Si je prenais le train pour cette lointaine ville du Nord, au bord de la mer, retrouverais-je la jeune fille que j’ai été, dont on disait « qu’elle était en âge de coiffer Catherinette » et qui, c’est vrai, rêvait tant de se marier… Si je prenais le train du temps, retrouverais-je la silhouette fine de cette jeune fille dans la rue de Soubise, les joues battues par la bise, et qui me ferait peut-être un signe complice, dans les reflets des vitrines ? Reconnaîtrais-je son ineffable insouciance, sa féroce ardeur de vivre ? Pourrais-je la suivre dans sa librairie-papeterie favorite ? Parviendrais-je à me pencher sur son épaule quand elle choisissait des cahiers à la page douce – intitulés Majuscule -, ou des cahiers de la marque Clairefontaine, dont la couverture était brillante, car elle avait toujours pour projet d’écrire ses plus beaux poèmes ? Poserais-je mon doigt au-dessus du sien qui examinait sensuellement la texture du papier ? Verrais-je à travers son regard l’éclat de cette alliance, lorsque l’homme – un collègue qui se disait « très marié »- l’avait invitée à boire un chocolat mousseux et brûlant, dans ce café éclairé par des lampes blafardes au bord d’une plage belge ? Est-elle toujours là, cette jeune fille, avec les boucles blondes qui dépassent de son bonnet et son écharpe beige, attablée devant cet homme « qui a bien une idée derrière la tête », dans l’ombre d’une fin d’automne ? Revivrais-je pour elle les mêmes peines, afin de mieux la comprendre ? Serais-je témoin du fait qu’elle se laisse enlacer et trahir ? Saurais-je d’instinct où elle a posé ses pas, où elle a épuisé son rire, perdu quelques mèches de cheveux, abandonné son âme ? Rassemblerais-je pour elle les grains d’énergie qu’elle dispersait dans tous les sens, à tous les vents, comme si « ce n’était rien » ? L’autoriserais-je, par amour, à vivre jusqu’au bout de la nuit son expérience – le cri du silence – parce qu’il lui était plus urgent d’aimer que d’écrire ? Ou lui tendrais-je ses cahiers vierges – à elle qui ne s’appartenait plus -, en lui disant : – Ce n’est pas cet homme qui t’attend ! Mais un poème ! Reviens à toi ! Et pour l’aider à écrire – c’est-à-dire à revivre -, devinerais-je d’instinct la croisée des deux chemins où s’inscrivit jadis l’empreinte de ses pas, indiquant clairement qu’elle s’était fourvoyée ? Lui tiendrais-je la main pour nous diriger du bon côté, où Je serais enfin Elle, où Elle serait enfin Moi ? Ou serions-nous à tout jamais distinctes l’une de l’autre, moi l’ayant perdue, oubliée en quittant cette ville ? Moi qui l’ai trahie à mon tour et méprisée d’avoir été si naïve ? J’imagine que la marge de mon fichier est ce quai où c’est elle désormais qui m’attend, avec son sourire triste et ses yeux profonds, espérant que je rencontre sa solitude dans cette lointaine ville du Nord. Alors, j’augmente la lisibilité des caractères futurs et je lui demande : – Es-tu d’accord pour que nous écrivions ce livre ensemble ?
Dans mon cahier achevé une note de bas de page qui me renvoie au texte d’un autre cahier pour compléter ce que j’écris
Cahier rose Oberthur Poème Et si je n’écris pas Page 105
L’écriture comme un jeu de pistes qui me mène toujours plus loin où une trouvaille m’invite à faire une autre trouvaille Écrire c’est aller d’étoile en étoile
Et j’ouvre la malle d’osier blond dans laquelle m’attend Le Cahier rose Oberthur
C’est toute une aventure de le feuilleter jusqu’à la page dite J’accomplis une véritable traversée de mon être
Ce pays fait de sources de souffles qui m’ont laissé leurs méandres que sont mes phrases débordant des marges pour que je puisse suivre jusqu’à ma destination le dessin de mon dessein
Puis lorsque je trouve le morceau choisi mon cœur palpite Je me réjouis
d’avoir répondu à l’appel de cette amie qui a songé au cœur de l’automne 2022 à me confier cette question lorsque j’éprouverais l’immense désir d’y répondre et qui n’est autre que Moi-Même par-delà les jours :
Le journal intime de mon grand-père a disparu. Je peux étoiler tous les espaces de mes mots, ouvrir chaque cahier comme la délicate corolle d’un jardin oriental, accrocher des myriades de feuilles à ma vie pour croire que j’ai le ciel et les racines… Je ne retrouverai pas la trace des pensées secrètes de mon grand-père, les anecdotes de son récit de guerre, sa campagne dans le Nord, les différents noms des arbres et des fleurs, sa chanson Étoile des Neiges recopiée à l’encre bleu clair… Ma plume aura beau prétendre courir comme l’alezan… Elle ne reconstituera jamais l’élan de cette écriture si déliée, si régulière, si noble, si fine… Une écriture d’instituteur, dédiée au sens et au mouvement.
Chaque jour, je fais en sorte que mon cahier soit la porte qui donne sur ce journal intime.
Mais lorsque je m’avance sur le seuil, il n’y a plus personne, pas le moindre signe… Je m’en retourne donc écrire… Seule.
What’s your story ? J’écris ma vie.Tome 1. Petit guide pour être l’auteur de sa vie.
En ces temps troublés, je souhaite évoquer ce petit livre que j’ai écrit pendant la période du confinement.
À cette époque, j’ai éprouvé le besoin intense de mettre à profit les outils d’écriture résiliente que j’expose dans ce petit ouvrage de 86 pages, que l’on peut facilement glisser dans sa valise, entre chapeau et lunettes de soleil.
Parce que depuis 2020, rien n’a changé, que tout a même empiré et qu’il devient de plus en plus urgent d’explorer ce pays souvent inconnu de soi : soi-même avec ses ressources, ses potentialités créatives, ses aptitudes à la résilience.
Au lieu de compter sur l’extérieur pour être heureux, on peut compter sur la richesse que l’on possède au fond de soi. Et si l’on veut bien s’y aventurer, on constatera que ce puits de richesses est un puits sans fond, chaque jour renouvelé.
Avec un simple stylo, extirpons nos trésors.
Comme le déclare Gandhi,
« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. »
L’écriture quotidienne nous aide à nous métamorphoser intérieurement. En changeant la perception de soi, elle change notre regard sur le monde. Et donc, nécessairement, le monde change – devenant le reflet de notre propre regard.
J’enseigne dans ce petit ouvrage des techniques simples qui permettent cette auto-découverte, durable et profonde.
Vous n’avez besoin pour seul matériel d’application que de votre cahier et de votre stylo préférés.
Un prochain livre est en préparation. Il développera les notions d’écriture thérapeutique abordées dans cet ouvrage en articulant plus longuement théorie et pratique.
Je vous livre la Préface de ce premier tome, également disponible, pour la version en e book à la Fnac :
Je suis née – ou plutôt, je me suis incarnée si l’on considère que c’est un choix – dans une famille très difficile, dont les membres étaient liés les uns aux autres par des non-dits, des secrets, des tabous, des disputes sans fin.
Il m’a fallu, pour m’adapter à cette ambiance délétère et pour survivre, faire preuve de ce que Boris Cyrulnik appelle « la résilience » .
Je crois que c’est parce que je ne disais rien, que je demeurais silencieuse et effacée que, paradoxalement, je me suis mise à écrire.
Réduite à me taire, à me faire plus petite qu’une poussière, à disparaître, j’ai tracé un matin, par un poème sur un cahier orange, le début de mon chemin. Celui-ci, depuis, n’a jamais cessé et il m’a conduite à maintes destinations.
L’écriture est devenue mon refuge, mon amie, ma compagne. Je rêvais secrètement de rencontrer un ange dans la page. Je lui confiais mes états d’âme, mes doutes, mes tourments, mes cris intérieurs.
J’ai écrit… J’ai crié… Je me suis écriée… dans la promenade silencieuse du stylo sur le papier.
Au fil de l’encre, au rythme des jours, l’écriture a dessiné mes contours, moi qui me croyais flottante, évanescente comme un nuage.
Grâce aux mots, je suis parvenue à me définir et à tracer une limite saine entre les autres et moi.
J’ai pu établir des frontières qui protégeraient mon intériorité des invasions de l’extérieur.
Puisque j’avais si peu de place dans ma famille, j’ai trouvé une place sur la page.
Et c’est parce que je n’occupais pas de place dans cette famille que je l’ai trouvée sur la page. Les épreuves constituent souvent des présents mal emballés.
L’écriture, l’histoire de ma vie ; une histoire de vie… Votre histoire de vie à vous aussi !
Je crois que la vie n’est pas complètement tracée, que nous pouvons l’écrire comme nous le voulons et trouver des embranchements, des bifurcations, des déviations dans une simple page.
Pourquoi écrire ?
On écrit pour
Apprendre à se connaître
Être soi
Comprendre sa vie à l’éclairage du présent
Profiter en témoignant de chaque jour qui passe
Guérir, faire le deuil, faire acte de résilience
Retrouver le passé et le faire revivre
Avoir des preuves de ce que l’on a vécu
Être l’auteur de son futur
Faire de sa vie un livre vivant
Devenir authentique pour autrui
Dire l’indicible…
On écrit pour donner à sa vie un sens (à la fois signification et direction), l’accomplir comme une œuvre.
Comment utiliser ce livre ?
De la façon qu’il vous plaira.
Vous pouvez choisir un chapitre, une page, un exercice au hasard – ou par synchronicité, comme le dirait Jung, car le chapitre qui se présente à vous répondra à votre humeur, votre besoin ou votre problème à résoudre.
Vous pouvez, de même, suivre les chapitres et faire les exercices dans l’ordre.
Si un exercice ne vous plaît pas, respectez-vous. Ne le faites pas. Remettez-le à plus tard ou trouvez une variante. L’expérience de l’écriture doit être l’exploration d’un vaste champ de liberté et de possibles, non une contrainte. Elle vous invite d’abord à prendre soin de vos envies, de vos désirs, à écouter qui vous êtes.
Ce livre n’a pas vocation à être scolaire. Il ne vous apprend pas à écrire selon les règles inculquées à l’école. Il vous apprend à écrire qui vous êtes, tel que vous êtes. Et ce qu’il peut vous apprendre à mieux écrire, c’est votre vie.
Quoi qu’il en soit, ce livre vous aidera à mieux vous connaître à travers l’écriture, à découvrir des facettes de vous-même depuis longtemps ignorées et qui vous étonneront, vous fascineront.
J’aime penser que la page est un miroir et que l’écriture est le regard qui nous renvoie à ce miroir.
Les textes, techniques et exercices que je vous propose viennent de mes expériences d’écriture et de vie. En effet, l’écriture matérialise la vie comme la vie s’incarne dans l’écriture. C’est pour cette raison que vous trouverez dans cet ouvrage des passages autobiographiques ou des réponses personnelles aux exercices que je vous propose et qui vous laisseront libre de noter les vôtres. J’ai toujours l’habitude de montrer les chemins par lesquels je suis passée avant d’évoquer la destination.
Qu’écrire vous aide à vivre !
Je vous souhaite une belle et longue écriture de vie !
Il est courant de penser qu’il est trop tard pour faire écrire les mémoires d’un proche, lorsque celui-ci est déclaré malade d’Alzheimer.
Certes, il vaut mieux entamer le projet d’écrire ses mémoires lorsque l’on a la mémoire intacte.
Pour autant, il n’est pas trop tard pour écrire ses souvenirs aux premiers stades de la maladie neurodégénérative car celle-ci évolue par paliers, sur un temps relativement long. Bien évidemment, il faut renoncer à l’image d’une biographie traditionnelle, chronologique et fidèle aux souvenirs que les autres ont de la vie qui se racontera dans ce livre. La structure de la biographie est naturellement thématique, un motif entraînant un autre motif, comme les bigarrures d’un tissu.
Pour écrire cette biographie auprès d’un malade d’Alzheimer, je dispose des outils de la programmation neurolinguistique, dite PNL, et qui me permet d’utiliser les différents canaux sensoriels pour faire remonter les réminiscences à la conscience.
Tout d’abord, je fais écouter une musique douce à celui qui va me confier sa vie et, à partir de cette musique, je sollicite les différentes sensations du narrateur.
Que ressent-il ? Qu’éprouve-t-il ?
Nous répertorions les sons entendus dans le morceau musical. Quels souvenirs sonores ceux-ci lui rappellent-ils ? Le pépiement d’oiseau de l’arbre de mon jardin… Un pas dans la cour… Le tintement du seau contre le puits… La vue m’invite à faire visualiser à la personne, yeux fermés, des couleurs, des formes. Et très souvent, c’est une image qui naît : une ferme lointaine, une prairie, une rivière, une balle d’enfant…
Ensuite, je présente quelques images, des textiles, des textures, des friandises, des flacons de parfums…
En associant les supports, nous pouvons convoquer le toucher ou le kinesthésique : le contact avec la fraîcheur du souffle du vent… le picotement des herbes folles… une baignade à la mer… Légèreté ! L’odorat est également très important, car il est relié à l’inconscient et renvoie implicitement aux senteurs de l’enfance et aux odeurs du corps maternel. L’amnésie recule toujours lorsque le parfum d’une eau de Cologne ou d’une fleur de lavande est réveillé dans la mémoire sensorielle. Le goût peut être mêlé à l’odorat et déclencher ensuite des réminiscences tactiles : chocolat, vanille, cannelle, citron… J’aimais le presser entre mes mains, ce fruit… Je sentais son jus…
La mémoire ne se sépare jamais des sensations éprouvées depuis longtemps.
Nous pouvons également prendre comme support en programmation neurolinguistique ce qui se présente ici et maintenant.
Le malade d’Alzheimer se souvient plus volontiers de son enfance que de sa vie appartenant à un récent passé. C’est ainsi qu’un soignant qui arrive dans la maison de retraite avec sa bicyclette rouge qu’il adosse contre le mur déclenchera l’anecdote – voire le récit – d’une promenade en bicyclette dans les rues du village, le dimanche. Ou alors, c’est la vision d’un bouquet de fleurs qui permettra d’évoquer un bosquet d’hortensias bordant la maison ancienne. La purée du déjeuner dans l’assiette pourra donner lieu à des dessins qui ramèneront le souvenir d’un jeu de modelage dans de la pâte…
Vous l’aurez compris, ce type de biographie se construira davantage sur le sensoriel que l’événementiel.
Mais c’est souvent ce qui est anecdotique qui est mis en relief dans un récit et qui demeure gravé dans la mémoire des descendants.
Je vous renvoie pour cela à mon travail sur l’art du détail dans la biographie.
Il faut, pour cela, abandonner tout désir d’une chronologie impossible, toute volonté de posséder un livre parfaitement structuré. Quand l’entourage consent à lâcher prise vis-à-vis du livre idéal – si tant est que celui-ci existe -, il se produit alors un véritable miracle.
Le cerveau du narrateur souffrant d’une maladie neurodégénérative est un inconscient à ciel ouvert, pour reprendre le titre du film de Mariana Otero. Aussi, de véritables associations d’idées sont susceptibles de naître. Des métaphores se percutent, des symboles, étrangers les uns aux autres à l’origine, s’allient dans des noces fantasques. L’insolite rend cette biographie originale, unique, à nulle autre pareille ! Le proche peut être certain que c’est la voix intérieure du narrateur qui résonne – une voix qu’il n’avait jamais entendue auparavant. Le refoulé de la personnalité se dévoile et ce processus de révélation au cours de l’écriture crée une intimité plus profonde entre les proches et le malade :
« J’ai une voiture dans la tête… » disait ma mère… « Elle m’emmène là-bas… »
« J’habite la solitude de la nuit J’habite un paysage lunaire un mur de pierre ou une clairière J’habite un écheveau de pluie la peau des murs un bois d’image J’habite au creux de mon veuvage »
(C’est pour mieux t’écrire… Lecture, écriture dans la ville. Ville de Saint-Martin-d’Hères -Maison de la Poésie Rhône-Alpes)
Comment procéder stylistiquement ?
Il importe de privilégier les phrases courtes et simples. Les phrases minimales restituent de manière intacte la sensation que le cerveau du malade offre comme véritable présent à l’entourage. Il est préférable d’éviter les phrases longues, complexes et emphatiques qui entraveront la circulation du flow de l’inconscient.
J’utilise le présent qui actualise le souvenir, lui donne davantage de force, d’acuité – lui conférant une certaine éternité. Enfin, ce qui semblait se dérober, s’enfuir à tout jamais est saisi !
Des phrases nominales où la ponctuation disparaît permettent de capter l’onirisme de certaines réminiscences. Il est essentiel d’accepter la dimension surréaliste que peut atteindre le livre et des tournures incisives, percutantes avec jeu entre images et sonorités, livreront au lecteur de véritables tableaux intérieurs – hors du commun, peints à la lisière du rêve et de la réalité : Lumière autour de mon cou L’enfant roux retrouvé
C’est ainsi que nous assistons parfois à la métamorphose d’une biographie en recueil poétique ou en journal d’instants. Quatre vers peuvent dire l’enfance, ses baisers, ses orages, ses fugues et ses retours. Il existe même, dans certaines maisons de retraite, des ateliers d’écriture de haïkus pour les malades d’Alzheimer – haïkus qui forment des moments biographiques, en cristallisant l’instant présent sur le souvenir qui revient, bien vivant, de la nuit.
La personne malade d’Alzheimer nous invite à effacer les frontières entre passé et présent, nous montrant sa perception d’un temps circulaire. Elle peut confondre, par exemple, le chandail de fillette qu’elle portait jadis avec celui d’aujourd’hui. C’est alors l’occasion de faire de l’effacement de cette frontière temporelle un petit thème d’écriture.
En chandail rouge, je suis Moi.
Réaliser la biographie d’un proche, pour lequel une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer a été diagnostiquée, n’est pas impossible. Non seulement ce projet réactivera la mémoire – retardant, de ce fait, la lésion irréversible des cellules cérébrales -, mais aussi il invitera le proche à lâcher prise face aux préconçus d’une biographie. Celui-ci enjambera avec le narrateur passé et présent, où l’enfance et la vieillesse se côtoient, s’accompagnant mutuellement sur un chemin qui se tracera autrement.
Je vous présente une manière originale d’écrire votre autobiographie qui ne commence pas par « Moi je » ou « je suis né à », mais qui repose sur L’Art des listes – pour reprendre le titre d’un ouvrage de Dominique Loreau. 1 Des listes d’instants, d’explorations, de sensations, d’émotions qui témoignent de votre évolution, de votre parcours de vie intérieur, de l’expansion de votre âme par vos goûts, vos choix et vos sujets de prédilection…
Aujourd’hui, je vous propose une liste de souvenirs de vos lectures marquantes, avec le cadre spatio-temporel qui l’accompagne. Nul besoin de raconter ce qui se passe dans ces livres, d’expliquer pourquoi vous les avez aimés, de développer les épisodes qui vous ont fait vibrer. Quelques touches sensorielles sur l’heure, l’année, la saison et l’endroit suffiront à donner de la profondeur et du relief à votre évocation. De même, elles révèleront vos étapes de vie significatives.
On commence ?
Alors, voici ma liste :
Les Petites Filles modèles de la Comtesse de Ségur pendant ma convalescence d’une pneumonie, fin février 1978 ; le soleil revenait doucement.
La Cicatrice de Bruce Lowery ; au retour de l’école ; dans la cuisine où tombait la nuit de janvier 1984.
Madame Bovary de Gustave Flaubert à la fin de l’été 1986, sur la terrasse de ma tante à Sallanches, tandis que la montagne bleuissait sous les nuages.
Les Illuminations d’Arthur Rimbaud, éclairées par une lampe sous mon drap ; j’ai failli mettre le feu à mon lit en ce soir de l’année 1987.
Le Rouge et le noir de Stendhal, pendant les pauses d’un stage de danse en 1989.
Une Femme d’Annie Ernaux dans le jardin de ma résidence d’étudiante, au milieu des senteurs du gazon coupé. Je venais d’obtenir mon diplôme, cette année-là, en 1991.
Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë au bord de la Manche, par le frais mois de juillet 1997 ; j’ai trouvé récemment quelques grains de sable bien anciens au creux des feuillets.
Anthologie du poème court japonais par une matinée de neige (quelle année ? Je donne ma langue au chat !), en buvant du lait chaud.
La Première épouse de Françoise Chandernagor, après un violent chagrin d’amour en 2006.
L’Inédit de Marie Cardinale pendant mes vacances à Majorque, puis à Palerme en 2015 ; livre lu et relu et qui porte en ses pages la froissure provoquée par le passage du vent de la mer.
Les Poèmes de Nâzim Hikmet dans l’avion pour Constanta en 2009.
Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs dans l’allée très fréquentée de la librairie de ma ville, en attendant un rendez-vous dont je ne me souviens pas quand, ni pourquoi, ni avec qui. Seul le livre m’importe encore.
20 ans avec mon chat d’Inaba Mayumi, en 2017, dans l’appartement familial. C’était la dernière année où nous étions réunis. Et je l’ignorais.
Le Livre du bonheur de Marcelle Auclair – livre trouvé dans la bibliothèque de l’ehpad – en écoutant respirer ma mère, la veille de son départ, le soir du 03 octobre 2023.
Et le plus mémorable pour la fin, un livre de l’outre-temps, Toute L’Œuvre poétique de Renée Vivien, dans la librairie du Musée d’Orsay après m’être promenée avec ma mère dans les tableaux de Van Gogh. Lecture du livre poursuivie dans le bus au milieu de mes camarades criardes. Bien sage à côté de Maman, j’entendais le silence des roses. Hommage à toi, Maman, qui m’as payé ce livre. Grâce à toi, quand je lis de la poésie, j’ai toujours seize ans.
Et Vous ?
La liste n’est ni figée, ni exhaustive. Vous pouvez la modifier, la compléter à votre guise et la continuer en y ajoutant vos livres associés à vos périodes de vie les plus récentes.
À vos stylos !
Géraldine
1 L’Art des listes : Simplifier, organiser, enrichir sa vie ; Dominique Loreau ; éditions Marabout ; 2007
Beaucoup veulent écrire leurs mémoires car ils ont peur de l’effacement : effacement de leur vie, de leur être, de ce qu’ils ont ressenti, pensé, aimé…
S’il ne subsiste pas de trace de notre passage sur cette terre, qui se souviendra de nous ?
Parfois, on éprouve l’urgence d’écrire ses mémoires car on pressent qu’on est au seuil de l’oubli, que l’amnésie guette – « Oh ! Encore épisodiquement ! Mais il faut être lucide ! » me dit-on. Pour certains, un diagnostic de la maladie d’Alzheimer a été établi. Je reviendrai, très prochainement, sur ce sujet, dans un billet spécifique.
D’autres sont tellement hantés par la peur de perdre la mémoire en entamant le grand projet d’écrire le livre de leur vie, qu’ils craignent de ne pas se souvenir de tout ou d’évoquer un déroulement inexact des événements.
Tout d’abord, je tiens à vous dire que la mémoire est sélective parce qu’elle est subjective. En effet, la manière avec laquelle vous raconterez le mariage de votre cousine sera très différente de la manière de raconter de votre sœur, par exemple. Et pourquoi vos récits ne seront-ils pas les mêmes ? Parce que c’est votre sensibilité qui vous oriente vers certains détails, et pas d’autres. Ainsi, vous aurez retenu la trace du rouge à lèvres de la mariée sur votre joue, l’œillet à son corsage alors que votre sœur parlera plus volontiers de l’atmosphère générale de la fête. C’est pourquoi aucune biographie ne se ressemble – y compris si plusieurs membres de la même famille initient l’écriture du livre – car chaque livre est le reflet d’une âme. Dans une biographie polyphonique, chaque chapitre fera résonner l’écho d’une voix singulière.
Si votre mémoire commence à faire défaut, je peux vous aider dans cette reconquête en vous demandant de chercher des indices concernant les périodes lacunaires. C’est ainsi que je travaille sur les journaux intimes, les articles de journaux, les lettres, les brouillons… Je peux également vous orienter vers un indice sensoriel : un parfum, une couleur, un tissu, un morceau de musique… Une vieille dame a vécu de véritables retrouvailles avec la petite fille qu’elle était, grâce à son nounours qu’elle a sorti d’une malle. Les oreilles déchirées de ce dernier lui ont rappelé le chat tigré qui malmenait le jouet dans l’herbe haute entourant la maison…
En cas de défaillance mnésique, il faut, bien sûr, abandonner l’idée d’une biographie traditionnelle – c’est-à-dire trop rigide, avec une chronologie stricte. Si la trame chronologique est tout à fait possible lors d’événements dont vous vous souvenez parfaitement, la construction thématique intervient en cas de blancs, de silences – les deux s’entremêlant. De même, une biographie uniquement thématique est tout à fait possible. Nous pouvons travailler sur des motifs pour lesquels nous élaborerons des fiches qui vous permettront de faire la liste des points biographiques que vous souhaitez aborder. Par exemple : LE JARDIN : la fontaine – l’arrosage des dahlias – comment je dansais, en été, dans le jet d’eau du tuyau d’arrosage… Comme vous le voyez, la thématique de l’enfance dans le jardin est abordée sous le motif de l’eau. Peuvent s’ensuivre ceux des parfums, des sons, des lumières, des dimanches, des réunions familiales ou amicales, du savoir-faire du jardinier, des semis et des récoltes… La liste est extensible !
Quand on aborde l’écriture d’une biographie, il est important de faire confiance à cette mémoire qui puise sa richesse dans l’immense réservoir de l’inconscient. Vous serez alors étonné comment la vie répond à votre désir, en mettant sur le chemin de vos souvenirs des synchronicités. Comme par hasard, vous retrouvez le billet de cet ancien concert auquel vous êtes allé avec votre amoureux, l’extrait d’acte de naissance de cet oncle énigmatique, la photographie de la maison de vacances depuis longtemps vendue… La vie vous soutient dans le processus mnésique, en vous apportant des éléments qui, telles des lueurs providentielles, vous éclaireront dans votre voyage temporel. Et vous vous surprendrez à sourire : « Tiens ! Cela me revient ! J’entends encore, cet après-midi-là, le bruit des bouteilles de bière que Grand-Père décapsule tandis qu’il regarde le tiercé à la télévision avec ses copains. »
Aussi, ne craignez pas de ne pas vous souvenir de votre vie.
Car la Vie, elle, se souvient de Vous ! En tant que biographe, j’en suis témoin !
Songe à toutes ces chambres où tu as dormi, rêvé, vécu… Songe à tous ces lieux que tu as habités. Comment t’y sentais-tu ? Seul ? En sécurité ? Étranger ? Y avait-il de l’harmonie ou des conflits ?
Retrouve avec le plus de précision le bruit de ton pas sur le plancher, l’écho de ta voix, la couleur des rideaux, les motifs de la tapisserie, la chaleur ou la fraîcheur des murs, la lumière des saisons par la fenêtre, les coins d’ombre…
Ma vie a été faite de toutes les sensations liées à la chambre de mon enfance. Je me souviens de ses odeurs de lait à l’aube, de la couleur rouge des feuilles de l’érable du Japon qui la surplombait, de la route illuminée plus loin, que je contemplais dans la nuit, avant de me coucher. Puis il y eut ma chambre d’étudiante aux rideaux bleus et au lit étroit. Je louai ensuite mon premier studio. Enfin, j’étais libre d’y recevoir mon copain !
Et les chambres de tous ces appartements où j’ai emménagé, d’où j’ai déménagé… Chambres de couple, chambres de célibataire… L’ultime chambre de la maison parentale où j’ai dormi pour la dernière fois – draps frais, bien lavés, bien tirés, au parfum de lavande. J’entendais le ronronnement du radiateur et il me semblait que circulait le sang du silence dans mes tempes.
Toutes ces chambres où j’ai pleuré, ri, où je me suis blottie puis épanouie, où j’ai aimé et souffert, composent ma vie.
Elles s’emboîtent les unes dans les autres, comme l’évoque Annie Ernaux dans son œuvre Les Années.
J’ai alors pris conscience qu’elles étaient toutes autant de Moi, d’identités psychiques. Chambres de solitude et d’amour… Chambres d’études et de détente… Chambres de chagrin et de joie…
N’oublie pas !
Tu es sorti de toutes ces chambres pour être celui que tu es aujourd’hui.
Entre dans la chambre de ta mémoire pour écrire sur toutes les chambres familières qui sont de multiples reflets de toi. Tes chambres changent au fil de ta vie. Elles matérialisent l’évolution de ton être comme ton être matérialise la transition d’une chambre à l’autre. À l’image de ta psyché, la chambre se métamorphose. Elle se rétrécit ou s’élargit, s’attriste ou s’embellit.
Écris sur tous ces lieux qui t’habitent aujourd’hui autant que tu les as habités autrefois – parfois jusqu’à la hantise, jusqu’à ce que tu atteignes ta destinée : ta chambre définitive, sécurisante et profonde, dont le silence est riche de toutes tes voix secrètes, de toutes tes conversations avec ton daemon comme le disait Socrate ; cet endroit doux et moelleux où tu te sens pleinement libre d’être Toi, comblé de Toi :
ton cœur,
cette chambre qui, au-delà d’un lieu, est une dimension psychique, voire spirituelle ; une chambre à soi, certes, comme le disait Virginia Woolf, mais aussi une chambre qui est le Soi.
Écris donc sur la chambre de ton cœur. Pose ton cahier sur ton cœur comme au cœur d’une chambre paisible dans un lieu de vacances.
Tu n’as nul besoin de chercher ailleurs, de te mettre encore en chemin, de partir en quête d’un autre endroit où tu te sentiras mieux, car tout est là, en Toi – familier et connu, à la fois le contenant et le contenu, si tu y crois.
Je souhaiterais vous parler aujourd’hui d’une pratique de mon journal : les pages du matin.
Le concept ne vient pas de moi, mais de l’enseignante en créativité, Julia Cameron.
Que sont ces pages du matin ? Disons simplement que ce sont trois pages d’écriture manuscrite dans lesquelles on donne libre cours à ses pensées. »
Voici le bilan que je peux faire des pages du matin que j’intègre dans mon cahier-journal Leuchtturm.
Écrire mes pages du matin, c’est abandonner mon égo et me laisser aller à ce qui vient.
En remplissant trois pages, juste trois pages, je ne me fixe aucun challenge littéraire. Je n’ai pas le souci de créer des effets stylistiques, de choisir des images pertinentes, de sculpter poétiquement ma pensée. J’apprends à redevenir humble et à accepter ma part limitée d’humanité, celle qui geint, s’impatiente, se désespère. Si un mot choquant, voire grossier, s’invite dans mon cahier, je le laisse entrer. Après tout, l’écrire m’évitera sans doute de le lancer à la figure de mon prochain dans la journée. Mes phrases sont simples, parfois réduites à un seul nom ou adjectif « Folle. Quelle idée. » Ma syntaxe se disloque ? Et alors ! C’est le signe que je restitue fidèlement les mouvements de mon humeur qui traversent mon être. Quand l’écriture m’emporte, toute ponctuation disparaît – indice que je m’abandonne vraiment à son flux :
J’aurais tellement besoin de partir en vacances la mer qui se perd et me perd pourquoi ce désir de m’égarer »
Remplir trois pages, juste trois pages, c’est s’accorder un espace-temps qui est long et court à la fois. Je ne peux me permettre de contourner la vérité. Et, en lien avec l’tem 1, je ne peux me cacher derrière une métaphore clinquante. La page du matin m’oblige à ôter mon masque. Si je suis triste, fatiguée, je l’écris. Si quelqu’un m’exaspère, je me l’avoue. Je ne feins pas d’être celle que je ne suis pas. Le contact avec le papier m’invite à être au contact de moi-même. Bien sûr, je peux être tentée de jouer à celle que rien ne touche, qui va bien. Mais il y a toujours un mot qui perce la carapace et alors, la vérité s’inscrit clairement : « Tu ne t’es jamais vraiment remise du deuil de tes parents. »
Remplir trois pages, juste trois pages, c’est lâcher prise, renoncer à tout contrôle, toute rationalité. Je l’avoue : au début, cela a été dur pour moi. Mais maintenant, j’accepte de perdre le fil directeur de mon écriture. Je me fie au thème qui vient et qui remplace le précédent. Je sais qu’un chemin mène à un autre chemin, qu’un sujet débouche souvent sur un autre sujet. Enfin, je ne me juge plus comme avant : « Cela ne veut rien dire ce que tu écris. » Mieux : je trouve normal de passer du coq-à-l’âne et si une phrase surgit au milieu de la phrase que j’écris, je la laisse interrompre la phrase précédente. Ce n’est rien si un mot se suspend, est incomplet. Je sais que ce qui doit s’exprimer trouvera toujours la manière de le faire : « Il n’y a pas à dire. Ce boulot est… je vais m’acheter une bougie parfumée pour me consoler. INFAISABLE. »
Remplir trois pages, juste trois pages, c’est aussi me confronter au silence. Dans ce cas, j’écris ce silence – comme le conseille Julia Cameron. « J’ai la tête vide aujourd’hui. Strictement rien à raconter. Ma vie est blanche comme ce papier. » Si je dois répéter que je n’ai rien à raconter, je le réécris, encore et encore. Et alors, la neige fond ; une pousse apparaît. Ainsi, une note se cachait derrière ce silence… Je décèle une tonalité que je m’empresse d’inscrire. Je fais paradoxalement l’expérience d’un vide qui a tout à dire, qui ressemble à un trop-plein et qui déborde. Le « rien à dire » m’ouvre à tous les possibles. C’est lorsque je ne vois pas quoi écrire qu’une vérité se fait jour car j’ai désencombré mon esprit de toutes les illusions qui la masquaient.
En persistant à écrire trois pages, juste trois pages, je deviens le témoin d’un miracle quotidien. En effet, au bout d’une page et demie – deux tout au plus -, comme l’affirme Julia Cameron, une fenêtre s’ouvre et la voix que je considère comme étant celle de mon âme prend le relais. Alors, moi qui ne voulais pas faire de la poésie, je m’aperçois que j’écris poétiquement. Mais c’est une poésie qui est au contact de ma vie, de ma réalité ; c’est une poésie (e)/(a)ncrée ; c’est une poésie qui me révèle ce que je dois savoir pour avancer dans mon existence : « Tu cherches ton étoile dans le ciel, mais ne sais-tu pas qu’elle est en toi ? » J’en fais l’expérience chaque matin : en allant d’une marge à l’autre, de la page une à la page trois, je vais au-delà de moi-même, sur ce rivage où une femme authentique m’attend et vient à ma rencontre quand j’accoste… enfin.
Petit à petit, grâce à une pratique assidue, je m’aperçois que ces trois pages sont à mon écoute. Je m’apaise ; mes problèmes s’atténuent, puis s’effacent. Les situations les plus redoutables s’arrangent ; mes vœux se réalisent ; des biens se matérialisent. La page est un univers dans lequel Dieu se manifeste. Je suis convaincue qu’écrire ses pages du matin constitue une forme de prière.
Mais je vous entends m’objecter : « Je n’ai pas le temps de faire ces pages ! Je dois me réveiller tôt, faire lever les enfants, courir à la crèche, au travail ! »
Sachez que ce problème, je le rencontre aussi. Cependant, je trouve toujours le moyen d’écrire trois pages, juste trois pages. À côté de mon café dans le meilleur des cas, sous ma petite lampe de chevet allumée alors que l’aube est encore noire, dans le train, entre deux gares, dans la salle d’attente du laboratoire, sur la table d’un bistrot avant le grand examen… Je dois dire que ce sont les situations les plus incongrues, les plus inconfortables qui rendent ces pages criantes de vérité. Je vous en livre un exemple :
Pages écrites le 20 octobre 2021, dans le train, après avoir traversé une ville qui faisait vraiment grise mine à six heures :
Rebelote le train. Je suis très loin des aubes romantiques des Miracle Mornings, pleines d’élan et de vie. À la place, c’est encore la nuit, la petite pluie agaçante et glaciale sur le manteau. Je vais arriver trempée. Nouvelle désillusion hier : J’ai travaillé avec X qui m’a demandé de payer ses exemplaires !!! C’est du vol… Je me fais toujours avoir de toute façon. »
Pendant une page et demie, je ronchonne jusqu’à ce qu’apparaisse cette phrase :
Si je veux travailler en libérale, il faut que je sois libre au sujet de ma façon de travailler. »
Évidemment ! Je n’avais jamais fait le parallèle entre « libre » et « libérale« , moi qui me résignais, voire me soumettais à des situations inconfortables : « C’est ainsi ! Je ne peux rien y faire ! » Deux mots associés me donnaient la clé. Et le lendemain, émerge dans les mêmes circonstances du petit matin, une phrase plus positive :
Après tout, c’est une chance, pendant mon trajet, d’assister au lever du jour !
Écrire tôt, c’est m’éclairer ! »
Comment pratiquer ?
Vous pouvez utiliser un cahier format A5, relié ou à spirale. J’aime les cahiers de la marque Leuchtturm car le stylo glisse bien sur le papier.
Quant au stylo, privilégiez les stylos à bille légers. Si vous optez pour la plume, veillez à avoir suffisamment d’encre afin de ne pas être interrompu par un problème technique de changement de cartouche en plein flow.
Et c’est tout !
Voici quelques déclencheurs d’écriture pour remplir trois pages, juste trois pages, quand la vie vous presse :
S’informer sur sa météorologie intérieure :
Aujourd’hui, je me sens…
Quel temps fait-il chez moi ?
S’inviter dans sa demeure intérieure :
J’entre en moi et…
Dans mon cœur, je trouve…
Prendre de ses nouvelles en utilisant la deuxième personne du singulier pour favoriser le dialogue avec soi :
Salut ! Comment vas-tu ?
Ici, radio (votre prénom), quelles informations as-tu aujourd’hui ?
Parler de soi avec distance en utilisant la troisième personne du singulier ; on devient, ainsi, le témoin désengagé émotionnellement de sa propre histoire :
Ici et maintenant, elle/il
Elle/il a reçu comme nouvelles à bord…
Je vous souhaite une bonne écriture ! J’évoquerai dans un prochain billet l’utilisation de toutes les pages du matin remplies au fil de sa vie…
Et, pour aller plus loin,lisez :
Julia Cameron, Libérez votre créativité ; La bible des artistes ; Collection Aventure secrète.
Vous pouvez également me livrer votre expérience de votre propre pratique des pages du matin en commentaires, ce qui fera de ce billet un atelier d’écriture en ligne.