
Je vous propose, en ce dimanche soir, sur mon site de psychopraticienne, un exercice d’art-thérapie et d’écritothérapie pour démarrer la semaine de manière positive.
À vos crayons !
Géraldine Andrée

Je vous propose, en ce dimanche soir, sur mon site de psychopraticienne, un exercice d’art-thérapie et d’écritothérapie pour démarrer la semaine de manière positive.
À vos crayons !
Géraldine Andrée
Prends une page blanche et un crayon de couleur.
Puis dessine ton souffle.
Laisse-le se déployer, s’enrouler autour de lui-même, se dévider, aller de droite à gauche, de gauche à droite, de bas en haut, de haut en bas, traverser tout l’espace pour se lover au centre, avant de s’expanser jusqu’au bord.
Que ton souffle soit
trait, ligne, rond, courbe, ondulations, succession de mailles ouvertes.
Prends tout le temps. Ton temps. Car le temps, c’est ton souffle et il t’appartient pleinement.
Prends une minute, ou deux, voire trois pour faire ce yoga du dimanche sur la page.
Étire et compte ta respiration au rythme du crayon.
Puis, lorsque tu sens que l’instant est venu de déposer le crayon, écris tout autour du dessin de ton souffle quelques phrases, quelques mots.
Qu’as-tu ressenti ? Qu’est-ce qui t’est venu à l’esprit, au cours de la traversée de ta respiration ?
Juste
la vague
du crayon
qui se propage
comme une onde
douce
sur le monde
de ta page
Puis ton souffle
se fait plus large
Va
tout au centre
de Toi
Va
Il n’y a pas
à savoir
davantage
Juste
ce trait
qui mène
à la courbe
Juste
cette courbe
qui débouche
sur le mot
suivant
la couleur
qui t’attend
C’est le dessin
qui décide
de ce qui naît
à cet instant
le dessin
qui te destine
à ton vrai
dessein
Aie confiance
Tu n’as rien
à désirer
puisque
la goutte
d’encre
pour poursuivre
ta ligne
de vie
luira
demain
Mais ici
et maintenant
reste
comme tu es
c’est là
que tu rejoins
ton point
de vérité
Tu n’as pas à rêver
de devenir
une autre
car toute
cette page
t’est désormais
dédiée
Géraldine Andrée
Très jeune, j’ai découvert la puissance bienfaisante des mots. Les mots soignent. Ils sont les messagers de la résilience. Et en tenant moi-même un journal intime, j’ai découvert le pouvoir de cicatrisation psychique de l’écriture. C’est ainsi que, tout naturellement, avant ma formation et tout au long de son processus, j’ai mis en place des outils thérapeutiques que j’ai expérimentés d’abord pour moi, avant d’en faire bénéficier autrui. Et je peux vous dire que ces outils fonctionnent. Pourquoi ? Parce que le mouvement de l’écriture remet en action la psyché, initie sa capacité de métamorphose, déclenche son processus d’individuation. La trace écrite est une preuve :
« C’est bien moi qui ressens cela et qui l’écris. C’est donc ma vérité. »
Ce que vous éprouvez a une valeur, une légitimité, une signification. Vos émotions – aussi confuses ou violentes soient-elles – ont leur place sur la page. Symboliquement, vous vous accordez vous aussi cette place.
Je l’adapte à la problématique exposée en début de séance. Le Moi étant en perpétuelle évolution, chaque sujet d’écriture change de séance en séance. De même, je peux vous faire tirer dans un pot – qui mêle des billets que j’ai spécialement adaptés à votre besoin – un billet contenant un sujet d’écriture, en sachant que c’est votre inconscient qui guidera votre main et choisira ce qu’il a à vous écrire…
Nous passons à l’étape de la lecture : vous me lisez votre texte. Chaque inflexion de voix, chaque intonation, chaque lapsus, chaque hésitation, de même que le rythme, constituent un canal supplémentaire pour que l’inconscient ajoute de vive voix ce qu’il a à vous dire.
Puis, nous faisons tous les deux un retour sur cette écriture par le biais de mots-clés, d’expressions frappantes, une émotion qui se découvre.
Vous pourrez vous étirer, vous déplacer, vous relaxer, respirer profondément pour libérer dans l’espace l’énergie contenue dans les mots.
Enfin, je vous invite à faire le bilan de ce qui s’est écrit : avec quelle prise de conscience repartez-vous ?
Avec un stylo et un papier bien sûr.
Et sur
à partir du moment où l’on sait pourquoi l’on utilise tel médium.
Et si je fais des fautes d’orthographe ? Aucune importance. Bien au contraire : les coquilles, les ruptures syntaxiques, les lapsus, les dites erreurs orthographiques sont autant de portes qui s’ouvrent de manière inattendue et par lesquelles l’inconscient vous glisse son message…
Et je ne suis pas un littéraire, un écrivain, un poète ? L’écriture thérapeutique n’est pas un exercice de style. L’écriture thérapeutique s’adresse à vous et à vous seul, car une seule voix compte : la vôtre !
Puis-je écrire avec mon ordinateur ou mon téléphone ? Pas dans un premier temps. En effet, c’est le contact de votre paume avec les matériaux de l’écriture qui mobilise la psyché. On écrit d’abord avec le corps. L’inconscient est du côté de l’instinct, de l’intuition et donc du mouvement. De même, le papier – métaphore de la peau – constitue un prolongement de vous-même. Bien sûr, si vous souhaitez retravailler vos textes ensuite – pour en constituer un recueil, par exemple -, vous pourrez utiliser le clavier chez vous, mais seulement dans un second temps, après la séance. En outre, vous pourrez recopier vos textes dans Le journal de thérapie.
Géraldine Andrée

Je sais que, quoi que la vie me réserve, j’aurai toujours un journal pour refuge, un cahier pour présence, l’écriture pour voix, l’encre pour sang, une page sous ma paume, une plume dans ma main.
Il me suffit de sentir que la couverture s’ouvre et je rentre chez moi.
Je retrouve le couloir familier d’un poème dans lequel j’ôte les chaussures qui me blessaient les pieds.
À la majuscule du patère, j’accroche mon manteau trop lourd pour la saison, le chapeau qui me cachait la vérité, mes vêtements étriqués.
Puis, j’appelle la mère en moi : « Maman ! Je suis là ! »
Je peux m’étirer, souffler et reprendre librement mon inspiration.
Je peux être moi-même. Dansante. Écartant les bras pour toucher chaque côté de moi.
Je franchis le seuil et me voilà dans la pièce principale, celle qui m’offre son miroir dans lequel je me reconnais parfaitement en me démaquillant.
Demain, j’oserai des couleurs qui iront mieux à mes yeux.
Enfin, je revêts une fine chemise, dont la fluidité est celle du papier de soie,
et qui me laisse deviner les courbes, les lignes, les déhanchés de mon corps,
lorsque j’enjambe l’espace de chaque respiration.
Je suis devenue Écriture.
Géraldine Andrée
Vous pourriez me dire que c’est un pléonasme, un commencement étant toujours nouveau.
Mais j’ai initié, vécu, parfois subi tant de commencements dans ma vie que je peux dire que ce commencement est nouveau par rapport à tous les commencements précédents.
Il s’est passé beaucoup de choses durant cet été caniculaire de 2026.
Après de longs mois d’écriture en tant que plume pour toutes ces voix qui demandent à dire, parfois à crier – en un mot, à exister -,
la biographie Glow up ! Pour que la Vie se souvienne,
relatant deux parcours de vie bouleversés – ceux d’une mère et de sa fille – par le cancer pédiatrique, est enfin publiée.

Après huit années d’études, douze mois d’écriture de mon mémoire Du traumatisme familial à la résilience personnelle,

j’ai obtenu mon diplôme de praticienne en psychothérapie qui couronne tous mes efforts.

À tous ceux qui trouvent le temps long, qui se cherchent et qui cherchent leur chemin, je dis
Le chemin se trace au fur et à mesure que l’on avance.
Et qu’on l’écrit !
Mon site Psychothérapies – Cabinet Art-Psy à Nancy et en Lorraine – Le baume des mots est déjà configuré et il est prêt à vous accueillir pour vous prodiguer toutes les informations que vous désirez sur mon accompagnement en psychothérapies.
Grâce à mon expérience de biographe, d’écrivaine et d’écritothérapeute, je guide chacun sur le chemin de ses propres mots.
Sa destination ? Le pays de son inconscient dans lequel il pourra trouver la source de sa transformation et de son Moi profond.
et l’interaction entre ce site d’écriture et mon site de praticienne en psychothérapie.
Bien sûr, il me reste beaucoup à faire, mais l’intérêt du voyage ne réside-t-il pas d’abord dans le chemin ?
Et l’écriture est depuis longtemps pour moi ce voyage !
Tu sais, cher Journal, je veux te dire aujourd’hui, un souvenir d’enfance.
Quand je ferme les yeux, je sens que je suis habitée par du blanc.
Et je sais d’où il vient :
du cahier neuf de la rentrée.
Tu ne t’en souviens pas, cher Journal, parce que tu n’étais pas encore né.
C’est pourquoi je veux te dire :
la couverture de plastique de couleur qui miroite sous mes doigts,
les pages lignées bien lisses, toutes douces,
pour me montrer patiemment le chemin ;
et l’odeur du papier quand rien n’est encore écrit,
une senteur d’imprimerie sans les mots.
Je veux te dire ce cahier
sans les taches,
sans les annotations en rouge,
sans les notes médiocres,
sans les ratures,
sans les pliures.
Un cahier vierge
de toute culpabilité.
Un cahier à l’intérieur duquel
un buvard aura été glissé,
comme une couverture,
pour protéger sa reliure
des coulures
de la première écriture.
Le buvard pourra pelucher,
s’effriter,
tomber en lambeaux
dans ma paume.
C’est le prix du sacrifice
pour que le cahier de la rentrée
reste
celui de tous les possibles
dans la lumière blafarde
de novembre.
Un cahier à garder bien tenu
jusqu’aux premières neiges
au moins
et, si je suis optimiste,
jusqu’à la ligne ultime,
en juin.
Un cahier qui, une fois fini,
une fois la dernière
page tournée,
renaîtra en un autre cahier,
sans doute plus épais
et plus large,
à la rentrée suivante,
car j’aurai bien avancé,
malgré les embûches,
dans mes études.
C’est la mémoire
de tous les cahiers de septembre
dont je n’ai plus gardé trace
– ayant dépassé depuis bien longtemps l’enfance –
et que je veux te léguer
aujourd’hui
en deux-mille-vingt-six,
cher Journal.
Géraldine Andrée
Pour vivre,
il me faut continuer à écrire,
c’est-à-dire avancer avec foi
dans la blancheur de l’espace.
Pourquoi ?
Parce que l’écriture irrigue la veine
de mon inspiration
de son mouvement
de sève bleue
qui monte
jusqu’à mes yeux.
Parce que l’écriture est
sanguine.
Géraldine Andrée
Ce site prend une pause pendant tout l’été.
Au programme, cet été,
Le repos,
Le journaling secret,
La pratique personnelle de l’art-thérapie rien-que-pour-moi,
La lecture des livres qui attendent sur mes étagères,
La mise en place de mon nouveau projet professionnel.
Je vous dis donc
À la rentrée, dans l’or des feuilles de septembre !
Passez de belles vacances.
Géraldine Andrée
Il est des voix qui demandent à être écoutées, entendues, vues, comprises.
Des voix qui cherchent une plume pour voler au-dessus du monde.
Je suis une plume pour ces voix.
Je suis une plume pour votre voix.
Mais, afin que vous sachiez comment j’écris pour vous,
je vais vous présenter qui je suis.
J’ai coutume de dire que j’écris depuis l’enfance.
Et je considère l’enfance autant comme une période de vie que comme un pays. Très jeune, j’ai tenu des carnets de poèmes auxquels je mêlais dessins et images.
La poésie m’a toujours habitée. Et j’ai toujours habité la poésie. Mon intuition et ma sensibilité m’ont permis de pénétrer au cœur des choses, des plantes, des animaux ; de saisir le sens du vivant ; de donner des voix aux fleurs, aux arbres, aux chemins. C’est ainsi que j’ai obtenu, à l’âge de treize ans, le troisième prix du Pont des Arts de la ville de Longwy pour mon conte Le Bateau abandonné.
Je peux affirmer aujourd’hui que l’écriture a été un membre de ma famille.
Dès mon adolescence, j’écrivais des lettres pour des proches, des amis. Je composais des récits dans lesquels je les mettais chacun en scène. Je faisais même les rédactions de mes camarades.
Pendant les repas du dimanche, je lisais mes poèmes au dessert.
L’écriture fut le fil qui a réuni tous les membres d’une famille où l’on ne se parlait guère.
Mon cheminement de biographe a commencé par l’écriture poétique de ma propre vie.
J’ai autopublié un roman à dominante autobiographique Le Grand Retour (dont le thème est un amour toxique de jeunesse) et j’ai obtenu, parallèlement à cette publication, le Premier Prix de Poésie libre du CEPAL pour mon poème La Petite chambre du sud.
Puis, le temps passant, j’ai ressenti que chaque expérience vécue de manière intime, secrète, avait une résonance collective, que, pour reprendre l’expression du poète Arthur Rimbaud,
« Je est un Autre. »
C’est ainsi que, tout naturellement, j’ai commencé à écrire des biographies pour autrui, des livres de vie, que j’appelle des livres vivants.
Mes épreuves, la différente palette des émotions que j’ai éprouvées me permettent aujourd’hui de capter ce que mon prochain ressent, et donc de dire l’indicible, tout en retraçant son existence que je mets en lumière.
L’écriture biographique est, pour moi, un acte de transmission pure.
J’aime mettre en exergue les petites anecdotes, les détails, les motifs du quotidien qui créent une atmosphère. J’aime condenser le souvenir en quelques mots, l’encrer/l’ancrer dans une sensation vibrante. Sons, odeurs, couleurs, textures s’entremêlent dans un livre de vie pour composer une véritable fresque quand il s’agit, par exemple, d’écrire une biographie familiale.
Mes études de psychothérapeute m’ont ensuite amenée à cibler une dimension plus spécifique de l’écriture biographique : la dimension thérapeutique.
En effet, j’ai pu expérimenter combien le fil des mots permet de réparer la vie de la voix qui raconte et, par conséquent, toutes les vies qui gravitent autour de cette voix.
En écrivant pour autrui, je suis accoucheuse d’âme, c’est-à-dire que j’aide l’autre à accoucher de son âme dans un livre qui lui ressemble, qui porte sa signature énergétique. J’ai ainsi été sollicitée pour écrire des biographies spirituelles, ésotériques, dans lesquelles l’on touche la frontière du mystère qui sépare cette vie-ci de la vie dans l’au-delà. Pour cette raison, je dirais que je suis spécialiste de l’écriture de livres de deuil qui amorce nécessairement un processus de renaissance. Et je continue d’approfondir la mission de biographe qui se mêle à celle de doula (personne accompagnatrice dans les grands changements de vie qui impliquent le renoncement et le renouveau dans cette métamorphose de l’être).
Enfin, je pense qu’un livre de vie raconte non seulement le passé – incitant ainsi le narrateur à le solder, voire à s’en libérer – mais il l’invite également à écrire l’avenir.
Or, il est indispensable, pour créer cet avenir, de le comprendre. Une séance d’entretien biographique peut être l’occasion de mettre à jour certaines mémoires familiales par une analyse transgénérationnelle, afin de les déposer dans les pages et d’inventer ensuite sa propre histoire future, celle que l’on se choisit, et non plus celle que l’on subit parce qu’elle a été inconsciemment écrite par des aïeux qui, eux-mêmes, ignoraient le scénario qu’ils jouaient à leur insu.
Aujourd’hui, je continue à écrire des vies, des vies de proches et les vies de tous ceux qui viennent à moi.
La parution de la biographie de ma mère, Le Regard de ma mère, récemment publiée aux éditions Advixo, alimente également les biographies de terroir lorrain que j’initie pour tous ceux qui veulent mettre en voix cette mémoire à la fois individuelle et collective, personnelle et sociale, dont les circonstances, les coïncidences et les synchronicités les ont précieusement rendus dépositaires.
Géraldine Andrée Muller
Ce qui me lie à l’écriture ?
Le flot.
Quand j’écris,
je suis rivière.
Je me laisse traverser
par les mots
autant qu’ils me traversent.
Et je laisse
sur mon passage
entre les bords
du papier
les méandres
de toutes
ces lettres
reliées.
Géraldine Andrée
Écris lentement
Reprends ton souffle sur la page
Vois l’encre
ce bleu miroitant dans le matin
Écris lentement
pour bien te donner le temps
d’entendre ta plume crépiter
comme une brindille
sur le chemin velouté
qu’emprunte le poème
Écris lentement
À chaque instant
son trait tiré
mais aussi sa boucle
dans un mot
qui recommence
Écris lentement
Vis doucement
GÉRALDINE ANDRÉE
Pour une écoute méditative de ce poème, c’est ici :
Écrire votre biographie est un acte de transmission.
Transmission d’un patrimoine matériel, déjà.
En effet, votre livre de vie et sa diffusion font partie de la dévolution successorale. À ce titre, l’ouvrage et ses droits peuvent figurer dans un testament ou être reçus par vos héritiers.
Et aussi transmission d’un patrimoine immatériel.
Vous confiez à vos descendants tout ce que vous avez vécu : vos peines comme vos joies, vos espoirs comme vos déceptions, vos attentes comme vos accomplissements.
Ainsi, votre biographie est un témoignage à triple titre :
Une biographie transmet qui vous êtes.
Dans le livre de votre vie, vous transmettez les valeurs chères à votre cœur et à votre esprit (l’amour familial, l’engagement social, la fidélité…) ou un savoir-faire ancestral qui est passé par vous (l’art de cuisiner, de jardiner, de coudre, de réparer ou de construire des meubles…) Il en est ainsi des biographies qui relatent un parcours artisanal et entrepreneurial.
Et surtout, vous transmettez ce qui est, à mes yeux, un cadeau que vos proches garderont à vie : votre regard sur la vie et un savoir-être (en plus d‘un savoir-faire).
Voilà, par exemple, comment vous étiez quand vous cousiez ou inspectiez chaque plante de votre jardin. Heureux. Ce bonheur, il s’inscrit déjà dans les gènes de tous les lecteurs que sont les membres de votre famille.
Mais, m’objecterez-vous, nulle vie n’est parfaite.
« Il est des parcours de vie difficiles. Et des modèles à ne surtout pas imiter. D’ailleurs, je ne suis pas fier moi-même de certaines de mes réactions, de ce que j’ai pu dire ou faire. Il est aussi des loyautés familiales dont il vaut mieux s’extirper, des patterns toxiques qui ont dominé toutes les branches de l’arbre familial. Que faire de cela dans un livre ? Peut-on dire les douleurs claniques, les secrets, les tabous, les hontes transgénérationnelles ? »
Je vous répondrais que c’est peut-être l’objectif le plus important d’un projet biographique : transmettre un souci de vérité d’une part, et dire aux descendants ce qui a hanté leurs aïeux, formuler l’indicible (d’un adultère, d’une bâtardise, d’une « mort inacceptable, inconcevable » pour reprendre l’expression d’Anne-Ancelin Schützenberger dans son ouvrage Aïe, mes Aïeux !) d’autre part.
Comme le déclare Carl-Gustav Jung,
« ce qui n’est pas parvenu à la conscience revient sous forme de déterminisme ».
En écrivant le livre de votre vie, vous transmettez à ceux qui vous succèdent dans l’existence un présent inestimable :
votre prise de conscience, ce qui permet de rompre immédiatement par les mots, au niveau de votre lignée, la chaîne des aliénations familiales. Vous empêchez la fatalité de frapper encore une fois. Vous ouvrez des cadenas en libérant la parole. Vous tendez à vos enfants et petits-enfants la clé de la délivrance :
« Mais oui, c’est vrai qu’il y a eu ça dans notre famille ! Cette culpabilité autour de la mort de Claire que l’on a attribuée au fait que sa grand-mère l’a fait sortir aux premiers jours du printemps sans bonnet. Or, on sait aujourd’hui qu’il n’y avait pas de lien de cause à effet. Empêcher un enfant de vivre n’est pas l’empêcher de mourir. Bien au contraire. Empêcher un enfant de vivre, c’est le tuer psychologiquement et, à terme, le rendre malade. On ne sauve pas un enfant de la mort en le mettant sous cloche. »
Vous montrez ainsi les schémas dont il faut se défaire, les comportements transmis de génération en génération et qu’il convient de ne plus imiter pour perpétuer la vie de l’arbre familial. Vous contribuez à en faire pousser les fruits de branche en branche – des fruits sains, sans ver susceptible d’en ronger le noyau.
Car c’est cela aussi, la transmission d’une biographie :
permettre aux descendants d’hériter du meilleur de leurs ancêtres, tout en se libérant de certaines maladies provoquées par le mal-à-dire transgénérationnel qui rendrait, à terme, l’arbre stérile.
Une biographie est cathartique. Elle libère la famille de ses névroses pour que chaque membre puisse vivre sa propre vie.
Tel est l’enjeu d’une écriture biographique : transmettre la vie dont vous êtes le messager.
Et je serai, à ce titre, votre accompagnatrice sur ce chemin intérieur.
Géraldine Andrée