Publié dans Créavie, L'alphabet de l'herbe, Poésie-thérapie

Le poème idéal

Tu t’assois à ta table pour écrire un poème, un poème que tu souhaites idéal, avec le juste rythme, la métaphore pertinente, l’assonance réussie. Tu rêves de ce poème comme d’un bijou étincelant.
Mais tu ne parviens pas à le ciseler, à lui donner la forme parfaite.
Alors, sors. Va te promener. Saute sur les cailloux irréguliers. Penche-toi sur les fleurs de la roseraie qui n’ont entre elles aucune corolle jumelle. Contemple l’entortillement d’un ver de terre à ton pied. Accepte que le balancement de la brise entre deux feuilles soit imprévisible.
Fais du chemin que tu prends
un poème vivant.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, L'alphabet de l'herbe, Le cahier de la vie, Le temps de l'écriture, Poésie

La terre

Ma page est une terre vierge
où je crée mon paysage
une forêt pour protéger mes rêves
une rivière pour y abandonner mes soucis
un jardin pour réunir mes défunts
et une constellation de feuilles
pour que se répète à l’infini
le bruissement de la vie

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de la lumière, L'alphabet de l'herbe, Le journal des confins, Le temps de l'écriture, Poésie, Poésie-thérapie

L’écriture de l’eau

L’eau fait
de chaque brin d’herbe
un délié
de chaque branche
emportée
par son mouvement
un long phrasé
Elle accroche
à la page
de sable
un alphabet
réservé
aux seuls
initiés
que sont
les oiseaux
et les méandres
qu’elle trace
avec du vert
aux marges
de la terre
sont des pleins
sur lesquels
s’attarde
le soleil
L’eau constelle
les bords
du ciel
blanc
de virgules
d’or
que l’on confond
à tort
avec
des étincelles
Non loin
de la grande
ville
où les hommes
se croient
éternels
l’eau
écrit
notre passage
dans le temps

Géraldine Andrée

Photo de Mabel Amber
Publié dans Créavie, Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Le temps de l'écriture, Un troublant été

Écrire dans l’herbe

Écrire
dans l’herbe,
ce n’est, certes,
pas confortable.
Cela te picote
les jambes.

Il te faut souvent,
dans l’élan
d’une phrase,
te résoudre
à changer
de position,

pour t’asseoir
provisoirement
en tailleur
au milieu
des bourdonnements
du soleil.

Mais quel bonheur
quand la lueur
un peu follette
d’un papillon
volette
sur ta page…

Quelle surprise, aussi,
quand une minuscule
fourmi
déambule
dans la fourmilière
de ton récit !

Tu sais, alors,
que tu ne cueilles
aucun mot
par hasard
et qu’il en est
de la volonté

du Ciel
que ta feuille
soit placée
tout près
de cette feuille
de trèfle…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

À quoi peut donc bien servir la poésie ?

La poésie sert à
*Vivre ses rêves
*Trouver son pays intérieur
*Se réchauffer à la lampe des mots
*Créer pour les autres et soi-même un ciel étoilé sur cette terre
*Faire de chaque message un oiseau porteur de bonnes nouvelles
*Suivre son chemin unique au rythme d’un vers
*Consteller sa fenêtre de flocons d’or
*Enjamber plus légèrement les obstacles, peines et deuils
*Parcourir sans se lasser le sentier d’un poème
*Et y découvrir toujours une aile, une lueur, une feuille
qui mènent à une autre aurore

Géraldine Andrée

Poésie, éternelle saison des mots éclos

Publié dans Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Un troublant été

L’odeur de l’herbe

Je me souviens de l’odeur de l’herbe fraîchement tondue de mon enfance.
Elle monte jusqu’à la fenêtre de ma chambre
et il me semble qu’elle infuse dans la lumière
pour envelopper le monde.

Je lis alors Les Contemplations de Victor Hugo.
Et je crois que chaque poème me regarde
avec la force d’un iris éclos,
la foi d’un papillon voguant dans le soleil.

Puis je ferme les yeux et j’entre
dans le jardin des Feuillantines
où le murmure de la brise
me fait signe

pendant que s’éloigne
à la limite de la grille,
à la limite du silence,
la tondeuse ronronnante de mon père.

Géraldine Andrée

Publié dans Cahier du matin, Collections de l'esprit, Journal de la lumière, Journal de mon jardin, Journal de silence, L'alphabet de l'herbe, Le cahier de la vie, Le temps de l'écriture, Poésie, Poésie-thérapie, Un troublant été

L’aurore du cahier

Je garderai
de mes promenades
du feu été
ces feuilles

toutes baignées
de rosée
qui entraîna
l’encre

dans sa trace
pour créer
en chaque mot
des fleurs

débordant
sur le silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal de mon jardin, L'alphabet de l'herbe, Le journal de mes autres vies, Méditations pour un rêve, Un troublant été

Comment sera ma prochaine vie ?

Comment sera ma prochaine vie ?
Quel corps, quels regards, quelle chambre accueilleront mon âme en voyage ?
Le ciel sera-t-il le même que celui d’aujourd’hui, avec son seul nuage ?

Peut-être renaîtrai-je dans ce jardin
et les mille yeux des myosotis que voici
éclaireront mon chemin.

Géraldine Andrée