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Le carnet du Bien

J’ai un carnet de chevet, enveloppé d’une couverture de cuir doux. Il habite sur ma table de nuit. Il est le très proche voisin de mon oreiller. Je n’ai qu’à tendre la main pour le rencontrer.

Nous avons rendez-vous soir ou matin.

Dans ce carnet, je n’épanche nul chagrin, nul regret. Je note seulement ce qui me passionne, me transporte, me fait vibrer, ce qui donne de la saveur à ma vie, de la mélodie à mes jours.

Lorsque je l’ouvrirai vingt ans plus tard, je me serai reconnaissante d’avoir été attentive à la naissance du premier bourgeon. Et ce qui semble aujourd’hui anodin, presque rien, me sera tout demain.

Dans ce carnet du Bien, je n’écris pas de longues phrases. De courtes listes, des groupes nominaux, voire quelques haïkus suffisent pour retracer la joie essentielle.

Ce carnet ne se retrouve sur aucun fichier, aucune clé USB. Il est le seul exemplaire de mon bonheur car ce qui est précieux ne se duplique jamais. Aussi reste-t-il dans ma chambre comme un bijou qu’il ne faut pas perdre.

C’est mon carnet unique, celui qui rassemble tous mes instants de vie, tous ces fragments de temps qui font que je suis Moi.

A mon ultime moment, il fera toute la différence entre une existence traversée sans conscience et une existence dont j’aurai été l’auteur et le témoin.

Géraldine Andrée

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Des livres et des mots – Géraldine Muller

Le podcast de l’émission littéraire Des Livres et Des Mots diffusée sur Radio Fajet le mercredi 11 décembre à 12 heures dont je fus l’invitée. Merci à Radio Fajet, aux étudiantes de l’IUT Charlemagne de Nancy, à mon amie La Poésie et à l’écriture, cette fidèle compagne qui trace depuis toujours mon chemin de Vie.

Géraldine

Radio Fajet

Nous sommes actuellement étudiantes à l’IUT Charlemagne à Nancy option métiers du livre et du patrimoine. Dans le cadre de notre formation, nous avons un projet tutoré qui s’effectue sur tout le long de l’année. Notre projet  est s’intitule Parler avec un auteur. ce projet consiste à inviter des auteurs et d’échanger avec eux lors de l’émission radio ayant lieu à radio Fajet. Mercredi 4 décembre 2019, nous avons accueilli Géraldine Muller, une biographe privé . Lors de cette émission, nous avons posé des questions sur son écriture, le métiers de biographe, les éditeurs et sur la poésie. Cet échange, nous a permis d’en apprendre plus sur la façon d’écrire, le métiers de biographe et le cheminement pour publier chez un éditeur.

Emission présentée par Clara, Charlotte, Maëva et Carole-Anne

Des livres et des mots
Des Livres et des Mots reçoit Géraldine Muller, biographe

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Le jardin volé

L’une de mes tantes souffrait du syndrome de Diogène, une maladie psychologique qui consiste à accumuler sans cesse des objets.

Cette tante déterrait des plantes dans les jardins publics pour les replanter chez elle.

Aujourd’hui, les branches sont sèches, cassées, piquantes.
Les arbustes se dressent, hirsutes.
Les herbes jaunes s’emmêlent.
Les pots sont fendus.
La terre craquelle.

On ne trouve pas une feuille vive.
Même les insectes ont fui.
Ma tante ne s’occupe plus de ce jardin volé.
Forcément, elle est morte.

Si elle avait laissé les plantes
dans la bonne terre fraîche
où elles appartenaient,
où elles étaient nées,
celles-ci continueraient à grandir,

à fleurir, 
à monter dans la lumière,
à attirer des lueurs et des ailes
pour les yeux de tous.

Aujourd’hui,
ce jardin est étiolé
derrière son grillage
et ma tante en allée
dans un envol
vers une saison

qui n’est pas de ce monde.
On ne garantit pas son éternité
en confondant
ce que l’on possède
et ce que l’on est,

le nombre
et l’unicité.

Géraldine Andrée

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L’encre du temps

On dit que le temps guérit les maux.

Pour moi, c’est l’encre qui soigne ma douleur, cette encre qui s’écoule et se répand comme un baume dans la lumière.

L’encre est mon temps, ma rivière.

Elle me porte d’une rive à l’autre sur la page. Les mots sont mes pierres de gué.

Bientôt, je cesse de boiter, je sautille au rythme des étincelles de ma plume dans le soleil.

Je parle moins de ma tristesse, j’ose écrire Bonheur avec une majuscule, les éventualités deviennent possibles et la peur de l’inconnu me fait rêver.

Dans le reflet de chaque goutte déposée, je me reconnais telle que je suis.

Aujourd’hui, je dis que le rythme tranquille de l’écriture qui glisse là, tout au bord de ma vie, me guérit de ma volonté de vouloir diriger le tracé du flot de ma destinée.

Je me laisse emporter vers le mot prochain

et c’est la Vie qui s’écrit en moi.

Géraldine Andrée

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Il est des livres

Il est des livres qu’on lit lentement, qui absorbent notre esprit chaque soir pendant toute une année car tel est leur intérêt, s’apparenter à un grand voyage.

Et lorsqu’on franchit la dernière page, qu’on atteint le mot ultime dans la nuit, on se sent éclairé d’une vaste expérience,

comme si on avait abordé ce qui n’était au départ qu’un petit point parmi tant d’autres sur la carte du monde,

mais à partir duquel à présent

la vraie vie commence.

 

Géraldine Andrée

L’Encre au fil des jours

Image : Fritz von Uhde (1848-1911); Devant la porte de la véranda

 

***

 

There are books that we read slowly, which absorb our spirit every night for a whole year, because that is their interest, it is like a great journey.

And when you cross the last page, you reach the ultimate word in the night, you feel enlightened with a vast experience,

As if we had dealt with what was initially only a small point on the map of the world,

But from which now

Real life begins.

 

Geraldine Andrée

Ink over the days

Picture : Fritz von Uhde (1848-1911) ; In the porch door

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Les rêves

Les rêves sont ce que l’âme a vu avant de venir s’incarner ici. Ces possibilités destinées à se faire Chair, à prendre Vie, à devenir Vérité.

Aussi, ai-je souvent la réminiscence d’un rayon de soleil sur un mur de pierres ocre, du bleu tiède du soir au-dessus des toits, du chat qui s’étire en reconnaissant mon pas, de la brise qui porte les voix rassemblées autour de la table du dîner, des douces dalles de faïence pour le pied nu.

Tout à l’heure, on s’assoira sur le seuil et on discutera en regardant la lumière décliner pendant que s’allume Vénus.

Comment peut-on avoir souvenance de ce qui n’a pas existé en cette vie ?

Parce que je pense que ces souvenirs rêvés représentent le futur absolu que l’âme a contemplé avant de venir s’incarner ici.

Géraldine Andrée
Mon Journal