toul- Lunéville- Metz-Thionville ) ou par visioconférence si c’est plus loin.

Nul besoin d’avoir réalisé une biographie avec moi pour participer mais si une personne d’entre vous souhaite déposer son témoignage pour l’émission Dans les yeux d’Olivier, je m’en ferai l’intermédiaire auprès de Mme Jacob Nina, journaliste France TV, afin de présenter le témoin.

Thèmes : adultère, enfant caché, addiction d’un proche, secret familial bien gardé, amitié ou amour toxique, double vie d’un parent…

En espérant une rencontre prochaine avec un témoin potentiel de cette émission,

bien à vous.

Géraldine Andrée
L’encre au fil des jours

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Le livre de vie, Récit de Vie

Tout est biographique

Je l’ai déjà écrit,

Est-ce que c’est assez intéressant ?

tout est intéressant dans l’entreprise d’écriture d’une biographie. Et pourtant, beaucoup de ceux qui veulent mener à terme un tel projet ne cessent d’être taraudés par cette question :

Est-ce que ça vaut le coup ?

Souvent, ce sont leurs proches qui, inquiets de ce qui pourrait surgir au cours d’un tel processus de métamorphose de l’être que l’écriture de soi peut déclencher, posent cette question. Ou alors, c’est la partie contrôlante de soi – l’ego comme les psychologues l’appellent, Niegel sous le nom que donne à cet ego Julia Cameron, cette instance parentale sarcastique niant la partie créative et audacieuse en soi – qui parle ainsi. 1

Oui, ça vaut le coup.

Parce que tout est biographique.

On peut écrire et on a le droit d’écrire sur la nappe à carreaux de l’ancienne cuisine, sur la pipe de Grand-Papa et la manière avec laquelle il prisait le tabac, sur le crottin que laissaient les chevaux le long du sentier, sur le tablier d’école taché de peinture, sur la bulle de chewing-gum qui s’est accrochée aux cheveux en éclatant. Un rien, d’ailleurs, est susceptible de déclencher l’envie d’écrire sa vie. Je me souviens que la réminiscence d’une lampe jaunie par l’éclat des ampoules successives m’a incitée à écrire mon premier récit intime.

Si l’on sent, malgré tout, que ça ne vaut toujours pas le coup d’écrire sur soi, on peut écrire sur la relation de soi au monde. Pourquoi ne pas écrire l’histoire de son arbre ou de son animal ?

Commencez le journal de votre arbre ou de votre plante préférés. Chaque jour, notez le changement des feuilles, la variation des couleurs, l’épanouissement ou la léthargie de ce végétal, sa croissance ou sa pleine maturité. Prenez le temps de décrire sa disparition si tel est le cas.

Jugez-vous encore que ça ne vaut pas le coup de consacrer des mots – les vôtres – à ce qui marquera toujours votre psyché, quels que soient les événements et les circonstances ?

Faites de même pour le chat ou le chien qui vous sont chers – ou encore votre poisson rouge. Comment communiquez-vous avec votre animal ? Comment jouez-vous avec lui ? Comment vous accueille-t-il ? Pourquoi ne pas écrire un poème sur son regard ? Prenez le temps d’évoquer tous les détails, jusqu’à compter les points lumineux dans ses yeux.

Souvent, l’on déclare que le projet d’écrire sa vie ne vaut pas le coup car l’on craint, en parlant de soi, de faire preuve d’un orgueil démesuré. Mais, en écrivant sur la vie de votre jardin, de votre maison – ou de n’importe quoi d’autre -, vous constatez que le Je ne prend pas autant d’importance pour lui-même. Il prend de l’importance dans l’échange qu’il entretient avec le monde. Et vous voici le porte-parole et le chroniqueur de cet échange.

Enfin, il arrive de se dire que ça ne vaut pas le coup de « raconter ça » car l’on craint de donner une image peu avouable de soi dans ces pages. Or, c’est justement ce qui n’est pas avouable qui doit être le plus avoué – non pas comme l’on avouerait une faute sous le poids de la culpabilité, mais parce que cet aveu révèle de manière intéressante l’universelle complexité de l’esprit humain.

On a le droit de réserver un livret au souvenir de ses bêtises d’enfant ou à sa dépression post-partum, son burn-out au travail, son adultère, sa jalousie… Même les sentiments obscurs ont une place sur le blanc du papier.

Mais j’écrirai ultérieurement un billet plus long sur la biographie et le tabou.

Arthur Rimbaud a attribué une grande part autobiographique à ses poèmes. Dans Les Poètes de sept ans, il a consacré certains vers à décrire l’odeur et la fraîcheur des latrines dans lesquelles il s’attardait, attiré par cette pestilence. Et c’est ce lieu bien peu social qui lui a permis de déployer son rêve de liberté dans l’écriture et toute une palette d’images poétiques comme les « lourds ciels ocreux », « les forêts noyées », « les fleurs de chair aux bois sidérals ». « les parfums sains » et « les pubescences d’or ».

Alors, oui, cela vaut le coup non seulement de décrire l’insignifiant, le caché, le discret, le muet, mais aussi ce que l’on étiquette comme « animal », « bestial » – voire « dégoûtant »,

car tout est biographique.

Et tout est biographique car tout – même ce que d’aucuns appellent « un rien » – est vivant
tant que notre mémoire vit encore.

Et le principe de la vie elle-même est d’échapper à tout jugement.

Géraldine Andrée

1 Julia Cameron, Libérez votre créativité : osez dire oui à la vie ! La Bible des artistes, collection Aventure secrète
2 Arthur Rimbaud, Les Cahiers de Douai, Collection Poésie Gallimard

Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Créavie, Dialogue avec ma page, Journal d'instants

Tant pis

Tant pis si je n’y suis pas encore arrivée :
au moins ai-je posé le premier mot sur la page, le premier pas sur le chemin…
Et tant pis si ce chemin est encore long :
au moins ai-je connaissance de la destination…
Et tant pis si la destination me paraît bien lointaine :
au moins puis-je préparer un bagage pour savourer mon voyage…
Et tant pis si le temps de ce voyage dure une vie :
au moins sais-je profiter de chaque instant présent qui le compose…
Et tant pis si toute ma vie est dirigée par ce désir :
au moins aurai-je appris à déployer la voilure nécessaire à ma réussite…
Au pire, tant pis si je n’ai toujours pas réussi
car je me donne l’opportunité de rêver encore plus haut !
Alors, tant mieux
que ce soit tant pis :
ce qui me semble inaccessible aujourd’hui
possède l’éclat de l’astre
qui guide mes yeux
quand il fait trop nuit…

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Collections de l'esprit, Créavie, Journal créatif, Journal d'instants, Le cahier de la vie, Récit de Vie

Laissez une trace

Laissez une trace de chaque jour qui passe.

Sur votre carnet de bord, collectez tous les menus détails, y compris ceux que vous jugez les plus anodins car c’est souvent l’insignifiant qui fait signe plus tard. On associe toujours à une époque ou à un événement une musique, un parfum, une lumière qui prennent parfois plus de place dans la mémoire que l’événement lui-même.

Notez sans vous soucier de votre syntaxe, sous forme de phrases concises, fulgurantes, incandescentes ce qui vous a marqué aujourd’hui (et n’oubliez pas : on est toujours aujourd’hui).

Jane Birkin, dans son journal adressé à sa peluche Munkey, écrit tout ce qu’elle a vécu sans se soucier de savoir si c’est important ou pas. De sa promenade à la plage, elle raconte qu’elle a trouvé une grosse balle de plastique jaune sous le sable et qu’au retour sa montre n’était pas à l’heure, reprenant ainsi les paroles de sa sœur Linda :

« Ce n’est pas moins vingt-cinq ! »1

Autant de menus clichés que permettent les mots et qui donnent à chaque jour sa singularité avec une touche humoristique, par exemple.

Faites, comme Dominique Loreau le conseille, des listes de vos accomplissements ou de vos projets immédiats ; des listes de saveurs, de couleurs, de musiques, d’odeurs et de textures quotidiennes. Qu’à chaque journée corresponde sa notation sensorielle. 2

Vous trouverez pour vous aider des cahiers présentés sous le principe du bullet-journal qu’il vous est possible de confectionner vous-même. Une notation ou une action correspondent à une pastille de couleur.

Vous pouvez tenir aussi une forme de journal de bord avec le carnet de croquis : dessinez le hall de gare, la salle d’attente, le café et sa banquette. Vous serez à la fois l’auteur et le spectateur de votre existence. Composez un air de musique quotidien si le cœur vous en dit.

Laissez votre trace en hommage à la Vie qui passe.

L’Encre au fil des jours prend quelques jours de pause. Mais je reviendrai pour l’année nouvelle, riche d’autres articles, d’autres vidéos et d’autres expériences d’écriture.

Je vous souhaite une belle fin d’année à écrire et…

À bientôt !

Géraldine Andrée

1 Jane Birkin, Munkey Diaries, collection Le Livre de poche, p58
2 Dominique Loreau, L’Art des listes : Simplifier, organiser, enrichir sa vie, éditions Marabout

Publié dans Actualité

La rencontre

L’air est léger.
Le jour laisse traîner une mèche
de lumière rousse
sur le trottoir.

C’est un temps
à se raconter des histoires,
un beau temps
pour s’acheter un livre.

Justement ! Voici la petite librairie
À la fenêtre des mots
qui fait l’angle
de la rue Perrault !

Aussitôt la porte ouverte,
tinte la clochette
qui fête
ta présence.

Tu entres.
Le libraire t’envoie
un sourire
de son comptoir.

L’ombre est bleue
depuis que tu as quitté le soleil
et tu clignes un peu
des yeux.

Mais l’éblouissement
ne dure pas longtemps.
Que de livres
t’accueillent !

Un conseil,
peut-être ?
Tu préfères
regarder,

laisser
la rencontre
se produire,
l’œuvre

précéder
ton désir.
Choisiras-tu ce papier
qui crépite ?

Ce titre
aussi long
qu’une promenade ?
Cette quatrième

de couverture
qui te destine
à tant d’aventures ?
Ou un recueil de poèmes ?

Puis, voici le titre
qui te donne
des envies
de rire et d’orangeade,

Le trottoir au soleil
de Philippe Delerm.
En un clin d’oeil,
tu l’achètes comptant.

Le libraire
te l’affirme :
-Cela va vraiment
vous plaire !

Tu retrouves
sur tes pas
la mèche
rousse du jour

en un ultime
tintement
de clochette.
Dans ton regard,

se reflète
encore
le sourire
du libraire.

Toute la rue bruit.
La pétarade
d’une moto
éclate.

Mais tu feuillettes
déjà
chaque page,
tu t’échappes

dans le silence
du texte,
et tu disparais
pour toi-même

en portant
sur ton cœur
la légère pesanteur
du bonheur.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, histoire, Le journal de mes autres vies

Le miroir

Je me souviens d’un miroir rond et doré dans ma chambre d’hôtel à Alep. L’hôtel n’existe plus. Il a été pulvérisé. Mais je revois si bien le miroir. Il étincelait sous les lampes de la salle de bain laquée de blanc. Et il me semblait qu’il allumait sur mon visage des étincelles de diamant. Le miroir a dû se briser en mille morceaux sous un souffle très puissant contre lequel on ne peut rien. Il est toujours là, pourtant. En quelques mots, je l’accroche dans un autre espace tout aussi blanc, celui de la page. Je le fais briller avec ma lampe de chevet. Je m’y regarde. Je me vois songer que rien ne se perd. Ma mémoire devient ce miroir où réapparaît tout ce que l’on croyait à jamais effacé. Ma mémoire devient miroir vivant.

Géraldine Andrée