Publié dans Le poème est une femme, Méditations pour un rêve, Poésie

Ce noyau en moi

Ce noyau en moi
C’est lui que je dois toucher
connaître
découvrir

cœur d’or
pépite de lumière
étoile vibrante
pétale d’astre

déposé
par un souffle
inconnu
sur cette terre

ce noyau qui existait
bien avant ma naissance
recouvert ensuite
par les peaux de l’identité

les couches de la persona
les écorces de l’éducation
et qui repartira
vers là où il est venu

roulant parmi les météorites
suivant l’accélération
de l’hélice
de l’univers

ce noyau
d’où viennent
vérités perceptions
intuitions poèmes

ce noyau
que j’ai souvent ignoré
mais qui était toujours
présent

qui est
à cet instant
où j’écris
ce noyau

me préparant
à devenir fruit
au cœur
de la vie

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Le cahier de mon âme

Elle avait arrêté d’écrire

Elle avait arrêté d’écrire. Elle avait abandonné son journal intime très loin dans l’obscurité de l’armoire. Elle l’avait chassé de sa mémoire.

Elle avait arrêté d’écrire pour ne pas perdre son temps, pour ne pas se retarder car elle avait son histoire d’amour à vivre. Alors, elle s’est précipitée dans ses sensations. Elle a connu l’ardent, le vif, les fleurs puis les larmes, le temps coupant de l’attente, la fièvre sans espoir d’apaisement, la colère aux tempes battantes, l’entaille indicible de l’âme. Elle s’est jetée à corps perdu dans le nom de l’Amour. Elle s’est abîmée dans ses émotions.

Un matin où elle s’est réveillée seule dans le silence aux mille portes closes, elle s’est acharnée à comprendre. Et elle s’est souvenue de son journal. Elle l’a délivré de la nuit, honteuse comme si elle avait trahi un ami.

Elle a fixé la page blanche qui succédait à son ancienne vie. Elle aurait voulu y voir notées les différentes étapes de sa douloureuse traversée. Elle aurait souhaité retrouver les mots du beau temps qui précède la tempête. Elle aurait beaucoup donné au passé pour pouvoir se relire avec ses connaissances du présent. Il lui paraissait si urgent de se comprendre.

Mais il était trop tard. Rien de ce qu’elle avait vécu n’était écrit. Comment pourrait-elle guérir de cet abandon ?

Alors, elle écrivit cette phrase qui résumait toute son expérience :

« Si l’on n’écrit pas pour vivre, on écrit pour revivre. »

Géraldine Andrée