Écrire avec le noisetier : un voyage intérieur
Alors, je me suis dit :
– Ouvre la fenêtre de ton carnet !
Et c’est ainsi que le noisetier m’est apparu, au milieu de la rosée et des rires des enfants qui ont vieilli…
J’avais perdu la foi de revoir le noisetier d’autrefois et pourtant, le ciel me l’a rendu et l’a enraciné dans ma mémoire.
J’ai compris que ses feuilles étaient désormais ma famille et que ses branches tremblantes dans le vent seraient pour toujours mon refuge le plus sûr.
Tout ce que j’ai confié à son ombre du haut de mes dix ans s’est envolé.
Mais cette ombre et moi, nous nous souvenons que ces confidences ont été déposées là où s’inscrivit la trace de mes genoux. Je ne reproche pas aux neiges et aux pluies d’avoir effacé de cette terre la preuve de l’enfant que j’étais. Je n’entretiens aucune rancœur envers le temps qui a passé, car le noisetier est aujourd’hui à la hauteur de mon cœur quand j’écris.
Finalement, j’ignore qui a attendu l’autre pour grandir. Mais je sais qu’en revenant avec ma plume vers mon ancien désir d’être aimée, je suis le noisetier, comme le noisetier est moi – l’adulte et la fillette réconciliées.
Ses feuilles et mes feuillets entretiennent une correspondance qui me fait prendre conscience que j’écris parce qu’il existe et qu’il existe parce que j’écris.
Géraldine Andrée


