
Et te dire
Le souffle de l’encre
La respiration de toutes
ses touches
Le bleu halète
en touchant la page
Le rouge puise
dans ses profondeurs
un cri d’enfant
Le jaune geint
sur ton lit de feuilles
Le vert égrène
ses soupirs
dans la marge
que tu nous laisses
Le mauve se pose
sur ta langue
pour inspirer encore
un mot
avant de faire silence
Le brun hoquette
car il sait combien
un simple poème
te bouleverse
Le noir expire
des étoiles
puis les disperse
de son haleine
sur la terre
entière
et le blanc
le blanc se suspend
dans ta bouche ouverte
pour accueillir
le souffle d’une encre
à inventer
et que ton regard
espère
attend
depuis si longtemps
de reconnaître
Géraldine Andrée
