Publié dans Poésie, Poésie-thérapie

Sans titre

Je suis riche
de chaque poème
unique

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Poésie-thérapie

Soudain
le vent m’appelle
par le titre d’un poème
et j’ouvre le coeur
de mes mains

Géraldine Andrée

Publié dans Grapho-thérapie, Poésie, Poésie-thérapie

Sans titre

Chaque jour
je pose
l’aile
d’une intention

dans un mot
Aujourd’hui
c’est
Gratitude

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, L'alphabet de l'herbe, Poésie, Poésie-thérapie

Tisser un poème

Comme
l’araignée
entre
les branches


donne
naissance
en silence
à sa toile



qui s’étoile
au soleil
de gouttes
de rosée


je veux tisser
un poème
puis une fois
l’ensemble



achevé
me reposer
à l’aube
en son centre


tandis
qu’un souffle
viendra
me bercer

Géraldine Andrée

Publié dans Le journal des confins, Poésie, Poésie-thérapie

Sans titre

Je lis beaucoup de poèmes pendant le confinement. Et ces jours m’ont menée à la redécouverte de la poésie de Nazim Hikmet.

J’ai rencontré son recueil Il neige dans la nuit 1- étrange coïncidence ! – un mois avant mon départ pour un pays proche de sa patrie : la Syrie.

Dix années plus tard, je l’ai relu pendant mon vol pour l’île de Majorque.

Qu’importe le temps ! Les vers de ce poète tintent comme le soleil au contact de l’éternité.

Aujourd’hui, je lis Nazim Hikmet chez moi, en partance pour mon pays intérieur.

C’est le poète emprisonné dans les geôles de Turquie.

Et j’aime être le témoin de ses mots qui effacent les barreaux.

Dans son poème Au cinquième jour d’une grève de la faim, il fait apparaître, dans l’ombre de son cachot, la main de sa mère, de sa bien-aimée, de son fils. Et face à la mort à venir – qui viendra en vérité bien plus tard car le poète survivra à la prison et à l’exil – , il affirme la pérennité de sa voix dans un vers d’Aragon, la colombe blanche de Picasso, les chansons de Robeson, le rire des dockers de Marseille. Cet adieu se fait liberté :

« Pour vous dire la vérité, mes frères,
je suis heureux, heureux à bride abattue.
« 2

Je me souviens de la solitude de mon adolescence et je songe combien j’ai eu de la chance, entre ma lampe de chevet et mon lit, d’être conviée à la table des poètes.

Venaient exclusivement pour moi des noms jusqu’alors inconnus, puis familiers devenus – René-Guy Cadou, Emile Verhaeren, Philippe Jaccottet, Marie Noël, Maurice Fombeure, Pierre Reverdy, Eugène Guillevic, Jean Tardieu…

Il y avait toujours un jardin qui m’était réservé, un épi de blé à maturité, un sentier qui me guidait là où il souhaitait aller. Et même lorsque la pluie de décembre battait rageusement les vitres, j’étais au coeur des senteurs de juin, dans le bleu de l’été rimbaldien.

Dans ma chambre d’adolescente mal comprise, le poème devenait une chambre dont j’étais la fenêtre ouverte, par laquelle entraient un air de fête foraine, une vague déhanchée dans sa robe de dentelle, une lune rose au centre de la nuit chaude, des cheveux dénoués par l’orage, l’odeur envoûtante du chèvrefeuille.

Tel est le miracle de la poésie de Nazim Hikmet et de tous les autres :

léguer le don de l’accueil.

Géraldine Andrée

1 Nazim Hikmet, Il neige dans la nuit et autres poèmes, Poésie Gallimard, 2005
2 Ibid ; Au cinquième jour d’une grève de la faim p102

Publié dans Grapho-thérapie, Journal de ma résilience, Poésie

Le mot que j’aime

J’habite pleinement
le mot que j’aime
J’y repose
mon souffle

Je deviens
ce mot lui-même
Je suis
son dessein

tracé
sur la page
ou sur les lèvres
Et tout comme

il m’a accueillie
pendant les peines
je l’héberge
dans mes rêves

pour ne pas que le temps
l’emporte
Le mot et moi
nous sommes

par fidélité
réciproque
l’hôte
de l’autre

Géraldine Andrée

Publié dans Le journal des confins, Poésie

En ce dimanche de Pâques

Je songe alors
que nous demeurons chez nous
à ce que la nature nous prépare
en secret

des fleurs sur des tapis d’herbe
des arbres gantés de vert
qui nous ouvrent
le chemin

un ciel qui étend
sa nappe bleue
rangée pendant
un trop long hiver

des éclats d’instant
dans l’eau de la fontaine
un air de cristal
qui tinte contre notre oreille

et surtout le miel du soleil
aux reflets roux
bien gardé au fond d’un rêve
quand nous demeurions chez nous

Géraldine Andrée

Publié dans Le journal de mes autres vies, Poésie

Le billet

Comment faire pour voyager dans sa chambre ?
C’est facile !
Vous prenez un billet unique,
le poème,
et vous partez en calèche
avec Victor Hugo, pour le jardin des Feuillantines,
ou en train avec Arthur Rimbaud, pour la rive qui promet la vie abyssine,
ou encore de l’autre côté du
temps,
avec Robert Desnos
qui vous guide vers votre ombre.
Et quand le voyage se termine,
nul regret,
car c’est là que tout recommence.
Vous prenez un autre billet
avec votre fidèle
compagnon de route :
le silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Un cahier blanc pour mon deuil

Les poèmes de mon père

Le soir, avant de m’endormir, je demande à mon père de me faire signe.

J’attends quelques instants ; je respire.

Puis, j’ouvre mon anthologie de poèmes regroupés par jour, par saison, comme dans un agenda de floraison.

Et un poème vient à ma rencontre. C’est, souvent, un poème qui évoque l’automne, où mon père est né et mort.

J’entre alors, corps et âme, dans « les eaux du temps » de Maurice Carême, « les taffetas morts » et les flammes levées des lampes de Luc Bérimont, « le sourd frémissement des forêts » de Théophile Gautier. Je comprends ce que signifie l’absence, et les frêles lueurs qu’elle laisse dans le temps.

Je lis et relis, par exemple, les Pensées d’automne du 10 novembre, date à laquelle mon père a donné la main à son ombre.

Puis, un autre signe m’est envoyé. Le soir de la journée du 30 mars qui s’achève pour moi, le poème Les Hirondelles, extrait du Livre de mon père d’Emile Henriot, rend mon âme légère comme des ailes qui reviennent.

C’est ainsi qu’éclot dans ma solitude une grande certitude :

chaque poème est mon père retrouvé

entre mes mains qui tiennent le livre ouvert.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Sans titre

Quand le poème
s’approche
et que personne
n’est certain
de la trace
qu’il laissera
je deviens
chemin
entrouvert
pour le silence
de son pas

Géraldine Andrée