
Je me souviens
De cet oiseau
Qui s’était fracassé
En plein vol
Contre la fenêtre
De la véranda
De mon enfance
Et qui était retombé
La nuque raide
Sur la pierre
Avec mon cahier
J’entrouvre ses ailes
Avec mon encre
J’efface le sang
De sa gorge
Avec ma feuille
A4
Je lui redonne
Une place
Sur l’arbre
Avec ma phrase
Je fais couler
Son chant
Vers l’infini
Depuis l’embouchure
De son bec
Avec ma plume
Je lui offre
Le ciel
L’oiseau n’est pas mort
Il s’est envolé
Dans les mots
Géraldine Andrée
