Clore
les persiennes
pour garder
la senteur
de ta peau
et là entre
deux ombres
le souvenir
de la lueur
éteinte
depuis une heure
mais qui tremble
encore
sous le souffle
de notre ancienne
étreinte
Géraldine Andrée
Clore
les persiennes
pour garder
la senteur
de ta peau
et là entre
deux ombres
le souvenir
de la lueur
éteinte
depuis une heure
mais qui tremble
encore
sous le souffle
de notre ancienne
étreinte
Géraldine Andrée
Lorsque je ne peux tout contrôler,
que le destin a ses échéances,
lorsque je ne peux rien changer au comportement d’autrui,
que la maladie et la mort ont le dernier mot,
je reviens à la page.
J’y crée des chemins, des jardins,
des poèmes qui annoncent l’aurore
dans le mot Demain.
Je redécouvre mon pouvoir,
ma faculté de détachement
pour suivre, telle la feuille,
l’élan du souffle qui la mène un peu plus loin.
Je cesse de dépendre
des circonstances
pour être heureuse
et, dans le blanc de neige
du papier,
je trouve une rose
en sa floraison
qu’aucune bourrasque n’abrège.
Je sais que le temps de l’encre
m’apporte tous les possibles
et que cet espace
me permet de vivre.
Je puise
dans ce face à face
avec moi-même
de la force,
de l’audace
et je me vois mieux
que dans un miroir,
car j’ai enfin la certitude
que mon âme
accompagne
ma solitude
et elles peuvent bien creuser leur trace,
les rides sur mon visage !
Lorsque je reviens à la page,
que je puise
dans son silence
qui m’accueille
un murmure d’eau vive,
je me sens devenir grande
comme la majuscule
d’une phrase qui commence.
Géraldine Andrée
Je te trouve la peau du visage sèche.
Je te conseille de mettre un peu de crème Nivea.
J’en recueille une goutte au bout de mon doigt.
Tu approches ton index du mien
et en cueilles la moitié
dont tu enveloppes le pourtour de ta bouche
qui luit.
Je fais de même.
Les nuages de pluie
sont partis.
La chambre se baigne
d’une légère lumière bleue.
Tel était,
je crois,
le but de ma visite
d’aujourd’hui :
se partager à deux
une goutte de crème
dans l’éclaircie
d’une fin d’après-midi.
Géraldine Andrée
La lumière qui se mire dans l’encre outremer m’est destinée.
C’est un rêve qui me revient.
Je suis venue de l’infini sur cette terre pour étendre la Poésie sur le monde, l’incarner dans l’éclat d’un vers qui célèbre le regard et la présence à toute chose.
Ressusciter l’à jamais perdu , l’à jamais enfui et qui renaît soudain, sous l’aurore d’un mot,
un jardin, un enfant, un pas dans la neige d’avril et qui me suit tout le temps.
Géraldine Andrée
Prendre un jour le train en partance
Vers le Sud
Avec une réserve d’encre bleue
Pour écrire le mouvement des vagues
Jusqu’au regard
Et un cahier aux pages éclatantes
Comme un beau matin de silence
Sur l’océan
Géraldine Andrée
Elle reviendra, la lumière, dans l’ancienne demeure.
Elle sèmera ses pétales d’or sur le fauteuil, la crédence, le tapis
et on croira que la jeune Annie
depuis longtemps partie
sera rentrée de promenade,
chargée de mille fleurs.
On retrouvera le chant de source du silence
à partir duquel la vraie joie commence
et lorsqu’on passera devant le miroir,
on reverra le visage de notre enfance,
celui d’avant la conscience de l’adieu
et du sourire que l’on garde à jamais en mémoire,
au-delà des yeux.
Elle reviendra, la lumière,
aussi inattendue qu’un étincelle qui s’allume
au coeur de ce que nous fûmes.
Il faut juste croire
en la grâce
que cache
la patience.
Géraldine Andrée
Page blanche
Pause
Retourner ses paumes
puis fermer les yeux
Ne penser à rien
même pas au mot prochain
ce futur oiseau
dont chaque note
se destine
à une goutte d’encre
précise
Demeurer dans l’espace
où ne s’énoncent
nulle vérité
nulle formule
et où le regard
renonce
à tout signe
Avant de prendre
la plume
être le ciel
de son silence
sa propre
page blanche
Géraldine Andrée
Je veux,
au jour ultime,
compter
dans mes cahiers
intimes
tous les jours
où j’ai écrit
à l’aurore,
signe
que ma vie
fut bien
remplie…
Géraldine Andrée
ouvrir un livre sur une phrase au hasard, m’apercevoir qu’elle s’adresse intimement à mon âme et la recopier dans mon carnet
visionner des vidéos de développement personnel et spirituel
écrire dans mon cahier au début du jour : qu’est-ce que je ressens ? qu’est-ce que je peux améliorer ? quels sont mes rêves ?
faire mon bullet journal en variant les graphies
écouter de la musique et danser
prévoir un rendez-vous avec moi pour une promenade au soleil, une séance de cinéma, une méditation
prendre des notes pour le projet de mon livre
écrire mes envies de voyage sur une page neuve
faire brûler un bâton d’encens dans la lumière
débrancher le téléphone et répondre seulement aux appels de mon coeur
Géraldine Andrée