L’écriture de votre biographie : une histoire de patience
Sommaire :
1 Biographie et date symbolique
2 Biographie et patience
3 Biographie et rapidité
4 Biographie et intelligence (artificielle ou humaine)
5 Biographie et histoire de temps humain
6 Biographie et prix
7 Biographie et temps/argent versés
1) Bien sûr, votre biographie peut être prête pour une date symbolique (anniversaire, baptême, mariage, communion, fêtes en tous genres) si vous engagez ce projet avec moi dans un délai suffisamment raisonnable.
Mais il faut savoir que la biographie n’est pas un tout-en-un, prête en deux minutes – ou deux mois – comme une soupe à préparer rapidement. En tous les cas, cette démarche ne correspond ni à mon éthique professionnelle, ni à mon fonctionnement personnel. Pourquoi ?
2) Car l’écriture d’une biographie est une histoire de patience.
Et, comme j’aime bien aller au cœur du sujet par une série de « Pourquoi ? », je vais vous dire ce qu’est l’essence d’une biographie, selon moi, et donc ce qu’elle n’est pas.
- La biographie est souffle, respiration, c’est-à-dire alternance d’inspirations et d’expirations : on inspire les souvenirs, pour les déposer sur la page. On s’inspire de sa vie pour l’offrir au monde – même si celui-ci se limite au strict cercle familial.
- La biographie, lorsqu’elle retrace l’histoire de tout votre arbre familial, est elle-même un arbre en devenir. Et tout arbre, pour posséder des racines solides, commence par une jeune pousse qui croît doucement. Si vous souhaitez que votre récit s’enracine dans l’histoire familiale, vous ne pouvez pas faire l’économie de la lente alchimie du temps qui inclut toutes formes de recherches – individuelles, administratives, généalogiques, transgénérationnelles.
- La biographie dessine ses méandres au rythme de l’écoulement de votre mémoire. Or, vous ne pouvez demander à une rivière d’accélérer son courant qui, par définition, échappe à votre contrôle. Sachez que votre mémoire – sœur de l’inconscient – suit la dynamique de son propre flux, qui échappe aux velléités de l’ego.
3) Vous pourrez m’objecter : « Mais écrire une biographie en deux, quatre, huit semaines est tout à fait possible ! »
Je vous répondrais : « Oui si… »
- Je n’ai que vous comme narrateur : ce qui, je vous l’avoue, est très rarement le cas. J’ai souvent plusieurs biographies en cours (que je n’écris pas toutes en même temps, mais l’une après l’autre pour prendre le temps de m’imprégner de la singularité de chacune – encore et toujours la question du temps !
- Je ne fais que cela : mais comme chacun, j’ai aussi un quotidien et une entreprise à gérer. Et si je suis la plume pour votre voix, je suis également la plume de ma propre voix, c’est-à-dire que j’ai aussi à cœur d’écrire mes propres livres, d’apprendre, de me former, de créer d’autres manières d’aborder l’écriture au service de l’autre – encore et toujours. Et, je vous assure, vous profitez de cette expansion de moi-même. Ma vie est aussi « une matière » sur laquelle je travaille, comme dirait Montaigne.
4) Si vous n’êtes pas convaincu, vous pouvez toujours recourir à l’intelligence artificielle (je ferai, à ce propos, un billet sur cette thématique très bientôt)
Si tel est votre désir, aucun biographe ne peut vous en dissuader. Mais à une telle démarche, je peux objecter trois points essentiels.
- L’IA n’est qu’une source apparente de facilité. En vérité, tout le travail intérieur que déclenche un projet biographique aura été escamoté.
- L’IA n’est pas humaine. Elle ne peut donc traduire que superficiellement des sensations, des émotions et des sentiments humains. L’IA est dépourvue d’empathie. Elle ne pourra jamais se mettre à votre place. Un écrivain-biographe, en revanche, si, car l’expérience de la vie – dans ses épreuves comme dans ses joies – est le propre de la condition… humaine qui nous réunit.
- L’IA ne produira qu’une œuvre qui vous ressemble peu ou prou, une œuvre qui ne sera pas vous, mais qui n’en sera qu’un reflet généralisant, par ailleurs flou, infidèle, imparfait – très approximatif, voire stéréotypé. Vous perdrez alors beaucoup de temps à vous demander : « Mais où est donc mon âme dans ce livre ? » et à vous décider de la chercher, sans jamais la trouver. Pourquoi ? Parce que votre âme n’y est pas ! Elle a été remplacée par une intelligence algorithmique. Or, refusant d’être « un homme-machine », vous partirez enfin en quête d’un écrivain-biographe humain. Mais, vous m’avouerez, que de temps perdu pour vous qui étiez si pressé de tenir l’œuvre de votre vie entre vos mains !
5) Voilà donc pourquoi l’écriture de votre vie est une histoire de temps humain.
- L’écriture d’une biographie ne se présente qu’une fois dans la vie. Alors, comme pour un voyage lointain à caractère exceptionnel, il serait dommage de se focaliser sur le point d’arrivée sans profiter du chemin qui y mène.
- L’écriture d’une biographie est une traversée des paysages de votre âme. Bâcler une étape, c’est faire en sorte qu’elle se représente ensuite, car la vie nous ressert toujours ce que l’on n’a pas su comprendre, intégrer – voire, tout simplement, savourer.
- L’écriture d’une biographie conjugue de multiples temporalités : le temps de l’écriture, associé à celui du souvenir. Il est fascinant de voir comment les différentes saisons de la mémoire s’entremêlent à celles de l’écriture. Vous vous rappelez, par exemple, de parties de pêche en plein été alors que la neige étoile les vitres lors de la narration et de la retranscription. À l’inverse, vous pouvez vous remémorer l’épisode d’une avalanche tandis que le jardin est en fleurs et que vous m’invitez à m’asseoir sur votre terrasse pour « tout me raconter ».
- L’écriture d’une biographie n’obéit pas à une temporalité uniforme. Elle progresse selon une alternance de rythmes, d’instants suspendus, puis d’accélérations. On ne raconte pas une scène d’amour sensuelle et envoûtante comme une anecdote où l’on court au bord du quai pour attraper son train. Et la durée des non-dits, des silences ? Ces derniers ont aussi leur place dans votre histoire de vie, comme dans une partition de musique ! L’écriture des blancs requiert une attention et une intention particulières. C’est presque une séance de méditation où l’on s’accorde tout le temps et tout l’espace nécessaires pour que l’indicible affleure la page.
- Et il existe aussi le temps entre les séances durant lequel vous récoltez les fragments sensoriels et mémoriels liés à telle thématique susceptible d’être développée dans le cadre d’une séance ultérieure.
- Certains, lorsqu’ils ont bien intégré notre processus d’écriture en binôme, commencent un journal d’écriture biographique sur lequel ils notent les points à aborder puis évoqués, leurs états d’âme, leurs bilans de conscience en dessous de la date de l’entretien, comme pour un journal de thérapie. Ils initient une biographie de l’écriture biographique, une sorte d’atelier d’expérimentation littéraire sur lequel je reviendrai et qui développe la faculté fascinante de pouvoir mettre en abyme l’écriture sur soi par l’écriture de soi.
- Vient ensuite le temps de la relecture approfondie, des modifications, de l’insertion de photos puis de la mise en page – et, tout ce que je vous souhaite – de la publication (privée ou publique). Tout cela fait partie d’un autre processus à soigner également. En effet, se dépêcher pour « avoir le livre », c’est peut-être omettre des choses importantes – à ajouter, modifier, supprimer – et, une fois que le livre est relié, il est bel et bien fini. Commence alors la saison des regrets si vous avez escamoté une étape ou pressé le biographe – ce qui est fort dommageable, le but final étant que le livre vous corresponde en tous points.
6) Vous pourriez me dire : « Mais, plus la biographie dure longtemps, plus je vais payer ! »
À cela, je vous répondrais clairement :
Non !
Pourquoi ?
- Car nous décidons ensemble de la fréquence des séances. Encore une fois, tout est question de rythme.
- Car tout dépend de la vision de votre projet initial : le prix d’une biographie individuelle est, bien entendu, plus modique que celui d’un roman familial ou d’une biographie entrepreneuriale qui traverse de nombreuses générations et qui engage des recherches généalogiques – de votre part ou de la mienne -, autre exigence de lenteur.
- Car je sens moi aussi quand nous arrivons à la fin de l’écriture et que l’étape de la mise en livre commence. Prolonger une écriture qui a « tout dit » est aussi stérile pour vous que pour moi. En tant que biographe, j’apprécie grandement le moment où l’on voit tant de pages tapuscrites se métamorphoser en ouvrage relié. Par ailleurs, j’aime me définir comme une artisane des mots. Un artisan-menuisier ou sculpteur sait quand il a terminé son armoire ou son bustier d’amant. Bien sûr, comme le peintre, il peut toujours peaufiner la création mais ce geste se limite à quelques touches ou traits supplémentaires. Voilà tout. Il ne rajoute pas un pied d’armoire ou un bras au buste parce qu’il faut prolonger l’œuvre indéfiniment. Biographe et narrateur sont destinés à se quitter et c’est le livre abouti qui signe cette séparation.
7) Mais, puisque nous vivons dans une société où il nous faut toujours tout quantifier – même les mouvements de l’âme -, car le chiffre est la norme de notre sécurité matérielle et psychique, sachez que
- La biographie moyenne dure d’un an à un an et demi ( il y a, bien sûr, des biographies plus courtes, et d’autres, plus longues).
- Elle contient en moyenne de cent à cinq-cents pages ( mais peut contenir une cinquantaine de pages seulement).
- Elle coûte de 1000 à 3000 euros (2000 euros étant la moyenne et 500 euros, le prix le plus bas). Ces sommes, je vous le rappelle, se paient à la séance. Ce fonctionnement respecte, de ce fait, la prévision et le rythme de votre budget – autre temporalité non négligeable qu’il vous convient de respecter !
- Si vous me le demandez, un devis avec paiement échelonné est toujours possible.
