Écrire si tard et si longtemps que mes mots se confondent avec la nuit
qu’il n’y a plus de frontière entre ma page et l’univers
que les deux espaces se mêlent
devant moi devenue
seule fenêtre
Géraldine
Écrire si tard et si longtemps que mes mots se confondent avec la nuit
qu’il n’y a plus de frontière entre ma page et l’univers
que les deux espaces se mêlent
devant moi devenue
seule fenêtre
Géraldine
-Pourquoi tu écris ? Cela ne sert à rien, de toute façon!
-Le bien n’est pas forcément utile ! Et écrire me fait du bien !
-Personne n’aura envie de te lire !
-Une personne très importante me lira plus tard : Moi !
-Tout a déjà été dit !
-Mais moi, je veux le dire avec ma voix singulière !
-Tu écris de manière stéréotypée ! Tous ces clichés, ces poncifs…
-J’écris comme je sens et comme j’éprouve… La sincérité est incompatible avec la volonté de créer des effets littéraires.
-Tu perds ton temps à écrire !
-Écrire me permet d’améliorer ma vie, le seul temps qu’il m’ait été donné !
-Écrire t’empêche de vivre !
-Écrire me permet de vivre, avec plus d’intensité, d’acuité, de conscience…
-Si tu crois que tu vas réussir… Ce que tu écris est tellement plat…
-Mes échecs d’aujourd’hui sont mes réussites de demain.
-Tout le monde écrit !
-Et je fais partie de ce monde, moi aussi !
-La lessive et le rangement t’attendent !
-Justement ! Écrire me permet de nettoyer, plier et ranger mes pensées.
-Je vois bien que tu te fuis dans l’écriture.
-Je te fuis, toi ! Et en faisant cela, je me sauve.
-Qui es-tu pour écrire, enfin ?
-Quelqu’un !
Géraldine
Tu n’es plus très loin
et tu le sais
Tu n’es qu’à un mot près
de ce point
à partir duquel la vérité
se manifeste
et qui cligne
au bord de la fenêtre
ouverte
de ton carnet
pour guider tes yeux
au-delà
de ce qu’ils voient.
Géraldine
La réception d’une biographie
Votre biographie est terminée mais, en vérité, tout commence. La fin de l’écriture de l’ouvrage marque la révélation de vous-même aux yeux de vos proches, de vos amis – voire de la société entière, si la biographie est publiée. Le temps du dévoilement est venu. Bien souvent, le narrateur est traversé d’enthousiasme et de peur. Il est pressé de montrer le livre et il en retarde l’échéance. Et cela se comprend… Quoi de plus intimidant que la réaction (ou le jugement d’autrui) vis-à-vis de l’œuvre la plus intime qui soit : celle d’une vie ?
Je peux vous accompagner pendant cette étape cruciale en présentiel ou à travers ce billet.
Dans tous les cas, je demeure présente comme je l’ai été lors de l’écriture, pour vous accompagner dans la seconde et palpitante aventure qu’est la réception de votre biographie.
D’autres articles vous attendent bientôt sur ce site :
Tenir entre mes mains le livre de ma vie.
En quoi l’écriture de mon livre de vie m’a-t-elle changé ?
Géraldine Andrée
J’écris pour oublier
l’écho de mes pas
dans les pièces vides
de la maison natale.
Bien sûr, mon cahier ouvert
est aussi un vaste
espace
où je me perds.
Mais quand je m’y glisse,
les murs et les planchers nus
de mon enfance
s’évanouissent.
Délivrée de la mémoire
qui m’entrave,
me voici aile ou voile
devenue.
Et sur mon passage
qui soulève
chaque page,
le silence
se fait pétale.
Géraldine
Je me demande souvent pourquoi je tiens un blog.
Qu’est-ce qui me motive à écrire des billets jour après jour, semaine après semaine ?
Ai-je envie d’être lue ? Peut-être, mais ce n’est pas ma seule motivation, car je n’ai pas tant de lecteurs que cela… Alors, hormis la quête d’un éventuel lectorat, quelle est cette force instinctive qui me pousse à aller sur mon tableau de bord et à cliquer sur le signe + pour rédiger un billet ?
Afin de trouver une réponse parmi d’autres, je remonte au souvenir de la création de mon premier blog en 2007. Celui-ci était alors hébergé par skynet, plateforme qui a, depuis, fermé ses portes pour les blogueurs.
Jusqu’en 2007, j’écrivais en secret. Certes, j’avais participé à quelques concours littéraires qui m’avaient très honorablement primée. Mais mes textes étaient réunis dans différents cahiers, comme pendant mon adolescence. Des cahiers de toutes les couleurs, de tous les formats, de toutes les textures, souvent raturés.
Parfois, il me venait l’envie de dactylographier ces brouillons. Alors, je les tapais sur ma machine à écrire noire de jais avant de faire dupliquer et relier leur version définitive dans un magasin de photocopies. J’en ai retrouvé beaucoup dans des porte-documents datant de plus de vingt ans ou réunis dans une maquette plastifiée, dont la spirale avait quelque peu rouillé ou s’était détachée du papier.
Attendrissement.
Cependant, quelque chose en moi trépignait. Mes textes – nouvelles, poèmes, récits, débuts de roman – avaient beau être classés, le silence de mon secrétaire profond les recouvrait d’oubli.
En 2007, après la lecture du livre d’Eva Arcady, Dépendance affective, oser être soi pour s’en libérer, qui répertoriait en annexes certaines références dont le blog de peinture spirituelle de cette autrice, je suis allée sur la plateforme qui hébergeait son travail.
Je me souviens. C’était un dimanche pluvieux de printemps. Cette simple question m’a saisie :
Et si je créais mon blog, moi aussi ?
C’est ainsi qu’est né https://lavieartistiquedegeraldine.wordpress.com/ (La vie, œuvre poétique), réunissant des poèmes de tous les styles, de tous les genres, de toutes les formes. Certains furent le point de départ de la publication de recueils ultérieurs. À cette époque, j’achetais dans des boutiques d’art des images que je scannais puis téléchargeais. Je passais beaucoup de temps à développer ma créativité. La vie de ce blog « s’épanchait dans la vie réelle » pour reprendre une expression du poète Gérard de Nerval. La vie artistique de Géraldine reflète vraiment l’évolution de mon écriture sur dix-sept années. Quand je relis des billets datant de 2007-2008-2009, je suis surprise par mes trouvailles et mes maladresses. J’ai l’impression que c’est une autre qui a écrit tous ces billets et que je ne suis plus « cette femme-là ».
Ensuite, me projetant déjà inconsciemment dans la publication de livres, je décidai de donner au blog une ligne directrice, un thème, une tonalité.
C’est ainsi que le blog initial La Vie artistique de Géraldine, migré chez WordPress, a tissé de nombreuses ramifications.
Un autre blog est né, consacré, lui, à des textes plus intimistes, sensoriels et nostalgiques : https://sensualitedesmots.wordpress.com/ (Les mots sont sensuellement possibles), alors que le blog précédent était davantage dédié à une inspiration cosmique, artistique et spirituelle.
Puis, j’ai créé un blog de poèmes courts, si brefs que leur concision est à la limite du haïku : https://petitesobservationsdujour.wordpress.com/ (Pensées du jour neuf). Je voulais produire un effet saisissant sur mon lecteur, au moyen de textes proposant une réflexion philosophique et introspective sur l’universalité de la condition humaine.
Enfin, le site https://quevivelavie.wordpress.com/ (Que vive la vie en vous) a vu le jour, dans l’objectif de relier la littérature au développement personnel.
Et ce site https://lencreaufildesjours.com (L’Encre au fil des jours) a professionnellement mis l’écriture au service d’autrui, dans une perspective biographique et thérapeutique.
Le point commun de tous ces sites montre combien les mots nous rendent intemporellement vivants. Chacun de mes blogs converse avec les autres, par la parution de billets appartenant à un site sur la page respective des autres sites, permettant ainsi une promenade littéraire, si le lecteur le désire.
Alors, pourquoi je blogue ?
Autant en identifier les raisons puisque je passe beaucoup de temps à cette activité non lucrative (chaque Newsletter est gratuite et le restera).

Je blogue parce que
Tu peux m’objecter, cher lecteur, que les textes publiés sur Internet sont virtuels, fragiles. Ils peuvent disparaître comme ils sont apparus, dans le battement d’ailes d’un instant.
C’est vrai. Mais le papier que tu tiens entre tes mains peut se déchirer, brûler, se perdre, lui aussi. De surcroît, ne jaunit-il pas avec le temps ? Les mots ne s’effacent-ils pas au fil des ans ? Je connais des lettres d’amants dont l’encre s’affadit à fleur de blanc… Il ne reste plus que la frêle empreinte de leur passage dans une neige un peu brune…
L’écriture n’est pas indélébile, car la vie est éphémère.
Et toi, pourquoi blogues-tu ? N’hésite pas à me faire part de tes réflexions. Nous pourrons ainsi créer ensemble un petit atelier d’écriture… en ligne !

Géraldine
Je rêve que je retourne à la maison natale. Et le présent est doux, comme autrefois. Rien n’a été emmené par les commissaires-priseurs. Tous ces cartons ouverts n’étaient qu’une illusion, un cauchemar des mauvaises nuits de l’enfance…
Il y a là, comme jadis,
les prunelles des miroirs entourées d’or,
les fauteuils si profonds que l’on s’y ensevelit,
la table avec les feuilles étoilées d’équations de mon père,
le buffet dont je sens sous mon pouce la patine du bois.
Il suffit que je tourne la petite clé argentée
pour explorer d’un œil neuf le royaume des assiettes et des tasses de porcelaine.
On va bientôt préparer un bon dîner…
Mais c’est donc moi, l’invitée !
Ma mère me reçoit, souriante. Elle a le visage clair, les cheveux auburn et les yeux bien bleus. Enfin, je peux la regarder en saisissant une étincelle, avoir une conversation avec elle, même si elle paraît banale :
– Tu as fait bon voyage ? Tu n’as pas eu trop froid ? Je trouve que tu n’es pas bien couverte !
Pourtant, c’est plutôt à moi de demander à ma mère si elle a fait bon voyage depuis le pays d’Alzheimer. Et je m’entends m’exclamer :
– Cette fois, tu es revenue pour toujours, dis ?
– Oui ! Viens ! J’ai préparé du bon potage !
Je peux m’asseoir, délier mes jambes. La lampe éclaire l’ambre des légumes.
Une pincée de crème… « Il n’y a plus qu’à tourner avec la petite cuillère », me dit ma mère.
Je vais bien dormir et faire de longs rêves au cours desquels la plante délaissée refleurira – j’en suis certaine. Je suis tout étonnée que la lointaine véranda du passé se recrée autour de la plante aux fleurs roses et qu’elle reflète le jardin que je croyais détruit à jamais. Juste là, je vois la longue allée de cailloux, puis l’éternel marronnier, l’échelle qui monte à la cime du mirabellier, le sapin mauve quand le soleil s’y pose.
Un pas de plus… Et le contact du carrelage me saisit. Un frisson me traverse. La véranda est nimbée d’une fraîche lumière. Je boutonne sur mon cœur le gilet de mes treize ans. Sur la table basse, ma mère a déposé la cagette des dernières prunes. J’ai envie d’en choisir une… Il faut que je me dépêche avant que n’apparaissent sur leur peau des taches brunes, comme sur les mains de ma mère quand elle a vieilli.
Mais pour l’instant, le temps est encore un enfant.
La preuve, dès que je m’approche, le chemin est à la hauteur de mes doigts.
Alors, je commence à écrire.
Géraldine
Si je n’écris pas, j’ignore où est ma terre intérieure – dans l’âme, l’esprit ou le cœur ?
Si je n’écris pas, aucun de mes désirs n’est repérable.
Si je n’écris pas, mon unique destination reste cachée.
Si je n’écris pas, ma destinée est en pointillés.
Si je n’écris pas, je ne peux modifier ma vie.
Si je n’écris pas, ce sont les autres qui parlent en mon nom.
Si je n’écris pas, ma voix est perdue dans la constellation infinie des voix.
Si je n’écris pas, j’hésite à tracer une frontière avec ce qui ne m’appartient pas.
Si je n’écris pas, je renonce à aborder l’au-delà en moi.
Si je n’écris pas, la rive salvatrice n’est qu’un point lointain.
Si je n’écris pas, mon présent m’échappe et mon avenir n’est lisible sur aucune carte.
Si je n’écris pas, j’abandonne à la nuit toutes les étoiles que l’Univers m’a données.
Si je n’écris pas, mon rendez-vous avec la vérité est hypothétique.
Si je n’écris pas, je laisse l’écho répondre à l’appel d’un potentiel ami.
Si je n’écris pas, personne ne peut savoir d’où je viens.
Si je n’écris pas, je garde les portes closes.
Si je n’écris pas, toute récolte est vaine.
Si je n’écris pas, je refuse d’être le témoin des signes qui se déposent sur mon seuil.
Si je n’écris pas, il me faut voir l’aurore pour croire.
Si je n’écris pas, la vie s’efface en silence.
Et seul un triste sourire
Se dessine
Devant la question essentielle :
“À quoi tu penses ?”
Géraldine Andrée
Dans mon cahier achevé
une note de bas de page qui me renvoie au texte d’un autre cahier
pour compléter ce que j’écris
Cahier rose Oberthur
Poème
Et si je n’écris pas
Page 105
L’écriture comme un jeu de pistes qui me mène toujours plus loin
où une trouvaille m’invite
à faire une autre trouvaille
Écrire c’est aller
d’étoile en étoile
Et j’ouvre la malle d’osier blond
dans laquelle m’attend
Le Cahier rose Oberthur
C’est toute une aventure
de le feuilleter jusqu’à la page dite
J’accomplis une véritable
traversée de mon être
Ce pays fait
de sources de souffles
qui m’ont laissé
leurs méandres que sont mes phrases
débordant des marges
pour que je puisse suivre
jusqu’à ma destination
le dessin de mon dessein
Puis lorsque je trouve
le morceau choisi
mon cœur palpite
Je me réjouis
d’avoir répondu
à l’appel
de cette amie
qui a songé
au cœur de l’automne 2022
à me confier cette question
lorsque j’éprouverais
l’immense désir
d’y répondre
et qui n’est autre
que Moi-Même
par-delà les jours :
Et si je n’écris pas
Que m’arrive-t-il
Géraldine