Publié dans Art-thérapie, Créavie, Grapho-thérapie, Journal de ma résilience

Lettre à l’enfant intérieur

Beaucoup d’entre nous ont abandonné leur enfant intérieur.
C’est comme si, préoccupés par les exigences de la vie, ils l’avaient oublié dans un orphelinat ou un pensionnat.

Et si nous lui écrivions, par cet après-midi d’hiver, une lettre d’invitation pour de grandes vacances ou un long séjour ?
Prenons du beau papier à lettre.


Écrivons sur l’en-tête son prénom (le mien est Angello).

Cher Angello, mon enfant,

Premièrement, demandons-lui pardon de l’avoir délaissé. Expliquons-lui les raisons, très sérieuses et cependant fausses, de notre conduite envers lui. Faisons amende honorable.
Puis, annonçons-lui en majuscules de couleur que nous serions très heureux de le serrer à nouveau sur notre cœur.
Décrivons-lui sa maison, la chambre où il pourra, comme autrefois, continuer à faire des rêves.
Proposons-lui des activités insouciantes.

Que veux-tu, Angello ?
Que l’on reprenne notre collection de coquillages ?
Que l’on chausse de hautes bottes pour marcher dans les feuilles mortes ?
Que l’on donne un sobriquet à chaque nuage qui passe ?
Que l’on saute dans les flaques ?
Que l’on modèle des visages avec de la pâte tendre ?
Que l’on colle de grands posters dans ta chambre ?
Que l’on achète un large chapeau de magicien ?
Que l’on dénoue le sachet de billes sur le tapis ?
Que l’on appelle une fée si tu as la fève ?
Que l’on danse jusqu’à perdre le souffle ?
Que l’on se perde avec plaisir dans les buissons ?
Que l’on fasse une fugue au clair de lune ?
Que l’on contemple jusqu’à minuit la voûte céleste ?
Que l’on écrive un message ensemble sur la buée de la fenêtre ?


Adressons-lui une liste de propositions qui lui semblera infinie.
Traçons sur notre lettre un long chemin de découvertes.

Nous verrons peut-être se raviver dans le reflet de l’encre des cauchemars que nous avons refoulés. Dans ce cas, promettons à l’enfant d’être là, et de l’aider au matin à dessiner ce terrible dragon pour que ce dernier sorte de lui et qu’ainsi, à jamais figé sur le papier, il ne l’embête plus.

Je t’ai acheté, Angello, une myriade de confettis, des guirlandes, du papier doré qui bruit.
Toutes les choses agréables de jadis t’attendent
car après toute cette vie, tu n’as pas grandi.


Enfin, signons la lettre de notre nom de père ou de mère.
Notons notre adresse sur l’enveloppe
puisque c’est à cette adresse que se situait l’orphelinat ou le pensionnat
qui redeviendront une vraie demeure
pour notre enfant intérieur.
Le cachet de la poste fera foi.

Géraldine Andrée

Écrivons une lettre à notre enfant intérieur !





Auteur :

Ecrivaine, poétesse, biographe, veilleuse et éveilleuse de Vie !

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