J’écris
tout ce qui doit
être nommé
chaque peine
comme
chaque joie
J’écris
pour recréer
ce qui demande
à exister
y compris
les soupirs
de regret
voués
à l’oubli
J’écris
ce en quoi
il est encore
impossible
de croire
la victoire
d’une aurore
invisible
Géraldine Andrée
Catégorie : Créavie
Haïku
Quand j’écris
la rive s’efface
dans l’océan
Géraldine Andrée
Les longs après-midi d’été
Ah ! Les longs après-midi d’été passés à la bibliothèque !
L’ombre fraîche qui enveloppe les bras…
L’écho frêle des sandales
sur le plancher de bois…
Les chuchotements autour des lampes…
Et voici, échappé d’une étroite fenêtre,
ce rayon de soleil
venu désigner entre tous
le titre de ce livre
à la couverture rousse
qui t’emportera dans son pays
que tu ne connais encore pas
mais où tu es destiné à naître
et à vivre
pendant un mois…
Géraldine Andrée
Sans titre
J’écris pour retracer
le battement
de mon coeur d’enfant
Géraldine Andrée
Sur cette feuille
Sur cette feuille,
deux points
font un pont.
Un peu d’encre
suffit
pour qu’une rivière
coule,
emportée
par son souffle.
Quelques mots
disent
l’essentiel,
la profondeur.
Et quand
votre regard
est arrivé
en bas
de la feuille,
au plus près
de l’endroit
où bat
votre coeur,
une seule
goutte
de silence
contient
votre présence.
Géraldine Andrée
Haïku
Ah le bonheur
de souligner au soleil
les mots essentiels
Géraldine Andrée
L’écriture de l’oubli
Quand j’écris, j’oublie le temps
car c’est ma plume qui passe
et qui donne à ma vie
le rythme juste.
Géraldine Andrée
Lorsque tu ne sais pas
Lorsque tu ne sais pas
où tu vas,
prends
une page
blanche
et vois
comme il y a
des chemins
qui se font visibles
dès que tu passes
avec confiance,
et dont tu peux suivre
à l’infini
la trace
selon le sens
de ton désir…
Géraldine Andrée
Trois joies d’écriture
- Quand j’ai reçu mon prix littéraire à quatorze ans et que je ne m’y attendais pas. Je me souviens de ma petite machine à écrire noire de jais qui, au fil de son ruban, m’a menée à cet honneur.
- Mes vacances au bord de la Mer Noire en l’an 2000. Les nouvelles rencontres dans le vent qui soulevait le sable sur la trace de mes pas. J’ai tenu alors un Journal d’Amour pour ne pas oublier.
- Mes vacances à Cala Ratjada. L’inspiration qui me venait du bleu et ma solitude riche de tous mes cahiers. Je n’écrivais alors plus que pour moi. Le chemin tracé par ma plume était suffisant.
Ecrire la Vie avec les expériences, les sensations, les sentiments.
Il m’est possible de tout éprouver avec ma peau comme avec la page.
J’écris la Vie avec le souffle de ce qui passe, le sucre des fruits, la musique d’un violon, la danse d’une caresse au bord de l’épaule, les verts de la colline, la senteur des arbres sur un sentier de printemps.
J’écris la Vie avec les pétales des pommiers, avec tout ce qui disparaît pour renaître dans des couleurs jumelles.
J’écris la Vie avec les lueurs des larmes et les éclats de rire, le sourire de la lune au coeur de la nuit.
S’il m’est possible d’écrire la Vie, il m’est possible de revivre ces instants uniques autant de fois que l’encre ranime mes mots.
Géraldine Andrée
Graphothérapie personnelle
Ecrire m’a souvent sauvé la vie.
Ecrire m’a souvent aidée à vivre.
Grâce à des notes brèves, des fulgurances, des mots éclatants comme des météores,
j’ai découvert que le bonheur, pour moi, était fait de moments :
le chant des oiseaux dans la lumière de juin, lorsque j’ouvre ma fenêtre au matin ;
entendre le bruit de la mer pas très loin ;
une tasse de thé près de mon livre ;
trois gouttes de jus de citron sur du bon poisson grillé ;
une fleur accrochée aux cheveux de ma mère ;
le silence au réveil et le bruit de ma respiration…
L’encre qui brille sur la page est devenue mon miroir.
Je m’accepte inconditionnellement en me relisant, sans fard, avec tous mes défauts et toutes mes qualités, toutes mes faiblesses et toutes mes forces, tous mes échecs et toutes mes réussites, tous mes manques et toutes mes ressources.
Le mouvement du stylo, le lent déroulé de la phrase, la vague du texte qui s’avance sur la page m’ont suggéré d’aller à mon propre rythme, comparable à nul autre.
Une métaphore surprenante ? C’est le signe que je m’abandonne à Plus Puissant en Moi !
Et le silence de la chambre qui entoure l’île de mon cahier me met à l’écoute des murmures de mon temps intérieur.
Arriver à la dernière ligne, c’est rapprocher ma main de mon coeur.
L’action rencontre alors le sentiment et la volonté, l’intuition.
Ecrire m’invite à chaque instant à être l’auteur de mon propre bonheur.
Géraldine Andrée
