Il est des voix qui demandent à être écoutées, entendues, vues, comprises. Des voix qui cherchent une plume pour voler au-dessus du monde. Je suis une plume pour ces voix. Je suis une plume pour votre voix.
Mais, afin que vous sachiez comment j’écris pour vous, je vais vous présenter qui je suis.
J’ai coutume de dire que j’écris depuis l’enfance.
Et je considère l’enfance autant comme une période de vie que comme un pays. Très jeune, j’ai tenu des carnets de poèmes auxquels je mêlais dessins et images. La poésie m’a toujours habitée. Et j’ai toujours habité la poésie. Mon intuition et ma sensibilité m’ont permis de pénétrer au cœur des choses, des plantes, des animaux ; de saisir le sens du vivant ; de donner des voix aux fleurs, aux arbres, aux chemins. C’est ainsi que j’ai obtenu, à l’âge de treize ans, le troisième prix du Pont des Arts de la ville de Longwy pour mon conte Le Bateau abandonné.
Je peux affirmer aujourd’hui que l’écriture a été un membre de ma famille.
Dès mon adolescence, j’écrivais des lettres pour des proches, des amis. Je composais des récits dans lesquels je les mettais chacun en scène. Je faisais même les rédactions de mes camarades. Pendant les repas du dimanche, je lisais mes poèmes au dessert. L’écriture fut le fil qui a réuni tous les membres d’une famille où l’on ne se parlait guère.
Mon cheminement de biographe a commencé par l’écriture poétique de ma propre vie.
J’ai autopublié un roman à dominante autobiographique Le Grand Retour (dont le thème est un amour toxique de jeunesse) et j’ai obtenu, parallèlement à cette publication, le Premier Prix de Poésie libre du CEPAL pour mon poème La Petite chambre du sud.
Puis, le temps passant, j’ai ressenti que chaque expérience vécue de manière intime, secrète, avait une résonance collective, que, pour reprendre l’expression du poète Arthur Rimbaud,
« Je est un Autre. »
C’est ainsi que, tout naturellement, j’ai commencé à écrire des biographies pour autrui, des livres de vie, que j’appelle des livres vivants.
Mes épreuves, la différente palette des émotions que j’ai éprouvées me permettent aujourd’hui de capter ce que mon prochain ressent, et donc de dire l’indicible, tout en retraçant son existence que je mets en lumière.
L’écriture biographique est, pour moi, un acte de transmission pure.
J’aime mettre en exergue les petites anecdotes, les détails, les motifs du quotidien qui créent une atmosphère. J’aime condenser le souvenir en quelques mots, l’encrer/l’ancrer dans une sensation vibrante. Sons, odeurs, couleurs, textures s’entremêlent dans un livre de vie pour composer une véritable fresque quand il s’agit, par exemple, d’écrire une biographie familiale.
Mes études de psychothérapeute m’ont ensuite amenée à cibler une dimension plus spécifique de l’écriture biographique : la dimension thérapeutique.
En effet, j’ai pu expérimenter combien le fil des mots permet de réparer la vie de la voix qui raconte et, par conséquent, toutes les vies qui gravitent autour de cette voix.
En écrivant pour autrui, je suis accoucheuse d’âme, c’est-à-dire que j’aide l’autre à accoucher de son âme dans un livre qui lui ressemble, qui porte sa signature énergétique. J’ai ainsi été sollicitée pour écrire des biographies spirituelles, ésotériques, dans lesquelles l’on touche la frontière du mystère qui sépare cette vie-ci de la vie dans l’au-delà. Pour cette raison, je dirais que je suis spécialiste de l’écriture de livres de deuil qui amorce nécessairement un processus de renaissance. Et je continue d’approfondir la mission de biographe qui se mêle à celle de doula (personne accompagnatrice dans les grands changements de vie qui impliquent le renoncement et le renouveau dans cette métamorphose de l’être).
Enfin, je pense qu’un livre de vie raconte non seulement le passé – incitant ainsi le narrateur à le solder, voire à s’en libérer – mais il l’invite également à écrire l’avenir.
Or, il est indispensable, pour créer cet avenir, de le comprendre. Une séance d’entretien biographique peut être l’occasion de mettre à jour certaines mémoires familiales par une analyse transgénérationnelle, afin de les déposer dans les pages et d’inventer ensuite sa propre histoire future, celle que l’on se choisit, et non plus celle que l’on subit parce qu’elle a été inconsciemment écrite par des aïeux qui, eux-mêmes, ignoraient le scénario qu’ils jouaient à leur insu.
Aujourd’hui, je continue à écrire des vies, des vies de proches et les vies de tous ceux qui viennent à moi.
La parution de la biographie de ma mère, Le Regard de ma mère, récemment publiée aux éditions Advixo, alimente également les biographies de terroir lorrain que j’initie pour tous ceux qui veulent mettre en voix cette mémoire à la fois individuelle et collective, personnelle et sociale, dont les circonstances, les coïncidences et les synchronicités les ont précieusement rendus dépositaires.
Écrire votre biographie est un acte de transmission.
Transmission d’un patrimoine matériel, déjà.
En effet, votre livre de vie et sa diffusion font partie de la dévolution successorale. À ce titre, l’ouvrage et ses droits peuvent figurer dans un testament ou être reçus par vos héritiers.
Et aussi transmission d’un patrimoine immatériel.
Vous confiez à vos descendants tout ce que vous avez vécu : vos peines comme vos joies, vos espoirs comme vos déceptions, vos attentes comme vos accomplissements.
Ainsi, votre biographie est un témoignage à triple titre :
Le processus de l’écriture en tant que tel se fait le témoin de votre vie. Toutes ces pages montrent que vous avez aimé, détesté, vibré, respiré. Elles constituent la trace de votre existence. Chaque phrase est la preuve de votre passage sur cette terre.
De même, vos descendants, qui sont les dépositaires de votre histoire, deviennent aussi les témoins de tout ce qui s’est passé à l’intérieur, et donc à l’extérieur de vous : les mouvements de votre âme, le flux de vos émotions, vos fulgurances, vos révélations et les choix qui ont influencé la trajectoire de votre vie. En effet, le monde extérieur est le miroir de notre monde intérieur. En y projetant nos pensées, nous les matérialisons. La biographie montre ce cheminement des désirs à leur réalisation.
Et, chose extraordinaire, vous devenez vous-même votre propre témoin. Vous pouvez vous regarder d’un œil extérieur et vous dire : « Voilà comment j’ai réalisé ma vie avec les ressources et les contingences dont je disposais. »
Une biographie transmet qui vous êtes.
Dans le livre de votre vie, vous transmettez les valeurs chères à votre cœur et à votre esprit (l’amour familial, l’engagement social, la fidélité…) ou un savoir-faire ancestral qui est passé par vous (l’art de cuisiner, de jardiner, de coudre, de réparer ou de construire des meubles…) Il en est ainsi des biographies qui relatent un parcours artisanal et entrepreneurial.
Et surtout, vous transmettez ce qui est, à mes yeux, un cadeau que vos proches garderont à vie : votre regard sur la vie et un savoir-être (en plus d‘un savoir-faire).
Voilà, par exemple, comment vous étiez quand vous cousiez ou inspectiez chaque plante de votre jardin. Heureux. Ce bonheur, il s’inscrit déjà dans les gènes de tous les lecteurs que sont les membres de votre famille.
Mais, m’objecterez-vous, nulle vie n’est parfaite.
« Il est des parcours de vie difficiles. Et des modèles à ne surtout pas imiter. D’ailleurs, je ne suis pas fier moi-même de certaines de mes réactions, de ce que j’ai pu dire ou faire. Il est aussi des loyautés familiales dont il vaut mieux s’extirper, des patterns toxiques qui ont dominé toutes les branches de l’arbre familial. Que faire de cela dans un livre ? Peut-on dire les douleurs claniques, les secrets, les tabous, les hontes transgénérationnelles ? »
Je vous répondrais que c’est peut-être l’objectif le plus important d’un projet biographique : transmettre un souci de vérité d’une part, et dire aux descendants ce qui a hanté leurs aïeux, formuler l’indicible (d’un adultère, d’une bâtardise, d’une « mort inacceptable, inconcevable » pour reprendre l’expression d’Anne-Ancelin Schützenberger dans son ouvrage Aïe, mes Aïeux !) d’autre part.
Comme le déclare Carl-Gustav Jung,
« ce qui n’est pas parvenu à la conscience revient sous forme de déterminisme ».
En écrivant le livre de votre vie, vous transmettez à ceux qui vous succèdent dans l’existence un présent inestimable :
votre prise de conscience, ce qui permet de rompre immédiatement par les mots, au niveau de votre lignée, la chaîne des aliénations familiales. Vous empêchez la fatalité de frapper encore une fois. Vous ouvrez des cadenas en libérant la parole. Vous tendez à vos enfants et petits-enfants la clé de la délivrance :
« Mais oui, c’est vrai qu’il y a eu ça dans notre famille ! Cette culpabilité autour de la mort de Claire que l’on a attribuée au fait que sa grand-mère l’a fait sortir aux premiers jours du printemps sans bonnet. Or, on sait aujourd’hui qu’il n’y avait pas de lien de cause à effet. Empêcher un enfant de vivre n’est pas l’empêcher de mourir. Bien au contraire. Empêcher un enfant de vivre, c’est le tuer psychologiquement et, à terme, le rendre malade.On ne sauve pas un enfant de la mort en le mettant sous cloche. »
Vous montrez ainsi les schémas dont il faut se défaire, les comportements transmis de génération en génération et qu’il convient de ne plus imiter pour perpétuer la vie de l’arbre familial. Vous contribuez à en faire pousser les fruits de branche en branche – des fruits sains, sans ver susceptible d’en ronger le noyau.
Car c’est cela aussi, la transmission d’une biographie :
permettre aux descendants d’hériter du meilleur de leurs ancêtres, tout en se libérant de certaines maladies provoquées par le mal-à-dire transgénérationnel qui rendrait, à terme, l’arbre stérile.
Une biographie est cathartique. Elle libère la famille de ses névroses pour que chaque membre puisse vivre sa propre vie.
Tel est l’enjeu d’une écriture biographique : transmettre la vie dont vous êtes le messager.
Et je serai, à ce titre, votre accompagnatrice sur ce chemin intérieur.
L’écriture de votre biographie : une histoire de patience
Sommaire :
1 Biographie et date symbolique 2 Biographie et patience 3 Biographie et rapidité 4 Biographie et intelligence (artificielle ou humaine) 5 Biographie et histoire de temps humain 6 Biographie et prix 7 Biographie et temps/argent versés
1) Bien sûr, votre biographie peut être prête pour une date symbolique (anniversaire, baptême, mariage, communion, fêtes en tous genres) si vous engagez ce projet avec moi dans un délai suffisamment raisonnable.
Mais il faut savoir que la biographie n’est pas un tout-en-un, prête en deux minutes – ou deux mois – comme une soupe à préparer rapidement. En tous les cas, cette démarche ne correspond ni à mon éthique professionnelle, ni à mon fonctionnement personnel. Pourquoi ?
2) Car l’écriture d’une biographie est une histoire de patience.
Et, comme j’aime bien aller au cœur du sujet par une série de « Pourquoi ? », je vais vous dire ce qu’est l’essence d’une biographie, selon moi, et donc ce qu’elle n’est pas.
La biographie est souffle, respiration, c’est-à-dire alternance d’inspirations et d’expirations : on inspire les souvenirs, pour les déposer sur la page. On s’inspire de sa vie pour l’offrir au monde – même si celui-ci se limite au strict cercle familial.
La biographie, lorsqu’elle retrace l’histoire de tout votre arbre familial, est elle-même un arbre en devenir. Et tout arbre, pour posséder des racines solides, commence par une jeune pousse qui croît doucement. Si vous souhaitez que votre récit s’enracine dans l’histoire familiale, vous ne pouvez pas faire l’économie de la lente alchimie du temps qui inclut toutes formes de recherches – individuelles, administratives, généalogiques, transgénérationnelles.
La biographie dessine ses méandres au rythme de l’écoulement de votre mémoire. Or, vous ne pouvez demander à une rivière d’accélérer son courant qui, par définition, échappe à votre contrôle. Sachez que votre mémoire – sœur de l’inconscient – suit la dynamique de son propre flux, qui échappe aux velléités de l’ego.
3) Vous pourrez m’objecter : « Mais écrire une biographie en deux, quatre, huit semaines est tout à fait possible ! »
Je vous répondrais : « Oui si… »
Je n’ai que vous comme narrateur : ce qui, je vous l’avoue, est très rarement le cas. J’ai souvent plusieurs biographies en cours (que je n’écris pas toutes en même temps, mais l’une après l’autre pour prendre le temps de m’imprégner de la singularité de chacune – encore et toujours la question du temps !
Je ne fais que cela : mais comme chacun, j’ai aussi un quotidien et une entreprise à gérer. Et si je suis la plume pour votre voix, je suis également la plume de ma propre voix, c’est-à-dire que j’ai aussi à cœur d’écrire mes propres livres, d’apprendre, de me former, de créer d’autres manières d’aborder l’écriture au service de l’autre – encore et toujours. Et, je vous assure, vous profitez de cette expansion de moi-même. Ma vie est aussi « une matière » sur laquelle je travaille, comme dirait Montaigne.
4) Si vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours recourir à l’intelligence artificielle (je ferai, à ce propos, un billet sur cette thématique très bientôt)
Si tel est votre désir, aucun biographe ne peut vous en dissuader. Mais à une telle démarche, je peux objecter trois points essentiels.
L’IA n’est qu’une source apparente de facilité. En vérité, tout le travail intérieur que déclenche un projet biographique aura été escamoté.
L’IA n’est pas humaine. Elle ne peut donc traduire que superficiellement des sensations, des émotions et des sentiments humains. L’IA est dépourvue d’empathie. Elle ne pourra jamais se mettre à votre place. Un écrivain-biographe, en revanche, si, car l’expérience de la vie – dans ses épreuves comme dans ses joies – est le propre de la condition… humaine qui nous réunit.
L’IA ne produira qu’une œuvre qui vous ressemble peu ou prou, une œuvre qui ne sera pas vous, mais qui n’en sera qu’un reflet généralisant, par ailleurs flou, infidèle, imparfait – très approximatif, voire stéréotypé. Vous perdrez alors beaucoup de temps à vous demander : « Mais où est donc mon âme dans ce livre ? » et à vous décider de la chercher, sans jamais la trouver. Pourquoi ? Parce que votre âme n’y est pas ! Elle a été remplacée par une intelligence algorithmique. Or, refusant d’être « un homme-machine », vous partirez enfin en quête d’un écrivain-biographe humain. Mais, vous m’avouerez, que de temps perdu pour vous qui étiez si pressé de tenir l’œuvre de votre vie entre vos mains !
5) Voilà donc pourquoi l’écriture de votre vie est une histoire de temps humain.
L’écriture d’une biographie ne se présente qu’une fois dans la vie. Alors, comme pour un voyage lointain à caractère exceptionnel, il serait dommage de se focaliser sur le point d’arrivée sans profiter du chemin qui y mène.
L’écriture d’une biographie est une traversée des paysages de votre âme. Bâcler une étape, c’est faire en sorte qu’elle se représente ensuite, car la vie nous ressert toujours ce que l’on n’a pas su comprendre, intégrer – voire, tout simplement, savourer.
L’écriture d’une biographie conjugue de multiples temporalités : le temps de l’écriture, associé à celui du souvenir. Il est fascinant de voir comment les différentes saisons de la mémoire s’entremêlent à celles de l’écriture. Vous vous rappelez, par exemple, de parties de pêche en plein été alors que la neige étoile les vitres lors de la narration et de la retranscription. À l’inverse, vous pouvez vous remémorer l’épisode d’une avalanche tandis que le jardin est en fleurs et que vous m’invitez à m’asseoir sur votre terrasse pour « tout me raconter ».
L’écriture d’une biographie n’obéit pas à une temporalité uniforme. Elle progresse selon une alternance de rythmes, d’instants suspendus, puis d’accélérations. On ne raconte pas une scène d’amour sensuelle et envoûtante comme une anecdote où l’on court au bord du quai pour attraper son train. Et la durée des non-dits, des silences ? Ces derniers ont aussi leur place dans votre histoire de vie, comme dans une partition de musique ! L’écriture des blancs requiert une attention et une intention particulières. C’est presque une séance de méditation où l’on s’accorde tout le temps et tout l’espace nécessaires pour que l’indicible affleure la page.
Et il existe aussi le temps entre les séances durant lequel vous récoltez les fragments sensoriels et mémoriels liés à telle thématique susceptible d’être développée dans le cadre d’une séance ultérieure.
Certains, lorsqu’ils ont bien intégré notre processus d’écriture en binôme, commencent un journal d’écriture biographique sur lequel ils notent les points à aborder puis évoqués, leurs états d’âme, leurs bilans de conscience en dessous de la date de l’entretien, comme pour un journal de thérapie. Ils initient une biographie de l’écriture biographique, une sorte d’atelier d’expérimentation littéraire sur lequel je reviendrai et qui développe la faculté fascinante de pouvoir mettre en abyme l’écriture sur soi par l’écriture de soi.
Vient ensuite le temps de la relecture approfondie, des modifications, de l’insertion de photos puis de la mise en page – et, tout ce que je vous souhaite – de la publication (privée ou publique). Tout cela fait partie d’un autre processus à soigner également. En effet, se dépêcher pour « avoir le livre », c’est peut-être omettre des choses importantes – à ajouter, modifier, supprimer – et, une fois que le livre est relié, il est bel et bien fini. Commence alors la saison des regrets si vous avez escamoté une étape ou pressé le biographe – ce qui est fort dommageable, le but final étant que le livre vous corresponde en tous points.
6) Vous pourriez me dire : « Mais, plus la biographie dure longtemps, plus je vais payer ! »
À cela, je vous répondrais clairement :
Non !
Pourquoi ?
Car nous décidons ensemble de la fréquence des séances. Encore une fois, tout est question de rythme.
Car tout dépend de la vision de votre projet initial : le prix d’une biographie individuelle est, bien entendu, plus modique que celui d’un roman familial ou d’une biographie entrepreneuriale qui traverse de nombreuses générations et qui engage des recherches généalogiques – de votre part ou de la mienne -, autre exigence de lenteur.
Car je sens moi aussi quand nous arrivons à la fin de l’écriture et que l’étape de la mise en livre commence. Prolonger une écriture qui a « tout dit » est aussi stérile pour vous que pour moi. En tant que biographe, j’apprécie grandement le moment où l’on voit tant de pages tapuscrites se métamorphoser en ouvrage relié. Par ailleurs, j’aime me définir comme une artisane des mots. Un artisan-menuisier ou sculpteur sait quand il a terminé son armoire ou son bustier d’amant. Bien sûr, comme le peintre, il peut toujours peaufiner la création mais ce geste se limite à quelques touches ou traits supplémentaires. Voilà tout. Il ne rajoute pas un pied d’armoire ou un bras au buste parce qu’il faut prolonger l’œuvre indéfiniment. Biographe et narrateur sont destinés à se quitter et c’est le livre abouti qui signe cette séparation.
7) Mais, puisque nous vivons dans une société où il nous faut toujours tout quantifier – même les mouvements de l’âme -, car le chiffre est la norme de notre sécurité matérielle et psychique, sachez que
La biographie moyenne dure d’un an à un an et demi ( il y a, bien sûr, des biographies plus courtes, et d’autres, plus longues).
Elle contient en moyenne de cent à cinq-cents pages ( mais peut contenir une cinquantaine de pages seulement).
Elle coûte de 1000 à 3000 euros (2000 euros étant la moyenne et 500 euros, le prix le plus bas). Ces sommes, je vous le rappelle, se paient à la séance. Ce fonctionnement respecte, de ce fait, la prévision et le rythme de votre budget – autre temporalité non négligeable qu’il vous convient de respecter !
Si vous me le demandez, un devis avec paiement échelonné est toujours possible.
À bientôt donc, à la croisée des mots !
Géraldine, votre écrivaine privée, biographe familiale et écritothérapeute
Le 05 décembre 2025, est paru aux éditions Advixo le livreLe Regard de ma mère, qui croise la biographie de ma mère avec mon autobiographie.
« Dans la pénombre d’une chambre d’hôpital, une fille tient la main de sa mère mourante de la maladie d’Alzheimer. Cette main qui a épluché les légumes, pétri la pâte, repassé le linge ; cette main qui, parfois, l’a aussi corrigé. En la serrant une dernière fois, Géraldine entreprend un voyage singulier : remonter le fil du temps pour habiter le regard de celle qui l’a mise au monde. De la campagne lorraine des années 1940 aux couloirs silencieux de l’Ehpad, ce récit tisse trois vies en une seule trame. Celle de Gisèle enfant, cueillant les mirabelles dans le verger familial de Chaudeney avant que la poliomyélite ne marque à jamais sa démarche. Celle de la mère exigeante et aimante, héritière des gestes ancestraux et des silences de femmes. Et celle de la fille, moderne et pressée, qui découvre enfin, par l’écriture, le chemin vers une réconciliation impossible de leur vivant. »
Genèse d’écriture du livre
J’ai écrit ce récit pendant tout l’été 2025, à l’ombre de mes volets clos, les jours de grande chaleur et d’orage.
J’ai repris une partie du journal que j’ai tenu en automne 2023, lors du départ de ma mère pour sa traversée vers une rive inconnue.
J’ai pu constater que beaucoup de notations sensorielles et émotionnelles que j’avais notées en vrac, au milieu de l’étendue de mon chagrin, s’étaient transformées, précisées, métabolisées dans mon âme, avec le temps, pour devenir de véritables pages de roman.
Le thème principal du roman est la communication – et pourquoi pas, la communion – réparatrice qui transcende l’indicible de la maladie de l’oubli, et les non-dits dans la relation entre une fille et sa mère, tout au long de leurs vies respectives.
Que devient une fille que la vie invite à être une mère pour sa mère ?
Que devient une mère que la vie finissante incite à être une fille pour sa fille ?
Tout au long des pages, s’entrelacent l’ici et l’ailleurs, le présent et le passé, les herbiers et les bouquets d’algues de l’enfance.
Des vergers de mirabelles au lit de la maladie, de la joie au déchirement, de la ferme en peine campagne à un appartement citadin, de la nature à la sidérurgie…
Le livreLe Regard de ma mère est un voyage à travers ce pays que fut le bleu clair des yeux de ma mère. L’écriture m’a permis de comprendre toute une époque à travers son regard. Notre condition de femme a-t-elle tellement changé ? Une chose est sûre : celles qui nous précèdent ont tracé notre chemin. L’écriture rend hommage à cette trace et disperse le sable de l’oubli qui tend à la recouvrir.
Écrire parce que tout passe…
Écrire pour que rien ne s’efface…
Je pense que le plus grave n’est pas l’oubli dont ont souffert nos proches que la maladie d’Alzheimer a emportés.
Je pense que le plus grave est l’oubli de notre part de nos proches que la mort a emportés.
Puisque nous n’avons pas pu leur rendre la mémoire, l’écriture nous permet d’être leur mémoire.
Note de l’éditeur
« Le Regard de ma mère est une ode lumineuse à la transmission féminine, un adieu qui devient renaissance. Géraldine Andrée y déploie une prose sensuelle et délicate, où le parfum des confitures de mirabelles se mêle à la douleur du deuil, où chaque souvenir restitué devient un acte d’amour. Un livre sur ce que nous devons à celles qui nous précèdent et sur la grâce d’accepter enfin de voir le monde à travers leurs yeux. »
« À présent que ses lèvres ne laissent plus échapper un mot, je suis son histoire. À présent que ses yeux sont clos, je suis son regard. »
Le livre est disponible en version broché sur le site de l’éditeur et en e-book sur des sites comme Amazon, la Fnac, avant de paraître dans toutes les bonnes librairies.
À bientôt,
À la fenêtre des mots !
Géraldine Andrée
« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. »
Les différentes biographies que nous pouvons réaliser ensemble
Le tableau de votre vie
Comme il n’y a pas qu’un seul parcours de vie, il n’y a pas qu’une seule façon d’écrire une biographie. Il existe autant de possibilités biographiques que de chemins de vie. La rédaction d’une biographie ressemble à la composition d’un tableau qui prend forme, touche après touche. Son achèvement permet de voir l’harmonie de la vision d’ensemble. Comme le peintre peut utiliser tous les types de couleurs, de matières, de techniques, je vous propose de multiples façons de mettre en livre votre vie. Ainsi, vous aurez déposé votre essence dans cet ouvrage qui reflètera fidèlement votre âme.
La biographie au fil de votre vie
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
C’est la biographie classique où vous racontez votre vie dans un ordre chronologique, une vie avec toute la diversité de ses expériences, toute la palette de ses émotions, où joies et chagrins, bonheurs et pertes s’entremêlent. Pour cette raison, je peux vous proposer l’insertion d’une structure thématique.
Notre livre a eu beaucoup de succès. Nous avons donné un exemplaire à chacun de nos enfants. Tous ont beaucoup aimé et ont trouvé cette idée formidable. Ils ont beaucoup apprécié le ton poétique que vous donnez à nos écrits.
Merci encore Madame et bonne continuation. »
La Vie nous regarde
Anne-L.J.
« Bonjour, Mme Muller
Encore merci pour votre travail. Mamie est ravie du rendu et du travail accompli.
Vous allez encore faire des heureux, c’est certain. Ils ne s’en rendent peut-être pas encore complètement compte en cours de parcours. Mais vous nous fournissez des trésors.
Je garde le mien précieusement.
Merci.
Bonne continuation et au plaisir ! »
La biographie spirituelle
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Expérience de mort imminente, rencontre avec un défunt, conversation avec son ange gardien, développement d’un don médiumnique, d’un talent hors du commun, régression dans une vie antérieure… Je suis à votre écoute pour que l’énergie de votre âme passe par ma plume, afin de venir s’incarner dans votre œuvre qu’est le récit de votre expérience.
« Je viens témoigner ici d’un parcours d’écriture où j’ai été accompagnée d’une manière sécurisante, combative, énergique et parfaitement bienveillante ! Géraldine a su me guider sur de longs mois pour mettre au monde un beau bébé livre qui attendait de voir enfin la lumière !
Merci infiniment, gratitude infinie envers toi, Géraldine, pour cet accompagnement sans faille!
Merci infiniment !
Ton professionnalisme, ton âme, ton cœur vaillant, ta générosité ont revivifié nos âmes pour toujours car notre livre éclairera pour toujours les générations à venir !
Merci pour ce livre que tu m’as aidé à mettre au monde : il est une clé d’or!!!!
Un immense merci ! Bravo! »
En suivant l’Ariadne : Dans le jardin de Dominique et Joséphine
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Une vie sans épreuve est rare. Notre existence se peut se retrouver bouleversée du jour au lendemain, d’un instant à l’autre… Abus, harcèlement moral, manipulation par un pervers narcissique, toutes les formes d’emprise, chômage, divorce, accident, survenue d’un handicap, annonce d’une maladie… Il arrive que notre vie se casse, tel un vase. Écrire son épreuve permet, dans un mouvement de l’intérieur vers l’extérieur, de déposer ses émotions sur la page et de reconstituer son unité psychique dans un livre qui deviendra la trace de cette guérison. L’écriture d’un livre de vie participe au processus de résilience.
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Un livre est l’espace sacré où vous pouvez rendre hommage à ce qui a été cher à votre cœur et que vous avez perdu. Que ce soit un ami, amoureux ou parent proche, un animal, un objet ou même un lieu (comme une maison, un jardin), votre voix passera par mon cahier pour redonner vie à vos souvenirs, les célébrer, les honorer. Dans ce cas, la biographie est semblable à un autel sur lequel vous déposerez vos sentiments les plus profonds, avant de continuer votre vie, habité(e) par cette mémoire.
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Dates anniversaires… Prénom d’un aïeul donné à un enfant pour qu’il accomplisse la mission que cet aïeul n’a pu mener à bien suite à cette mort inacceptable, transmission de traumas, syndrome du gisant… Le fait d’entreprendre une biographie familiale met souvent à jour des problématiques transgénérationnelles qui conditionnent votre vie. Et si je vous aidais, dans le cadre de ce livre, à en reprendre le fil afin que vous redeveniez l’auteur de votre vraie vie, celle qui vous correspond, et non celle qui a été écrite par d’autres ?
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Il n’y a pas meilleur projet que d’écrire la biographie d’un projet… Que celui-ci soit en cours ou déjà abouti, je peux vous accompagner dans la chronologie de cette matérialisation. Structurer ce livre de vie singulier, c’est non seulement donner de l’existence à votre projet dans le présent, mais aussi le rendre pérenne, car ma plume pour votre voix vous aidera à le visualiser, jour après jour, mois après mois, à renforcer la puissance de votre intention et à préciser la dimension positive de cette vision. Je peux également partir de vos notes personnelles, des feuillets de votre journal intime. Récit d’une grossesse, d’une naissance, d’une construction de maison, d’une création d’entreprise ou même de l’écriture d’un livre (il est très intéressant d’écrire sur l’écriture, de créer une œuvre sur une œuvre !)… La page et l’encre incarnent le projet dans la matière.
« Je tenais à vous remercier pour l’écrit de mon expérience. Vous avez su cerner ce que je souhaitais retranscrire et cela répond en tout point à ce que je veux transmettre. »
Le Sourire de ma fille
La biographie d’une métamorphose
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
La vie, pour 99% des gens, est rarement un chemin tranquille. Notre parcours terrestre est jalonné de défis, de remises en question, de renoncements. Il est fait de virages, de croisements, de carrefours, de bifurcations, de déviations, avant de reprendre une ligne droite. L’écriture d’un livre relatant cette période de changement vous permet de mieux anticiper les tournants et de les négocier. Déménagement, séparation, licenciement… Toutes ces ruptures annoncent, en réalité, notre renaissance. L’écriture d’un tel ouvrage préparera, page après page, la sortie du papillon de sa chrysalide. En parcourant avec ma plume toute la distance parcourue entre l’être ancien et l’être nouveau, je donnerai une résonance à une autre voix en vous, plus claire, plus ferme, plus joyeuse, en accord avec qui vous êtes vraiment.
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Lorsque j’écrivais, enfant, un texte en prose (conte, nouvelle), il arrivait très souvent qu’une voix poétique s’insérât entre les différents paragraphes. La phrase, soudain, se déhanchait, devenait vers. Un mot enjambait l’espace pour atteindre le mot-ami suivant, le rencontrer, converser avec lui. Un poème s’insérait tout naturellement entre les aventures de mes personnages, pour exprimer leurs différents états d’âme. Je reprends cette habitude littéraire, venue de la créativité de mon enfance, dans l’écriture de vos biographies. Je peux, ainsi, y glisser des haïkus (que j’ai composés ou que nous ont transmis les poètes japonais) et qui condensent votre vécu, intégrer un morceau choisi des plus grands poètes ou de ceux que vous préférez, mettre en vers l’une de vos pensées intimes ou l’une de vos émotions les plus profondes. Je peux personnifier le jardin, la maison, la fontaine perdus en les faisant parler tout au long de votre ouvrage, refaire chanter par des rimes et des sonorités appropriées la plage de vos vacances, voire écrire le récit de votre vie comme un longue épopée au cours de laquelle s’entendra le rythme de votre souffle intérieur.
« Magnifique lecture. C’est tellement beau. Vous avez su toucher la porte de mon âme. J’en ai pleuré. Je suis bouleversée. Vous avez touché à mes rêves les plus fous. Merci pour les beaux voyages de mes rêves. Mille fois merci. »
La Vie par-dessus tout
La biographie sensorielle
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
Livre de gratitudes… Livret dédié aux cinq sens (visuel, auditif, olfactif, gustatif, tactile, sans oublier le sens kinesthésique)… Il existe une autre façon de raconter sa vie, personnelle, singulière, où nous évoquons ensemble votre univers intérieur par des listes, des juxtapositions de phrases brèves ou nominales, des catégories qui réunissent Les Choses de votre âme comme dans le journal Notes de chevet de Sei Shônagon. Dans ce cas, l’écriture biographique suit davantage le flux méditatif, très proche du rythme poétique le long duquel la syntaxe suit un nouvel ordre, celui de la mémoire instantanée, sœur de l’inconscient. Dans ce cas, nous mettons l’accent sur les associations d’idées ; un mot ou une image entraînant un autre motif d’écriture. Des répétitions de tournures comme Je me souviens (liste de Georges Pérec), Dans mon enfance, il y a, J’aimais/Je n’aimais pas permettent de relancer le processus mémoriel tout en cadrant l’écriture. Je pratique surtout ce type de biographie avec des personnes atteintes de troubles cognitifs, pour lesquelles les techniques de programmation neurolinguistique permettent une autre rencontre entre soi et sa mémoire.
175 euros la séance comprenant l’heure d’entretien et l’heure et demie de rédaction
L’écriture d’une biographie mobilise aussi des outils d’art-thérapie. Vous pouvez déposer dans cet ouvrage qui est le vôtre toute votre créativité. C’est donc l’occasion de faire fleurir vos dons artistiques… Insertion de photos, bien sûr, mais aussi de tableaux, de dessins d’enfant, d’extraits de journaux intimes ou des exercices de journal créatif, ajout de calligrammes intimes, de votre signature personnelle… La page est un cadre où les mots eux-mêmes se dessinent !Lorsque la parole atteint la frontière de l’indicible, les blancs, les images, les collages traduisent les silences, de même que l’aveu de ne pas pouvoir aller plus loin dans le souvenir. Le recours à la couleur est un excellent outil pour dire le cri, la douleur. Le Journal de Frieda Kahlo qui mêle phrases et encres multicolores pour représenter son corps souffrant est un exemple caractéristique.
Comme il n’y a pas de parcours de vie universel, il n’y a pas de biographie modèle. Il existe autant de récits de vie que d’âmes, autant d’histoires que de voix. L’enjeu de votre projet est de réaliser la biographie qui correspond à votre signature singulière – celle avec laquelle vous êtes venu œuvrer en ce monde -, pour toucher ensuite vos proches, voire le collectif si vous souhaitez publier votre ouvrage.
Ma plume vous accompagne sur ce chemin.
Vous pouvez m’exposer votre projet sur ma page Contact
Le journal intime de mon grand-père a disparu. Je peux étoiler tous les espaces de mes mots, ouvrir chaque cahier comme la délicate corolle d’un jardin oriental, accrocher des myriades de feuilles à ma vie pour croire que j’ai le ciel et les racines… Je ne retrouverai pas la trace des pensées secrètes de mon grand-père, les anecdotes de son récit de guerre, sa campagne dans le Nord, les différents noms des arbres et des fleurs, sa chanson Étoile des Neiges recopiée à l’encre bleu clair… Ma plume aura beau prétendre courir comme l’alezan… Elle ne reconstituera jamais l’élan de cette écriture si déliée, si régulière, si noble, si fine… Une écriture d’instituteur, dédiée au sens et au mouvement.
Chaque jour, je fais en sorte que mon cahier soit la porte qui donne sur ce journal intime.
Mais lorsque je m’avance sur le seuil, il n’y a plus personne, pas le moindre signe… Je m’en retourne donc écrire… Seule.
Il est courant de penser qu’il est trop tard pour faire écrire les mémoires d’un proche, lorsque celui-ci est déclaré malade d’Alzheimer.
Certes, il vaut mieux entamer le projet d’écrire ses mémoires lorsque l’on a la mémoire intacte.
Pour autant, il n’est pas trop tard pour écrire ses souvenirs aux premiers stades de la maladie neurodégénérative car celle-ci évolue par paliers, sur un temps relativement long. Bien évidemment, il faut renoncer à l’image d’une biographie traditionnelle, chronologique et fidèle aux souvenirs que les autres ont de la vie qui se racontera dans ce livre. La structure de la biographie est naturellement thématique, un motif entraînant un autre motif, comme les bigarrures d’un tissu.
Pour écrire cette biographie auprès d’un malade d’Alzheimer, je dispose des outils de la programmation neurolinguistique, dite PNL, et qui me permet d’utiliser les différents canaux sensoriels pour faire remonter les réminiscences à la conscience.
Tout d’abord, je fais écouter une musique douce à celui qui va me confier sa vie et, à partir de cette musique, je sollicite les différentes sensations du narrateur.
Que ressent-il ? Qu’éprouve-t-il ?
Nous répertorions les sons entendus dans le morceau musical. Quels souvenirs sonores ceux-ci lui rappellent-ils ? Le pépiement d’oiseau de l’arbre de mon jardin… Un pas dans la cour… Le tintement du seau contre le puits… La vue m’invite à faire visualiser à la personne, yeux fermés, des couleurs, des formes. Et très souvent, c’est une image qui naît : une ferme lointaine, une prairie, une rivière, une balle d’enfant…
Ensuite, je présente quelques images, des textiles, des textures, des friandises, des flacons de parfums…
En associant les supports, nous pouvons convoquer le toucher ou le kinesthésique : le contact avec la fraîcheur du souffle du vent… le picotement des herbes folles… une baignade à la mer… Légèreté ! L’odorat est également très important, car il est relié à l’inconscient et renvoie implicitement aux senteurs de l’enfance et aux odeurs du corps maternel. L’amnésie recule toujours lorsque le parfum d’une eau de Cologne ou d’une fleur de lavande est réveillé dans la mémoire sensorielle. Le goût peut être mêlé à l’odorat et déclencher ensuite des réminiscences tactiles : chocolat, vanille, cannelle, citron… J’aimais le presser entre mes mains, ce fruit… Je sentais son jus…
La mémoire ne se sépare jamais des sensations éprouvées depuis longtemps.
Nous pouvons également prendre comme support en programmation neurolinguistique ce qui se présente ici et maintenant.
Le malade d’Alzheimer se souvient plus volontiers de son enfance que de sa vie appartenant à un récent passé. C’est ainsi qu’un soignant qui arrive dans la maison de retraite avec sa bicyclette rouge qu’il adosse contre le mur déclenchera l’anecdote – voire le récit – d’une promenade en bicyclette dans les rues du village, le dimanche. Ou alors, c’est la vision d’un bouquet de fleurs qui permettra d’évoquer un bosquet d’hortensias bordant la maison ancienne. La purée du déjeuner dans l’assiette pourra donner lieu à des dessins qui ramèneront le souvenir d’un jeu de modelage dans de la pâte…
Vous l’aurez compris, ce type de biographie se construira davantage sur le sensoriel que l’événementiel.
Mais c’est souvent ce qui est anecdotique qui est mis en relief dans un récit et qui demeure gravé dans la mémoire des descendants.
Je vous renvoie pour cela à mon travail sur l’art du détail dans la biographie.
Il faut, pour cela, abandonner tout désir d’une chronologie impossible, toute volonté de posséder un livre parfaitement structuré. Quand l’entourage consent à lâcher prise vis-à-vis du livre idéal – si tant est que celui-ci existe -, il se produit alors un véritable miracle.
Le cerveau du narrateur souffrant d’une maladie neurodégénérative est un inconscient à ciel ouvert, pour reprendre le titre du film de Mariana Otero. Aussi, de véritables associations d’idées sont susceptibles de naître. Des métaphores se percutent, des symboles, étrangers les uns aux autres à l’origine, s’allient dans des noces fantasques. L’insolite rend cette biographie originale, unique, à nulle autre pareille ! Le proche peut être certain que c’est la voix intérieure du narrateur qui résonne – une voix qu’il n’avait jamais entendue auparavant. Le refoulé de la personnalité se dévoile et ce processus de révélation au cours de l’écriture crée une intimité plus profonde entre les proches et le malade :
« J’ai une voiture dans la tête… » disait ma mère… « Elle m’emmène là-bas… »
« J’habite la solitude de la nuit J’habite un paysage lunaire un mur de pierre ou une clairière J’habite un écheveau de pluie la peau des murs un bois d’image J’habite au creux de mon veuvage »
(C’est pour mieux t’écrire… Lecture, écriture dans la ville. Ville de Saint-Martin-d’Hères -Maison de la Poésie Rhône-Alpes)
Comment procéder stylistiquement ?
Il importe de privilégier les phrases courtes et simples. Les phrases minimales restituent de manière intacte la sensation que le cerveau du malade offre comme véritable présent à l’entourage. Il est préférable d’éviter les phrases longues, complexes et emphatiques qui entraveront la circulation du flow de l’inconscient.
J’utilise le présent qui actualise le souvenir, lui donne davantage de force, d’acuité – lui conférant une certaine éternité. Enfin, ce qui semblait se dérober, s’enfuir à tout jamais est saisi !
Des phrases nominales où la ponctuation disparaît permettent de capter l’onirisme de certaines réminiscences. Il est essentiel d’accepter la dimension surréaliste que peut atteindre le livre et des tournures incisives, percutantes avec jeu entre images et sonorités, livreront au lecteur de véritables tableaux intérieurs – hors du commun, peints à la lisière du rêve et de la réalité : Lumière autour de mon cou L’enfant roux retrouvé
C’est ainsi que nous assistons parfois à la métamorphose d’une biographie en recueil poétique ou en journal d’instants. Quatre vers peuvent dire l’enfance, ses baisers, ses orages, ses fugues et ses retours. Il existe même, dans certaines maisons de retraite, des ateliers d’écriture de haïkus pour les malades d’Alzheimer – haïkus qui forment des moments biographiques, en cristallisant l’instant présent sur le souvenir qui revient, bien vivant, de la nuit.
La personne malade d’Alzheimer nous invite à effacer les frontières entre passé et présent, nous montrant sa perception d’un temps circulaire. Elle peut confondre, par exemple, le chandail de fillette qu’elle portait jadis avec celui d’aujourd’hui. C’est alors l’occasion de faire de l’effacement de cette frontière temporelle un petit thème d’écriture.
En chandail rouge, je suis Moi.
Réaliser la biographie d’un proche, pour lequel une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer a été diagnostiquée, n’est pas impossible. Non seulement ce projet réactivera la mémoire – retardant, de ce fait, la lésion irréversible des cellules cérébrales -, mais aussi il invitera le proche à lâcher prise face aux préconçus d’une biographie. Celui-ci enjambera avec le narrateur passé et présent, où l’enfance et la vieillesse se côtoient, s’accompagnant mutuellement sur un chemin qui se tracera autrement.
Je vous présente une manière originale d’écrire votre autobiographie qui ne commence pas par « Moi je » ou « je suis né à », mais qui repose sur L’Art des listes – pour reprendre le titre d’un ouvrage de Dominique Loreau. 1 Des listes d’instants, d’explorations, de sensations, d’émotions qui témoignent de votre évolution, de votre parcours de vie intérieur, de l’expansion de votre âme par vos goûts, vos choix et vos sujets de prédilection…
Aujourd’hui, je vous propose une liste de souvenirs de vos lectures marquantes, avec le cadre spatio-temporel qui l’accompagne. Nul besoin de raconter ce qui se passe dans ces livres, d’expliquer pourquoi vous les avez aimés, de développer les épisodes qui vous ont fait vibrer. Quelques touches sensorielles sur l’heure, l’année, la saison et l’endroit suffiront à donner de la profondeur et du relief à votre évocation. De même, elles révèleront vos étapes de vie significatives.
On commence ?
Alors, voici ma liste :
Les Petites Filles modèles de la Comtesse de Ségur pendant ma convalescence d’une pneumonie, fin février 1978 ; le soleil revenait doucement.
La Cicatrice de Bruce Lowery ; au retour de l’école ; dans la cuisine où tombait la nuit de janvier 1984.
Madame Bovary de Gustave Flaubert à la fin de l’été 1986, sur la terrasse de ma tante à Sallanches, tandis que la montagne bleuissait sous les nuages.
Les Illuminations d’Arthur Rimbaud, éclairées par une lampe sous mon drap ; j’ai failli mettre le feu à mon lit en ce soir de l’année 1987.
Le Rouge et le noir de Stendhal, pendant les pauses d’un stage de danse en 1989.
Une Femme d’Annie Ernaux dans le jardin de ma résidence d’étudiante, au milieu des senteurs du gazon coupé. Je venais d’obtenir mon diplôme, cette année-là, en 1991.
Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë au bord de la Manche, par le frais mois de juillet 1997 ; j’ai trouvé récemment quelques grains de sable bien anciens au creux des feuillets.
Anthologie du poème court japonais par une matinée de neige (quelle année ? Je donne ma langue au chat !), en buvant du lait chaud.
La Première épouse de Françoise Chandernagor, après un violent chagrin d’amour en 2006.
L’Inédit de Marie Cardinale pendant mes vacances à Majorque, puis à Palerme en 2015 ; livre lu et relu et qui porte en ses pages la froissure provoquée par le passage du vent de la mer.
Les Poèmes de Nâzim Hikmet dans l’avion pour Constanta en 2009.
Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs dans l’allée très fréquentée de la librairie de ma ville, en attendant un rendez-vous dont je ne me souviens pas quand, ni pourquoi, ni avec qui. Seul le livre m’importe encore.
20 ans avec mon chat d’Inaba Mayumi, en 2017, dans l’appartement familial. C’était la dernière année où nous étions réunis. Et je l’ignorais.
Le Livre du bonheur de Marcelle Auclair – livre trouvé dans la bibliothèque de l’ehpad – en écoutant respirer ma mère, la veille de son départ, le soir du 03 octobre 2023.
Et le plus mémorable pour la fin, un livre de l’outre-temps, Toute L’Œuvre poétique de Renée Vivien, dans la librairie du Musée d’Orsay après m’être promenée avec ma mère dans les tableaux de Van Gogh. Lecture du livre poursuivie dans le bus au milieu de mes camarades criardes. Bien sage à côté de Maman, j’entendais le silence des roses. Hommage à toi, Maman, qui m’as payé ce livre. Grâce à toi, quand je lis de la poésie, j’ai toujours seize ans.
Et Vous ?
La liste n’est ni figée, ni exhaustive. Vous pouvez la modifier, la compléter à votre guise et la continuer en y ajoutant vos livres associés à vos périodes de vie les plus récentes.
À vos stylos !
Géraldine
1 L’Art des listes : Simplifier, organiser, enrichir sa vie ; Dominique Loreau ; éditions Marabout ; 2007
Beaucoup veulent écrire leurs mémoires car ils ont peur de l’effacement : effacement de leur vie, de leur être, de ce qu’ils ont ressenti, pensé, aimé…
S’il ne subsiste pas de trace de notre passage sur cette terre, qui se souviendra de nous ?
Parfois, on éprouve l’urgence d’écrire ses mémoires car on pressent qu’on est au seuil de l’oubli, que l’amnésie guette – « Oh ! Encore épisodiquement ! Mais il faut être lucide ! » me dit-on. Pour certains, un diagnostic de la maladie d’Alzheimer a été établi. Je reviendrai, très prochainement, sur ce sujet, dans un billet spécifique.
D’autres sont tellement hantés par la peur de perdre la mémoire en entamant le grand projet d’écrire le livre de leur vie, qu’ils craignent de ne pas se souvenir de tout ou d’évoquer un déroulement inexact des événements.
Tout d’abord, je tiens à vous dire que la mémoire est sélective parce qu’elle est subjective. En effet, la manière avec laquelle vous raconterez le mariage de votre cousine sera très différente de la manière de raconter de votre sœur, par exemple. Et pourquoi vos récits ne seront-ils pas les mêmes ? Parce que c’est votre sensibilité qui vous oriente vers certains détails, et pas d’autres. Ainsi, vous aurez retenu la trace du rouge à lèvres de la mariée sur votre joue, l’œillet à son corsage alors que votre sœur parlera plus volontiers de l’atmosphère générale de la fête. C’est pourquoi aucune biographie ne se ressemble – y compris si plusieurs membres de la même famille initient l’écriture du livre – car chaque livre est le reflet d’une âme. Dans une biographie polyphonique, chaque chapitre fera résonner l’écho d’une voix singulière.
Si votre mémoire commence à faire défaut, je peux vous aider dans cette reconquête en vous demandant de chercher des indices concernant les périodes lacunaires. C’est ainsi que je travaille sur les journaux intimes, les articles de journaux, les lettres, les brouillons… Je peux également vous orienter vers un indice sensoriel : un parfum, une couleur, un tissu, un morceau de musique… Une vieille dame a vécu de véritables retrouvailles avec la petite fille qu’elle était, grâce à son nounours qu’elle a sorti d’une malle. Les oreilles déchirées de ce dernier lui ont rappelé le chat tigré qui malmenait le jouet dans l’herbe haute entourant la maison…
En cas de défaillance mnésique, il faut, bien sûr, abandonner l’idée d’une biographie traditionnelle – c’est-à-dire trop rigide, avec une chronologie stricte. Si la trame chronologique est tout à fait possible lors d’événements dont vous vous souvenez parfaitement, la construction thématique intervient en cas de blancs, de silences – les deux s’entremêlant. De même, une biographie uniquement thématique est tout à fait possible. Nous pouvons travailler sur des motifs pour lesquels nous élaborerons des fiches qui vous permettront de faire la liste des points biographiques que vous souhaitez aborder. Par exemple : LE JARDIN : la fontaine – l’arrosage des dahlias – comment je dansais, en été, dans le jet d’eau du tuyau d’arrosage… Comme vous le voyez, la thématique de l’enfance dans le jardin est abordée sous le motif de l’eau. Peuvent s’ensuivre ceux des parfums, des sons, des lumières, des dimanches, des réunions familiales ou amicales, du savoir-faire du jardinier, des semis et des récoltes… La liste est extensible !
Quand on aborde l’écriture d’une biographie, il est important de faire confiance à cette mémoire qui puise sa richesse dans l’immense réservoir de l’inconscient. Vous serez alors étonné comment la vie répond à votre désir, en mettant sur le chemin de vos souvenirs des synchronicités. Comme par hasard, vous retrouvez le billet de cet ancien concert auquel vous êtes allé avec votre amoureux, l’extrait d’acte de naissance de cet oncle énigmatique, la photographie de la maison de vacances depuis longtemps vendue… La vie vous soutient dans le processus mnésique, en vous apportant des éléments qui, telles des lueurs providentielles, vous éclaireront dans votre voyage temporel. Et vous vous surprendrez à sourire : « Tiens ! Cela me revient ! J’entends encore, cet après-midi-là, le bruit des bouteilles de bière que Grand-Père décapsule tandis qu’il regarde le tiercé à la télévision avec ses copains. »
Aussi, ne craignez pas de ne pas vous souvenir de votre vie.
Car la Vie, elle, se souvient de Vous ! En tant que biographe, j’en suis témoin !