J’écris
pour trouver
le mot
qui contient
toute
la Vie
Géraldine Andrée
J’écris
pour trouver
le mot
qui contient
toute
la Vie
Géraldine Andrée
J’écris juste après le déjeuner, sur la table de ma salle à manger, à côté de ma tasse de café, au moment où le soleil arrive à point nommé sur ma main qui tient le stylo.
J’appelle cet instant d’écriture Le Rendez-Vous avec la petite vague d’or.
Géraldine Andrée
A l’heure où l’on doit rester chez soi, c’est le moment, je crois, de tenir un journal des confins qui nous mènera, de ligne en ligne, aux confins de soi.
Certes, nous sommes enfermés désormais dans une sorte de routine. Et pourtant, le journal des confins nous ouvre à tous les temps possibles, celui des rêves, des désirs, des projets ; le temps en suspens du repos aussi.
Nous vivons dans un espace limité. Mais la page du journal, malgré son cadre, nous révèle un vaste espace, jusque là insoupçonné. L’heure a sonné. Nous pouvons vagabonder parmi nos souvenirs et nos visualisations futures, aller très loin jusqu’à ce point de nous-même que nous ne connaissons pas.
Il nous est impossible de voyager ? Pourtant, le journal des confins fera apparaître le tracé d’un chemin dont la destination – j’ai envie d’écrire destinée – est le pays de l’être.
Tout cela est très théorique, me direz-vous. Mais qu’en est-il de la pratique ?
S’il n’y avait pas eu le confinement, je vous aurais conseillé d’aller acheter un beau cahier. Commencer un journal est toujours une fête célébrant l’odeur de la page neuve et son éclat blanc. C’est une sorte de noce entre vous et vous-même.
Dans les circonstances actuelles, vous pouvez prendre un cahier que vous n’avez pas terminé, lui redonner vie par quelques coloris ou votre encre d’aujourd’hui.
Voilà ! Vous y êtes !
J’ai souvent pensé que l’écriture était une thérapie.
Le journal des confins ne sera pas toujours confortable. Il vous emmènera parfois là où vous ne voulez pas vous rendre.
Vous vous ennuyez ? Les mots qui décriront votre ennui accentueront le vide, le silence de la ville, ce jour où il n’y a rien à faire, appelé « vacance ». Mais peu à peu, dans cette vacance, vous deviendrez sensible à la tache de soleil sur votre poignet, à la cloche de l’église qui tinte tout de même, à la première goutte de pluie qui luit sur la rambarde de votre fenêtre. Vous serez arrivé à point nommé dans votre instant.
Vous ne supportez plus votre famille ? Vous la trouvez trop envahissante ? Le journal des confins sera votre univers. En vous y réfugiant, vous pourrez faire remonter à la mémoire les vieux litiges que vous entretenez encore avec cette famille et que vous avez refoulés profondément en vous, les limites abusivement franchies. Les phrases inscrites sur votre cahier vous montreront la voie pour résoudre ces conflits ou prendre votre indépendance émotionnelle.
Vous vous disputez avec votre conjoint ? Le journal des confins mettra à jour les blessures d’enfance qui se rouvrent dans cette relation, les scénarios qui s’y rejouent inconsciemment. Il sera le miroir de toute la vérité de cette histoire amoureuse. Faudra-t-il la continuer ou au contraire la rompre, si vous ne vous sentez pas respecté(e) ?
Vous avez vraiment du mal à cohabiter avec vous-même ? Le journal des confins vous invitera à identifier ce que vous n’aimez pas en vous ; il éclairera les parties à fortifier, à réparer, à dorloter, et ceci, dans le but de vous accepter totalement vous-même, d’occuper toute la place du pays de votre Être.
C’est ainsi que vous vous habiterez, indépendamment des réactions des autres et des fluctuations des circonstances extérieures.
Remplissez, avec quelques gouttes d’encre, tout le présent de votre présence.
Personnellement, j’ai donné naissance à ce journal, hier.
Les confins ne sont jamais très loin…
Je vous souhaite un beau commencement tout en haut de la page blanche !
Géraldine Andrée
Je ne sais pas comment sera Demain
Alors j’écris
Je trace avec ma main
Mon chemin
Ma ligne de Vie
Géraldine Andrée
Mon cahier neuf,
tu es le silence qui m’accueille
dans son berceau de feuilles.
Géraldine Andrée
J’aime cette petite voix
qui me dit
au coeur
de l’après-midi
Viens
On écrit
quand
le soleil
des feuilles
tremble
et que le sens
de ce souffle
n’importe plus
puisque seule
compte
sa présence
Géraldine Andrée
En ces temps difficiles, je souhaite vous communiquer les bienfaits d’une activité qui développe la sérénité, la foi et la confiance inébranlable en l’Univers :
L’écriture de la gratitude.
Je me souviens du témoignage à la télévision, il y a quelques années, d’une jeune femme peintre, rescapée d’un accident de voiture. Cette jeune femme menait une vie qui ne lui convenait pas – un travail où elle gagnait beaucoup d’argent, mais qui l’épuisait, une relation amoureuse difficile. Un après-midi où elle rentrait d’une réunion professionnelle houleuse, un accident de voiture lui brisa les deux jambes qui durent être amputées. Condamnée au fauteuil roulant et envahie par la dépression, cette jeune femme entreprit une thérapie à l’hôpital. Et la thérapeute lui demanda de noter entre les séances, dans un petit carnet, toutes les choses sur lesquelles elle pouvait compter :
« J’ai deux yeux pour voir. C’est déjà ça.
Je peux saisir une tasse. C’est déjà ça.
J’ai des idées pour peindre. C’est déjà ça.
J’ai pu sortir aujourd’hui… Je fais des progrès. »
Au fil de ces listes de choses pour lesquelles sa gratitude s’exprimait, la jeune femme reprit confiance en la Vie. Et cet accident lui révéla son cadeau caché : un changement complet de direction qui l’amena à devenir peintre professionnelle.
L’être humain est ainsi fait : il se complaît souvent dans un état d’impuissance qui l’empêche de progresser. Il s’accroche aux drames, aux peurs, aux phobies individuelles ou collectives. Si le statut de victime doit être indéniablement reconnu, il importe néanmoins d’en sortir pour explorer – comme le dit Boris Cyrulnik – sa résilience.
Et le carnet de gratitude est un excellent outil thérapeutique pour cela. Nul besoin d’y noter des choses compliquées, des sensations extraordinaires, des événements exceptionnels. La source de l’inspiration est le quotidien. Il suffit simplement d’écrire :
Merci.
pour l’eau chaude de ma douche,
l’essence de ma voiture qui me permet de rouler loin,
mon stock d’oranges,
la visite de mon amie Jessica,
la présence de mes enfants…
L’écriture de la gratitude n’est pas un exercice de style, même si elle peut donner lieu plus tard à la publication d’une oeuvre sous forme de Journal comme Le Sel de la vie de Françoise Héritier. 1
Ce n’est, cependant, pas sa fonction première. C’est avant tout une activité qui vous relie à vous-même et qui vous permet de déployer votre confiance en l’existence, et donc en vos propres forces :
« Si la Vie, tellement généreuse, me donne déjà tout ça, il n’y a aucune raison qu’elle soit avare envers moi à l’avenir.«
Nul besoin d’être bien pour écrire sa gratitude. En fait, l’écriture de grâces est un excellent remède quand vous avez peur, que vous êtes triste, démuni.
En entraînant l’esprit à exercer sa créativité pour nommer les choses envers lesquelles la reconnaissance s’exprime, ce type d’écriture a permis à des femmes – des études le montrent – de surmonter l’épreuve du cancer du sein.
Je vous invite pour cela à découvrir le livre canadien Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves. 2
Vous pouvez adresser votre gratitude à une puissance supérieure, à Dieu si vous y croyez, au cosmos, à une étoile précise, mais aussi à vos proches et surtout à vous-même car, en étant attentif à ce que vous recevez, vous êtes la source du déversement de votre abondance.
Vous pouvez intituler votre journal Carnet de bienfaits, Cahier de Positivité, Carnet de mille mercis…
Allez dans une librairie-papeterie et prenez le temps de choisir votre carnet. Vous aurez beaucoup de choix entre le carnet tout simple à décorer soi-même et le carnet artistique, déjà orné de motifs ; le bullet-journal vierge et le bullet-journal préalablement organisé. D’autres supports s’offrent à vous : une page Facebook, un agenda, un blog. La gratitude s’exprime aussi merveilleusement bien dans un carnet de dessins, un album de photos, par la méthode du scrapbooking.
J’ai souvenance d’un carnet de gratitude qui m’a aidée à surmonter le deuil de mon père. Il s’organisait en jours, en mois, en saisons et, au printemps, j’ai découvert que mon regard changeait, mes pages se remplissaient plus facilement. Rien que la lumière d’une matinée ne me laissait plus indifférente…
L’essentiel est de vous exprimer librement et, pour compléter votre créativité, il est possible de lire 3 kifs par jour 3 ou Quatre plaisirs par jour au minimum ! 4
Nous ne pouvons contrôler les événements. Nous pouvons, en revanche, contrôler nos pensées, nos émotions, la manière avec laquelle nous nous sentons car nous sommes responsables de notre instant présent.
Je vous souhaite une belle écriture de votre gratitude !
Géraldine Andrée
1 Françoise Héritier, Le Sel de la vie de Françoise Héritier, éditions Odile Jacob, 2012
1 Anick Lapratte et Sylvie Ouellet, Pétales de vie : 12 stratégies à votre portée pour surmonter les épreuves, éditions Le Dauphin blanc, 2010
3 Florence Servan-Schreiber, 3 Kifs par jour, éditions Marabout, 2011
4 Evelyne Bissone Jeufroy, Quatre plaisirs par jour au minimum ! Les bienfaits du plaisir sur le corps et l’esprit, éditions Payot, 2009
Vous pouvez venir chez le biographe avec la liste de tout ce que vous avez fait depuis votre naissance.
Vous pouvez établir une liste des dates importantes correspondant à ces actes.
Vous pouvez raconter comment vous êtes devenu enseignant, chercheur, couvreur, plombier, commercial, mère de famille…
Là encore, ce que vous êtes, vous le faites.
Mais vous pouvez aussi écrire une autre biographie.
Celle des instants qui ont le plus compté pour vous,
celle qui va rassembler dans un récit des fragments de votre vie
que vous avez vraiment aimés
et où, tout simplement, vous étiez vous,
joyeux, vibrant, vivant :
un coucher de soleil, un matin au jardin, les marrons sur le chemin de l’école, la robe violette de vos dix ans, ce match de foot où vous avez gagné et où vous sentez encore le rouge du bonheur vous monter aux joues, les bâtons de réglisse pendant votre convalescence qui brunissaient votre bouche, votre costume de clown pour Mardi-Gras, les dessins de votre souffle sur la fenêtre…
Vous pouvez écrire comment la Vie s’est accomplie à travers vous,
une biographie de l’Être.
Géraldine Andrée
Toutes les spiritualités nous conseillent de nous ancrer dans l’instant présent.
Nous vivons tant dans le passé et dans l’avenir !
Mais comment faire, concrètement ?
L’écriture peut nous y aider.
Je m’assois en ayant conscience de l’appui de mon bras
sur la table de bois.
J’éprouve la texture
de la couverture de mon cahier,
le grain de son papier.
J’entends
le léger froissement
de la page qui se tourne.
Quand je débouche
mon stylo plume,
je capte l’étincelle
de sa pointe
qui danse
dans le soleil.
Et l’encre
me ramène
la senteur des sous-bois
de mon enfance
où j’ai inscrit
la trace de mon pas.
Puis, je vois
le jour
luire dans le mot.
Qu’importe le message.
Chaque phrase
contient sa vérité.
C’est ainsi que je m’ancre
dans l’instant
présent.
Vous aurez peut-être
d’autres manières
de faire.
Un tapis de méditation,
la conscience
du souffle
sont très utiles,
mais l’écriture
est aussi une respiration
qui nous rend
présents
à notre propre instant.
Ecrivez !
Et vous vivrez
qui vous êtes !
Ecrivez !
Et vous serez
en Vie !
Géraldine Andrée
Mon vieux
stylo
plume
allume
des mots
éclatants
Qu’importe
je crois
le temps
dans l’écriture
de soi
puisque
chaque
goutte
d’encre
de ma phrase
fait briller
un instant
Géraldine Andrée