Publié dans Journal de ma résilience, Poésie, Poésie-thérapie

L’Amour et la Force Douce : Réflexions sur la Poésie et l’Attachement

Publié dans Berthe mon amie, Collections de l'esprit, Journal de la Lorraine, Poésie, Poésie-thérapie

Le Corps Habité: Rêveries de l’Enfance et Souvenirs Familiaux

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Poésie-thérapie

Nourrie par la poésie

Le lait des mots dans la vie d’une écrivaine

Aux premières heures de sa vie, elle tenta de téter sa mère. Mais il n’y avait pas une seule goutte de lait sur ses lèvres.

Assoiffée d’amour, elle chercha une autre épaule maternelle sur laquelle se reposer en ce bas monde. Sa quête demeura vaine.

Elle voulut alors s’abreuver au lait des étoiles. Hélas ! Celles-ci étaient beaucoup trop lointaines !

Au cœur de sa solitude, elle découvrit les mots. Chacun était une goutte précieuse pour sa vie. Elle s’en gorgeait quand le silence remplissait sa chambre. Plus tard, elle ressentit combien les poèmes – ceux qu’elle lisait et ceux qu’elle composait elle-même – la désaltéraient.

Elle sut ainsi, de jour en jour, que son cœur était une outre pleine de ce lait universel qui la traversait, avant de s’épancher sur chaque feuillet.

Cette outre intérieure dont elle sondait la profondeur et l’inépuisable abondance, c’était la Poésie.

Un matin, elle écrivit avec contentement, au centre de la nouvelle page blanche, avec son encre habituelle, d’un bleu laiteux :

Je suis nourrie.

Assurément, elle pouvait créer des constellations et tracer des chemins lactés qui y menaient. Alors, la peur du manque et de la soif s’effaça. Le chagrin de sa prime enfance se tarit.

Elle écrivit. Elle guérit.

D’aube en aube, le lait bleu de ses poèmes la désaltérait quand il passait par sa bouche et franchissait ses lèvres.

Au soir de sa vie qu’elle avait dédiée à sa mission

Faire perler sur toutes les bouches, partout où je vais
les mots jaillis de mon cœur de lait
,

elle inscrivit sur la couverture de son ultime cahier :

J’ai nourri la Vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Poésie-thérapie

J’ai écrit des poèmes

Pendant longtemps,
j’ai écrit des poèmes
pour que l’on m’aime.
Je me souviens
comme je les lisais
d’une voix tremblante,
le dimanche,
assise
à la table familiale,
afin que chacun
se dise :
– Je sais
cet élan
qui la traverse.
Ce qu’elle ressent,
je l’éprouve,
moi aussi.
On se ressemble !
J’entends encore
le froissement
de mes pages
dans ce silence
dominical.

Mais le poème
est comme
la fleur
qui n’a rien
à montrer,
rien
à prouver,
même si on la contemple,
car elle se contente
d’être
elle-même.
Elle se dédie
au souffle
du vent
avant de se laisser
emporter.

Il en est ainsi
du poème
dont les vers,
pourtant
réunis
en bouquet,
se dispersent,
s’évanouissent
sur le chemin
du temps.
Il y a, en effet,
tant
de poèmes oubliés,
effacés
du regard
de la mémoire !

Évidemment,
il arrive
parfois
qu’on en retrouve
un
dans l’armoire,
soigneusement
replié
sur son cœur
de papier,
telle
une corolle
séchée
entre des draps…
Et l’on se surprend
à sourire
au souvenir
de l’avoir
récité,
puis on continue
à vivre…

J’ai compris,
désormais,
qu’une fois
le poème
écrit,
j’existe
sans lui ;
il existe
sans moi,
car c’est cela,
faire
de la poésie :
consentir
à me détacher
de la feuille,
puisque c’est moi,
finalement,
le pétale
furtif…

Géraldine

Publié dans Poésie-thérapie

Si je devais partir précipitamment

Si je devais partir précipitamment
en n’emportant qu’une seule chose
pour ce long voyage
d’où il me serait impossible de revenir,

je mettrais dans ma poche
mon carnet de haïkus
destiné à la récolte
de tous mes regards,

toutes mes intentions,
toutes mes émotions
sur les futurs instants
qui m’attendent.

Géraldine

Publié dans écritothérapie, Ecrire pour autrui, Le livre de vie, Poésie-thérapie, Récit de Vie

Votre vie en poésie

Écrire une biographie poétique

Quand j’étais jeune, il m’arrivait souvent d’insérer un poème dans mes récits – contes ou nouvelles. Pourquoi ? Je ne saurais dire. Comme un chat qui entre dans une chambre secrète, la poésie s’invitait doucement dans la prose. La syntaxe d’une phrase se déhanchait et si j’accueillais sa danse avec confiance, je m’apercevais qu’elle devenait Vers. Deux sons entre mots voisins s’accordaient, un rythme cheminait et une rime sonnait dans les paroles que prononçaient mes personnages. À ma grande surprise, le paragraphe initial se divisait en strophes, puis, parfois, en sonnet.

Aujourd’hui, quand j’écris pour autrui, j’accueille dans le même lâcher-prise une voix poétique qui demande à se faire entendre car je sais que c’est toujours pour une bonne raison. En effet, le poème exprime, mieux que n’importe quel genre littéraire, le mystère de l’indicible.

Aussi m’arrive-t-il de vous suggérer de mettre certains éléments de votre vie en poésie. Je vous expose ici les situations qui m’incitent à faire de telles suggestions.

  • Les poètes expriment des sentiments liés à des expériences universelles, propres à la condition humaine. Si vous me confiez une épreuve que d’autres poètes ont évoquée, je ressentirai qu’il est peut-être opportun de faire référence à certains poèmes qui vous parlent de cette épreuve : la douleur existentielle avec Charles Baudelaire dans son poème Recueillement, la traversée du deuil avec Victor Hugo dans son poème Demain, dès l’aube, la joie de la récolte avec Paul Verlaine dans son poème Green, la trahison amoureuse avec Marceline Desbordes-Valmore dans son poème Les Séparés, l’élan solaire du voyage avec Arthur Rimbaud dans son poème L’Éternité… Dans ce cas, j’insère quelques strophes dans votre biographie afin de condenser l’émotion de votre vécu.
  • Quoi de mieux qu’un haïku pour faire revenir l’éclat d’un instant, le saisir à nouveau, capter l’émerveillement d’une contemplation dont vous conservez le précieux souvenir ? Comme je l’ai déjà expliqué dans mes billets, une biographie se compose, certes, d’événements importants ; mais elle relate aussi de brefs moments suspendus. Ce sont d’ailleurs ces fragments de temps – si riches qu’ils ressemblent à de petites éternités – qui rendent les mémoires d’une vie si intéressantes. L’attention portée à la floraison du lilas au-dessus de la grille, la première confiture de prunes, le parfum de la pelouse fraîchement tondue pendant que vous rouliez à bicyclette… Le haïku vous permettra de fixer la splendeur éphémère d’une saison de votre âme. Je pourrai vous aider à composer vos propres haïkus. De même, nous pourrons convoquer ensemble Bashô Matsuo, Masaoka Shiki, Kobayashi Issa dont les haïkus sont autant de ponts qui enjambent le temps jusqu’à nous…
  • Un traumatisme fige votre parole ? Dans ce cas, il faut la rendre cri. Il nous faut écrire le blanc, c’est-à-dire faire jaillir ce cri avec le silence tout autour, comme si ce silence était un ciel transpercé par une étoile – la vôtre. J’initie alors un genre que j’ai développé dans mon recueil poétique Jusqu’au Noyau et que l’on retrouve également dans les Peach Stones de Rupi Kaur – ce que j’appelle précisément le genre du Noyau :

Incorporer dans votre biographie un Noyau de votre expérience, c’est atteindre l’essence de ce que vous souhaitez exprimer en effaçant tous les détails qui encombrent la perception claire de votre ressenti lié au traumatisme ; c’est poser sur la page votre vérité ; c’est en restituer l’émotion intacte.

Puis, nous poursuivons votre récit. L’écriture reprendra, certes, son cours traditionnel, mais quelque chose aura changé. Transcrite de manière concise sur le papier, l’expérience sera hors de vous. Tout lien, toute chaîne qui vous entravaient auront été ouverts. Votre parole étant enfin délivrée, elle permettra une écriture déliée et la biographie se poursuivra de manière plus fluide.

Comme vous le constatez, le Recours au Poème ajoute une dimension thérapeutique à l’écriture de votre vie. 2

Tout comme nous insérons des photos dans une biographie traditionnelle, nous pouvons également inclure un ou plusieurs poèmes qui seront autant de clichés verbaux, d’illustrations métaphoriques, d’images de votre vie intérieure demandant à être montrée,

parce que, ne l’oublions pas, votre vie est un voyage humain commun à nous tous, les mortels que nous sommes, dont votre biographie retracera l’émouvante épopée.

1 Géraldine ANDRÉE, Jusqu’au Noyau, Recueil de poèmes autobiographiques et autothérapeutiques – Guérir par l’écriture incisive ; Le Soupir du temps ; 2023

https://www.fnac.com/livre-numerique/a20511711/Geraldine-Andree-Jusqu-au-Noyau#FORMAT=ebook%20(ePub)

2 Recours au poème ; Poésie et Mondes poétiques

Géraldine Andrée

Publié dans Bullet journal, Poésie-thérapie

Liste de choses à écrire

  • Choses qui donnent du baume à mon âme
  • Choses qui me font sentir pleinement vivante
  • Choses qui me rendent présente à moi-même
  • Choses dont j’éprouve la présence
  • Choses qui s’écrivent sur la page de ma peau
  • Choses qui s’effacent pour que je les note
  • Choses à aimer les yeux fermés
  • Choses qui m’appellent par-delà le temps et l’espace
  • Choses si proches de mon cœur
  • Choses à saisir, ici et maintenant
  • Choses qui ne m’appartiennent plus
  • Choses qui reviennent dans mon cahier sans s’annoncer
  • Choses qui agrandissent ma foi
  • Choses qui m’expansent
  • Choses qui m’emmènent plus loin que les apparences

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie-thérapie

Je crois en la Poésie

Je crois en la Poésie
parce que personne ne croit en Elle
et que malgré tous les yeux clos
elle est ce point qui brille
comme une neuvaine
dans la nuit

Géraldine

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie, Un troublant été

Je suis une enfant de l’été

une enfant de la lumière qui danse sur les branches du noisetier

une enfant des glaces à la pêche et à la vanille

une enfant de la vague qui se faufile la maligne entre les lanières des sandales

une enfant de ce baiser partagé au bord de la fontaine tête renversée

une enfant des prunes éclatées

une enfant de cette histoire d’amour derrière les persiennes closes

une enfant du jardin que la chaleur rend muet

une enfant des roses arrosées tôt et dont la constellation de gouttes brille avant d’être éteinte par le soleil d’août

une enfant des herbes folles qui dispersent les paroles

une enfant des ombres entremêlées qui s’attardent sur le sentier bleu ajoutant à l’instant un mot d’adieu

une enfant du premier poème tapé à la machine à écrire Royale

et de sa feuille détachée du rouleau tel l’ultime pétale

C’est la rentrée

Il te faudra exister même quand les jours seront courts

garder dessiné en toi ce sourire d’aujourd’hui

pour que tous les hivers à vivre te soient infiniment doux

Géraldine