Publié dans C'est ma vie !

Mon cahier bleu

J’avais pendant mon adolescence un cahier bleu que je retrouvais à chaque période de vacances.

C’était un cahier surligné de la marque Majuscules au papier épais et brillant.

Dans ce cahier secret, je me sentais en sécurité. Je le considérais comme un refuge, un espace de non jugement.

A la différence des autres cahiers intimes – mal tenus car j’y écrivais mes propres poèmes, et jamais satisfaite de mon oeuvre, je gribouillais, raturais, griffonnais, rayais, réécrivais en dessous des vilaines rayures et des flèches hésitantes… -,

ce cahier était propre, constellé de lettres fines et sûres.

Forcément. J’y recopiais des paroles de chansons de Charles Trenet, Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel à partir des Collections Seghers consacrées aux chanteurs dits « à textes ».

Là, je ne me tourmentais pas avec le choix des mots ou le rythme des phrases.

Le texte coulait de source. Je me laissais porter, au fil de l’encre, par le frottement de la  plume sur les pages.

Je savourais les vers pour eux-mêmes. Je m’y abandonnais comme sur une balançoire. Je buvais à la source de la poésie initiale destinée au chant depuis le début de l’humanité.

Je recevais l’essentiel.

Quand j’écrivais dans ce cahier bleu, je me sentais singulièrement douée pour le bonheur.

La paix m’était enfin accordée.

J’ignore où cette petite anthologie d’adolescente demeure. Je crois qu’elle s’est perdue au fil des années. Peut-être a-t-elle été jetée au cours du Grand Déménagement.

Il m’arrive d’éprouver une profonde nostalgie pour ce cahier.

Mais lorsque j’ai l’occasion d’écouter les paroles des chansons de Charles Trenet, Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel,

je sais que j’ai eu l’inestimable chance de suivre avec ma plume

pendant mon adolescence

leurs paroles à la trace.

Aujourd’hui, je rends grâce par ce petit texte sur mon blog peu lu

à mon Cahier Bleu Majuscule

Géraldine Andrée

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Un jardin en Amérique

Je suis retournée en songe dans le jardin de l’enfance ancienne
très loin dans une autre vie en Amérique

J’ai retrouvé au bord de mes cils l’ambre des cimes illuminées par le soleil d’une fin d’après-midi avant que les ombres ne s’allongent

Je me souviens de la joie de cet éblouissement pareille à celle que j’éprouvais en renversant la tête sur la balançoire

Un ballon tournoyait haut pour retomber ensuite dans la corbeille de mes bras

Une voix intérieure qui ressemble à la mienne m’annonçait que c’était bel et bien l’été indien

Les ultimes parfums de l’herbe tiède de la saison infusaient l’air tranquille

Je ne sais pas si j’étais garçon ou fille

Après tout qu’importe

J’entends encore mes pas qui claquent sur l’escalier de bois lorsque ma mère m’appelle dans l’embrasure de la porte

Je suis retournée en songe dans le jardin de l’enfance ancienne

Nul n’est témoin de cette vie

La terre ne garde pas l’empreinte des existences passées
L’air n’a pas mémoire de l’éclat des ailes des papillons

Seul le songe a le pouvoir de révéler derrière les yeux clos une lueur une voix une sensation
pour soi certaines
mais pour autrui très discutables
et qui ne se prêtent donc à aucun partage possible

Qu’importe après tout

Comme trace de mon passage très loin dans le jardin de l’enfance ancienne
en Amérique

j’écris ce poème

éclairé au bord de ma table par un rayon de soleil roux

qui s’apprête

à disparaître

derrière les ombres du soir

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !

Quelle abondance !

Quelle abondance, tout ce temps disponible pour écrire !
Quel luxe, tous ces grains de page et toutes ces gouttes de couleur marine !
Quel voyage, les méandres de ces phrases !
Quelle liberté, cette blancheur qui me fait signe que le jour commence !
Quelle chance, tous ces dimanches destinés à un poème !
Quel avenir, cette simple présence face à mon souffle qui relie tous les silences !
Quelle vie que la mienne qui se déroule, mot après mot !

Géraldine Andrée

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Sept belles choses aujourd’hui

Sept belles choses aujourd’hui

Le rayon de soleil sur ma table de travail
Le parfum de Marie dans la pièce
La description de la Tunisie par Colette Fellous
La voix douce, presque sensuelle de Roland Barthes
La première page
Un poème et puis un autre, deux perles qui glissent sur le fil de ton Souffle
Le bleu de la mer rencontré pendant la sieste

Géraldine Andrée

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Toute petite je

Tout petite j’inventais des histoires derrière les arbres
Bien cachée par les ombres bleues des feuillages je ne répondais pas quand on m’appelait
J’étais seule et présente pour le minuscule
la lueur de l’insecte le brin d’herbe la goutte de résine le fin caillou l’étoile de la mousse
et au sujet desquels je créais un vaste plan de vie une épopée immense un Roman qui traversait le ciel avec le gouvernail de sa majuscule

Toute petite je faisais de mes rêves une destinée
où même la brindille avait un rôle d’héroïne
et c’était là que le meilleur avenir du monde se réalisait en secret
près de la corde à linge
derrière les arbres le dimanche
Le devoir de mathématiques qui m’attendait le lendemain
et pour lequel j’étais certaine d’échouer ne m’importait pas
Devant cette genèse la mauvaise note promise me semblait dérisoire

Âge béni que celui de la poésie plus puissante que le devoir
et qui te délivre par sa volonté des attentes des autres
Âge béni que celui de ces histoires
que je me racontais silencieusement derrière les arbres
jusqu’à ce que les ombres
prissent la couleur
de l’encre noire

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Je pour Tous

Pourquoi j’écris ?

J’écris

pour retrouver

l’éternelle enfance

du ciel.

Il m’arrive

souvent

de me reposer

sur un mot

comme

sur une balançoire

dans la lumière

du soir.

Je me laisse

bercer

par ce souffle

que je rejoins

toujours plus haut,

toujours plus loin…

Et plus je m’élance,

avec confiance,

plus je m’élève

dans mon rêve.

J’écris

pour vous montrer

aujourd’hui

le ciel

de l’enfance

éternelle.

Géraldine Andrée Muller

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Qui suis-je ? A la fois professeur de Lettres Modernes et écrivain

Géraldine MULLER
45, Place de la Carrière
54000 NANCY
geraldine.muller268@orange.fr

07-89-24-26-42

ECRIVAIN PUBLIC

Production de tous types d’écrits
Spécialités : écriture biographique et poétique

Formation :

2015 : Formation Ecrivain Public au CNED de Toulouse validée mention Très Bien

2008 : Admissibilité à l’Agrégation interne de Lettres Modernes

Compétence : développer mes connaissances théoriques mais surtout mes facultés d’introspection face aux exigences d’un tel concours (Quelles sont mes limites ? Quelles sont mes vraies envies ? Quels sont mes désirs profonds ? )

1992 : Obtention du CAPES de Lettres Modernes à PARIS (75000)

Compétence : développer mes capacités d’enseignement

1991 : Maîtrise de Lettres Modernes à l’Université de Nancy 2 pour le
mémoire L’Expérience de l’Absence et de la Présence dans la poésie
jouvienne

Compétence : allier la sensibilité poétique à la rigueur du raisonnement

1990 : Licence de Lettres Modernes à l’Université de Nancy 2

Compétence : étudier le genre de l’autobiographie et de la biographie avec, comme appui, les théories littéraires de Philippe Lejeune

1988-1989 : Hypokhâgne et khâgne au lycée Henri Poincaré à NANCY (54000)

Compétence : articuler la pensée logique dans des dissertations de trois types (littéraire, historique, philosophique)

Expérience professionnelle :

1993 jusqu’à maintenant : Professeur de Lettres Modernes dans différents collèges et lycées

Compétences :

¨ Animer, surtout en collège, des ateliers d’écriture (nouvelles, poésies, argumentaires)

¨ Apprendre aux élèves à soutenir un point de vue et à l’enrichir

¨ Être en rapport avec le public (parents d’élèves) et se confronter aux problématiques qui découlent de ce rapport (difficultés sociales, surtout) ;  développer des capacités d’empathie et de recul

¨ Corriger des rapports professionnels ; aider l’étudiant à la soutenance dans le cadre d’un enseignement en BTS

Expérience personnelle :

2016 : Publication de mon récit de vie Le Grand Retour aux éditions Edilivre

2015 : Parution d’un recueil poétique à dominante autobiographique intitulé Tu es riche de toutes les gouttes de pluie sous le pseudonyme de Géraldine Andrée aux Éditions Amalthée, réseau distributeur Hachette

2013 : Publication dans la revue belge Bleu d’Encre de quelques poèmes libres et lyriques, extraits d’un recueil à paraître Le Bleu de menthe du silence

1er Prix de Poésie Libre du CEPAL reçu à Thionville (57100) pour le poème lyrique et en prose La petite chambre du Sud

2006 : Publication dans la revue Récits de vie d’une biographie intitulée Libre (sur le thème de l’internement malgré soi)

2005 : Stage sur La mission de vie

1988 : Prix littéraire lorrain pour un poème intitulé Écrire

1977 : « Tout commence par un cahier orange », mon  journal créatif d’enfance

Activités :

Tenir un journal intime tous les jours
Fréquenter les salles d’Art et d’Essai (sensibilité aux sons, aux couleurs, aux ambiances particulières, à l’écriture narrative de ce genre de films

Publié dans C'est ma vie !

C’est ma vie !

Je me souviens d’avoir envié par longs épisodes au cours de ma vie la vie d’autrui.

Je me souviens d’avoir intensément désiré vivre la vie de quelqu’un d’autre qui me semblait plus gâté que moi.

Puis, avec le temps, en côtoyant régulièrement cette personne, j’ai découvert, comme le dit l’expression populaire, que « l’herbe n’est pas plus verte de l’autre côté. »

J’ai appris que chacun a son lot d’épreuves et de de joies, de peines et de réjouissances, de malchances et de chances.

Et j’ai fait mienne la phrase de l’héroïne du très beau film Quelques heures de printemps qui, à la question qui lui est posée

Que pensez-vous de votre vie ?

répond avant de mourir

C’est ma vie ! C’est tout ! Pas celle de quelqu’un d’autre ! C’est ma vie !

J’ai aimé cette réponse dont je veux faire un poème dans mon cahier intime :

C’est ma vie, ce jardin qui s’allume à l’aurore, à quelques pas de chez moi !

C’est ma vie, l’étoile sur le toit d’en face !

C’est ma vie, la lumière sur mes mains pendant que j’écris ! Ce quatuor que j’écoute en ce moment même, ce bon verre de vin quand je lis !

C’est ma vie, mon pas qui résonne dans la petite ville, les dimanches d’été !

C’est ma vie, les persiennes bleues de la sieste !

C’est ma vie, le parfum de vacances qui s’exhale en hiver du flacon violet acheté non loin de la plage !

C’est ma vie, la lune que je regarde avant d’aller dormir, les couleurs de mon arbre préféré qui se balance au vent et qui me fait fête avec tous ses reflets à chaque instant !

C’est ma vie, mon souffle qui coule de source à fleur de mes lèvres, le murmure de mon sang apaisé après la peur ou la colère, les larmes jaillies de mon rire !

C’est ma vie et même s’il me manque beaucoup de choses, je sais que j’ai la voix et la foi pour prononcer au quotidien cette phrase toute simple qui comprend en trois mots hier, aujourd’hui et demain :

C’est ma vie !

Et c’est la vôtre aussi !

Géraldine Andrée