Publié dans Actualité, Créavie, Le journal des confins

Le pouvoir de la visualisation

Bonjour à toutes et tous,

Elisabet Kübler-Ross disait que l’on n’avait pas besoin d’aller en Inde pour méditer ; que l’on pouvait méditer dans son jardin ou sa salle de bain.

En ces temps d’intériorité, on n’a nul besoin de billet d’avion pour aller loin.

Il suffit de renouer avec ce pouvoir qui se cache en nous, la visualisation, pour créer un monde plus beau, plus harmonieux, où la paix précède notre naissance.

Ma chambre à moi est toute petite.

Mais si je ferme les yeux, je suis un sentier qui batifole parmi les feuilles de palmiers et d’eucalyptus et qui descend à pic vers la mer ouverte comme une grande main sur le coeur du monde.

Qu’importe que nos chambres soient petites.

Nous avons l’infini en nous.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Je pour Tous, Le journal des confins

Le journal des confins

A l’heure où l’on doit rester chez soi, c’est le moment, je crois, de tenir un journal des confins qui nous mènera, de ligne en ligne, aux confins de soi.

Certes, nous sommes enfermés désormais dans une sorte de routine. Et pourtant, le journal des confins nous ouvre à tous les temps possibles, celui des rêves, des désirs, des projets ; le temps en suspens du repos aussi.

Nous vivons dans un espace limité. Mais la page du journal, malgré son cadre, nous révèle un vaste espace, jusque là insoupçonné. L’heure a sonné. Nous pouvons vagabonder parmi nos souvenirs et nos visualisations futures, aller très loin jusqu’à ce point de nous-même que nous ne connaissons pas.

Il nous est impossible de voyager ? Pourtant, le journal des confins fera apparaître le tracé d’un chemin dont la destination – j’ai envie d’écrire destinée – est le pays de l’être.

Tout cela est très théorique, me direz-vous. Mais qu’en est-il de la pratique ?

S’il n’y avait pas eu le confinement, je vous aurais conseillé d’aller acheter un beau cahier. Commencer un journal est toujours une fête célébrant l’odeur de la page neuve et son éclat blanc. C’est une sorte de noce entre vous et vous-même.

Dans les circonstances actuelles, vous pouvez prendre un cahier que vous n’avez pas terminé, lui redonner vie par quelques coloris ou votre encre d’aujourd’hui.

Voilà ! Vous y êtes !

J’ai souvent pensé que l’écriture était une thérapie.

Le journal des confins ne sera pas toujours confortable. Il vous emmènera parfois là où vous ne voulez pas vous rendre.

Vous vous ennuyez ? Les mots qui décriront votre ennui accentueront le vide, le silence de la ville, ce jour où il n’y a rien à faire, appelé « vacance ». Mais peu à peu, dans cette vacance, vous deviendrez sensible à la tache de soleil sur votre poignet, à la cloche de l’église qui tinte tout de même, à la première goutte de pluie qui luit sur la rambarde de votre fenêtre. Vous serez arrivé à point nommé dans votre instant.

Vous ne supportez plus votre famille ? Vous la trouvez trop envahissante ? Le journal des confins sera votre univers. En vous y réfugiant, vous pourrez faire remonter à la mémoire les vieux litiges que vous entretenez encore avec cette famille et que vous avez refoulés profondément en vous, les limites abusivement franchies. Les phrases inscrites sur votre cahier vous montreront la voie pour résoudre ces conflits ou prendre votre indépendance émotionnelle.

Vous vous disputez avec votre conjoint ? Le journal des confins mettra à jour les blessures d’enfance qui se rouvrent dans cette relation, les scénarios qui s’y rejouent inconsciemment. Il sera le miroir de toute la vérité de cette histoire amoureuse. Faudra-t-il la continuer ou au contraire la rompre, si vous ne vous sentez pas respecté(e) ?

Vous avez vraiment du mal à cohabiter avec vous-même ? Le journal des confins vous invitera à identifier ce que vous n’aimez pas en vous ; il éclairera les parties à fortifier, à réparer, à dorloter, et ceci, dans le but de vous accepter totalement vous-même, d’occuper toute la place du pays de votre Être.

C’est ainsi que vous vous habiterez, indépendamment des réactions des autres et des fluctuations des circonstances extérieures.

Remplissez, avec quelques gouttes d’encre, tout le présent de votre présence.

Personnellement, j’ai donné naissance à ce journal, hier.

Les confins ne sont jamais très loin…

Je vous souhaite un beau commencement tout en haut de la page blanche !

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Trouvez-vous des mots

Trouvez-vous des mots
où vous réfugier,
des mots-maisons,
des mots-jardins,
des mots au coeur profond,
des mots qui auront la douceur des coussins,
des mots chaleureux
comme une chambre, le soir.

Moi, c’est
Murmure de la lumière
que je fais voguer
sur mes lèvres
plusieurs fois
par jour
et qui tracent
dans mon âme
le sillage
de son retour.

Géraldine Andrée

Publié dans Actualité, L'alphabet de l'herbe, Poésie

C’est un silence

Quel silence, aujourd’hui !
Certains disent
que c’est un silence
où rien ne luit ;

un silence
d’eau profonde
où l’on s’enfonce
si l’on cède

à ses peurs ;
un silence
de tombe,
de fin du monde…

Moi, je pense
que c’est un silence
où tout
commence :

le silence
de la première
seconde
qui précède

l’aube,
juste avant
l’éclosion
des notes d’oiseaux ;

un silence
fait de feuilles
et de souffles
qui, lui seul,

connaît
sa source ;
un silence
qui réunit

tous les jardins
dans sa main
et qui s’adresse
au coeur

des choses ;
un silence
qui accueille
la lueur

d’un bourdonnement
et qui attend
que scintille
le tintement

de la cloche
d’un dimanche
de célébration
pour verser

sur nous
la moisson
de ses chants ;
un silence

qui bat
la mesure
de son propre
temps ;

un silence
qui espère
sereinement
notre métamorphose

pour nous faire présent
du chuchotement
des roses ;
un silence

de patience
qui demeure
encore
ce point

d’or
que la grâce
suspend
entre

deux instants.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

La petite voix

J’aime cette petite voix
qui me dit
au coeur
de l’après-midi

Viens
On écrit
quand
le soleil

des feuilles
tremble
et que le sens
de ce souffle

n’importe plus
puisque seule
compte
sa présence

Géraldine Andrée

Publié dans L'alphabet de l'herbe, Méditations pour un rêve, Poésie

Je rêve que j’écris un poème

Je rêve
que j’écris un poème.
J’entends sonner ses rimes
comme des notes de cloche
par un beau dimanche.
Je vis son rythme
qui m’emporte
telle une vague
sur la crête
d’une phrase.
Quand je me réveille,
j’entends
mon souffle
qui s’empresse
encore
dans ma course
achevée
et il me reste
des bribes
de ma voix secrète
comme
« Route », « soleil ».
Je note
alors
sur mon carnet :
de chevet :
« La route
poursuit son élan
vers le soleil
à travers moi
qui garde foi
en mes rêves ».
Puis, je commence
à vivre
ce jour supplémentaire
qui paraphe
chaque instant
avec
les lettres
toujours
changeantes
et singulières
de la lumière.

Géraldine Andrée

Publié dans musique, Poésie

Compagnie

J’écoute Beethoven
Et je me sens seule
Quand un poème
S’approche

Et dans un souffle
De feuilles
Me chuchote
Qu’il souhaite

Être écrit
Comme un destin
Au cœur
De la main

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Un cahier blanc pour mon deuil

Tout ce qui a été effacé

Tout ce qui a été effacé
tout ce qui a été volé à ton regard
tes rêves tes projets tes désirs
tes créations tes poèmes tes affirmations positives

tout ce que tu regrettes
et qui t’empêche de vivre
pleinement ton présent
laisse

quelque part
dans l’univers
une trace
de lumière

qui s’apprête
à revenir
vers toi
demain

ou plus tard
dans le dessin
d’un chemin
à suivre

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Tout ce que l’on a accompli

Tout ce que l’on a accompli laisse une trace.
Même le poème que notre orgueil efface
Parce qu’il est jugé pas assez beau
Nous enseigne encore
A être prêts pour la prochaine aurore.

Géraldine Andrée

Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Il me tarde d’avoir de tes nouvelles

Il me tarde
D’avoir de tes nouvelles
Je ne peux t’en donner
Car bien que je possède
De l’encre et du papier à lettres
Je n’ai pas ton adresse
C’est donc à toi
De m’envoyer ton message
Dont je sais
Qu’il sera sans ligne
Peut-être
Juste un signe
Très bref
Alors je me fais
A chaque instant
Fenêtre
Pour te laisser
Libre d’apparaître

Géraldine Andrée