Publié dans C'est la Vie !, Ce chemin de Toi à Moi, Mon aïeule, mon amie

Le violon d’André

Tu aimais
La musique
Née
Du violon
D’André
Dans la lumière
Des jours
Juste
Avant la guerre

Tu aurais aimé
Te joindre
A l’archet
D’André
Qui faisait
Vibrer
Des cordes
De lumière

A l’heure
Où André
Et toi
Vous êtes feus
Je crois
Que vous jouez
A ma fenêtre
La symphonie
De la lumière
Dans la paix
De l’aube

Tous deux
A jamais
Accordés

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Ce chemin de Toi à Moi, Mon aïeule, mon amie

Dédicace

Le soleil

du jeune

printemps

éclaire

la chaise

où jadis

tu étais assise

pour écrire.

 

A Toi

qui as traversé

le temps

et qui demeures

maintenant

tout en haut

du silence

bleu,

 

je veux

dédier

ce poème

des jours

qui élargissent

leur page

d’or

à l’endroit

 

de ton absence.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, C'est ma vie !, Je pour Tous, Non classé

Le voilà,

Le voilà,

ce journal de la Lumière,
ce cahier des jour clairs
tout enveloppé
dans sa couverture douce,

et qui se prête
à merveille
au geste
de la découverte,

à l’index qui le feuillette,
ce recueil
de quatre-vingt dix paysages
qui vous emmènent

vers l’infini mystère,
au-delà de l’échancrure
bleue des pins,
à l’embouchure

du souffle
de la mer.
A cette heure,
la grâce

d’une lumière neuve
touche
les bords de ses pages
comme un rivage.

Je souhaite
qu’il s’ouvre
chaque jour
comme une fenêtre

sur le matin
méditerranéen
qui se lève
dès qu’on le rêve.

Géraldine Andrée

Publié dans Ce chemin de Toi à Moi

Joues roses sur ciel bleu

C’est un ciel bleu de crépuscule aux nuages roses.

Il ressemble, ce ciel bleu d’aujourd’hui, aux ciels de mon enfance :

celui que je voyais de la terrasse de ta maison à Metz quand les notes des oiseaux perlaient dans le silence du jardin ;

celui qui s’étendait au-delà de la colline où chantait l’angélus que tu as tant célébré dans tes cahiers ;

celui qui entrait par la fenêtre ouverte, les fins de dimanche de mars où il fallait se quitter dans un dernier baiser ;

le ciel de ton vaste miroir sur lequel apparaissait ton visage et que le voile noir de la cécité t’empêchait de voir, les ultimes années.

Il paraît que le soir précédant ton départ, tes joues se sont rallumées et qu’elles ont pris la teinte joyeuse des roses sauvages.

Le soir suivant, elles étaient feues.

J’aime croire, en ce premier soir de printemps, que ces nuages roses sont tes joues qui s’éclairent pour moi, pour que j’entretienne ma foi en la Vie et que j’élargisse ainsi mon espace, comme les ciels bleus de jadis que je contemplais de chez toi.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !

Mon cahier bleu

J’avais pendant mon adolescence un cahier bleu que je retrouvais à chaque période de vacances.

C’était un cahier surligné de la marque Majuscules au papier épais et brillant.

Dans ce cahier secret, je me sentais en sécurité. Je le considérais comme un refuge, un espace de non jugement.

A la différence des autres cahiers intimes – mal tenus car j’y écrivais mes propres poèmes, et jamais satisfaite de mon oeuvre, je gribouillais, raturais, griffonnais, rayais, réécrivais en dessous des vilaines rayures et des flèches hésitantes… -,

ce cahier était propre, constellé de lettres fines et sûres.

Forcément. J’y recopiais des paroles de chansons de Charles Trenet, Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel à partir des Collections Seghers consacrées aux chanteurs dits « à textes ».

Là, je ne me tourmentais pas avec le choix des mots ou le rythme des phrases.

Le texte coulait de source. Je me laissais porter, au fil de l’encre, par le frottement de la  plume sur les pages.

Je savourais les vers pour eux-mêmes. Je m’y abandonnais comme sur une balançoire. Je buvais à la source de la poésie initiale destinée au chant depuis le début de l’humanité.

Je recevais l’essentiel.

Quand j’écrivais dans ce cahier bleu, je me sentais singulièrement douée pour le bonheur.

La paix m’était enfin accordée.

J’ignore où cette petite anthologie d’adolescente demeure. Je crois qu’elle s’est perdue au fil des années. Peut-être a-t-elle été jetée au cours du Grand Déménagement.

Il m’arrive d’éprouver une profonde nostalgie pour ce cahier.

Mais lorsque j’ai l’occasion d’écouter les paroles des chansons de Charles Trenet, Jean Ferrat, Georges Brassens, Léo Ferré, Jacques Brel,

je sais que j’ai eu l’inestimable chance de suivre avec ma plume

pendant mon adolescence

leurs paroles à la trace.

Aujourd’hui, je rends grâce par ce petit texte sur mon blog peu lu

à mon Cahier Bleu Majuscule

Géraldine Andrée

Publié dans Ce chemin de Toi à Moi

Ma promenade avec toi

J’aimais me promener avec toi.

Comme tu allais doucement avec ta canne, nous avions le temps

d’écouter les oiseaux s’appeler et se répondre de bleu en bleu dans le soir,

de voir arriver le murmure du vent sur nos visages,

d’entendre craquer les grains du sentier,

de sentir voguer les parfums portés par les feux follets des feuillages

Ce qui restait du jour était à nous.

Les conversations se faisaient plus lentes, plus profondes.

On descendait avec confiance dans un mot comme dans le silence de la terre

pour en remonter une lueur, une flamme.

Alors toute la phrase s’éclairait soudain, illuminant par miracle, par magie divine,

des moments de nos existences où nous avions vainement cherché un signe.

Et même si, très souvent, nous n’avions pas de solution à un problème,

ensemble nous le comprenions, nous cheminions à travers lui plus sereinement

et n’était-ce pas là, l’Essentiel ?

J’aimais me promener avec toi,

aller au rythme de ta canne qui martelait tes pas

et quand il était l’heure de rentrer à la maison puis de fermer la porte de nos chambres secrètes pour la nuit,

il semblait à chacune

qu’elle s’était promenée dans l’âme de l’autre.

Géraldine Andrée

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Publié dans C'est ma vie !

Quelle abondance !

Quelle abondance, tout ce temps disponible pour écrire !
Quel luxe, tous ces grains de page et toutes ces gouttes de couleur marine !
Quel voyage, les méandres de ces phrases !
Quelle liberté, cette blancheur qui me fait signe que le jour commence !
Quelle chance, tous ces dimanches destinés à un poème !
Quel avenir, cette simple présence face à mon souffle qui relie tous les silences !
Quelle vie que la mienne qui se déroule, mot après mot !

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !

Sept belles choses aujourd’hui

Sept belles choses aujourd’hui

Le rayon de soleil sur ma table de travail
Le parfum de Marie dans la pièce
La description de la Tunisie par Colette Fellous
La voix douce, presque sensuelle de Roland Barthes
La première page
Un poème et puis un autre, deux perles qui glissent sur le fil de ton Souffle
Le bleu de la mer rencontré pendant la sieste

Géraldine Andrée