Tu n’es plus très loin
et tu le sais
Tu n’es qu’à un mot près
de ce point
à partir duquel la vérité
se manifeste
et qui cligne
au bord de la fenêtre
ouverte
de ton carnet
pour guider tes yeux
au-delà
de ce qu’ils voient.
Géraldine
Tu n’es plus très loin
et tu le sais
Tu n’es qu’à un mot près
de ce point
à partir duquel la vérité
se manifeste
et qui cligne
au bord de la fenêtre
ouverte
de ton carnet
pour guider tes yeux
au-delà
de ce qu’ils voient.
Géraldine
Tu peux lire des poèmes
n’importe quand
et, surtout,
entre deux nuages.

La réception d’une biographie
Votre biographie est terminée mais, en vérité, tout commence. La fin de l’écriture de l’ouvrage marque la révélation de vous-même aux yeux de vos proches, de vos amis – voire de la société entière, si la biographie est publiée. Le temps du dévoilement est venu. Bien souvent, le narrateur est traversé d’enthousiasme et de peur. Il est pressé de montrer le livre et il en retarde l’échéance. Et cela se comprend… Quoi de plus intimidant que la réaction (ou le jugement d’autrui) vis-à-vis de l’œuvre la plus intime qui soit : celle d’une vie ?
Je peux vous accompagner pendant cette étape cruciale en présentiel ou à travers ce billet.
Dans tous les cas, je demeure présente comme je l’ai été lors de l’écriture, pour vous accompagner dans la seconde et palpitante aventure qu’est la réception de votre biographie.
D’autres articles vous attendent bientôt sur ce site :
Tenir entre mes mains le livre de ma vie.
En quoi l’écriture de mon livre de vie m’a-t-elle changé ?
Géraldine Andrée
J’écris pour oublier
l’écho de mes pas
dans les pièces vides
de la maison natale.
Bien sûr, mon cahier ouvert
est aussi un vaste
espace
où je me perds.
Mais quand je m’y glisse,
les murs et les planchers nus
de mon enfance
s’évanouissent.
Délivrée de la mémoire
qui m’entrave,
me voici aile ou voile
devenue.
Et sur mon passage
qui soulève
chaque page,
le silence
se fait pétale.
Géraldine
Elle cache ses poèmes
Elle garde
pour ses seuls yeux
leur flamme bleue
qui pourrait éclairer le monde
Elle sent la lumière
de leur encre
qui vit qui vibre
au point de se confondre
avec son âme
Mais comme elle a peur
que les autres
la trouvent
ridicule
étrange
voire
anormale
elle dédie
leur souffle
au silence
et elle cache
leur grâce
dans l’armoire
de son enfance
la nuit épaisse
des tiroirs
entre des feuilles
couvertes
de théorèmes
dans la reliure
d’un vieux roman
sous son oreiller
comme autrefois
quand elle offrait
ses dents de lait
à la fée
de sa chambre
dans son journal
intime
qu’elle ferme
avec un cadenas
doré
Il lui arrive
même
de cacher
ses poèmes
dans son corsage
et elle rêve
que ce sont des billets
doux
que la main
d’un amant
aurait glissés
au creux de ses seins
comme dans la corolle
d’une fleur
de jasmin
Quand elle marche
elle sent que le papier
palpite
contre sa peau
telles des ailes
prêtes à s’ouvrir
Elle pourrait
laisser les poèmes
s’envoler
mais elle les couve
encore
et toujours
frêles oiseaux
prisonniers
de sa cage
thoracique
où s’affole
parfois
sans crier gare
son cœur
Elle reste donc
bien
à sa place
à écouter
patiemment
les autres
parler
de choses
et d’autres
qui ne la touchent pas
Géraldine
Je t’ai cherché longtemps
dans la nuit de ma mémoire.
Et je me suis retrouvée,
éclairée par la lampe du soir.
Une évidence désormais
m’apparaît nettement :
le souvenir de ton visage
est mon miroir.
Géraldine
Rentrer à la maison
Ôter la clé du cordon
comme lorsque je revenais
du lycée
Avancer dans le silence
du couloir
pour m’asseoir
dans le fauteuil profond
et reprendre
mon souffle
que la vie avait rendu
trop court
Couvrir ma tartine
de cette confiture
chaude
de reines-claudes
toute dorée
dans son compotier
de faïence
lavé ensuite
sous la lumière
limpide
avant d’être rangé
dans la crédence
Songer au soir
où je m’abandonnerai
à la lavande
des draps dépliés
Mais pour le moment
être le témoin
dans ma mémoire
des retrouvailles
entre le sourire
et le regard
qui s’étaient quittés
de l’autre côté
du miroir
Ouvrir l’armoire
et renouer
contact
avec le signet
de mon journal
intime
Voir
qu’aucun mot
de mon histoire
n’a été effacé
et que cette rencontre
ultime
avec l’ancienne
adolescente
qui écrivait
dans son cahier
était inscrite
depuis toujours
par une plume invisible
Me dire alors
que c’est l’heure
de porter ma robe d’été
à la couleur ciel
dont les bretelles
se croisent
sur mon cœur
de franchir
le seuil secret
qui mène
à la blanche
allée
bordée
de roses-thé
et de cheminer
jusqu’au point
sautillant
du chaton
Filou
qui joue
en m’attendant
avec un brin de foin
roux
parce qu’il n’y a plus de doute
J’ai gardé
en moi-même
l’invincible
espoir
d’être aimée
un jour ou l’autre
N’ai-je pas maintenant
dix-sept ans
pour l’éternité ?
Géraldine