Écrire un poème,
c’est entrer tout doucement,
sur la pointe des pieds,
avec ses souliers ôtés,
dans la chambre
de l’enfant qui dort
depuis que la lune
s’est levée.
C’est se pencher
sur le berceau
blanc
comme un cahier,
écarter les voiles
et voir apparaître
son propre visage,
ses yeux mi-clos
que dans un étonnement
serein
l’on peut reconnaître,
malgré les années.
C’est être le témoin
de ses retrouvailles
avec soi-même
et se dire
que durant tout ce temps
passé,
l’on a vécu
dans un profond sommeil,
mais que cet enfant
existe,
a toujours
existé,
et qu’il s’est sagement
endormi
en attendant.
Mais chut !
Surtout,
ne pas le réveiller !
Du moins,
pas tout de suite.
Le laisser rêver,
jusqu’à demain matin,
maintenant
que l’on a su renaître.
En effet,
c’est parce que notre enfant rêve,
que le poème
se promène
dans notre vie.
Géraldine
