Tu te souviens de cet été-là ?

On arrosait nos jambes couleur d’ambre avec l’eau dédiée aux fleurs.

Tu portais l’arrosoir un peu plus grand que toi en vacillant puis tu versais sur mes chevilles l’ondée fraîche de la matinée.

Je jouais à me cacher derrière les herbes hautes pour que tu ne me retrouves pas avant la fin du jour.

Pendant ce temps, je déchiffrais la parole des arbres. Du royaume de leur ombre bleue, j’étais la reine.

Parfois, l’une de ces conversations secrètes allumait en moi la cascade folle d’un rire qui me trahissait. Alors, tu pointais ton doigt entre les épis jaunes en t’exclamant :

-Méchante ! Te voilà !

J’avais perdu mon pari jusqu’au lendemain.

Oui, tu te souviens…

Cet été était le nôtre.

Pourtant, il paraît si lointain qu’il appartient désormais

à un temps tout autre.

D’ailleurs, s’il nous était accordé le miracle

de son ancien soleil,

serions-nous pour son éclat

encore pareilles ?

 

Géraldine Andrée

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