Publié dans Cahier du matin, Créavie, Grapho-thérapie

Page blanche

Page blanche

Pause

Retourner ses paumes

puis fermer les yeux

Ne penser à rien

même pas au mot prochain

ce futur oiseau

dont chaque note

se destine

à une goutte d’encre

précise

Demeurer dans l’espace

où ne s’énoncent

nulle vérité

nulle formule

et où le regard

renonce

à tout signe

Avant de prendre

la plume

être le ciel

de son silence

sa propre

page blanche

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

J’écris

J’écris
tout ce qui doit
être nommé
chaque peine
comme
chaque joie
J’écris
pour recréer
ce qui demande
à exister
y compris
les soupirs
de regret
voués
à l’oubli
J’écris
ce en quoi
il est encore
impossible
de croire
la victoire
d’une aurore
invisible

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Poésie

Haïku

Quand j’écris
la rive s’efface
dans l’océan

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

Sans titre

J’écris pour retracer

le battement

de mon coeur d’enfant

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Journal créatif

Je tiens un journal intime

Je me souviens quand, toute jeune fille, j’ai déclaré à mon professeur de français devant la classe :

– Je tiens un journal intime !

C’était comme si j’avais dit que je possédais une grande maison de vacances ou que j’étais entrée dans un cercle d’amis fabuleux.

Moi qui étais si effacée, moi dont on se moquait, moi que l’on ne respectait pas, je m’étais enfin dessiné par cette courte phrase un contour. Je m’étais donné une densité, une profondeur, une vérité. Je devenais consciente de la rencontre entre l’être et le faire, entre la joie et le chemin. Je me tendais un miroir où je me reconnaissais, objectivement, sans que le regard de quiconque m’influençât.

Ainsi, j’étais présente, vivante moi aussi… Et cela, rien qu’en écrivant dans ma chambre. J’existais pour mes pages blanches. Ce cahier à la couverture fleurie était mon île, un lieu sûr dans lequel je pouvais advenir à chaque instant par ma propre présence.

Je tiens un journal intime…

Que de secrets contenait cette simple phrase ! Que d’énigmes la rendaient riche ! Que de mystères dont j’étais l’unique détentrice jouaient seulement à se laisser deviner !

Que pouvais-je bien raconter, si démodée avec mes couettes et si étriquée dans ma jupe plissée ?

Je ne le confierais jamais qu’au papier !

Je n’étais donc pas tout le temps définie par les autres… Je ne leur appartenais pas… Une part de moi, insaisissable, essentielle, leur échappait définitivement.

Quand je songe aujourd’hui à l’image de cette petite clé dorée qui a brillé sous mes yeux au moment où j’ai prononcé cette phrase, je me dis que j’avais compris à mon jeune âge l’importance de l’indépendance.

Je tiens toujours un journal intime

car je suis celle qui me comprend le mieux.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Sur cette feuille

Sur cette feuille,
deux points
font un pont.
Un peu d’encre
suffit
pour qu’une rivière
coule,
emportée
par son souffle.
Quelques mots
disent
l’essentiel,
la profondeur.
Et quand 
votre regard
est arrivé
en bas
de la feuille,
au plus près
de l’endroit
où bat 
votre coeur,
une seule 
goutte
de silence
contient
votre présence.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Haïku

Ah le bonheur
de souligner au soleil
les mots essentiels

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal créatif

L’écriture de l’oubli

Quand j’écris, j’oublie le temps
car c’est ma plume qui passe
et qui donne à ma vie
le rythme juste.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

Lorsque tu ne sais pas

Lorsque tu ne sais pas

où tu vas,

prends

une page

blanche

et vois

comme il y a

des chemins

qui se font visibles

dès que tu passes

avec confiance,

et dont tu peux suivre

à l’infini

la trace

selon le sens

de ton désir…

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

L’odeur du papier frais

J’ai souvenance… 

L’odeur du papier frais qui m’accueille quand j’ouvre mon cahier d’adolescente que je viens à peine d’acheter

– une odeur printanière comme celle d’une robe si bien lavée et repassée qu’elle me semble être nouvelle…

Je ressens, alors, que malgré toutes mes peines répétées,

une seule goutte d’encre m’est suffisante

pour entrer dans une autre vie qui commence… 

Géraldine Andrée