Publié dans Journal de silence, Poésie-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

La veine de ton cou

Alors que tu as quitté ton corps
depuis longtemps,
je vois encore
palpiter la veine
de ton cou

comme autrefois
quand assis
au soleil,
tu lisais
ton journal.

C’est une pulsation
si lente
et si régulière
qu’il me semble
qu’elle fait battre

la lumière
dans le jour
et je trouve
si étrange
cette force

de la présence
qui continue
à prendre
chair
dans l’absence

que je me demande
si ce n’est pas la raison
pour laquelle
j’écris
ce poème :

accorder
dans le mouvement
du sang
bleu
de mon encre

le rythme
patient
de ma plume
avec le pouls
fidèle

de ton cou
qui, peut-être, se penche
sur ce blanc
silence
que tu m’as laissé…

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Un poème de la Chine ancienne

Un poème
de la Chine ancienne
me fait entendre
dans la chambre

le chant
de la pluie fraîche,
une pluie qui date
d’un millénaire

et qui déverse
toutes ses notes
sous ma lampe,
de telle sorte

que le silence
de cette nuit
crépite
comme une brindille

sur le sentier
que le poème
de l’an mil
me dessine

depuis jadis
– ce temps
où n’étant moi-même
que silence,

j’ignorais tout
de l’existence
des poèmes
et de la pluie…

Géraldine Andrée

Publié dans Le cahier de mon âme, Le journal de mes autres vies, musique, Poésie, Poésie-thérapie

Le long week-end

J’aimerais que ma vie soit un long week-end.
J’approcherais mon visage de la flamme
après m’être baignée dans mon âme

puis je baptiserais d’un poème
chaque goutte d’eau
qui constellerait ma peau.

Un rire dans son éclat
m’emporterait vers une existence
où l’on ne meurt pas.

Et au moment de m’endormir
au creux de l’enfance,
un rêve accrocherait des ailes

à mon dos
pour que la joie qui se termine
recommence aussitôt.

Le temps, alors,
serait largement ouvert
comme un bras de mer

qui me bercerait
sans que sa force ne m’étreigne…
J’aimerais que ma vie soit un long week-end.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de mon jardin, Poésie, Poésie-thérapie

Il y avait là, jadis, une fontaine

Il y avait là, jadis, une fontaine…
Ses notes berçaient
des pétales, des feuilles,
des fétus d’herbe, des grains de pollen

et son reflet
faisait danser avec lui
le jour
qui luit.

Ils ont muré
la bouche
de la fontaine
et de son chant,

il ne reste
désormais
aucune trace
sinon celle

de ce poème
qui se fraie
un chemin
dans le silence…

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Journal de la lumière, Journal de silence, Poésie, Poésie-thérapie

Mon entourage

Lorsqu’il n’y a plus personne,
je m’entoure de mots
tels que « jardin », « lumière »,
« beauté », « source »,
« enfance »,
des mots qui éclairent
mon regard
quand ils voyagent
de la page
à mes lèvres,
des mots
dont le murmure
précède
le poème
et qui deviennent
enluminure
du silence.

Géraldine Andrée