Visualise en fermant les yeux ce que tu veux écrire
– le jardin de ton enfance, une ancienne chambre, une mèche des cheveux de ta nièce…
Choisis une sensation, celle qui s’impose le plus à ta mémoire – un parfum d’herbe coupée, la couleur orange de tes rideaux, la texture de la fine et délicate mèche entre tes doigts…
Transporte cette sensation jusqu’à ton cahier et dépose-la avec ta plume.
Écris sur ce souvenir sans t’arrêter. Ne te soucie ni de la syntaxe, ni de l’orthographe. Ne te préoccupe pas de la ponctuation. Si elle disparaît, c’est qu’il doit en être ainsi, que ton écriture est destinée à devenir souffle ininterrompu.
Laisse-toi bercer par le rythme qui actualise cette sensation ancienne, la ravive et la prolonge dans le présent. Lâche prise sur toute forme d’attente esthétique ou littéraire. On ne détourne pas le flot d’une rivière. Peu importe où ce flux te mène. Éprouve le temps qui glisse sous ta plume, mot après mot. Chaque lettre est une seconde. Écris selon la durée que tu désires… Dix minutes, vingt minutes, une demi-heure, une heure… Seul compte le mouvement de ta main, barque sur la page…
Quand le temps s’est écoulé, ferme le cahier puis consacre-toi à autre chose. Vis.
Laisse passer trois jours.
Ouvre alors le cahier sur la page de ton souvenir.
Relis-la en soulignant les phrases qui te marquent, t’interpellent, te touchent, t’interrogent ou te répondent :
« Tiens ! C’est intéressant ! Je ne me pensais pas capable d’avoir écrit ça ! Ainsi, je cachais tout cela en moi !«
Médite sur ces phrases et écris un ou plusieurs poèmes sur ce que tu as ressenti en les relisant.
« La mèche de cheveux
de ma nièce en allée
me rappelle
dans le soleil
d’une strophe
que je dois bien tenir
le fil de ma vie.«
Recopie ensuite sur un cahier de bonne tenue les phrases que tu as sélectionnées avec, à côté, les poèmes, fragments, autres textes qu’elles t’ont inspirés et que tu as rédigés à leur relecture.
Écris à partir de ce que tu as écrit. À l’infini. Car c’est ainsi que va la vie d’un écrivain. Fais de chaque page achevée une nouvelle embouchure pour continuer la traversée plus loin, toujours plus loin, au large de Toi.
Géraldine Andrée
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