Publié dans Créavie, Je pour Tous, Journal créatif

Conversation avec Marilyn

« Il est peut-être plus pratique, plus confortable – voire plus poétique de mourir jeune et ainsi de ne pas supporter le poids de vieillir.
Mais dans ce cas, qui finira ma vie ? Quel être pourra dire qui je suis ? »


Voici les quelques lignes qu’a écrites Marilyn dans ses Carnets.


Et je répondrais à Marilyn :


« Il faut vivre en écrivant, écrire en vivant. C’est en écrivant qu’on finit le beau récit de sa vie, et cette fin signe toujours un commencement.
Être sa propre voix qui laissera longtemps sa trace dans le silence qui suivra :

telle est,
à mon sens,
la Vie
achevée. »


Géraldine Andrée

Quelques lignes de Marilyn… Juste un signe pour qu’au-delà de ta Vie on te devine, encore…
Publié dans Cahier du matin, Créavie, Je pour Tous, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Créavie : En complément à la conférence du 05 janvier 2019,

https://www.youtube.com/watch?v=t51cwxwrY_U&t=133s

Les mots, c’est de l’énergie, comme l’eau, le feu, le vent…

En complément à ma conférence sur Le Pouvoir spirituel de l’écriture du 05 janvier 2019, je vous joins la liste de livres sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour ouvrir cette porte sacrée dans la page :

Le journal de la résilience :

Journal d’Anne Frank, J’ai lu

Une vie bouleversée d’Etty Hillesum, Points

Les pages du matin :

Libérez votre créativité de Julia Cameron, Aventure secrète

Le bullet journal :

Journal de la collection Respire : Des projets pour 52 semaines

Carnet de gratitude, collection Hachette Bien-Être

Le Défi des 100 jours de Lilou Macé (Cahier d’exercices pour une vie extraordinaire), Guy Trédaniel éditeur

Site Pinterest pour confectionner son propre bullet journal

L’art des listes :

Notes de chevet de Sei Shônagon, Connaissances de l’Orient, édition Gallimard
L’Art des listes de Dominique Loreau, collection Marabout

Le journal créatif :

Le nouveau journal créatif d’Anne-Marie Jobin, édition Le jour

Pour écrire sur du beau papier, doux comme un grain de peau :

Les carnets Hemingway

Belle écriture à vous !

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est la Vie !, Créavie, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Créavie : Quelques mots

On a tendance, lorsqu’on se raconte ou qu’on raconte sa vie, à vouloir être le plus précis possible.

Aussi ajoute-t-on des adverbes, des adjectifs, des propositions à profusion :

« Le laurier-rose tout parfumé et qui fleurissait fidèlement à chaque saison me plaisait beaucoup. »

On se charge de la compréhension, de la sensation et de l’émotion du lecteur. On l’envahit de son intention, certes louable, de provoquer son empathie mais, en vérité, on le prive de sa place.

Et pourtant, raconter sa vie, c’est effacer les évocations redondantes, les descriptions inutiles, c’est barrer des mots pour réinstaurer les silences.

Un récit de vie peut commencer ainsi :

« Le jardin est là. »

« Pendant toute mon enfance, le pommier a fleuri. »

« Elles furent belles, les saisons de mon arbre. »

« Ah ! Les parfums du laurier-rose de jadis ! »

En une phrase brève, laisser le lecteur libre de suivre son souffle et son chemin jusqu’à notre univers.

Lui accorder de l’espace, du temps.

Lui offrir son propre rythme.

L’inviter dans nos silences.

Lui faire confiance.

Une écriture dépouillée est un acte de foi envers celui qui la reçoit.

Ou encore, débuter son histoire par une phrase simple qui contient toutes les saveurs, toutes les senteurs, toutes les couleurs d’un pays, telle Karen Blixen qui inaugure ainsi son récit de vie :

« J’avais une ferme en Afrique. »

Un sujet ; un verbe à l’imparfait ; deux compléments essentiels ;

pudique évocation du regret à partir de laquelle le livre d’une vie déploie ses pages dans le présent.

C’est alors par le coeur

que le lecteur comprend.

Géraldine Andrée

Publié dans Berthe mon amie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Ecrire pour autrui, Je pour Tous, Mon aïeul, mon ami., Mon aïeule, mon amie

Tu veux écrire parce que le temps passe.

Tu veux écrire parce que le temps passe et qu’il te faut garder un souvenir de ce que tu as vécu : l’enfance, le murmure des sous-bois dans le vent, le regard du premier amant, la famille réunie dans le jardin juste avant que l’aïeule ne s’éloigne.

Mais l’encre, c’est le temps. Les mots sont des secondes. Assise, tu ne peux ignorer que le mouvement de ta plume t’emmène toujours vers l’instant suivant.

Phrase après phrase, tu vieillis.

Et si tu atteins déjà minuit, c’est parce que le temps passe trop vite quand tu écris.

Mais peut-être qu’un jour, l’heure de chance sonnera. Quelqu’un trouvera l’un de tes cahiers, parmi tous ceux dispersés lors des déménagements.

Quelqu’un que tu ne connais pas encore, un ami, un petit-enfant prendra le temps à rebours en tournant les pages.

Et il reviendra vers les longs cheveux de l’enfance,  le bercement des sous-bois, la peau de l’amant, la joie du jardin, le sourire de l’aïeule – tout ce qui fut éphémère car trop vite vécu, tout ce que la volonté de mémoire des mots ne réussira jamais à ressusciter complètement.

Quelqu’un qui se voudra fidèle à ton espoir initial suivra à son rythme le fil de l’encre,

s’arrêtera puis continuera le chemin, toujours plus proche de ce que tu souhaitais revivre.

Et lorsque le temps sera venu de refermer le cahier, ton lecteur te dira, à toi peut-être disparue :

Bien sûr que cela fut.

Puissance de ce temps du verbe « être » au passé

qui  contient en une syllabe toute l’éternité.

 

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, C'est ma vie !, Créavie, Je pour Tous, Méditations pour un rêve, Poésie

Sculptrice d’encre

En regardant

les grandes

cartouches

d’encre

où tremble

le reflet

de la lampe

du soir,

elle songe

aux mots

qui naîtront

de ce noir

épais

et informe

comme

la nuit.

Elle rêve

à la silencieuse

parole

qu’elle sculptera.

Pendant

toute

son enfance,

on lui a dit

qu’elle était

incapable.

Maintenant,

elle sait

qu’elle s’apprête

à accomplir

une chose

capitale :

rendre

corps

à tout ce qu’on efface,

tout ce qu’on fait disparaître ;

donner

une expression

à l’inaudible

respiration.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, Art-thérapie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Je pour Tous, Journal créatif, Le cahier de mon âme

Créavie : C’est ma vie 2

Dans le très beau film Quelques heures de printemps, lorsqu’il est demandé à Madame Evrard si elle a eu une belle vie, celle-ci répond :

« C’est ma vie. »

Une vie entièrement vécue avec ses malheurs (un mari difficile, un fils distant) et ses bonheurs (les beautés et bontés du jardin, un voisinage agréable).

Une vie en apparence banale.

Mais une vie unique.

Déclarer ainsi

« C’est ma vie »,

c’est l’accepter telle qu’elle est, sans vouloir rien changer et ce n’est surtout pas se lamenter sur cette pseudo vie rêvée que l’on n’a pas eue.

Peu importent les événements (mariage, naissance, baptême, deuil, chômage, divorce).

L’essentiel est ce que l’on retient des moments avec lesquels on a traversé ces événements : l’éclat des pivoines qui revient à chaque printemps, la botte de radis que la voisine dépose sur le bord de votre fenêtre, la chanson préférée de vos dix-sept ans, les yeux d’émeraude de la chatte dans l’ancienne maison, l’eau de parfum qui fleure bon le muguet les matins…

Faites vous-même votre liste.

Vous pouvez tracer une frise du temps ; y poser des points tout petits – ce sont les événements – et de gros points de couleurs – ce sont les moments que vous nommez un par un, que vous effeuillez sur la vaste rose du temps.

Vous voyez ? La vie, c’est Cela.

Ecrire sa vie, c’est accorder beaucoup plus d’importance au relief de ces moments qu’aux événements.

Ce n’est pas se mentir en proclamant en épais caractères sur la couverture de son livre : « Voici ma belle vie ! »

C’est écrire tout simplement :

« C’est ma vie »,

où d’autres vies se retrouvent, s’entremêlent, se réunissent

dans l’écho d’une page

qui trouvera un rêve pour le porter

plus loin,

vers d’autres témoignages.

 

Géraldine Andrée

 

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Créavie : C’est ma vie 1

C’est ma vie. Je veux en faire une oeuvre de Beauté, de Bonté, de Vérité.

Noble tâche !

Mais il y a les aléas, les tracas, les embûches, les obstacles. Les velléités. De moi et des autres. Parfois la boue, les sanglots, les larmes, le découragement.

Alors, il me faut franchir les obstacles, continuer la route, contourner les pièges – avancer, même si mes pieds se sont blessés dans les ornières. Qu’importe la trace de mes pas. Seul compte le prochain pas que je vais faire.

C’est ma vie. Je l’écris chaque jour.

Mes choix, mes acceptations, mes refus, mon libre arbitre lui donnent une ligne directrice que j’essaie de suivre aussi sur mes pages du matin.

Je fais signe à l’Univers au milieu de l’océan blanc de mon cahier :

Je suis là ! Tu me vois ?

C’est ma vie.

Et je suppose que, vus d’en haut, mes mots sont de minuscules points bleus, de frêles feux que je lance pour être reconnue par Dieu.

C’est ma vie.

Beaucoup m’ont dit dans mon enfance :

C’est ta vie. T’en fais ce que t’en veux.

Ce n’est pas vrai.

On ne fait pas ce qu’on veut de sa vie. Croire le contraire est une illusion dangereuse.

Il y a les déviations, les ralentissements, les accélérations, les bifurcations, les priorités, les croisées de chemin sans aucune indication.

Les rencontres que je n’aurais pas dû faire, les aveuglements, les fausses amours, les trahisons, les erreurs d’étourderie – ou plutôt d’insouciance.

J’apprends, j’hésite, je trébuche, je tâtonne, je rectifie.

Certes, je suis l’auteure de ma vie mais il y a beaucoup de ratures, de changements, de brouillons, de recommencements.

Autant de signes que le manuscrit est bon, me dit l’éditeur.

C’est ma vie de Vérité. C’est la Vérité de ma vie, cette trouvaille que, plus on ajuste, plus on est dans le Juste pour soi.

Tant pis si je ne connais pas toutes les vérités.

L’essentiel est que je vive comme j’écris : avec sincérité.

Et que tous mes ratés en soient la preuve.

C’est ma vie, à chaque jour un peu plus neuve.

 

Géraldine Andrée