Je n’ai pas de souvenir
du premier beau ciel
de mon enfance
Il a toujours été
avec ses étoiles
ses oiseaux
ses ombres
et ses lumières
Je le connaissais
bien avant mon apparition
en ce monde
car il n’y a pas de passé
dans la présence
Géraldine Andrée
Je n’ai pas de souvenir
du premier beau ciel
de mon enfance
Il a toujours été
avec ses étoiles
ses oiseaux
ses ombres
et ses lumières
Je le connaissais
bien avant mon apparition
en ce monde
car il n’y a pas de passé
dans la présence
Géraldine Andrée
Tenir un journal de ton absence
et m’apercevoir
au fil des mots qui me mènent
vers tes gestes tes paroles notre histoire
que tu es toujours présent
Géraldine Andrée
Laisser la vie
suivre
son cours
au fil de l’encre
et découvrir
que sa trace
annonce
toujours
les plus ardents
désirs
Géraldine Andrée
Peut-être
que tu t’apprêtes
à revenir
en passant par l’étape
du bourgeon
puis de la fleur
mais peut-être
que tu renaîtras
des myriades de fois
c’est-à-dire
à chaque pulsation
de mon coeur
et que tu seras
ce souffle
qui fait
que je respire
Géraldine Andrée
Je sais un train
qui trace une route
pour la lumière
qui précède d’un instant
le souffle du temps
qui clignote comme une étoile
accrochée à la brise
Ce train n’annonce aucune destination
seulement le souffle prochain
Il ne s’arrête pas
mais s’enivre de son passage
Ce train ne va vers aucun pays
car il me mène à un asile primordial
ton nom
Géraldine Andrée
Je crois
Que j’écris
Pour suivre
La trace
De ton pas
Invisible
Dans ma vie
Géraldine Andrée
Ton absence
est un ciel
que je constelle
de poèmes
Géraldine Andrée
Ton train
s’est peut-être
arrêté
à une gare
dont j’ignore
le nom
et qui n’appartient
sûrement pas
à cette terre
mais qui annonce
de son timbre clair
ta destination
au soleil
d’une matinée légère
Géraldine Andrée
Depuis que tu n’es plus,
tu n’as jamais été aussi présent en moi.
Tu demeures dans l’ombre profonde
de mes souvenirs,
de mes poèmes appris par coeur,
de mes désirs,
de mes regrets aussi.
Tu sais désormais les prénoms
de mes amis que tu n’as pas connus,
quelques fautes
que je me reproche encore
et que tu ignorais
du temps de ton vivant.
Maintenant que tu gardes le silence
pour toujours,
je t’avoue tout.
Parfois, j’entends ta voix,
tes conseils,
des expressions qui ne peuvent venir
que de toi,
mais je me garde bien
de les révéler au monde.
Qui comprendrait ?
Pour tant de gens,
tu as disparu.
Alors, je me tais.
Je te laisse m’habiter.
Depuis que tu es parti
une nuit de novembre,
chacun de nous
est devenu
le secret
de l’autre.
Géraldine Andrée
Quand j’écris un poème,
il me semble
que tout naît de moi,
les flocons
qui précèdent
la première floraison,
l’aube dont la robe
est encore
piquetée d’étoiles,
le chemin
qui annonce
le pas de l’ami,
la lampe
de la chambre
de mon enfance
qui envoie
sa lueur
à travers
les ans
au coeur
de mes mains
ouvertes
cherchant
sa chaleur,
et le murmure
de l’eau
qui court
dans les veines
de la roche
jusqu’à la terre.
Je crois
que je suis la source
de la source
quand j’écris un poème.
Géraldine Andrée