Vivre
Rien que pour lire
Le soir sous la lampe de chevet
Les poèmes
De René-Guy Cadou
Peut-être
Est-ce parce que j’avais de tels rendez-vous
Notés sur une page invisible
Que je me suis décidée à naître
Géraldine Andrée
Vivre
Rien que pour lire
Le soir sous la lampe de chevet
Les poèmes
De René-Guy Cadou
Peut-être
Est-ce parce que j’avais de tels rendez-vous
Notés sur une page invisible
Que je me suis décidée à naître
Géraldine Andrée
J’écoute Beethoven
Et je me sens seule
Quand un poème
S’approche
Et dans un souffle
De feuilles
Me chuchote
Qu’il souhaite
Être écrit
Comme un destin
Au cœur
De la main
Géraldine Andrée
Tout ce qui a été effacé
tout ce qui a été volé à ton regard
tes rêves tes projets tes désirs
tes créations tes poèmes tes affirmations positives
tout ce que tu regrettes
et qui t’empêche de vivre
pleinement ton présent
laisse
quelque part
dans l’univers
une trace
de lumière
qui s’apprête
à revenir
vers toi
demain
ou plus tard
dans le dessin
d’un chemin
à suivre
Géraldine Andrée
Tout ce que l’on a accompli laisse une trace.
Même le poème que notre orgueil efface
Parce qu’il est jugé pas assez beau
Nous enseigne encore
A être prêts pour la prochaine aurore.
Géraldine Andrée
Il me tarde
D’avoir de tes nouvelles
Je ne peux t’en donner
Car bien que je possède
De l’encre et du papier à lettres
Je n’ai pas ton adresse
C’est donc à toi
De m’envoyer ton message
Dont je sais
Qu’il sera sans ligne
Peut-être
Juste un signe
Très bref
Alors je me fais
A chaque instant
Fenêtre
Pour te laisser
Libre d’apparaître
Géraldine Andrée
Quand j’écoute
l’Ami
m’évoquer
les soirs anciens
je revois
les visages
qui se touchent
dans la lumière
de la lampe
rouge
et ce souffle
des lèvres
qui précède
chaque mot
Alors
je me dis
que ce que j’ai vécu
n’est en rien
un mirage
un tour
ambigu
que me joue
ma mémoire
mais un présent
absolu
qui m’éclaire
jusqu’à l’aurore
quand je me souviens
avec remords
des jours
qu’il me semble
avoir perdus
Géraldine
Je me réveille encore
Avec la stupeur
De ton absence
Mais dans ce silence
Que tu me laisses
Dans cette solitude
Que tu me lègues
Il me reste
L’instant
Présent
Seule preuve de vie
À laquelle je me fie
Seule richesse
Que je possède
Comme par exemple
La lumière d’or
De la lampe
Sur mon cahier
À la première
Heure
Et l’encre
Que voilà
Qui a la couleur
Du lilas
Quand elle sèche
Est mon devenir
Géraldine Andrée
Le poème multiplie ma voix
De feuille en feuille
Comme jadis quand
Enfant
Je m’appelais seule
Dans la montagne
Le poème est un écho
Qui me fait sentir
Le plus haut
Possible
Et qui témoigne
Du fait irréfutable
Que je m’accompagne
Du vide
À la présence
Du silence
Au dicible
Géraldine Andrée
Le 25 Janvier 2020
En promenade
Je crois
Que la poésie
Existe
Parce que l’indicible
Veut nous dire
Qu’il existe
Ce n’est pas
Parce que l’indicible
Ne s’énonce pas
Qu’il n’est pas
Il veut
Se faire connaître
Par la force
Du souffle
Qui s’en approche
Je crois
Que la poésie
Existe
Parce qu’il y a un alphabet
Dans ces vagues
Dont la violence
Nous coupe la voix
Quand elle nous enveloppe
Géraldine Andrée
Mon vœu ?
Que chaque mot
De mon journal intime
Ressuscite
Les fleurs
Du jardin
Que le temps
A effacé
Que mon cahier
Devienne
Lui-même
Jardin
Géraldine Andrée