Autrefois
n’est pas mort
avec ta mort
Il demeure
encore
dans la chambre
de ma mémoire
ta lampe
allumée
le temps
que tu finisses
ton journal
Géraldine Andrée
Autrefois
n’est pas mort
avec ta mort
Il demeure
encore
dans la chambre
de ma mémoire
ta lampe
allumée
le temps
que tu finisses
ton journal
Géraldine Andrée
Cette phrase de mon père
qui me revient
soudain
comme s’il était là
près de moi
ancienne enfant
qui ai si faim
aujourd’hui
de vie
de bonheur
à faire grandir
Tu vas avoir !
Géraldine Andrée
Je ne savais pas
dans toutes
ces cartouches
d’encre
que j’ai achetées
l’an dernier
qu’il y aurait
tant de gouttes
pour des mots
qui te seraient destinés
Géraldine Andrée
Tu m’as demandé des crayons de couleur pour peindre le vaste océan.
Tu veux recréer le tableau de la plage de ta jeunesse, ce souvenir que tu as toujours rêvé de retrouver.
Tu veux faire renaître les bleus mêlés au soleil, l’ocre du sable mouillé et par quelques fines touches de glacis, les éclaboussures de la vague sur les chevilles.
Je t’ai acheté les crayons de couleur. Mais ils sont inutilisables car tu ne peux plus colorier. Ta main tremble, désorientée. La vague de la maladie t’a rattrapée.
Tu as trop tardé pour raviver le pays de tes vacances qui demeure intact dans ta mémoire morcelée.
J’aime croire que tu reviendras dans une autre vie pour peindre ce tableau. Tu es même pressée. Tu dis
« Je voudrais mettre au monde de grandes choses. »
Tu écoutes le murmure de l’océan en toi et tu veux y répondre. Tu as des projets.
Je crois qu’il n’est jamais trop tard pour Demain en ce monde.
Aujourd’hui, je t’ai acheté un tableau qui représente l’Atlantique. Ce sera ta fenêtre ouverte.
Et je vous le dis, à vous qui vous aventurez par hasard ou choix ici :
Ne remettez pas à plus tard vos désirs. Prenez vos crayons de couleur et créez tout de suite le tableau de vos rêves.
Soyez le regard et l’océan.
Soyez la force qui fait que votre rêve devienne vérité.
Géraldine Andrée
Tenir un journal de ton absence
et m’apercevoir
au fil des mots qui me mènent
vers tes gestes tes paroles notre histoire
que tu es toujours présent
Géraldine Andrée
Peut-être
que tu t’apprêtes
à revenir
en passant par l’étape
du bourgeon
puis de la fleur
mais peut-être
que tu renaîtras
des myriades de fois
c’est-à-dire
à chaque pulsation
de mon coeur
et que tu seras
ce souffle
qui fait
que je respire
Géraldine Andrée
Je sais un train
qui trace une route
pour la lumière
qui précède d’un instant
le souffle du temps
qui clignote comme une étoile
accrochée à la brise
Ce train n’annonce aucune destination
seulement le souffle prochain
Il ne s’arrête pas
mais s’enivre de son passage
Ce train ne va vers aucun pays
car il me mène à un asile primordial
ton nom
Géraldine Andrée
Je crois
Que j’écris
Pour suivre
La trace
De ton pas
Invisible
Dans ma vie
Géraldine Andrée
Ton absence
est un ciel
que je constelle
de poèmes
Géraldine Andrée
Ton train
s’est peut-être
arrêté
à une gare
dont j’ignore
le nom
et qui n’appartient
sûrement pas
à cette terre
mais qui annonce
de son timbre clair
ta destination
au soleil
d’une matinée légère
Géraldine Andrée