Publié dans Histoire d'écriture, Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 6

Sous le volant
de sa robe noire
ce collant de qualité
qu’il a déchiré

Il lui tarde
de noter l’événement
dans son journal
Que cette phrase

avec ses mots
espacés
disent enfin
la trace

des mailles
effilochées
par cette main
avide

comme
une patte
d’animal
sauvage

Géraldine Andrée



Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 5

Ils l’ont invitée
avec un carton fleuri
pour la placer

au fond de la salle
près de la fenêtre
où tombe la nuit

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 4

Seule sur la piste
elle esquisse
un pas de danse
avec son ombre

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 3

Pourquoi ses yeux soulignés
de noir
et sa bouche rouge
comme une grenade

Il lui tourne le dos

Géraldine Andrée

Publié dans Au fil de ma vie, écritothérapie, Ecrire pour autrui, Histoire d'écriture, Je pour Tous, Le livre de vie, Poésie-thérapie, Récit de Vie

L’originalité de mon écriture biographique

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie, Récit de Vie

Noyau de pêche 2

Un quart d’heure
à peine
avant que le magasin
des Deux Cœurs

ne ferme
elle a échangé
sa robe de mariée
contre une robe de soirée

Géraldine Andrée

Publié dans écritothérapie, Histoire d'écriture, Poésie-thérapie

Noyau de pêche I

Écrire
c’est gratter
chaque
peau
morte
jusqu’à
atteindre
la chair
vivante
vibrante
palpitante
du dernier
mot
Cela
prend
toute
une vie

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture, L'alphabet de l'herbe, Le poème est une femme, Poésie

Tout est de passage

Tout est de passage
le laurier-rose sur lequel tu as veillé avant chaque aurore
les jardins pourtant destinés à refleurir
les cerises accrochées aux oreilles
les bourgeons d’or du frêne
la paume de la main tendue
le soupir dans les cheveux
le rêve dans le sommeil
tandis que la lumière joue avec ta nuque
ta hanche contre le drap
le temps ce félin
qui traverse nos vies
en dévidant leur pelote
sous ses pattes
Tout est de passage
et surtout ma plume sur le papier
qui laisse comme seule preuve
de l’éphémère
un poème
qui je l’espère peut-être
suspendra un instant
dans un regard
un regard
dans un instant

avant de disparaître

Géraldine Andrée

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Ce bercement…

Reprendre mon cahier et écrire.
C’est tout ce qui importe.
En face de moi, ce tableau avec le bleu et l’ocre du port,
un trois-mâts, deux barques, un phare, des nuages…
C’est là que je dois aller. Au loin. Au large. Rompre les liens.
Je n’ai jamais vraiment regardé ce tableau quand j’y pense…
La baie. La virgule d’une mouette qui brasse l’infini.
Et si je l’imitais ?
M’accrocher à la crête d’une majuscule.
M’allonger sur la vague d’une phrase.
À me laisser bercer ainsi
par l’écriture,
à rêver mon poème
comme le prolongement de mon corps
qui vogue au fil de l’encre marine
sur le blanc,
je m’aperçois que c’est moi qui berce l’écriture.
J’initie cette douce ondulation avec mon simple désir.
L’étrange mouvement de ma main,
d’où vient-il ?
Quelle est cette vibration ?
Descend-elle des étoiles,
d’une immense paume invisible ?
Il est une lunaison de l’écriture
que mon souffle éclaire.
Oui, c’est vraiment là que je dois emmener mon poème,
jusqu’à la dernière étincelle avant l’azur.
Puis, une fois que mon poème sera suffisamment loin,
devenu un frêle point qui danse
à la lisière où le monde s’efface,
je ferai signe à mon prochain
avec l’ultime lueur du silence.

Géraldine Andrée

Publié dans Histoire d'écriture

Pourquoi suis-je devenue biographe ?