Écrire sur l’écriture d’été
celle qui au cœur
de la profonde solitude
de mon enfance
remplissait ma chambre
d’une vie débordante
telle une mousse de lumière
dans une tasse transparente
et qui me faisait entendre
un cœur dans le silence
le mien celui de l’Autre
peut-être
l’écriture d’été où bourdonnait
une mouche aux reflets bleu acier
entrée par la fenêtre
légèrement entrouverte
Ce bercement de la plume
par ma main
entraînait le temps
tout de même
dans la rêverie immobile
d’un après-midi de juillet
et me conduisait à penser
que le temps et ma plume étaient liés
ma plume étant sûrement alors
plus puissante que le temps
avec son don de réversibilité
puisque je pouvais revenir
vers les jours
où j’avais été accompagnée
par cette amie feue depuis
éblouie
par un bouquet d’instants
qui retombait dans ma mémoire
ultime signe
de la fête bien vécue
Mieux encore
l’écriture d’été
me faisait sentir
malgré la mort
intensément présente
tandis que bruissait
de manière indifférente
le jet d’eau qui arrosait les plantes
Écrire sur l’écriture d’été
qui invitait le monde entier
à m’intégrer
moi ma solitude ma chambre
en révélant à ma conscience
combien les étoiles de l’eau
et les gouttes de mon encre
étaient parentes
dans mon indicible
désir
de ressusciter
le Désir
Géraldine Andrée
