« Tu ne peux plus revenir sur le passé pour corriger tes erreurs et faire d’autres choix…
Quant à l’avenir, tu sais très bien qu’il échappe à ton pouvoir.
Alors, reviens à l’instant présent, le seul endroit et le seul temps où, finalement, il ne se passe rien et où tu es en sécurité.
Tu respires, tu vis, tu existes. La preuve ? C’est que tu me lis maintenant !
Tu peux tenir un carnet de tous tes instants présents et collectionner ceux-ci dans une prise de notes rapides, telles des fulgurances.
C’est à toi ! »
Guérir avec mon cahier – La pratique du journal de guérison
Découvrez _Guérir avec mon cahier_ : Un Guide de Guérison
éditions Librinova
Quand j’écris, peu importe qui j’ai été.
Peu importe celle que je deviendrai.
Peu importent mes vies antérieures, mes conditions de réincarnation.
Peu importent mes erreurs, mes mauvais choix, mes challenges inutiles, mes fausses directions.
Peu importe si j’ai parié ma vie comme dans un jeu de poker – perdant bien plus souvent que je n’ai gagné, évidemment.
Peu importe que j’aie été guérisseuse, nonne, courtisane, professeure, archéologue, infirmière.
Peu importent toutes les époques et tous les pays que j’ai traversés.
Peu importent les effondrements, les déluges, les reconstructions, les renaissances.
Quand j’écris, toutes ces lignes de temps s’effacent.
Quand j’écris, toutes les étoiles qui m’ont accompagnée jusqu’à cette page deviennent des pointillés invisibles.
Quand j’écris, je suis la ligne de mon cahier. C’est ma seule ligne de temps valable.
Quand j’écris, le temps se compte en mots.
Quand j’écris, le temps est de l’encre. C’est le seul flow auquel je m’abandonne avec confiance parce qu’il ne m’emporte pas. Il passe à travers moi. C’est Tout.
Quand j’écris, je suis parfaitement à ma place : dans cet espace blanc.
Quand j’écris, je me réinvente à chaque point. Je me recrée à chaque majuscule. Je me régénère à chaque virgule.
Quand j’écris, je laisse se dérouler la phrase de ma vie sur une ligne infinie.
Quand j’écris, je dispose mon récit en tenant compte de toutes les dimensions de mon être.
Je suis ici et maintenant, quand j’écris.
C’est-à-dire que j’écris la lumière.
Je suis donc l’écriture elle-même.
Je deviens le chemin de ma propre histoire, le long duquel je promène ma lampe intérieure.
Quand j’écris, tout est là – la fenêtre, la tasse, le fauteuil, le soleil -, car tout s’inscrit
dans le crépitement de la feuille sous mes doigts.
Quand j’écris, tout ce dont je dispose
– mes genoux, le carnet, la cartouche d’encre rose –
m’est amplement suffisant.
Quand j’écris, je suis à la fois l’azur et l’oiseau
puisque ma plume me mène à l’instant suivant
– seulement
à l’instant
suivant.
Géraldine Andrée
Partagez en toute complicité !
Similaire