Publié dans Actualité, C'est la Vie !, Créavie

Sortir de sa zone de confort

Beaucoup de coachs en développement personnel et de thérapeutes disent que, pour progresser, il faut sortir de sa zone de confort.

Cette expression engendre automatiquement un sentiment de peur. Qu’y a-t-il de plus angoissant que de se jeter comme cela, dans l’inconnu, sans parachute ?

Et si cette expression était mal comprise ?

Pour progresser, on doit, certes, sortir de sa zone de confort, mais tout en douceur, progressivement justement, sans réveiller les phobies de l’enfant intérieur.

Sortir de sa zone de confort, ce peut être

*Modifier son rituel matinal : au lieu de se lever machinalement pour accomplir ses activités quotidiennes, se réveiller en conscience, écrire « ses pages du matin« 1 pour trouver son chemin d’âme, l’âme de son chemin ; faire quelques exercices d’assouplissement en musique ; méditer ; lire pendant dix minutes un livre de psychologie positive
*Aller au travail à pied plutôt qu’en voiture ou en transport en commun
*Parler à ce nouveau collègue qui vient d’arriver
*Manger son sandwich sous un arbre plutôt que de déjeuner dans une cantine bruyante
*Remplacer ses trois tasses de café par du yoggi tea
*Goûter à seize heures quelques figues ou amandes au lieu des classiques viennoiseries bourratives

Le soir, on se sentira enrichi sans avoir beaucoup dépensé et sans être allé très loin car chaque petite chose a un pouvoir de métamorphose.

Ce peut être aussi

*Déplacer sa chaise pour modifier son regard, son angle de perspective de là où l’on est
*Répondre à cette annonce qui attend sur le bureau
*Renvoyer cet article endommagé alors que l’on préférerait tout bonnement le jeter
*Ébaucher un dessin, un haïku dans son carnet
*Créer un blog qui correspond à nos envies, nos projets
*Préparer, crayon à la main, son prochain voyage

La liste est infinie…

Sortir de sa zone de confort, c’est surtout se lancer des défis mesurés dans un cadre familier ; à petits pas, avancer ; poursuivre son grand projet de changement au quotidien ; avoir foi à chaque seconde en sa transformation ; apprendre à être patient dans ses accomplissements ; découvrir les bienfaits de l’humilité tout en jouissant de ce que nous propose la vie – ici et maintenant.

On peut se préparer chez soi, étape par étape, à un départ qui est d’abord psychologique.

Ne sortons-nous pas de notre zone de confort, actuellement, alors que, paradoxalement, nous devons demeurer à la maison ?

Ce confinement nous invite, dans notre cadre ordinaire, à la créativité, à l’introspection, à la découverte de ressources intérieures insoupçonnées, à la lenteur et au silence, nous qui étions si peu habitués…

Aussi, je vous souhaite beaucoup de douceur et de bienveillance envers vous-même lorsque vous sortez de votre zone de confort !

Et surtout, n’oubliez pas de prendre votre enfant intérieur par la main pour lui montrer qu’à deux, vous pouvez changer… sans danger !

Géraldine Andrée

1 Julia Cameron, Libérez votre créativité : osez dire oui à la vie ! Collection Aventure secrète, 2007

La technique des pages du matin, préconisée par Julia Cameron, consiste à écrire trois pleines pages au lever, à noter sans inhibition toutes ses pensées pour commencer sa journée, libéré de ce qui parasite notre entrain. C’est une sorte de méditation active, qui correspond à la culture occidentale.

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie

La biographie de l’être

Vous pouvez venir chez le biographe avec la liste de tout ce que vous avez fait depuis votre naissance.

Vous pouvez établir une liste des dates importantes correspondant à ces actes.

Vous pouvez raconter comment vous êtes devenu enseignant, chercheur, couvreur, plombier, commercial, mère de famille…

Là encore, ce que vous êtes, vous le faites.

Mais vous pouvez aussi écrire une autre biographie.

Celle des instants qui ont le plus compté pour vous,

celle qui va rassembler dans un récit des fragments de votre vie

que vous avez vraiment aimés

et où, tout simplement, vous étiez vous,

joyeux, vibrant, vivant :

un coucher de soleil, un matin au jardin, les marrons sur le chemin de l’école, la robe violette de vos dix ans, ce match de foot où vous avez gagné et où vous sentez encore le rouge du bonheur vous monter aux joues, les bâtons de réglisse pendant votre convalescence qui brunissaient votre bouche, votre costume de clown pour Mardi-Gras, les dessins de votre souffle sur la fenêtre…

Vous pouvez écrire comment la Vie s’est accomplie à travers vous,

une biographie de l’Être.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Journal d'une maison de retraite, Journal de ma résilience

Le coupe-ongles

Ma mère me dit :

-Regarde mes ongles comme ils sont longs ! On dirait une sorcière !

ça ne va pas du tout !

J’emprunte un coupe-ongles à une infirmière.

Chacun de ses doigts est dans ma main.

L’ongle se détache dans un petit claquement et tombe en silence.

Il se confond tellement avec le blanc du carrelage que l’on ne le retrouve pas.

Une fois que c’est fini, ma mère me désigne de son index ses autres doigts.

-Celui-là est réussi !

Puis elle ajoute avec le même souci de perfection et d’exigence à mon encontre
que lorsque j’étais enfant :

-Celui-ci beaucoup moins ! Essaie encore…

Disparues, les dissensions d’une vie. Effacés, les désaccords.

Seule compte la petite faille d’un ongle mal coupé que je régularise

dans une fin d’après-midi grise.

Je crois qu’elle ressemble à cela la paix, désormais :

au claquement léger du coupe-ongles

et à la rencontre de nos doigts,

pour la première fois.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Poésie

Il est des poèmes

Il est des poèmes qui nous sont destinés.

On les découvre, un jour d’enfance, à la lumière d’une classe en hiver

ou au détour d’une rangée de livres, dans le croisement des silences d’une bibliothèque.

Ils nous touchent car ils nous parlent de notre vie et ils nous regardent comme des amis.

On se reconnaît dans l’évidence de leur printemps.

Puis on les oublie

parce que c’est ainsi, qu’il faut avancer de page en page.

Mais bien plus tard – le nombre d’années ne compte pas -,

les poèmes que l’on a aimés nous retrouvent

et l’on sait qu’ils n’ont pas oublié notre âme qui s’est émue pour eux .

On les comprend, on les entend, on leur sourit comme lorsqu’on était enfant.

Le temps n’a jamais passé.

Il est des poèmes qui sont nos astres de vie

et qui nous reviennent au coeur le plus profond de nos nuits

parce que nous sommes destinés à leur éternité.

Géraldine Andrée