Publié dans Berthe mon amie, C'est la Vie !, C'est ma vie !, Ce chemin de Toi à Moi, Mon aïeule, mon amie, Poésie

Comment se fait-il ?

 

Comment se fait-il
que les fleurs soient rendues à leurs senteurs,
que le chemin qui mène à la ferme s’élance dans le soleil de la mémoire,
que le souffle des animaux rythme à nouveau les jours,
que l’eau remonte si claire de la sèche nuit du puits,
que le feu visage de Louise se rallume dans le miroir
et que toutes les gerbes recueillies dans les paniers d’osier noirci
enflamment de leurs brindilles le vent de ce soir ?

Comment se fait-il
que les sandales des enfants de jadis sonnent sur l’escalier,
que le rideau de perles dispersées depuis longtemps tinte au moindre passage,
que se rassemblent dans la cour les voix que l’on croyait à jamais évanouies,
que des éclats de rire traversent tous ces yeux qu’un doigt ferma, tels des météores envoyés dans le ciel d’août,
que la croûte du pain craque à fleur de mie
et que la robe du vin brille
comme si l’on venait à peine d’être servis ?

Comment est-ce possible
que la vie m’arrive,
mon Dieu,
de la mort ?

Et c’est à partir
de ce mot
que tu me donnes
en silence
cette phrase
à écrire :
Parce que ta plume
est le prolongement
de ma main,
le mouvement
de mon esprit,
la trace laissée
sur la page d’aujourd’hui
par mon pas enfui.

Géraldine Andrée

Tous droits réservés@2017

Publié dans Ce chemin de Toi à Moi

Ma promenade avec toi

J’aimais me promener avec toi.

Comme tu allais doucement avec ta canne, nous avions le temps

d’écouter les oiseaux s’appeler et se répondre de bleu en bleu dans le soir,

de voir arriver le murmure du vent sur nos visages,

d’entendre craquer les grains du sentier,

de sentir voguer les parfums portés par les feux follets des feuillages

Ce qui restait du jour était à nous.

Les conversations se faisaient plus lentes, plus profondes.

On descendait avec confiance dans un mot comme dans le silence de la terre

pour en remonter une lueur, une flamme.

Alors toute la phrase s’éclairait soudain, illuminant par miracle, par magie divine,

des moments de nos existences où nous avions vainement cherché un signe.

Et même si, très souvent, nous n’avions pas de solution à un problème,

ensemble nous le comprenions, nous cheminions à travers lui plus sereinement

et n’était-ce pas là, l’Essentiel ?

J’aimais me promener avec toi,

aller au rythme de ta canne qui martelait tes pas

et quand il était l’heure de rentrer à la maison puis de fermer la porte de nos chambres secrètes pour la nuit,

il semblait à chacune

qu’elle s’était promenée dans l’âme de l’autre.

Géraldine Andrée

Tous droits réservés

Copyright 2017