Publié dans Bullet journal, C'est ma vie !, Collections de l'esprit, Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Le cahier Blueday, Le cahier de mon âme, Le temps de l'écriture

Bilan de mon cinquantième jour du Défi d’écriture inspirée de Lilou Macé

  1. Je suis fidèle à ce rendez-vous avec moi-même qu’est l’écriture. J’en fais une méditation qui commence ou prolonge ma journée. Écrire m’aide à « m’encrer » dans mon paysage intérieur.
  2. « N’écris pas sur ce qu’il doit être changé dans le monde. Écris sur ta propre métamorphose. De toute façon, chaque poème que tu écris, aussi petit soit-il, fait grandir le monde. Tout ce que tu as à faire, c’est écrire. Suivre chaque trace que laisse la vie, un filament de nuage, un rayon qui s’attarde sur la mousseline, le frêle chemin de la goutte et l’écho de la note du clocher dans le silence. L’écriture est une vague. Écris sur cela, sur le fait que tu entres dans l’écriture comme dans l’océan. »
  3. Je fais confiance au fil de l’encre qui me fait traverser la vie comme un bras de mer menant à l’infini. Je n’oublie pas que mes rêves s’incarnent déjà sur la page. Ils sont des feuilles que j’offre au monde par ma seule intention.
  4. Le livre de Natalie Goldberg Pourquoi écrire va vous rendre heureux est vraiment devenu un ami d’écriture, en plus d’être un compagnon de vie.
  5. Retravailler la page sur les blessures. J’ai aimé écrire sur la mémoire de mon enfance. Cela m’a appris ce qu’impliquent le combat ou le lâcher prise, quand il temps d’agir, quand il est temps de se reposer. Le courant de la vie est fait de flux et de reflux. L’écriture inspirée me fait sentir ce rythme.
  6. Pour écrire, j’ai besoin de 
    -chocolat
    -café ou thé
    -silence
    -lumière tamisée de la lampe
    -musique douce.
    C’est un rituel qui donne au quotidien une dimension sacrée.
    L’écriture devient un temps et un lieu.
  7. Une fois que j’ai écrit, c’est comme si j’étais arrivée à destinée pour cette journée – et seulement pour cette journée.
  8. Écrire en me reliant à ce qui est à la fois le plus élevé et le plus profond en moi – cette voix qui me guide, cet esprit universel qui a inspiré tant d’autres avant moi – est une toilette de l’âme. Et même si j’ai déjà écrit ce message, je le réécris encore et encore.
  9. Mes intentions pour la suite et la fin de ce défi :
    -Me centrer sur ma réalité, ma vérité
    -Me déconnecter pour un temps du monde extérieur, de ses remous, de ses tempêtes – voire de son chaos
    -Continuer à expanser mon entreprise d’écrivain biographe
    « Tu es sur une excellente voie/voix, Géraldine ! Bravo ! »
    -Ne pas procrastiner sur Internet
    -Apprivoiser les petits matins
    -Faire de chaque page de mon cahier une fenêtre
    -Progresser dans mon cours de psychopathologie. Un jour, je pourrai joindre le métier de praticienne en psychologie à mon métier d’écrivain biographe
    -Cultiver la confiance en moi
    -Faire ainsi confiance au chemin, toujours aussi excitant que le but
    -« M’encrer » dans mes sensations en écrivant. Mon corps a beaucoup à me dire !
  10. La fête est d’abord un état d’esprit. Alors, chaque instant est une fête à célébrer sur mon cahier !

Géraldine Andrée

Publié dans Dialogue avec ma page, Journal de ma résilience, Le cahier Blueday

Tu attends l’appel de l’amant

Tu attends l’appel de l’amant. Tu te l’avoues : il ne t’appellera plus, ce soir. Et tu as envie de disparaître dans ce profond silence qui te noie.
Reste, reste dans l’instant présent, à fleur de ce monde qui bruit. Passe de ta chambre à ton bureau d’où tu entends la circulation des voitures, assez dense à l’approche de la nuit. Allume la lampe et l’ordinateur. Ou alors, enroule une feuille dans ta machine Remington. Éteins le téléphone, assieds-toi et commence un nouveau chapitre sur ce roman d’amour qu’en fréquentant l’amant, tu as délaissé depuis des mois.

Géraldine Andrée

Photo de Melike Benli
Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Le cahier Blueday

Sans titre

-Nul besoin d’acheter une formation exorbitante en développement personnel…

-Mais je ne sais rien ! Absolument rien ! Comment aurai-je accès à la Vérité ?

-Prends un stylo Bic ou un crayon de papier
et une page de cahier, sans ligne, de préférence.
Tu verras que cette simple page blanche
aura beaucoup à t’apprendre
sur ta vérité.

Géraldine Andrée

Photo de Eva Elijas

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Tant pis

Tant pis si je n’y suis pas encore arrivée :
au moins ai-je posé le premier mot sur la page, le premier pas sur le chemin…
Et tant pis si ce chemin est encore long :
au moins ai-je connaissance de la destination…
Et tant pis si la destination me paraît bien lointaine :
au moins puis-je préparer un bagage pour savourer mon voyage…
Et tant pis si le temps de ce voyage dure une vie :
au moins sais-je profiter de chaque instant présent qui le compose…
Et tant pis si toute ma vie est dirigée par ce désir :
au moins aurai-je appris à déployer la voilure nécessaire à ma réussite…
Au pire, tant pis si je n’ai toujours pas réussi
car je me donne l’opportunité de rêver encore plus haut !
Alors, tant mieux
que ce soit tant pis :
ce qui me semble inaccessible aujourd’hui
possède l’éclat de l’astre
qui guide mes yeux
quand il fait trop nuit…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Journal créatif, Récit de Vie

En écrivant

J’ai longtemps vécu en me définissant par le regard qu’autrui posait sur moi ; en croyant que le jugement que l’autre donnait de moi me décrivait de manière existentielle.

Et pourtant, il est possible de se détacher de cette image que la société, nos proches, nos dits amis nous renvoient et ainsi, d’être libre.

Comment ?

En écrivant.

En écrivant,

j’ai suivi le fil de ma vie avec mon propre regard et j’ai compris qu’il me menait dans le sens de ma résilience ;

j’ai franchi la frontière qui me séparait de mes rêves et de mes désirs les plus pérennes ; je suis allée de l’autre côté, où m’attendait ma vérité ;

j’ai compris les épreuves qui m’ont guidée là où j’en suis et j’ai ainsi pu triompher du silence ;

je me suis donné le droit de crier sur la page en couleurs et en majuscules ;

j’ai appris à souligner ce qui m’était essentiel et à le privilégier dans ma vie de tous les jours ;

j’ai distingué en deux colonnes le passé du présent, ce qui doit être jeté de ce qui doit être gardé – objets, bien sûr, mais aussi valeurs, loyautés, habitudes, relations ;

j’ai tracé les grandes lignes de mon futur en laissant au crayon du hasard ou de la destinée des intervalles blancs suffisamment larges ;

j’ai pris ma place dans mon propre espace qui est celui de la page ;

j’ai découvert des comparaisons pertinentes, des métaphores insolites, des associations d’idées originales et je me suis exclamée, émerveillée comme une enfant qui trouve de splendides jouets dans l’ombre d’un grenier :

– C’est moi, ça,

« ce chemin qui file dans le vent comme de la soie, cette rose d’avril en robe élégante, l’ongle d’or de cette étoile qui s’accroche à l’angle d’une fenêtre, cette rivière de ciel qui se jette à l’embouchure du matin, la lampe de mon âme  » ;

j’ai reconnu mon Moi profond avec lequel j’ai conversé ; je n’ai plus jamais eu peur du monde ou honte d’être là car le fidèle miroir de la feuille m’a apaisée.

En écrivant,

je me suis réconciliée avec celle que j’ai toujours été
depuis que je suis née.

Alors, faites de même pour vous ;

écrivez pour vous-même !

Géraldine Andrée

En écrivant, on se sent de plus en plus vivant…
Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Poésie-thérapie

La page blanche

J’aime
la page blanche
car je me demande
ce qu’elle s’apprête

à me révéler
si j’avance
en toute
confiance

et si je disperse
par ma trace
sa vierge
présence :

quelle pervenche,
quelle souche
quelle racine
peuvent apparaître ?

Peut-être
qu’elle cache
quelques
graines

pour les futures
semences…
Alors,
je prends note

des possibles
de la page
blanche
et j’en fais un poème

pour le jour
où je sentirai
que l’inspiration
est absente.

Géraldine Andrée

Publié dans Dialogue avec ma page, Journal de la lumière, Journal de silence

J’écrirai chaque soir

Depuis le temps que je le désirais, ce silence au coeur de la nuit, le voici !

J’allume la lampe nouvelle.
La maison est calme.
Dans sa paix se mire mon âme.

C’est un instant précieux que celui de voir luire l’encre bleue sous l’ombre de ma plume qui s’allonge pendant que ma main avance dans le blanc.

J’écrirai chaque soir où le noir de cendre tente de recouvrir le feu.
J’irai à la poursuite du mot Rêve qui me fait signe
et dont le point d’or cligne devant mes yeux.

Je déposerai mon souffle sur la feuille qui, déjà, me porte
et m’emporte
vers ce message qui m’attend.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie, Récit de Vie

Quelques pages blanches

Quand le livre de votre vie est fini,
laissez quelques pages blanches.
Quand le livre de votre vie est fini,
votre vie, elle, continue.
Aussi, gardez prête votre encre future.
Vous avez écrit toutes vos peines ?
Alors, laissez quelques pages blanches
pour vos joies à venir.
Vous avez raconté toutes vos joies d’autrefois ?
Alors, laissez quelques pages libres
pour celles qui s’annoncent
à la seconde suivante.
Il vous semble que vous êtes parvenu
au bout du récit
de votre existence,
qu’il n’y a plus rien à dire,
que vous avez accompli
tout votre voyage
sur cette terre ?
Laissez quelques pages blanches
pour que quelqu’un y prolonge
votre trace.
Et qui sait ?
Peut-être
la reconnaîtrez-vous
et la suivrez-vous
avec confiance
à votre prochaine
naissance…
Combien de pages blanches,
me direz-vous,
faut-il laisser
en héritage
à vos myriades
de mots ?
Autant que vous voulez !
Et pourquoi pas,
un autre cahier
sur lequel vous inscrirez
votre nom
en guise
de signature
de l’aurore
qui se cache
encore
avant d’apparaître…
Le livre de votre vie s’achève
mais gardez ouverte
la fenêtre
sur le chemin…
Laissez quelques pages blanches
pour les présents
de Demain.

Géraldine Andrée

Laissez quelques pages blanches pour un autre matin.
Publié dans Créavie, Dialogue avec ma page, Grapho-thérapie

Ce rendez-vous avec vous-même pour écrire : l’heure et l’endroit

Écrire, c’est se rencontrer.

Pour devenir l’auteur de votre vie – celle qui correspond à qui vous êtes -, il est important de vous réserver un rendez-vous avec vous-même le plus régulièrement possible, comme vous le feriez avec votre meilleur ami. 

  • Fixez dans votre agenda une heure et un jour qui vous conviennent. Beaucoup de techniques de développement personnel – comme le Miracle Morning de Hal Elrod – prônent le matin, moment idéal pour l’introspection. 
    Le Miracle Morning consiste à se lever tôt pour méditer, lire quelques pages d’un livre, faire du sport, écrire dans son journal intime. Selon Hal Elrod, c’est dans l’action que l’on reprend le contrôle de sa vie. Julia Cameron, elle, enseigne à tous – y compris ceux qui croient qu’ils ne sont ni écrivains ni artistes -, à pratiquer la méthode des pages du matin : écrire au lever trois pages de tout ce qui vous passe par la tête et le cœur, sans vous censurer. Ces techniques ont fait leurs preuves dans le monde entier. Mais il est des personnes pour lesquelles de telles techniques ne conviennent pas – celles qui, par exemple, doivent se lever très tôt, boulangers, chauffeurs de taxi, infirmiers ou celles qui rentrent se coucher au petit matin, tels les urgentistes… Comme l’affirme Hal Elrod lui-même, on n’est pas tenu de pratiquer le Miracle Morning le matin. Par conséquent, vous pouvez faire vos pages, écrire dans votre journal intime l’après-midi ou le soir, quand les enfants sont couchés et que le silence recouvre votre maison. 
     
  • Choisissez l’endroit où vous vous sentez le plus à l’aise afin de prendre toutes vos aises sur la page et toute la place que vous avez dans cet espace. Déployez-vous là où vous êtes. Épanouissez-vous là où vous êtes en sécurité. Ce peut être le calme d’une chambre, une terrasse, dans votre jardin quand vous n’entendez que les bruits de la nature. Pour d’autres, ce peut être un café animé, une salle d’attente, un train… Il est possible d’être emporté par l’élan de l’écriture aussi bien lorsque l’on est assis à sa table que lorsque l’on est dans l’action. Je me souviens de ce moment unique où j’ai écrit mon premier roman sur une plage espagnole. Les premières étoiles, le bercement incessant des vagues, les ombres bleues qui se mêlaient à mon encre sont entrés dans ma page. En me relisant, j’ai revécu ces instants. A ce moment d’écriture est également assimilé le souvenir olfactif du narguilé qu’un groupe de jeunes Iraniens fumait non loin de moi. 
     
  • Plus que le moment et le lieu d’écriture, c’est la sensation de l’instant où vous écrivez qui importe – un parfum, une musique, le contact du tissu ou du bois, le regard du chat… Philippe Lejeune met en évidence, à partir des témoignages sur le journal personnel qu’il a recueillis dans Cher cahier, l’importance de noter dans son journal les caractéristiques sensorielles, voire sensuelles de l’écriture : 

“Depuis peu, ce que j’appelle “mes albums de plaisirs” sont aussi des journaux intimes : recueils de notes écrites et plastiques en rapport avec le plaisir des sens (couleurs, odeurs, toucher…) “ 
Témoignage d’une femme de 42 ans 

  • A la date que vous inscrivez sur votre journal correspond toujours une saison particulière, concentrée en un fragment de journée, la saison de votre âme. Beaucoup associent l’écriture à la saveur du thé qu’ils boivent, à la couleur d’une après-midi, au bruit du café qui coule, à la position du soleil derrière le rideau, aux rumeurs de la rue par la fenêtre ouverte, à l’éclairage du bureau. Votre journal constitue un recueil précieux de tous ces contextes d’écriture, la prise de notes des circonstances de votre vie telle qu’elle est – toute simple. 
  • Pour cela, il me semble important dans ce rendez-vous avec vous-même d’instaurer un rituel. Vous pouvez créer un petit autel à l’écart de votre maison, derrière un rideau ; allumer un bâton d’encens ; tremper quelques roses dans un vase… Faites de ce lieu et de ce moment une exploration intérieure, une méditation. Se juge-t-on quand on médite ? Sans doute dans le tournoiement de nos pensées au départ. Mais, en apprivoisant ce que l’on ressent en soi, on devient de plus en plus libre. L’écriture vous emporte vers votre ici et maintenant. Faites de cette rencontre avec vous-même un temps de qualité, et non un défi. L’écriture doit être un plaisir du quotidien, un moyen de renouer avec votre enfant intérieur trop longtemps oublié. Écrire avec son doudou, en dégustant du chocolat ou des chamallows – pourquoi pas ? Là est votre espace-temps, dans la mise en scène que vous vous créez autour de votre cahier et dans lequel vous allez vous voir vous expanser et réaliser vos rêves à mesure que vous leur donnez forme avec vos mots. 

Comme le déclare Dominique Rolin, 

“J’ai mes rituels, un scénario très méticuleux, mes stylos, un papier spécial, une heure précise de la journée, un arrangement strict des choses autour de moi, mon café à bonne température…” 

Je vous souhaite un délicieux moment avec vous-même ! 

Géraldine Andrée