Publié dans Le corps de l'écriture, Psychogénéalogie

Vivre la féminité : un voyage intérieur

Écrire sur le Féminin en soi : Pour rendre hommage à toutes celles qui m’ont précédée et à toutes celles qui me suivront

Je veux écrire ce que cela fait d’être une femme dans la vie, d’avoir une vie de femme,

c’est-à-dire

  • d’avoir un corps de femme, des cycles, du sang, la poitrine qui se rappelle à soi quand on court dans les champs ou pour attraper le bus ;
  • d’endurer les efforts dans les épaules, les reins en portant une bassine pleine de draps mouillés sur son ventre habité ;
  • de choisir la robe à bretelles, le matin, pour sentir le satin du vent autour de soi, en s’imaginant que c’est la main d’un amant ;
  • d’espérer en un probable enfant, y voir dans le blanc une promesse puis être ramenée sur le chemin du sang ;
  • de laisser aller l’embryon bleu sur la rivière parce que « c’est ainsi que tu feras ton deuil, ma fille » ;
  • de s’offrir entière à lui, d’attendre en vain son appel et se voir flouée de la part la plus précieuse de soi-même ;
  • de faire attention à sa ligne tout en mangeant du gâteau au chocolat, car on ne peut pas résister et, d’ailleurs, on se promet de faire régime demain ;
  • de se maquiller longuement, non pour se plaire, mais pour plaire à celui qui nous regardera peut-être ;
  • de faire claquer ses talons-aiguilles ; en effet, c’est ainsi que « tu montres que tu t’affirmes » et, tant pis si ces chaussures sont une torture ;
  • de décider de changer de vie en changeant de coiffure, ensuite se regarder dans le miroir en se demandant : « Est-ce bien moi ? »
  • de frotter ses jambes l’une contre l’autre sur le trottoir, en robe de soirée courte ;
  • de se demander « Qu’est-ce que je fais là ? » après une étreinte éphémère et être certaine de devenir une étrangère dans sa propre vie si l’on ne fait pas de meilleurs choix ;
  • de fuir de chez soi parce qu’il y est, qu’il ne s’en ira pas. Alors, se réfugier dans une chambre d’hôtel au bord de la mer en hiver ;
  • de découvrir le pouvoir du mot Liberté, même s’il fait mal et qu’il implique des sacrifices ;
  • d’être heureuse d’ouvrir son compte en banque personnel après des années de mariage et de comptes communs ;
  • de mettre sous plastique sa robe de mariée avec ce sourire : « Je ne suis plus Elle. Maintenant, je suis Moi. » ;
  • de se renvoyer ce sourire dans le miroir et se trouver belle « finalement » ;
  • de lire, d’étudier, de se former ; de créer, d’écrire dans « une chambre à soi » ; d’être fière d’avoir inventé son propre modèle sans le montrer à sa mère ;
  • de signer avec son nom ses œuvres ; de les exposer, sans crainte d’être jugée, car on se connaît mieux que les autres et on sait intimement ce que l’on a voulu dire ;
  • d’être toute sa vie en gestation de Soi, en accord avec les cycles de l’Univers.

On est le rythme.

On est l’harmonie.

On est le temps parfait.

Géraldine

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Photo by Nicole Geri on Unsplash

Publié dans Dialogue avec ma page, Histoire d'écriture

Ces raisons qui font qu’elle écrit

Je ne sais pas pourquoi j’écris.
Je devrais plutôt me demander pour quoi j’écris.

J’écris pour les retrouvailles
avec la lueur de la brindille,
à la fin de l’été…

– Tu écris donc pour si peu et si petit ?

Ricane Niege, la part dénigrante de moi-même.

Aussitôt, Inge, la part rassurante, qui prend systématiquement ma défense, rétorque :

– Je crois que G. écrit pour faire de sa vie un chemin de papier, et du papier un chemin de vie.
G. écrit comme elle prend un sentier – pour le simple plaisir de cheminer.
G. écrit parce qu’elle croit qu’elle n’existe pas dans cette vie et parce qu’elle se dit qu’au moins, ses poèmes existeront à sa place et que si cela se trouve, bien après qu’elle aura quitté ce monde où elle aura été si effacée, elle vivra à travers les mots pour quelqu’un, un inconnu qui sera son prochain sans qu’elle l’ait jamais rencontré.
G. écrit pour autoriser tous ces passages invisibles sur sa page, pour inviter tous ces regards auxquels elle s’adresse et dans lesquels elle ne pourra jamais lire d’approbation – car c’est ainsi, on ne croise pas toujours les hommes qui sont censés nous comprendre.
G. écrit pour poser une lampe à la fenêtre des poèmes. Que ceux-ci éclairent, chacun avec leur lumière, une portion de la rue obscure où le solitaire s’aventure.

Ces raisons te semblent, certes, dérisoires mais sache, Niege, que les mots, tels de petits cailloux, marquent la destination à retrouver quand l’âme s’est perdue bien loin.
C’est pour ces minuscules cailloux que G. écrit.
Ni plus, ni moins.

Géraldine

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Ce chemin de Toi à Moi, Dialogue avec ma page, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Je pour Tous, L'espace de l'écriture, Le temps de l'écriture

L’écriture ou la foi en sa solitude