Tout petite j’inventais des histoires derrière les arbres
Bien cachée par les ombres bleues des feuillages je ne répondais pas quand on m’appelait
J’étais seule et présente pour le minuscule
la lueur de l’insecte le brin d’herbe la goutte de résine le fin caillou l’étoile de la mousse
et au sujet desquels je créais un vaste plan de vie une épopée immense un Roman qui traversait le ciel avec le gouvernail de sa majuscule

Toute petite je faisais de mes rêves une destinée
où même la brindille avait un rôle d’héroïne
et c’était là que le meilleur avenir du monde se réalisait en secret
près de la corde à linge
derrière les arbres le dimanche
Le devoir de mathématiques qui m’attendait le lendemain
et pour lequel j’étais certaine d’échouer ne m’importait pas
Devant cette genèse la mauvaise note promise me semblait dérisoire

Âge béni que celui de la poésie plus puissante que le devoir
et qui te délivre par sa volonté des attentes des autres
Âge béni que celui de ces histoires
que je me racontais silencieusement derrière les arbres
jusqu’à ce que les ombres
prissent la couleur
de l’encre noire

Géraldine Andrée

Ecrivaine, poétesse, biographe, veilleuse et éveilleuse de Vie !

Laisser un commentaire