Une voix pour un pays

Le pays est détruit.
Partout, ce sont
des maisons éventrées,
des éboulis,
et, entre les pierres,
un jouet sans enfant,
un miroir sans visage.

Mais alors,
par quel miracle,
les fruits ont-ils tant de couleurs
dans les corbeilles,
les éclats de voix
constellent-ils les rues
qui se rencontrent ?

Par quelle grâce
ce rayon de soleil
se balance-t-il
sur les feuilles de la treille
et la poussière du chemin
accueille-t-elle le visiteur
dans un halo d’or ?

Par quel don d’enfance
entend-on venir
le pas de l’âne
dans l’ardeur du silence
et tinter à ses oreilles
ses clochettes qui dissipent
les ailes noires de la sieste ?

Par quelle magie
souveraine
la rose de l’aurore
et du soir
peut-elle encore éclore
sur tous ces toits
qui se touchent ?

Un tel miracle
s’accomplit,
mon amie,
car le pays
est devenu
au temps ultime
Mémoire.

Géraldine Andrée

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