Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, L'alphabet de l'herbe

De l’autre côté

J’écris pour passer de l’autre côté :
de l’autre côté de moi,
de mes incertitudes, de mes peurs,
de mes attentes, de mes espoirs ;
franchir cette frontière invisible
qui me séparait de Moi ;

et retrouver le pays de l’enfance
où la foi émerveillée va de Soi,
de ce Soi intact
qui m’attend depuis toujours ;
vaste maison ouverte
et profonde.

J’écris pour être
au Monde.

Géraldine Andrée
Poème publié dans la revue Bleu d’Encre, revue littéraire en Haute Meuse n°30 et extrait de mon recueil poétique inédit L’Alphabet de l’herbe.

Publié dans Créavie

Quelque chose

On croit souvent qu’on vit pour faire, créer, accomplir…

Et si c’était le contraire ?

Et si quelque chose avait été spécialement créé pour toi sur cette terre ?

Une feuille, un jardin, un printemps ?

Une note de musique et de senteur ?

Un poème qui sied bien à ton âme ?

Quelque chose qui t’attend pour être…

Quelque chose qui ne demande qu’à se révéler à travers ta présence…

Quelque chose qui s’accomplit du seul fait que tu sois là…

Cherche bien car tu l’as déjà trouvé un matin…

Le regard de ton coeur s’en souvient.

Tu n’auras alors qu’à lui donner un chemin.

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé

Une autre page

Quand je commence

Une autre page

Il me semble

Que la plage

Est toute proche

Qu’à chaque mot

Je gagne

Un intervalle

Qui me séparait encore

L’instant précédent

De l’immensité

Géraldine Andrée

Publié dans Journal d'une maison de retraite

Ma mère me dit

Ma mère me dit :
Prends les clés de l’appartement
et ne rentre pas trop tard.
Il y a deux ans encore,
ces mots auraient eu un sens correspondant au présent où ils auraient été prononcés.
Mais aujourd’hui,
nul besoin de prendre les clés : toutes les portes sont ouvertes.
En guise d’appartement, ma mère a une petite chambre toute blanche, avec, en face de son lit, la photo d’un voilier, long pétale qui glisse à fleur de sa plage préférée : Roscoff où elle aurait aimé un jour retourner.
Et si je pars, je ne rentre pas. Je reviens seulement la semaine suivante.
Ma mère a beaucoup oublié. Elle n’a plus la notion du temps.
Mais ses mots, eux, ont gardé la mémoire.

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie

Je continuerai à écrire

Toute ma vie, je continuerai à écrire. Rien – aucune calomnie, aucun dénigrement, aucun mépris, aucune jalousie – ne me fera changer d’avis. On n’arrête pas ainsi le mouvement du sang.

J’ai bien conscience que le temps est de l’encre et que, mot après mot, je vieillis comme Philippe Jaccottet l’a dit.

Mais on ne dévie pas le fil d’une phrase qui se dévide doucement vers sa destinée : le point annonçant la majuscule suivante.

Je n’écris pas pour un quelconque hommage posthume que l’on déclamerait d’une voix vibrante.

J’écris pour laisser une trace frêle sur la page, comme celle d’une patte d’oiseau qui se pose en silence dans la neige.

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé

Je me réveille encore

Je me réveille encore

Avec la stupeur

De ton absence

Mais dans ce silence

Que tu me laisses

Dans cette solitude

Que tu me lègues

Il me reste

L’instant

Présent

Seule preuve de vie

À laquelle je me fie

Seule richesse

Que je possède

Comme par exemple

La lumière d’or

De la lampe

Sur mon cahier

À la première

Heure

Et l’encre

Que voilà

Qui a la couleur

Du lilas

Quand elle sèche

Est mon devenir

Géraldine Andrée

Publié dans Non classé

L’écho

Le poème multiplie ma voix

De feuille en feuille

Comme jadis quand

Enfant

Je m’appelais seule

Dans la montagne

Le poème est un écho

Qui me fait sentir

Le plus haut

Possible

Et qui témoigne

Du fait irréfutable

Que je m’accompagne

Du vide

À la présence

Du silence

Au dicible

Géraldine Andrée

Le 25 Janvier 2020

En promenade

Publié dans Poésie

Je sais qu’un poème

Je sais qu’un poème
Est réussi
Lorsque je me sens proche
Des lèvres
Du poète,
Si proche
Qu’il me semble
Avoir recueilli
Son souffle.

Géraldine Andrée

Publié dans Poésie

Vous dire pourquoi la poésie existe

Je crois
Que la poésie
Existe
Parce que l’indicible
Veut nous dire
Qu’il existe
Ce n’est pas
Parce que l’indicible
Ne s’énonce pas
Qu’il n’est pas
Il veut
Se faire connaître
Par la force
Du souffle
Qui s’en approche
Je crois
Que la poésie
Existe
Parce qu’il y a un alphabet
Dans ces vagues
Dont la violence
Nous coupe la voix
Quand elle nous enveloppe

Géraldine Andrée

Publié dans Créavie, Grapho-thérapie, Journal de la lumière

Lorsque j’écris

Lorsque j’écris
La vague
De l’infini
Arrive
Jusqu’à
Ma main

Géraldine Andrée