Publié dans Créavie

Trouver sa voie à travers l’art: Reconstruire sa connexion avec soi-même

La création de ce présent où tu es présent 

La meilleure façon de prendre conscience de toi, c’est d’éprouver, dans l’instant présent, ta présence dans l’écriture. 

Le sais-tu ? Le fil de l’encre, toujours passant, te relie à toi-même.  

Souvent, la vie te sépare de toi. Tu te perds dans les regards et les jugements des autres. Mais lorsque tu t’adonnes à ton art favori – écrire, bien sûr, mais aussi peindre, sculpter, composer -, tu es là, ici et maintenant. Les commérages s’effacent ; les épreuves disparaissent ; les entraves s’abolissent. 

Quand il te semble que tu n’existes pas, quand il te semble que tu n’as pas ta place dans ce bas monde, quand il te semble que tu n’es pas né à la bonne époque, quand il te semble que tu es trop timide, trop effacé, va jusqu’au bout de la ligne ; enjambe l’espace du papier et va à la ligne. Dans le rythme de l’écriture – et de la création en général -, tu es toujours au bon moment et au bon endroit. 

Place-toi à ta propre portée pour écouter ta musique intérieure. Entends le crissement de la plume, le frottement du pinceau, la vibration de chaque touche sous tes doigts ou de la corde tendue entre le ciel et toi. 

Quand tu sens que tu n’avances pas dans ta vie ou que tu n’as pas pris la bonne direction, dis-toi : 

– Au moins, j’avance dans mon récit, mon tableau, ma partition… Je donne un sens à mes rêves.  

Prête attention à ta respiration quand tu crées. Je ne te demande pas de compter le nombre d’inspirations et d’expirations ; non ; mais je t’invite uniquement à accorder ta création à ton souffle. C’est bien ce que signifie le mot “inspiration”. Un souffle venu de très loin en soi qui se déploie, grandit dans l’espace de notre poitrine pour donner naissance à notre œuvre et à l’œuvre de notre vie à chaque instant.  

Sois conscient de ta position quand tu crées. Es-tu debout ? Assis ? Éprouve le contact de tes pieds contre le sol, les points d’appui de ton corps avec la chaise ou le fauteuil… La légèreté, la fièvre, l’excitation ou une certaine pesanteur de ton bras qui travaille… Note précisément tous tes ressentis. 

Et tandis que tu répertories toutes ces analogies entre le monde extérieur et ton univers intérieur, les barreaux physiques, psychologiques et spirituels s’évanouissent. Tu te libères comme un oiseau de sa cage. 

Puis, sois attentif à ce qui entre dans ta pratique créative :  

Une tache de lumière ? L’odeur du déjeuner ? La goutte du robinet ? Le reflet de ta table, de ton piano ou de ton chevalet dans le verre d’eau ? 

Ta page ou ta toile contiennent tout ce qui se dépose, parfois de manière très subtile ou invisible – un minuscule pollen venu de la fenêtre ouverte, un flocon de neige qui a déjà fondu… 

L’acuité d’une telle attention devient méditation et intention : l’intention de créer à partir de ce qui est et de qui tu es dans ce qui est. 

Ton champ de conscience, vaste espace de création que matérialisent la page ou la toile, est la preuve que tu es vivant car tu crées ta vie à chaque mot, chaque touche de couleur, chaque note – indépendamment de toutes les douleurs endurées, de toutes les souffrances traversées. 

Il est donc très loin de toi, le point final… 

Ton existence est un voyage dans ta créativité qui te permet d’atteindre la majuscule d’Aujourd’hui – juste la majuscule du mot Aujourd’hui, à partir de laquelle la nouvelle phrase de ta journée commence. 

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, Poésie-thérapie

Nourrie par la poésie

Le lait des mots dans la vie d’une écrivaine

Aux premières heures de sa vie, elle tenta de téter sa mère. Mais il n’y avait pas une seule goutte de lait sur ses lèvres.

Assoiffée d’amour, elle chercha une autre épaule maternelle sur laquelle se reposer en ce bas monde. Sa quête demeura vaine.

Elle voulut alors s’abreuver au lait des étoiles. Hélas ! Celles-ci étaient beaucoup trop lointaines !

Au cœur de sa solitude, elle découvrit les mots. Chacun était une goutte précieuse pour sa vie. Elle s’en gorgeait quand le silence remplissait sa chambre. Plus tard, elle ressentit combien les poèmes – ceux qu’elle lisait et ceux qu’elle composait elle-même – la désaltéraient.

Elle sut ainsi, de jour en jour, que son cœur était une outre pleine de ce lait universel qui la traversait, avant de s’épancher sur chaque feuillet.

Cette outre intérieure dont elle sondait la profondeur et l’inépuisable abondance, c’était la Poésie.

Un matin, elle écrivit avec contentement, au centre de la nouvelle page blanche, avec son encre habituelle, d’un bleu laiteux :

Je suis nourrie.

Assurément, elle pouvait créer des constellations et tracer des chemins lactés qui y menaient. Alors, la peur du manque et de la soif s’effaça. Le chagrin de sa prime enfance se tarit.

Elle écrivit. Elle guérit.

D’aube en aube, le lait bleu de ses poèmes la désaltérait quand il passait par sa bouche et franchissait ses lèvres.

Au soir de sa vie qu’elle avait dédiée à sa mission

Faire perler sur toutes les bouches, partout où je vais
les mots jaillis de mon cœur de lait
,

elle inscrivit sur la couverture de son ultime cahier :

J’ai nourri la Vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal d'instants

La Clé du Bonheur : Être Présent dans l’Instant

Le bonheur de l’instant présent

« Le cordon du store se balance sous le souffle du vent. J’entends au loin le pépiement d’un oiseau mais, tout près de moi, le silence amplifie le crépitement de la pointe de mon stylo sur la page. Écrire, c’est me mettre à mon écoute. La température de l’air est douce sur ma peau. Je sens que la main de la lumière entoure mon épaule. Et la gorgée du thé à la cannelle me remplit. Cet espace en moi accueille tout ce qui vient et tout ce qui est. »

Je suis heureuse d’écrire ces lignes aujourd’hui, dans mon fauteuil, le cahier sur mes genoux.

« Je serai heureuse quand j’aurai déménagé… quand j’aurai changé de poste… quand j’aurai publié mon premier livre… »

Je remettais toujours le bonheur à plus tard. Le bonheur brillait comme un point lointain à l’horizon. Ce que j’avais n’était pas suffisant. Ce que j’étais ne suffisait pas. Et si, par chance, j’atteignais mon objectif, je prenais conscience que le bonheur se faisait encore désirer, qu’il était remis à un autre Quand.

Je faisais du bonheur une quête impossible. Je cherchais le bonheur alors que je l’avais déjà trouvé. Je souhaitais que le bonheur me regarde alors qu’il attendait, lui, que je le regarde. Je voulais que le bonheur soit éternellement présent alors que c’était à moi d’être présente pour le bonheur. Tandis que je priais le ciel pour obtenir le bonheur, le bonheur me priait de le reconnaître.

Le bonheur n’est pas dans une requête. Le bonheur est dans le regard. Le bonheur est le regard. Il est ces lunettes dont nous pensons être dépossédés, bien que nous les portions. Tout désespérés que nous sommes de les chercher, nous ne nous rendons pas compte que nous les avons devant les yeux et que si nous prêtions plus attention, nous verrions que notre perception s’est transformée, que nous possédons le pouvoir de déceler notre vérité, singulière pour chacun d’entre nous.

En mettant en pratique les outils de la programmation neurolinguistique dans mon journal intime et en découvrant la richesse de mes différents canaux sensoriels, je prends conscience que le bonheur, c’est

  • avoir une journée disponible devant moi comme une vaste plage où je poserai mes pas ;
  • remarquer les petits détails d’une belle matinée ; telle cette fourmi qui se promène entre deux brindilles dorées ;
  • entendre tomber les premières gouttes de pluie sur la grille du jardin ;
  • sentir le frais manteau de l’ombre de l’érable qui recouvre mes épaules ;
  • croquer une amande verte tandis que j’épluche mes courgettes ;
  • tourner la page de mon livre et voir que le chapitre se poursuit ;
  • entrer dans le tableau Marine qui me contemple comme je le contemple du haut de ma bibliothèque
  • et séjourner dans le bleu murmure de son port.

Je n’ai pas à être parfaite pour avoir le droit d’être heureuse. Je n’ai qu’à

Exister.

Le bonheur est un droit absolu de naissance.

Le bonheur dépend de mes perceptions et de mes choix.

Je choisis d’être heureuse.

Je choisis de regarder le ciel plutôt que les pierres.

Je choisis de regarder l’oiseau sur le toit plutôt que l’ordure sur le trottoir.

Je choisis de regarder le paysage qui défile devant la vitre du train plutôt que la rangée de sièges.

Je choisis de méditer, de faire remonter mes visions intérieures plutôt que de cliquer sur les images des réseaux sociaux.

Rousseau se lamentait dans ses Confessions sur le caractère éphémère du bonheur.

Le bonheur rousseauiste ne peut se revivre que dans la mémoire. Seule l’écriture autobiographique est susceptible d’inverser le cours du temps.

Le bonheur est éphémère car il est ici et maintenant. Il est toujours changeant, toujours miroitant, comme l’eau qui passe. Il est cette maison familiale, puis ce chat gris dans le jardin… Et je m’éloigne de l’enfance… Ou l’enfance s’éloigne de moi… Je ne sais… Je grandis… Le bonheur est cette lumière qui souligne les boiseries et les meubles de mon appartement, ce texte que je suis fière de terminer, l’ultime contact de ma peau avec le papier du carnet achevé…

Le bonheur ne cesse de revenir sous une autre forme, une autre journée. Il est un sourire dessiné puis effacé, un visage dans le miroir.

Puisque je vis toujours aujourd’hui, le bonheur m’accompagne

d’Aujourd’hui en Aujourd’hui.

Je me suis souvent perdue à chercher le bonheur. Mais, comme me l’a dit un jour mon ami, la Vie ne me doit rien.

J’attendais de la Vie qu’elle me rende heureuse.

Et si c’était moi qui, en choisissant la beauté, la bonté, l’abondance de cet instant – et de cet instant seulement -, rendais la Vie heureuse ?

Je le crois aujourd’hui.

Géraldine

Publié dans écritothérapie, Histoire d'écriture, L'espace de l'écriture

Comment avancer dans l’écriture malgré la peur de la page blanche

La foi de la page

La page est l’espace où tu peux exercer ta foi. Et, comme toute expérience qui défie ta capacité à faire confiance en l’inconnu, la page te donne souvent le terrible sentiment d’être perdu.

Je compare une page vierge à un paysage de neige. Tu n’oses t’y aventurer, de peur de t’égarer. Comment vas-tu poser tes repères ? Pourras-tu aller très loin quand ta marche se fait si lente, si hésitante ? Et ce silence n’étouffe-t-il pas déjà ton appel ? Comment t’orienter dans toute cette blancheur ? Il n’est rien que tu puisses reconnaître… Pas la moindre racine, la moindre souche, le moindre début de sentier…

Et pourtant, tu n’as pas d’autre choix, si tu veux rentrer chez toi, d’avancer, de t’en remettre à ce paysage muet, cet espace glacé qui te renvoie à l’obligation de te fier à toi-même.

Écrire – commencer un roman, un journal, un témoignage de sa vie -, c’est comme marcher dans la neige. Peu importe ce en quoi tu crois – ton impuissance ou ta puissance, ta créativité ou ton manque d’inspiration -, la neige de la page ne disparaîtra pas. Peu importe comment tu perçois le vide devant toi, le blanc ne se changera pas miraculeusement en terre colorée.

Pour faire fondre ta peur, il te faut initier le premier pas, écrire le premier mot, poser ton empreinte.

As-tu déjà marché dans la neige d’une campagne isolée ? Moi, oui !

Et tout ce que je peux te dire, t’écrire ici, c’est que le fait d’avancer te permet de te repérer. La marque de ton soulier dans la neige diminue, à chaque seconde, la probabilité de te perdre. Pourquoi ? Parce que si jamais tu ne trouves pas ton orientation, tu peux toujours revenir sur la trace de tes pas et cela te donne donc la force d’aller plus loin, l’audace d’explorer. Paradoxalement, marcher au milieu de tout ce blanc t’offre des garanties !

De plus, c’est ton pas qui dissipe la neige. Et beaucoup de surprises sont susceptibles d’apparaître ! Dans la neige que soulève ta semelle, tu vois les prémices du printemps – un brin d’herbe, un caillou brillant, une frêle feuille, une tige minime de primevère – déjà ! Jamais tu n’aurais soupçonné autant de révélations attendant humblement ton regard, sous cette surface si froide !

Enfin, le silence te ramène à l’écoute de ton souffle – et entendre ton souffle, c’est être attentif à l’imperceptible mélodie de chaque instant qui te prouve que tu es vivant.

Alors, écris ! Avance dans la neige de la page ! Que risques-tu, de toute manière ? Revenir sur tes traces, sur la phrase précédente, jusqu’au mot initial pour t’apercevoir que tu peux tout recommencer autrement… L’espace vierge est une chance !

Comme tu le sais, un pas en entraînant un autre, un mot en enfantant un autre, tu peux déceler, là où précisément tu pensais qu’il n’y avait rien, la fleur d’un projet, la graine d’un rêve, la racine d’un souvenir qui te permet d’aller plus loin.

Écoute aussi ce que le silence a à te dire ! C’est lui qui te fait le présent de voix plus amplifiées : le rire de ton enfance, ton prénom murmuré, la conversation d’un ami. Tu peux donc écrire sur cela, sur les voix du passé qui te conseillent et t’inspirent toujours. Ainsi, tu ne trouveras pas un style, mais ton identité dans l’écriture, ce qui n’est pas pareil, car cette identité est ton sceau, ta signature de lumière.

Il y a toujours un sentier pour toi et s’il te semble qu’il n’existe pas, il n’y a pas de meilleure opportunité que la blancheur pour le tracer comme tu le souhaites.

Bien sûr, au milieu de tout ça, tu peux me demander : Quand est-ce que je rentre chez moi ? Quand est-ce que j’atteins mon but ? C’est-à-dire mon livre ?

À cela, je te répondrais : Mais tu es déjà rentré chez toi, c’est-à-dire en ta propre foi.

Alors, continue à avancer… Continue à écrire… La page est vaste !

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie

L’écriture comme prière : Découvrir le miracle de la réponse divine en toi

La divinité de la page

Le sais-tu ? L’écriture est prière !

Tu confies au papier tes peurs, tes peines, tes souhaits. En écrivant, tu demandes à la Vie qui régit l’Univers d’arranger ta vie. La moindre feuille est une Puissance Supérieure à ta portée. Souvent, je lui exprime personnellement ma gratitude :

  • Merci à Toi pour le bleu de l’encre qui, en s’écoulant sur ta blancheur, me rapproche d’un jour de plus de mon séjour à la mer !

Mon rituel pour écrire ressemble à celui que l’on met en place pour une prière : allumer un bâton d’encens ; poser à côté de mon cahier – telle une offrande – un fruit, du chocolat, une part de gâteau ; me pencher sur mon texte en cours comme on se prosterne devant un autel…

Pourquoi le cahier te met-il en posture d’humilité ? Parce c’est lui qui possède tes réponses ! Celles-ci, bien sûr, ne sont pas gagnées ! Il te faut les conquérir ! Affûte d’abord ton ouïe. N’entends-tu pas, au moment de tourner la page du jour précédent pour aborder celle du jour à vivre, le battement frêle de l’aile d’un ange ?  Puis trace la première lettre et avance. On découvre ses propres réponses par la foi, c’est-à-dire en écrivant un mot de plus, en allant un mot plus loin. Comme ta marche éclaire chaque portion de route, c’est en faisant confiance à la ligne – à la ligne présente et pas à la suivante – que celle-ci te guide.

La page est une divinité qui t’écoute et t’accueille dans son silence. Elle te paraît si blanche, si muette que tu la crois indifférente à tes demandes. Et pourtant, il n’est rien de plus présent et de plus compatissant qu’une page vierge car, quelle que soit l’heure, elle est là. Tu peux venir à elle au cœur de la nuit. Son silence te fera entendre les paroles de ton cœur.

Qu’importe, d’ailleurs, son format ! A5, A4, A3… Qu’importe qu’il soit étroit ! Cette marge, les limites de ces bordures ne sont qu’apparence car la page est vaste comme un océan entre ses rivages, une mer entre les terres… Pourquoi ? Parce qu’elle contient l’immensité de ton Être ! Elle condense devant toi la grandeur de l’Univers qui est aussi le tien.

Alors, écris comme tu pries. Prie comme tu écris !

Et tu découvriras le miracle :

la réponse divine en toi
qui te fait signe à la manière d’une étoile familière.

Géraldine

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Liste de lectures marquantes : évoquer des moments clés de vie à travers les livres

Atelier d’écriture créative 6

Je vous présente une manière originale d’écrire votre autobiographie qui ne commence pas par « Moi je » ou « je suis né à », mais qui repose sur L’Art des listes – pour reprendre le titre d’un ouvrage de Dominique Loreau. 1 Des listes d’instants, d’explorations, de sensations, d’émotions qui témoignent de votre évolution, de votre parcours de vie intérieur, de l’expansion de votre âme par vos goûts, vos choix et vos sujets de prédilection…

Aujourd’hui, je vous propose une liste de souvenirs de vos lectures marquantes, avec le cadre spatio-temporel qui l’accompagne. Nul besoin de raconter ce qui se passe dans ces livres, d’expliquer pourquoi vous les avez aimés, de développer les épisodes qui vous ont fait vibrer. Quelques touches sensorielles sur l’heure, l’année, la saison et l’endroit suffiront à donner de la profondeur et du relief à votre évocation. De même, elles révèleront vos étapes de vie significatives.

On commence ?

Alors, voici ma liste :

  • Les Petites Filles modèles de la Comtesse de Ségur pendant ma convalescence d’une pneumonie, fin février 1978 ; le soleil revenait doucement.
  • La Cicatrice de Bruce Lowery ; au retour de l’école ; dans la cuisine où tombait la nuit de janvier 1984.
  • Madame Bovary de Gustave Flaubert à la fin de l’été 1986, sur la terrasse de ma tante à Sallanches, tandis que la montagne bleuissait sous les nuages.
  • Les Illuminations d’Arthur Rimbaud, éclairées par une lampe sous mon drap ; j’ai failli mettre le feu à mon lit en ce soir de l’année 1987.
  • Le Rouge et le noir de Stendhal, pendant les pauses d’un stage de danse en 1989.
  • Une Femme d’Annie Ernaux dans le jardin de ma résidence d’étudiante, au milieu des senteurs du gazon coupé. Je venais d’obtenir mon diplôme, cette année-là, en 1991.
  • Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë au bord de la Manche, par le frais mois de juillet 1997 ; j’ai trouvé récemment quelques grains de sable bien anciens au creux des feuillets.
  • Anthologie du poème court japonais par une matinée de neige (quelle année ? Je donne ma langue au chat !), en buvant du lait chaud.
  • La Première épouse de Françoise Chandernagor, après un violent chagrin d’amour en 2006.
  • L’Inédit de Marie Cardinale pendant mes vacances à Majorque, puis à Palerme en 2015 ; livre lu et relu et qui porte en ses pages la froissure provoquée par le passage du vent de la mer.
  • Les Poèmes de Nâzim Hikmet dans l’avion pour Constanta en 2009.
  • Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs dans l’allée très fréquentée de la librairie de ma ville, en attendant un rendez-vous dont je ne me souviens pas quand, ni pourquoi, ni avec qui. Seul le livre m’importe encore.
  • 20 ans avec mon chat d’Inaba Mayumi, en 2017, dans l’appartement familial. C’était la dernière année où nous étions réunis. Et je l’ignorais.
  • Le Livre du bonheur de Marcelle Auclair – livre trouvé dans la bibliothèque de l’ehpad – en écoutant respirer ma mère, la veille de son départ, le soir du 03 octobre 2023.
  • Et le plus mémorable pour la fin, un livre de l’outre-temps, Toute L’Œuvre poétique de Renée Vivien, dans la librairie du Musée d’Orsay après m’être promenée avec ma mère dans les tableaux de Van Gogh. Lecture du livre poursuivie dans le bus au milieu de mes camarades criardes. Bien sage à côté de Maman, j’entendais le silence des roses. Hommage à toi, Maman, qui m’as payé ce livre. Grâce à toi, quand je lis de la poésie, j’ai toujours seize ans.

Et Vous ?

La liste n’est ni figée, ni exhaustive. Vous pouvez la modifier, la compléter à votre guise et la continuer en y ajoutant vos livres associés à vos périodes de vie les plus récentes.

À vos stylos !

Géraldine

1 L’Art des listes : Simplifier, organiser, enrichir sa vie ; Dominique Loreau ; éditions Marabout ; 2007

Publié dans Les petites phrases

Écrire avec Géraldine : Suivre la Vie jusqu’au Mot

Publié dans Au fil de ma vie, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Le livre de vie, Le temps de l'écriture, Non classé, Récit de Vie

Comment écrire ses mémoires quand on perd la mémoire ?

La Vie se souvient de Vous !

Publié dans Créavie, Méditations pour un rêve

Rendre ton rêve réel