Publié dans Un cahier blanc pour mon deuil

Je ne t’ai pas entendu entrer

Je ne t’ai pas entendu entrer,

penchée que je suis

sur mon cahier,

car c’est dans le silence

d’une goutte d’encre

que tu viens

désormais

me parler.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Créavie, Grapho-thérapie

Je suis attirée par la page

Je suis attirée par la page comme par l’infini.
Lorsque j’ai joué, ri et dansé sous les étoiles d’été, je reviens à l’encre.
Je profite de la moindre lueur pour noter tout ce que j’aime.

Et lorsque j’ai de la peine,
lorsque je cherche un astre dans la nuit noire,
je trace le chemin d’une phrase sans savoir où il me mène,

quitte à oublier qui je suis,
petit point gris dans la blanche lumière de l’espace
à partir duquel commence l’infini.

Géraldine Andrée

Publié dans Art-thérapie, Méditations pour un rêve, Mon aïeul, mon ami., Mon aïeule, mon amie

La couleur de l’encre des anciens amants

Le jour où je retrouverai la couleur de l’encre des anciens amants,

le jour où je saurai si sa couleur est bleue comme la mer disparue au large de l’azur, rouge comme les lèvres closes après les murmures, verte comme les feuilles entre les fleurs ou noire comme la mort qui détache du coeur la frêle corolle d’un souffle,

alors, j’écrirai cette lettre

à l’encre où tous les ciels se mêlent,

pour remercier les anciens amants

de m’avoir fait croire à leur rêve qui prolonge l’espoir.

Géraldine Andrée

Publié dans C'est la Vie !, Créavie

Mon chemin de vie

Mon chemin de vie :

noter tout ce qui passe, les instants présents comme les souvenirs

(ma mère, par exemple, qui parle de sa bicyclette d’adolescente qu’elle jure posséder toujours, de l’enfant qui aurait pu naître et qu’elle voit grandir, de sa malle égarée, des visages et des noms qu’elle sait ressusciter en oubliant qu’ils désignent des défunts)…

La vie n’est qu’une paupière qui s’ouvre puis se ferme.

Rien ne dure et pourtant, l’on retrouve si nettement le quartier de son enfance, l’éclat des après-midi passés dans le jardin et la course de la route !

C’est tout cela que je veux écrire et, comme je ne l’attraperai jamais tout à fait, en garder l’éclat dans la goutte d’encre qui précède le mot, comme la mémoire attrape la lueur de ce papillon qui s’échappe encore

alors que l’on croit l’avoir saisi en plein vol…

Géraldine Andrée

Publié dans Mon aïeule, mon amie

Le village natal

Tu es partie de bon matin…

Tu as pris le bus avec les autres et tu es revenue à ton village natal,

Chaudeney que je ne peux m’empêcher de faire rimer dans le silence de mes pensées avec l’adjectif « née ».

Tu as retrouvé la place avec la fontaine claire, les bancs sous les marronniers, l’église où tu as été baptisée…

Pendant un instant, tu as cru voir la jeune Jeanne sur sa bicyclette fendre les rues comme un rayon de soleil transporté par la brise.

Le clocher a sonné midi.

Ce n’était pas l’heure de la sortie de l’école. Cela ne le serait plus jamais dans cette vie-ci.

Et pourtant, les notes du carillon ont cogné contre ton coeur comme des cailloux lancées par des chenapans qui se font la course.

Tu me dis dans un bref battement de cils :

« Tout est là.

La vie. L’enfance. Tout ça.

Moi seule je passe.

C’est moi qui ne dure pas. »

Géraldine Andrée

Publié dans C'est ma vie !, Le cahier de mon âme

Un extrait de mon journal

Le 29 juin 2019

Dix jours que je ne suis pas revenue à ce journal…
Dix jours que je ne suis pas rentrée chez moi, que je ne me suis pas posée sur le papier…
Dix jours que je n’ai pas ouvert ce cahier comme une porte secrète qui donne sur la mer…

Mais me voici.

J’écris entre ombre et soleil sur ma terrasse, assise à ma petite table ronde.
Je viens d’étendre ma lessive.
Le temps fleure bon le savon, le café, le vent dans les fleurs…
Je suis bien ici.

Tout s’organise autour de mon cahier :
le silence du matin étoilé de bourdonnements, le craquement des herbes qu’un pas dérange, le cliquetis de mon store qui s’agite légèrement sous un souffle de passage, une porte qui bat quelque part…

Je l’ai déjà écrit dans un autre cahier mais je le réécris

https://lencreaufildesjours.com/2019/04/05/noter-chaque-jour-le-moment-et-lendroit/


Je me fais le serment de toujours noter l’heure et l’endroit où j’écris.

Que la couleur de l’instant présent se reflète dans l’encre qui sèche doucement.

Noter la lueur qui est là encore, au bord du mot…

Connaître, en suivant le chemin d’une phrase nouvellement tracé, la géographie de mon âme…

Lorsque je suis de retour et que je vois à mon réveil le soleil filtrer dans la fente des volets, je sais que je vais renaître pour un jour sur la page qui commence.

Et c’est Tout ce qui m’importe.

J’oublie mon voyage comme si c’était une autre vie.

Géraldine Andrée

Publié dans Journal créatif, Méditations pour un rêve

Mon rêve de vacances

Mon rêve
de vacances :
écrire
pendant
que la mer
avance ;
qu’au mot
ultime,
elle caresse
ma page
et y laisse
un peu de sel,
preuve
qu’elle signe
à ma place…

Géraldine

Publié dans Créavie

J’écris pour retrouver

J’écris pour retrouver
en chaque mot
ce pétale d’or
que la lumière
dépose
sur le coeur
des choses,
là-bas…

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

J’écris parce que la Vie

J’écris parce que la Vie
est une histoire en Soi.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie

L’écriture est là

L’écriture est là, même quand je m’en éloigne.

L’écriture m’est fidèle, même quand les obligations, les contraintes, les vicissitudes m’exilent de la page.

L’écriture irrigue mes silences, aussi sûre que le murmure de mon sang sous ma peau.

Elle obéit à son propre courant dont la loi est de couler vers moi, embouchure devenue depuis ma naissance.

Et lorsque le calme revient, que j’entre enfin déchaussée dans ma chambre douce,

je m’en retourne à mes cahiers comme à une source.

Géraldine Andrée